Hady Ba's weblog

L’effet Saturday Night Live

Posted in Uncategorized by hadyba on octobre 31, 2008

Avec mon colocataire et néanmoins cousin, on était juste en train de discuter des élections US et on s’est rendu compte qu’on n’était pas sûr de vouloir voir Barack Obama gagner.

Entendons-nous bien, il suffit de réfléchir deux secondes pour se rendre compte que ce serait la meilleure chose qui pourrait arriver au monde depuis l’élection de Roosevelt Le Second. Mais, honnêtement, êtes-vous prêt à renoncer au potentiel comique d’une Administration Pallin/McCain? McCain déjà avec son coté soldat de plomb est très drôle mais, il faut reconnaître que Pallin, c’est l’absolue certitude de s’amuser pendant quatre ans. Représentez vous ses voyages officiels. Son premier séjour à Paris par exemple. Elle fera forcément une généralisation sur la France et les français. Imaginez-la en Afrique maintenant! Vu le sexisme de nos dirigeants, ils vont, c’est inévitable, lui faire visiter des orphelinats et des hôpitaux où on soigne des malades du Sida et je vois d’ici son commentaire sur les africains. Avec un peu de chance, elle fera même sa Madonna et adoptera un petit David Banda pour rattraper le coup. Dans mes fantasmes les plus fous, je n’ose penser que quelqu’un enverrait Madame Pallin au proche et moyen orient (encore qu’un miracle soit toujours possible), mais Pallin chez les chinois et Pallin chez les scientifiques pourrait nous donner matière à satire également. Même Pallin chez les évangéliques pourrait être passionnant avec séance d’exorcisme et promotion de la science chrétienne.

Comparez cela à ce que serait une administration Obama. Un type hyper-intelligent, hyper-organisé qui réfléchit avant de parler, connait la différence entre un chiite et un sunnite, sait parler d’économie de manière intelligente, plaisante très peu et dont la seule fantaisie consiste à jouer au basket. Non franchement, ce serait à mourir d’ennui! Je me demande si le monde supporterait une dose aussi élevée de sérieux. On va déjà vers la récession sur le plan économique, si en plus le maître du monde nous donne chaque soir l’impression de retourner à l’école (et à une école d’élite en plus) que restera-t-il au bon peuple? Y avez-vous sérieusement pensé? Joe Biden était censé apporter le coté gaffeur au ticket démocrate. Malgré des débuts extrêmement prometteurs [souvenez-vous, c'est lui qui avait dit lors des primaires que si Obama était si populaire, c'est parce qu'il était le premier noir propre et parlant correctement à apparaître sur la scène politique US], il semble avoir subi la lugubre influence d’Obama. Il paraît désormais incapable de parler d’autre chose que de système de sécurité sociale, d’économie et de guerre et avec sérieux en plus. Déprimant vraiment.

Je suis d’accord, Bush Jr nous a illustré le mal que pouvait faire un type sympa avec trop de pouvoir mais si l’on y réfléchit, je vis à Paris pour le moment, il n’y a aucune chance que Dakar soit bombardé quel que soit le président US et si je me débrouille bien, j’éviterai les bombes même à Chatelet. Alors, est-ce vraiment mal de souhaiter que le président US soit un peu drôle même si ça signifie plus de guerres stupides? OK, c’est légèrement irresponsable mais secrètement, ne seriez-vous pas soulagé d’apprendre le 5 au matin que les américains ont décidé de choisir McCain? Si vraiment le rire est le propre de l’homme, la préservation de la qualité de la scène comique mondiale ne vaut-elle pas quelques sacrifices de la part de l’humanité? On parle souvent d’effet Bradley, je me demande si ce n’est pas un SNL effect qu’il faut anticiper. Ceci dit, en cas d’effet Saturday Night Live, je vous souhaite ce que chantait Sensemilla: « Que votre chemin évite les bombes… ». Tout le monde n’y arrivera pas, mais vous et moi, j’espère que si.

Science Pécressienne

Posted in Uncategorized by hadyba on octobre 29, 2008

Je me suis toujours demandé comment Madame Pécresse avait pu devenir ministre de la recherche. Grace à ce blog, je découvre que c’est une remarquable scientifique que les Californiens envient à la communauté universitaire française!

Ce serait bien qu’on lui trouve le plus rapidement possible un poste à Berkeley si vous voulez mon avis.

