Hady Ba's weblog

Teasing psycho-anthropologique

Posted in Uncategorized by hadyba on septembre 28, 2008

Si vous vous intéressez à la psychologie évolutionniste et à l’anthropologie cognitive, vous devriez surveiller Dan Sperber dans les jours qui viennent. Il est en train de mettre en place quelque chose d’énorme et d’excitant. J’en parlerai quand ce sera mis en ligne.

No Palmyr for Satchmo

Posted in Uncategorized by hadyba on septembre 28, 2008

… Ou comment Louis Armstrong ne fit pas de la logique!

Les 6 et 7 octobre prochain, je co-organise une conférence de jeunes logiciens et je dois commenter un des papiers qui seront présentés par nos visiteurs d’Amsterdam. En même temps que je lisais le papier que je dois critiquer, j’étais en train d’écouter Louis Armstrong lorsque j’ai eu une sorte d’inspiration musico-philosophique.

D’abord j’ai réalisé qu’à mon avis, mes invités ne démontraient pas du tout ce qu’ils pensaient démontrer parce qu’ils se laissaient piéger par les effets de contexte si envahissants dans nos langues naturelles. Je ne vais pas en dire plus ici parce que je pense que la plupart des lecteurs de ce blog ne s’intéressent absolument pas aux formalismes de Sandu et Hintikka. Si vous voulez en savoir plus, rendez-vous le 6 octobre vers 15h à la Salle Weil de l’ENS, 45 rue d’Ulm dans le 5e. Ça c’est la partie philosophique de l’histoire et elle est somme toute relativement inintéressante.

Au moment même où je réfléchissait à la meilleure manière de comprendre et d’expliquer ces effets pragmatiques, je me suis rendu compte qu’au tout début de What a wonderful world, j’entendais distinctement: « Red roses too, I see them blue »; et c’était juste génial pour ce que je voulais illustrer. Voici l’idée. Dans toute l’histoire du jazz et du blues, la couleur bleue est associée à la tristesse. Or la chanson What a wonderful world est indiscutablement une chanson joyeuse. Tellement joyeuse en fait qu’il ne m’était jamais venu à l’esprit avant ce moment de faire le rapprochement entre le blue de ce « Red roses too, I see them blue » avec ce que je savais par ailleurs de la connotation de la couleur bleue dans cette tradition musicale à laquelle Satchmo appartient. C’était l’illustration parfaite du point que je voulais soulever dans mon commentaire. Certaines lectures d’une phrase, lectures que l’on trouverait aberrantes en temps normal, s’imposent d’elles mêmes dès l’instant que le contexte est suffisamment prédéfini pour les rendre saillantes. En plus j’adorais la perspective d’illustrer mon PowerPoint avec une photo de Louis Armstrong. Et ce d’autant plus que Austin Himself avait déjà utilisé le titre d’une chanson de Louis Armstrong pour illustrer sa philosophie du langage ordinaire. It takes two to tango, c’est du Satchmo dans le texte! Je l’avoue, j’étais assez content de ce télescopage de mes goûts musicaux et de mon activité philosophique.

Sauf que par acquit de conscience, j’ai décidé de vérifier les paroles de What a wonderful world sur internet. Ce qui m’a permis de découvrir tout le sens du proverbe « le mieux est l’ennemi du bien. » Bien évidemment, il ne serait jamais venu à Satchmo l’idée de chanter: «Red roses too, I see them blue ». Ce qu’il dit dans cette chanson, c’est « Red roses too, I see them bloom ». Si j’avais paresseusement fait confiance à mon oreille, j’aurais pu illustrer mon talk avec une très belle photo d’un Louis Armstrong hilare. Avec mes fichus scrupules de chercheur qui vérifie tout ce qu’il utilise, je viens de perdre mon bel effet rhétorique et vais devoir pondre un PowerPoint tout tristounet et sans illustration. Je soupçonne fortement Satchmo d’avoir écrit « Red roses too, I see them bloom », juste pour m’emmerder; je sais pas vous mais moi, ce type, je l’ai toujours trouvé un peu suspect. C’est certainement pas Miles qui me ferait des crasses pareilles.

Sinon Palmyr VII aura pour thème: « Dependance in Logic, Language and Action », aura lieu à l’Ecole Normale Supérieure les 6 & 7 octobre et accueillera non seulement d’excellents jeunes logiciens mais en plus aura pour invited speakers Gabriel Sandu et Leon Horsten. Si vous êtes à Paris et que ces questions vous intéressent, je vous incite fortement à y aller parce que ça va être passionnant et très instructif.

