Hady Ba's weblog

Le droit contre la démocratie

Posted in France by hadyba on avril 10, 2011

Mussolini avait cette formule pour résumer l’esprit du fascisme italien:

Tout dans l’État, rien hors de l’État, rien contre l’État

Bien sûr, dans cette formule, il y a une égalisation entre État et pouvoir exécutif. Le pouvoir judiciaire avec ses lois fondées en raison, ses principes constitutionnels et sa cohérence inflexible est insupportable à tout fasciste qui se respecte. Non pas parce que l’on ne peut pas changer les lois, mais parce qu’une fois qu’on a écrit les lois, elles doivent s’appliquer indifféremment au puissant tout comme au faible. Or le fascisme repose sur une inégalité entre les humains.

Les fascistes prétendent que s’ils égalisent l’État et le pouvoir exécutif, c’est parce qu’ils sont du coté du peuple. Le National-Socialiste allemand, tout comme le fascisme italien prétendaient exprimer la volonté et l’âme de leurs peuples. En particulier, les fascistes prétendent révérer la démocratie directe parce que cette dernière permet de consulter directement le peuple sans la médiation des Élites cosmopolites forcément corrompues. Cependant, s’il y a une chose que les fascistes s’empressent de faire dès qu’ils en ont l’occasion, c’est d’enrégimenter le peuple. Parce que le peuple qu’ils apprécient, est un peuple qui leur obéit au doigt et à l’oeil et qui ne fait pas dérailler leurs plans.

Ayant ces caractéristiques du fascisme en tête, je vous propose de lire cet extrait de blog :

Les instances européennes, les juridictions suprêmes font partie de ces élites sous l’emprise de la pensée unique sur la sécurité et l’immigration, qui privilégient les droits formels des individus sur l’intérêt général ou celui des personnes dans leur vie quotidienne(…) Trop de droit finit par tuer le droit

(…)

“l’Etat de droit semble s’emballer, devenir comme fou, au détriment de l’autorité politique, contre le pouvoir du peuple et celui de ses représentants élus, contre la démocratie.

Merci

On a là quelqu’un qui prétend savoir ce que pense le peuple et qui se prévaut de ce savoir pour critiquer le pouvoir judiciaire. Cette connaissance intime du peuple lui permet rien moins que d’exiger que nous transmettions tout le pouvoir à l’exécutif et cessions de respecter nos propres lois. Oui je sais il y a des milliers de fascistes là dehors qui écrivent n’importent quoi parce qu’ils savent que personne ne saura jamais qui ils sont. Le problème, c’est que l’auteur de ce texte est conseiller du Président de la République Française. Je croyais qu’à ce niveau de responsabilité, dans une démocratie, un minimum de respect pour la séparation des pouvoirs était exigée. Et by the way, admirez la solution qu’il propose:

On ne pourrait vraiment sortir de ce mécanisme que par une logique de recours au référendum, si un jour les conditions politiques le permettaient sans risque de confusion entre la question posée et un vote de protestation.

Il faudrait recourir de manière systématique aux référendums. Soit. Après tout, les suisses ont un système de démocratie directe qui fonctionne pas mal. Mais remarquez bien son caveat: la volonté du peuple n’est recevable que s’il n’y a pas "risque de confusion entre la question posée et un vote de protestation" Autrement dit à chaque fois que la volonté de ce peuple révéré ne lui plaira pas, il la récusera parce que ce n’est pas un vrai vote, juste un "vote de protestation. Bien sûr certains parleraient de confiscation de la démocratie mais bon…

Moyennant quoi, le respect pour le peuple dont ce prévaut ce Monsieur ne l’incite pas à démissionner de son poste dès lors que son patron ne reçoit plus (comme le montrent de manière consistante les sondages et échéances électorales) la confiance du peuple.

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