Department

Posted in Uncategorized by hadyba on octobre 29, 2008

of what if.

Presque

Posted in Uncategorized by hadyba on octobre 28, 2008

trop facile!

Shopping & sexisme

Posted in Politique, USA, Vie quotidienne by hadyba on octobre 28, 2008

Je ne suis pas sexiste et n’aime pas le paraître mais là je vais prendre le risque.

Reprocher à Sarah Pallin sa nouvelle garde robe à 150000 dollar me semble d’une stupidité typiquement masculine. J’ai fait du shopping avec ma mère, mes soeurs, des copines, des jeunes filles, des femmes voilées, des femmes âgées… A chaque fois le même phénomène s’est reproduit. La douce et raisonnable créature que j’avais accepté d’accompagner a été possédé par une sorte de démon acheteur qui a la particularité de ne sévir que dans les marchés, supermarchés et bazars et de ne s’attaquer qu’aux femmes. Mes tentatives d’exorcisme se sont à chaque fois soldés par un échec pitoyable et j’ai parfois même failli y laisser la vie. De guerre lasse, j’ai décidé de m’en tenir à deux résolutions que je respecte aussi scrupuleusement que possible.

Résolution numéro 1: ne jamais, au grand jamais, accompagner un individu de sexe féminin au shopping.

Résolution numéro 2: Si tu faillis à la résolution numéro 1, ton rôle est d’approuver sans réserve tout ce que l’individu de sexe féminin fera, de lui tenir ses achats et de te taire si on ne te demande pas ton avis.

Depuis que j’ai adopté ces deux règles de conduite, je suis un homme beaucoup plus heureux…. surtout quand j’arrive à ne pas entrer dans la zone dangereuse de mise en application de la Résolution 2.

Ce que je veux vous dire, c’est que si nous autres hommes n’étions pas totalement bornés, nous comprendrions ce que toute femme normalement constituée voit de manière claire et distincte: il ne faut pas blâmer Pallin d’avoir dépensé 150000 dollar mais la féliciter de son sens de la mesure. Si vous ne me croyez pas, donnez à n’importe quelle femme une carte bancaire à débit illimité et demandez-lui de s’habiller et d’habiller cinq marmots avec. Si elle ne claque pas le million dans la journée, vous êtes tombé sur un homme déguisé. Personnellement je pense, et je suis persuadé que les femmes dans la salle accepteront ce constat objectif, qu’en ne dépensant que 150000 dollar, Mme Pallin a fait preuve d’un sens de la mesure, d’une responsabilité budgétaire, dignes du meilleur ministre des finances. La moindre des choses est de porter cette qualité à son crédit. Nous pouvons reprocher à Sarah Pallin, ses idées idiotes sur la drosophile, son créationnisme, ou sa méconnaissance totale du monde extérieur à Wassilla, je ne crois pas que nous puissions désormais nous moquer de son talent pour le contrôle d’un budget. Je serais une femme américaine, même de gauche, pro-avortement et diplômée de Harvard, je crois que des attaques aussi bassement machistes et dénotant une méconnaissance si typiquement masculine de ce qu’est le shopping m’inciteraient à voter pour le ticket Pallin/McCain. Comment pouvez-vous espérer qu’un homme qui ne comprend pas le shopping comprenne quoi que ce soit aux problèmes des femmes? Franchement, ce Barack Obama serait mieux inspiré de changer de sujet….

Update du 31/10/08: à propos de la discussion plus ou moins sérieuse des commentaires, je découvre via le Monolecte ce post sur les femmes qui sont seules parce qu’elles ont réussi leur vie professionnelle. Pertinent (et triste), le constat fait par Agnès dans les commentaires que souvent quand un homme réussit c’est grâce à une femme dévouée alors qu’une femme réussit [presque] toujours malgré sa famille proche.

Jean Ziegler & la haine de l’occident

Posted in Uncategorized by hadyba on octobre 27, 2008
Pas le temps de blogguer sur cette interview de Jean Ziegler mais comme d’habitude, je suis gêné part son manichéisme qui nous voit, nous autres africains comme de pures victimes.