PS: Je suis désolé mais en ce moment yahoo enlève toutes mes mises en forme.

Police Républicaine

Posted in Uncategorized by hadyba on septembre 26, 2008

Un extrait quand même:

Visiblement, il y a eu une incompréhension entre vous et les policiers lors de votre interpellation car vous ne parlez pas très bien le français…

Quelle incompréhension ? On ne m’a même pas demandé mes papiers. Je n’étais pas en situation d’excès de vitesse, ni rien d’autre. Je rentrais à mon hôtel pour manger. Les policiers m’ont arrêté et m’ont alors demandé de sortir de ma voiture. Je ne comprenais pas. Ils m’ont traité comme un criminel avant de me placer en garde puis de me libérer. Depuis que je suis en France, c’est le pire moment de ma vie.

Le reste est à lire ici.

Union sacrée & relativisme

Posted in Uncategorized by hadyba on septembre 25, 2008

Il faut voter avec son parti comme un Gentleman et non avec sa conscience comme un aventurier.

Disraeli

Une des choses qui ont fait que j’ai toujours été pour le moins sceptique envers le patriotisme de mon président actuel c’est que quand il était dans l’opposition, il rentrait périodiquement, au nom du patriotisme justement, dans le gouvernement socialiste allant même jusqu’à accepter un poste de ministre d’état sans portefeuille. C’était censé être des gouvernements d’union nationale qu’appelaient la grave situation économique dans laquelle le Sénégal était plongé et la mise en synergie de toutes les compétences était supposée nous sauver de la catastrophe. Dans les faits, c’était juste un moyen d’associer l’opposition au pillage en règle du pays et d’empêcher que les seules forces politiques qui pouvaient canaliser la révolte populaire ne le fassent. D’ailleurs le peuple sénégalais ne s’y trompait pas qui désignait ces gouvernements sous le nom de gouvernement de partage du gâteau.

A la faveur de la crise financière actuelle, j’ai l’impression que l’Administration Bush essaie de jouer la même stratégie et ne comprend absolument pas comment les démocrates américains arrivent à se laisser prendre à des manœuvres aussi grossières. Nous voyons John McCain débouler l’air grave et affirmer qu’il allait d’urgence arrêter sa campagne électorale et se rendre à Washington pour régler le problème et il propose à Barack Obama de lui emboiter le pas. De son coté, après que Hank Paulson a proposé en son nom un plan absolument scandaleux consistant grosso modo à récompenser les coupables, Bush Jr s’adresse au peuple américain pour dire: 1) que le plan est incontournable et 2) qu’il propose à toute la nation de faire l’union sacrée autour de lui afin de l’aider à implémenter ce plan. Le problème c’est que dans la situation actuelle il n’y a que quatre possibilités et aucune d’elles ne nécessite une union sacrée.

Première possibilité: il n’y a absolument aucune différence entre les démocrates et les républicains. Dans ce cas, la campagne électorale peut continuer as usual et Bush Jr commencera à régler le problème en attendant que le prochain président, quel qu’il soit, continue le travail. Il est évident que dans une telle hypothèse, son nom et son appartenance partisane sont totalement anecdotiques.

Deuxième possibilité: non seulement il y a de vrais différences entre démocrates et républicains mais en plus Bush Jr a le meilleur plan pour résoudre cette crise. Dans ce cas, il lui faut exposer aussi clairement que possible son plan, convaincre le congrès de sa pertinence, prendre Dieu la presse et le peuple américain à témoin. Le jeu normal des institutions démocratiques quoi. Mais franchement si Bush Jr était un génie, ça se serait vu à un moment ou à un autre de son brillant parcours.

Troisième possibilité: non seulement il y a de vrais différences entre démocrates et républicains mais en plus les démocrates ont la bonne solution de sortie de crise. Ben, on a de la chance, ils dominent le congrès alors, il faut qu’ils proposent cette solution et obligent l’administration Bush à l’adopter et pendant qu’ils y sont, ils en profitent pour clamer urbi et orbi que ce plan n’est qu’un des multiples bienfaits que la prochaine élection de celui que certains nomment déjà Le Messie et d’autres Le Sauveur mais qui continue modestement de se qualifier de Man with a funny name apportera à l’Amérique que Dieu la bénisse et la laisse continuer d’apporter indéfiniment sa lumière au monde.

