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Krugman, la crise et les économistes

Posted in Economie by hadyba on septembre 9, 2009

FreshSaltEco

Paul Krugman a dans le New York Times de samedi dernier un excellent papier sur la raison pour laquelle les économistes ont eu du mal à prévoir et à proposer des solutions adéquates à la crise actuelle.

Le constat de Krugman c’est que l’histoire de l’économie de ces cinquante dernières années est l’histoire de l’oubli de Keynes. Sous l’influence des monétaristes, même ceux qui se croyaient keynésien, ne soutenaient plus qu’une version light de ce que disait Keynes. Il y avait notamment une sorte de consensus selon lequel les états n’avaient pas à essayer de favoriser l’emploi; la manipulation des taux d’intérêts par les banquiers centraux suffisent largement à réguler tout ce qui peut et doit l’être. La crise actuelle et l’aveu déchirant de l’ancien prophète Alan Greenspan que tout son édifice intellectuel venait de s’écrouler ont suffi à faire de nouveau prendre conscience à certains économistes (mais pas tous) que l’intervention de l’État pouvait parfois être salutaire.

Une des thèses de Krugman dans le papier, c’est que les économistes ont confondu la beauté avec la vérité. Au fur et à mesure que le spectre de la crise s’éloignait, les superbes formalisations mathématiques qui présupposaient des agents économiques parfaitement rationnels s’imposaient et les économistes s’éloignaient faisaient de plus en plus d’idéalisations dont ils oubliaient aussitôt qu’ils ne reflétaient pas la réalité. Quand on a vécu assez longtemps sous ce régime, il devient difficile d’accepter que les belles conclusions auxquelles on aboutit sont faillibles, d’autant plus difficile en fait quand ces conclusions sont que tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes économiques possibles!

Dernier détail, si vous lisez régulièrement le blog de Krugman, vous reconnaitrez pas mal de choses. Cet article me semble donner une bonne raison de tenir un blog professionnel (ce que le mien n’est pas bien sûr): tester certaines idées, sortir de l’université et se rendre compte qu’en dehors de sa communauté ces idées ne sont pas aussi connues qu’elles devraient l’être puis en faire un livre ou un long article de magazine qui diffuse au plus grand nombre ce qu’il est indispensable de savoir.

PS: Pour comprendre à quoi fait allusion l’image, il vous faudra lire le papier de Krugman… ou au moins Anniceris!

Paul Krugman a dans le New York Times de samedi dernier un excellent papier sur la raison pour laquelle les économistes ont eu du mal à prévoir et à proposer des solutions adéquates à la crise actuelle.

Le constat de Krugman c’est que l’histoire de l’économie de ces cinquante dernières années est l’histoire de l’oubli de Keynes. Sous l’influence des monétaristes, même ceux qui se croyaient keynésien, ne soutenaient plus qu’une version light de ce que disait Keynes. Il y avait notamment une sorte de consensus selon lequel les états n’avaient pas à essayer de favoriser l’emploi; la manipulation des taux d’intérêts par les banquiers centraux suffisent largement à réguler tout ce qui peut et doit l’être. La crise actuelle et l’aveu déchirant de l’ancien prophète Alan Greenspan que tout son édifice intellectuel venait de s’écrouler ont suffi à faire de nouveau prendre conscience à certains économistes (mais pas tous) que l’intervention de l’État pouvait parfois être salutaire.

Une des thèses de Krugman dans le papier, c’est que les économistes ont confondu la beauté avec la vérité. Au fur et à mesure que le spectre de la crise s’éloignait, les superbes formalisations mathématiques qui présupposaient des agents économiques parfaitement rationnels s’imposaient et les économistes s’éloignaient faisaient de plus en plus d’idéalisations dont ils oubliaient aussitôt qu’ils ne reflétaient pas la réalité. Quand on a vécu assez longtemps sous ce régime, il devient difficile d’accepter que les belles conclusions auxquelles on aboutit sont faillibles, d’autant plus difficile en fait quand ces conclusions sont que tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes économiques possibles!

Dernier détail, si vous lisez régulièrement le blog de Krugman, vous reconnaitrez pas mal de choses. Cet article me semble donner une bonne raison de tenir un blog professionnel (ce que le mien n’est pas bien sûr): tester certaines idées, sortir de l’université et se rendre compte qu’en dehors de sa communauté ces idées ne sont pas aussi connues qu’elles devraient l’être puis en faire un livre ou un long article de magazine qui diffuse au plus grand nombre ce qu’il est indispensable de savoir.

PS: Pour comprendre à quoi fait allusion l’image, il vous faudra lire le papier de Krugman… ou au moins Anniceris!

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3 Réponses

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  1. Clement said, on septembre 15, 2009 at 8:48

    Tu pourrais etre interesse par cet article d’une amie sur Krugman:

    http://historyofeconomics.wordpress.com/2009/09/11/what-came-next-doctor-paul-and-mister-krugman/

  2. hadyba said, on septembre 17, 2009 at 12:54

    Très intéressant, même si je ne suis pas d’accord!

  3. [...] est assez prégnante.  C’est un peu ce que Krugman soulignait dans le papier dont j’ai parlé ici quand il accusait ses collègues économistes de s’être laissé séduire par la beauté [...]


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