Sans compter que parler de "haine de l’occident" me parait non seulement stupide mais également paradoxalement occidentalo-centré. Mes copains et moi sommes africains, n’aimons pas la situation actuelle de nos pays et aimons encore moins la mainmise occidentale (pour autant que "occidental" désigne une catégorie cohérente) sur nos économies nationales. Il n’empêche que ce qui nous anime, ce n’est pas une quelconque haine; c’est la tranquille certitude que tant que nous n’aurons pas commencé par prendre le contrôle de nos propres pays, il n’y a aucune raison que des étrangers défendant leurs propres intérêts nous fassent des cadeaux. Les relations internationales, c’est la jungle et dans la jungle, on ne se plaint pas que les prédateurs vous attaquent et on ne perd pas son temps à les détester; on développe des stratégies de survie pour leur échapper et éventuellement devenir plus forts qu’eux.

Les habitants des pays ssous développés ont à lutter sur deux front, le front intérieur (i.e. leurs gouvernants corrompus) et le front extérieur (la mainmise d’une poignée de ploutocrates sur leurs économies nationales). S’imaginer qu’ils perdent leur temps à détester un occident indifférencier est un fantasme de vieil idéaliste occidental!

Ceci dit je trouve les intentions et les motivations de M. Ziegler admirables, mais ça ne suffit pas.

Hijab or not

Posted in Uncategorized by hadyba on octobre 22, 2008
Sur Amayel’s Notes il y a un excellent post sur le hijab. Par une femme musulmane. Et Bill Maher en prime.

Teasing psycho-anthropologique Boum!

Posted in Uncategorized by hadyba on octobre 22, 2008

Et c’est ici que l’explosion a eu lieu!

Je crois que l‘idée est de Dan Sperber (Jean Nicod Paris & LSE Londres). Ils ont créé grace au département d’anthropologie de la LSE et à Jean Nicod une sorte d’institut virtuel qui permet à quelque 150 chercheurs travaillant sur des approches cognitives de la culture et disséminés à travers le monde de collaborer, d’organiser des colloques en ligne et de financer des recherches sur le terrain.

L’aspect le plus intéressant de la chose, à mon humble avis, est ce blog collectif grace auquel ces chercheurs communiquent ce qu’ils font. Il est déja très fourni et ça va de la lecture des entrailles de veau en Ethiopie à la cognition numérique chez les amazoniens en passant par la campagne de promotion des fruits et légumes chez les indigènes de la bonne ville de Nîmes.

Kareem Rashad Sultan Khan

Posted in Uncategorized by hadyba on octobre 19, 2008

Colin Powell se décide enfin à se comporter en homme après s’être couvert de honte dans l’administration Bush. Je dis ça non pas parce qu’il a soutenu Obama (cette fraternité noire apparente me gène plus qu’autre chose!) mais parce que parmi les raisons qu’il a données, il y a l’histoire de Kareem Khan, soldat musulman mort pour l’armée US en Irak. Au moment où les Républicains semblent penser qu’accuser Obama d’être un arabe voire un musulman est la meilleure manière de le faire perdre et au moment où Obama ne prends pas la peine de rappeler qu’il y a au USA beaucoup de musulmans qui aiment leur pays, Powell remonte dans mon estime en rappelant cela.

Ceci dit, je pense que Powell aurait vraiment rendu service à son pays et fait honneur à l’armée s’il avait osé s’opposer à une guerre qu’il trouvait injustifiée au moment où elle était en préparation.

Don d’organe & répugnance

Posted in Economie, Religion, Vie quotidienne by hadyba on octobre 18, 2008

La semaine dernière deux choses m’ont fait penser au don d’organe. D’abord j’ai appris qu’Al Roth avait un blog puis une collègue m’a demandé de l’aider à trouver sur le net un formulaire de refus de don d’organe. Mais commençons d’abord par un coming out: je suis un donneur d’organe. Si par extraordinaire je mourrais à vos cotés, appelez d’urgence une ambulance et dites à l’hôpital du coin de se réjouir, ils peuvent prendre tout ce qui, dans mon organisme leur paraîtrait fonctionnel. Après bien évidemment, j’aimerais autant qu’ils redonne un aspect présentable au reste avant de le rendre à ma famille. Ceci dit, étant donné que j’ai décidé de ne pas mourir dans les soixante ans qui viennent, je ne crois pas que ma qualité de donneur d’organe serve à qui que ce soit mais on ne sait jamais, je peux me tromper dans mes pronostics et mourir dans les jours qui viennent et ça me ferait mal que dans cet improbable cas, mes organes ne soient pas remis sur le marché. Fin de l’intermède privé.