Quatrième possibilité: personne ne sait comment il convient de régler cette crise. Dans ce cas, la meilleure chose à faire est encore d’adopter la ligne McCain/Sarkozy consistant à devenir communiste et à crier très fort qu’il faut que les riches qui nous ont foutu dans cette merde paient pour leurs crimes et que l’on veillera personnellement à les pendre par les boyaux lors d’exécutions publiques auxquels chaque bon citoyen est convié. A près avoir crié cela, on se hâtera bien évidemment de socialiser les pertes parce que les riches sont nos amis et que ce sont eux qui nous fourniront un boulot lucratif quand nous aurons abandonné ces fichus boulots gouvernementaux qui sont tellement mal payés.

Vous l’aurez compris, aucune de ces quatre éventualités ne nécessite l’union sacrée à laquelle on nous appelle. Cette union sacrée repose sur une vision de la politique particulièrement relativiste et antidémocratique selon laquelle nos différences idéologiques seraient pour ainsi dire superficielles. Seulement, si nous proposons plus ou moins les mêmes solutions aux problèmes, pourquoi avons nous besoin de nous opposer en temps normal pour commencer? Cette manière de voir les choses me paraît totalement perverse. Si nous prenons l’exemple de la crise financière actuelle, ce n’est pas un fléau que Dieu aurait jeté sur nous pour nous punir de nos péchés, c’est la conséquence de décisions qui ont été prises de manière totalement consciente par des hommes politiques et par des financiers. Au moment où ces décisions ont été prises, certains ont fait des choix dont ils étaient très bien payés pour les faire et en endosser la responsabilité. Maintenant que ces choix s’avèrent désastreux, la moindre des choses est de les identifier clairement afin d’éviter de que nous ne reproduisions les mêmes schémas. Au passage, il serait bon de jauger les programmes politiques qui nous sont proposés à l’aune de ce que nous venons d’apprendre pour voir lesquels sont les meilleurs. Ce n’est donc pas le moment d’arrêter la campagne, bien au contraire, c’est le moment de l’intensifier pour bien décider qui a le meilleur programme.

Plus généralement, cette idée selon laquelle, à chaque période de crise, il faudrait que les habitants des systèmes démocratiques acceptent de se conduire comme des moutons et de renoncer à leurs droits constitutionnels me paraît pour le moins dangereuse. C’est déjà un état d’esprit aussi lâche, bien plus que leur stupidité, qui explique que les parlementaires et journalistes US aient soutenu leur président dans une invasion illégale d’un pays souverain ou bien qu’il se soient montrés si complaisants envers l’usage de la torture. On était après le 11 septembre alors, quiconque se serait permis de moufter aurait été considéré comme un traitre et lynché en place publique. Moyennant quoi, l’Amérique est encore plus en danger qu’avant et en plus ils ne peuvent même plus aider à lutter de manière crédible contre la torture dans d’autres parties du monde. Il faut vraiment que nous arrêtions de nous laisser prendre à des pièges aussi grossiers. Par définition, une démocratie est un endroit où l’on critique son propre gouvernement. Si nous acceptons, crise ou pas, de nous soumettre à une soi-disant union sacrée et de faire absolument allégeance à notre gouvernement, alors nous avons cessé d’être une démocratie, point barre.

PS: Jacques Attali court les plateaux de télé pour dire qu’il avait prédit cette crise il y a 6 mois. Puisque le titre de plus grand économiste amateur de France est à prendre, j’aimerais souligner que mo
i, c’est il y a non pas 6 mois mais plus d’un an que j’avais prédit cette crise et que je vous en prédit une autre dans 8, 9 ans.

Lyon at last

Posted in Uncategorized by hadyba on septembre 24, 2008
Ca faisait longtemps que j’avais envie de voir la ville de Lyon, sans aucune raison particulière. Eh bien, demain ce sera fait… sauf que j’arrive à 14h et que je repars à 20h et qu’entre temps je risque d’être enfermé dans une salle de conférence.

Je ne sais pas vous, mais moi, je trouve ça classe. Stupide certes, mais classe quand même!

Recherche

Posted in Uncategorized by hadyba on septembre 23, 2008
De toute manière, le savoir, c’est largement surfait et ça sert à rien. Alors, ceci n’est pas grave du tout.