Samedi matin donc, une de mes collègues m’a demandé à brule pourpoint de l’aider à télécharger le formulaire de refus de don d’organe. Étant donné que c’était une personne pour laquelle j’avais beaucoup d’estime et que je savais par ailleurs généreuse, j’étais un peu choqué et j’ai essayé de comprendre pourquoi elle ne voulait pas que ses organes soient transplantés. La première raison qu’elle m’a donné était religieuse. Elle essayait de faire le maximum de bien avec son corps et elle ne savait pas ce que la personne qui en hériterait en ferait. De manière symétrique, elle ne pouvait accepter un coeur d’une personne dont Dieu seul sait ce qu’elle avait fait précédemment! Par ailleurs (argument ultime), elle était musulmane et la religion musulmane interdirait les transplantations d’organes. Manque de bol, il se trouve que je suis moi-même musulman et je sais que je crois savoir que ce n’est pas vrai. J’ai entrepris de lui montrer que d’une part le don d’organes n’était pas interdit mais que d’autre part, le refus d’accepter une transplantation pouvait en toute logique s’apparenter à un suicide or, se suicider, dans la quasi totalité des religions, est une sorte de péché mortel. Je ne sais pas si vous l’avez remarqué mais beaucoup de personnes affiliées à une religion ont cette tendance de systématiquement justifier leurs choix par la religion, même quand cette dernière ne dit absolument rien du point en question. Les croyants semblent souvent croire que Dieu pense comme eux et au lieu d’aller vérifier ce qu’Il dit effectivement, ils se contentent de se fier à leurs instincts et de condamner quiconque n’agit pas comme eux à l’enfer éternel. Personnellement, après m’être vu promettre l’enfer un certain nombre de fois, je commence à vérifier ce que l’on me dit avant de me résigner à la damnation éternelle.

Puisque mon but était vraiment de comprendre pourquoi cette personne rejetait d’instinct les transplantations, j’étais assez content d’avoir démoli les fondements théologiques de ce refus. Maintenant que l’irréfutable argument religieux était disqualifié, on allait pouvoir discuter.

Moi: Supposons que l’un de tes enfants ait besoin d’une transplantation, lui donnerais-tu un de tes reins?

Elle: Bien évidemment!

Moi: maintenant, supposons que ce soit toi qui en a besoin, accepterais-tu que ta fille te donne un de ses reins?

Elle: Bien sûr

Moi: Maintenant, supposons que tu aies besoin d’une transplantation cardiaque et que l’on te propose le coeur d’un accidenté que fais-tu?

Elle: Je refuse!

Moi: Mais pourquoi?

Elle: Je ne vais quand même pas accepter que n’importe quoi rentre dans mon organisme. Je sais rien du tout de la personne à qui le coeur appartenait, je ne pourrais pas supporter de savoir qu’il y a une partie de mon corps dont je ne sais rien! S’il n’y a pas de coeur artificiel, je préfère encore mourir.

Je ne sais pas si cela vous paraît aussi bizarre qu’à moi. J’aurais tendance à voir le coeur comme un amas de cellules ayant un rôle purement mécanique. Dans l’absolu, que ce soit mon propre coeur, le coeur d’un singe ou un coeur en caoutchouc, je m’en fiche totalement dès l’instant que ça pompe le sang. Cette idée selon laquelle mes organes auraient une qualité particulière me paraît aussi saugrenue que si vous disiez par exemple que les chaussures que je viens d’acheter acquièrent une qualité particulière du fait que c’est moi et non mon voisin qui en ait fait l’acquisition.

Bizarre ou pas, cette attitude de ma collègue me semble partagée par beaucoup de gens qui refusent a priori, de manière quasi instinctive, le don d’organe. Les justifications, religieuses ou rationnalisantes me semble-t-il n’arrivent qu’a posteriori. En écoutant cette personne, ça m’a fait repenser à une conf d’Alvin Roth a laquelle j’avais assisté ici, conf au cours de laquelle il soutenait d’une part que le don d’organes pouvait se concevoir comme un marché, mais d’autre part que ce marché avait la particularité de faire intervenir la répugnance; ce qui le rendait un peu plus difficile à organiser rationnellement. Al Roth est un économiste de Harvard dont la spécialité est le market design. Qu’est-ce que le market design? En fait, c’est assez simple. Supposons que vous êtes le maire d’une grande ville et que vous êtes chargés de gérer les écoles publiques de la ville. Vous pouvez décider que chaque enfant ira à l’école du coin, point barre. Mais cette solution brutale est quelque peu brutale. Pour peu que vous attachiez la moindre importance à une notion aussi stupide que la justice sociale par exemple, vous vous dites que ce serais un peu mieux si les écoles étaient un peu plus diversifié, si des enfants riches et des enfants pauvres, des enfants noirs, jaunes, blancs et bleus, des enfants moches et des beaux, de filles et des garçons se tenaient la main. Bien évidemment, vous préféreriez également que le résultat de votre quête de diversité ne soit que votre propre enfant ne se retrouve à parcourir des kilomètres pour tenir la main à un enfant pauvre et moche lui-même est riche et beau! Si vous
êtes avisé, vous appelez Alvin Roth et lui il débarque, prend en compte tous les paramètres pertinents, sort ses algorithmes et en moins de deux vous vous retrouvez avec un système éducatif diversifié et des parents heureux de l’affectation de leur enfant. Et un parent heureux est un parent qui vote pour votre ré-élection, ne l’oubliez pas!

C’est après en avoir fini avec les écoles New Yorkaises et l’affectation des internes dans les hôpitaux que Mr Roth a décidé de se pencher sur le désordre des transplantations d’organe. Si vous prenez le cas des personnes en attente d’un rein, il y a chaque année des milliers de personnes qui décèdent faute d’avoir dans leur famille un donneur compatible. Or chaque être humain a deux reins et pourrait parfaitement vivre avec un seul de ces précieux organes. Une réaction d’économiste serait de faire le calcul et de trouver que 15000 US Dollar est la somme exacte qui permettrait de mettre fin à la pénurie de reins. Il suffirait d’autoriser les gens à vendre leur rein et à fixer le prix d’un rein à cette somme pour que soit éliminé la pénurie de reins dans le marché américain. Sans compter que ça rapporterait de l’argent à certaines personnes dotées d’un solide esprit d’entreprise. Bizarrement, en dehors de certains économistes, cette idée ne semble à priori séduire personne. Roth montre que dans ce cas, comme dans beaucoup d’autres cas comme l’interdiction du mariage gay ou l’interdiction des boucheries chevalines dans l’état de Californie, c’est la répugnance qui intervient comme une contrainte sur le fonctionnement supposé optimal du marché. Un market designer se doit donc d’essayer autant que possible d’identifier les sources de répugnance avant de créer son algorithme. Deux choses intéressantes (entre autres) que souligne Roth c’est que d’une part la répugnance est contextuelle et d’autre part qu’elle peut se modifier par la discussion rationnelle. Comme exemple d’effet de contexte concernant la répugnance, je ne puis m’empêcher de penser à un de mes amis marocains qui vomirait sur le champs s’il découvrait que la viande qu’il vient d’ingérer est du porc alors qu’il boit sans problème de l’alcool. En tant que musulman sénégalais, j’ai été conditionné à penser que l’ingestion de la viande de porc est l’exact équivalent du fait de boire de l’alcool mais apparemment la symétrie n’est pas évidente pour les musulmans marocains. Comme exemple de changement possible dans la vision d’une chose comme répugnante, Roth donne l’exemple de l’assurance vie. Apparemment: « Vous voulez fixer une valeur à la vie et spéculer dessus?! » ; telle était la réaction horrifiée des premières personnes auxquelles on a présenté la chose. Juste une précision pour terminer: le papier de Roth n’est pas un plaidoyer en faveur de la vente d’organes et même après avoir assisté à son talk, je ne puis dire s’il y serait favorable ou non.

PS: J’ai fait un test informel sur des gens de mon labo et deux personnes sur cinq se sont déclarées mal à l’aise avec l’idée de donner leurs organes post mortem: deux athées. Cela semble confirmer que ce n’est pas la dimension religieuse qui est déterminante dans le refus du don d’organe par ma collègue.

PPS: Pas le temps de relire ce post qui traîne dans mon ordi depuis la semaine dernière. Je vous prie d’excuser les fautes éventuelles

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