Large Hadron Rap

Posted in Uncategorized by hadyba on septembre 19, 2008

En plus, si vous lisez les paroles, vous comprendrez le modèle standard et pas mal de théorie des cordes.

Nationaliser, c’est libéral

Posted in Uncategorized by hadyba on septembre 19, 2008

« C’est là que les américains auront toujours une longueur d’avance sur nous. Washington va agir exactement comme un fonds d’investissement; le plus grand fonds d’investissement du monde. »

Nicolas Doze sur BFM TV

C’est ça qui m’écœure le plus chez les soi-disant analystes économiques des médias. C’est gens là auraient hurlé à la mort si un État quelconque s’était mêlé de leurs jeux quand ça leur rapportait de l’argent et maintenant que leur irresponsabilité mène le monde à la catastrophe, ils réclament à cor et à cris une nationalisation de leurs pertes et ils ont en plus l’indécence d’essayer de nous faire croire que ce sont là non pas des nationalisations comme en réclame parfois l’extrême-gauche mais la création d’un nouveaux fonds d’investissement comme un autre. Le pire c’est que ce sont les mêmes qui se plaignent quand tout va bien qu’il y a trop d’impôts qui réclament que l’on creuse les déficits publics, quand leur égoïsme risque de faire imploser le système économique mondial. Le plus formidable étant que la ploutocratie qui nous dirige a réussi à nous faire croire que nous vivons dans des démocraties. Saufs que les plus pauvres paient toujours pour maintenir le confort et le niveau de vie de la minorité la plus riche.

Sinon, si vous voulez vraiment vous marrer en ces temps de crise économique un excellent show aura lieu le 25, à Toulon il me semble, mais sera télévisé par toutes les bonnes chaines humoristiques d’infos de France et de Navarre. Un comique de très grand talent va mimer un discours altermondialiste avec des tics qui vous feront hurler de rire. C’est le même acteur qui, la semaine dernière, à joué une pièce sur la laïcité positive juste devant le Très Saint Père et qui hier a joué le personnage récurrent du Saveur de la Sécu mais avec l’innovation policière qui est la marque de son interprétation inspirée.

PS: Vous savez que Hank Paulson, ministre de finances de Bush, est l’ancien Big Boss de Goldman Sachs? Tu m’étonnes qu’il utilise les impôts de ses concitoyens pour sauver ses copains, il va quand même pas laisser ses partenaires de golf s’appauvrir. A son age, on change de job, mais pas d’amis.

Le Pen et le syndrome Tati

Posted in Uncategorized by hadyba on septembre 16, 2008

Je ne sais pas si vous connaissez la chaine de magasins Tati. Si vous vivez en France, il est probable que vous en avez au moins entendu parler. Si vous ne connaissez pas, disons que c’est une sorte de grand magasin créé après la seconde guerre mondiale et qui avait la double spécificité de vendre absolument tout et n’importe quoi à des prix défiant toute concurrence et de viser expressément une clientèle populaire en ce sens que les vendeurs avaient pour consigne de tout faire pour que cette clientèle s’y sente à l’aise et que le fait de trier et de déplacer les articles était non seulement toléré, mais encouragé. C’est un modèle économique redoutablement efficace et qui a marché pendant presque 50ans si je ne me trompe. Puis à un moment donné, le fils du créateur de cette chaine de magasin a eu ce qu’il croyait être une idée de génie mais qui n’est rien d’autre qu’une énorme stupidité.

L’idée lumineuse de Monsieur Tati Jr était la suivante: « j’ai les pauvres, ils achètent tout plein de choses pas chers dans mes magasins pour pauvre et ça m’a permis d’être riche. Mais là je vais être encore plus riche parce que même les pauvres ont parfois envie/besoin d’acheter des articles de luxe. Ils se marient, marient leurs filles…etc. ET pour ce faire, ils économisent des années afin d’acheter de l’or, des bijoux ou des costumes de luxe. Il faut juste que ce soit moi qui le leur vende et je suis roi de France! » Aussitôt pensé, aussitôt fait. Monsieur Tati Jr réserva les meilleurs emplacement de Paris et y créa de luxueux magasins Tati Luxe où il vendait des diamants, des costumes de Haute Couture, des robes de Grand Couturiers.

Il faut reconnaître que monsieur Tati Jr était pile dans l’air du temps. Tout le monde parlait de diversification ou de rentabilité et l’industrie du luxe était notoirement l’une des plus rentables de toutes. Il n’empêche qu’il aurait suffi de réfléchir deux secondes pour se rendre compte que cette idée ne pouvait pas marcher et cela pour une raison très simple qui est la suivante. Supposons que je sois pauvre [ça tombe bien, je le suis] et que j’économise des années pour épouser la dame de mes pensées. Je veux que tout soit parfait et j’ai économisé de quoi acheter une superbe alliance en or, un costume et une robe de grand couturier. On ne se marie qu’une fois dans la vie n’est-ce pas? Vous pensez que pour une occasion pareille, je m’amuserais à aller dans un magasin Tati? C’est la seule occasion de ma vie où je pourrais jamais rentrer dans un magasin de la place Vendôme sans me faire chasser par le vigile et vous voulez que je n’en profite pas? Faudrait vraiment être con! Je veux le même magasin où mon patron admiré achète les bijoux qu’il offre à sa maitresse, quoi qu’il m’en coute! Second cas, supposons à présent que je sois riche. J’ai mes magasins attitrés. Qu’est-ce que j’irais fiche chez les ploucs sortis du XVIIIe? Résultat pathétiquement prévisible, non seulement Tati Luxe a fait faillite mais en plus il a entrainé dans sa chute ce qui avait fait la fortune de la famille Tati i.e. les magasins pour pauvre qui désormais appartiennent à une chaine italienne. C’est ce que je nomme le syndrome Tati: un héritier qui se croit trop important pour gérer la modeste affaire de son père et qui dilapide le patrimoine familial en essayant de gagner en respectabilité.

Le weekend dernier, j’ai repensé au syndrome Tati en écoutant vaguement le très respectable Jean-Marie Le Pen s’exprimer lors de l’université d’été du Front National. Si vous y réfléchissez, c’est exactement du syndrome Tati que Monsieur Le Pen a été victime. Vous aviez un digne homme d’affaire (JMLP) qui a passé sa vie entière à monter et faire fructifier son business. De même que Monsieur Tati Sr avait ses pauvres, Monsieur Le Pen Sr avait ses racistes et ses beaufs. Il leur vendait de l’espoir, la liberté de dire des horreurs sur ceux qui sont différents d’eux, il leur fournissait des bouc-émissaires… etc. C’était donc une affaire rondement menée, une industrie de service tout à fait rentable et grâce à laquelle, à plus de 60ans, Monsieur Le Pen pouvait s’enorgueillir d’être l’un des hommes politiques les plus riches de l’hexagone. Tout allait donc pour le mieux dans le meilleur des mondes jusqu’à ce que Mlle Le Pen Jr, à l’instar de M. Tati Jr se pique de respectabilité et pense qu’il était possible pour la Maison Le Pen de se diversifier, de virer les fondamentaux (skinheads, humour gras, racisme et antisémitisme), d’accepter les noirs et les arabes à condition qu’ils soient xénophobes etc. Bien évidemment, une fois que la Maison Le Pen avait renié son coeur de cible, qu’il avait chassé de ses terres le bon raciste bien vulgaire, il a suffi à Mr Sarkozy de deux ou trois propos bien calibrés sur le pedigree des jeunes de banlieue ou sur les moutons que l’on égorge dans des baignoires pour rafler la mise et récupérer le raciste en mal de cohérence. Pour l’instant la Respectable Maison Le Pen n’a pas encore totalement chuté mais c’est juste parce que le vieux lion est toujours vivant et je me demande si, devant le risque que son patrimoine soit dilapidé il effectuera le retour aux fondamentaux que tous les racistes, tous les xénophobes et beaucoup d’extrémistes de droite appellent de leur vœux. Un ou deux dérapages contrôlés sur les noirs qui courent plus vite que les blancs, les musulmans qui violent nos femmes ou les juifs et tout devrait rentrer dans l’ordre. Rien de personnel bien sûr, c’est le business qui veut ça et que ça serve de leçon à toutes ces jeunettes qui pensent que l’on peut être le Front National et renier les skinheads!

Juste une question:

Posted in Uncategorized by hadyba on septembre 16, 2008


Au fait, quelqu’un a-t-il une idée de ce qui se passe vraiment dans le dix neuvième arrondissement de Paris? Ça a l’air assez bizarre non? Si un autochtone de bonne foi pouvait m’éclairer sur les mœurs locales, ça m’intéresserait. Florian, t’habites pas dans le coin?

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