Her Taylor is rich!
Maitre Wade avait promu une bande de gangsters incompétents et sans scrupule. De telles nominations lui permettaient d’installer dans les principaux lieux de pouvoir des pantins lui obéissant au doigt et à l’oeil et dont les excès masquaient le pillage systématique des ressources du pays par sa famille et lui. Les sénégalais n’ont cependant pas été longtemps dupes et il était clair bien avant la fin de son mandat que le peuple ne supporterait pas que les crimes des Wade demeurent impunis. Je ne sais pas à quel point Macky Sall est personnellement convaincu de la nécessité de poursuivre les Wade. Il est possible qu’il ne le fasse que parce qu’il sait que s’il ne le faisait pas, le peuple se retournerait contre lui. Quoiqu’il en soit, bien que le Présidet Sall ait affirmé que Mr Wade lui-même ne serait pas inquiété, Karim Wade est pour l’instant en prison et je ne désespère pas que les enquêtes en cours ne révèlent des faits tels que les juges n’auraient d’autre choix que de juger Mr Wade.
Si Macky Sall semble avoir compris la nécessité de faire traduire en justice au moins une partie de la bande gangsters de Wade, il ne semble pas avoir conscience du fait que si nous avons cette exigence, c’est parce qu’au delà des mots et des symboles, nous aspirons à un État véritablement vertueux où les nominations se feraient selon le mérite et non selon le bon vouloir d’un Président que se prendrait pour un prince.
Non content de nommer ses alliés politiques à des postes de Président de Conseil d’Administration d’entreprises publiques sans tenir compte de leur totale absence de qualifications, le Président Sall semble se croire obligé de trouver de lucratifs points de chute à tous les parents et alliés de son épouse. À chaque lendemain de Conseil des Ministres, la presse a désormais beau jeu de décortiquer les nominations pour pointer les liens de parentés entre les personnes nommées et soit le couple présidentiel, soit un des proches. Les choses deviennent caricaturales quand un mec qui se présente comme le tailleur Mme Sall se sent obligé de donner une interview pour justifier sa nomination par le Président de République au Conseil Économique Social et Environnemental et affirmer qu’il ne la doit pas au simple fait d’avoir cousu des tuniques pour notre Première Dame. L‘interview en elle-même est instructive. Prenez sa réponse à la question de savoir s’il croit mériter sa nomination:
Vous pensez donc que votre nomination au CESE méritée…?
(Il coupe) Nous sommes en politique. Si aujourd’hui je suis membre du CESE, c’est parce que je le mérite. J’ai un parcours politique avec une base solide à Biscuiterie.
Le problème justement, c’est que le CESE n’est pas censée être politique. C’est censé être un groupe de personnalités indépendantes et qualifiées qui peuvent aider à définir les orientations que prendra le pays. La liste des personnalités choisies par le Président de la République est non seulement ridiculement politique mais surtout composé de personnalités pour la plupart totalement dénuées de la moindre expertise valable pour la définition de la moindre orientation en matière politique publique. Il aurait été admissible que Macky Sall choisisse, parmi ses affidés, des personnes compétentes pour peupler ce CESE ou qu’il ne mette qu’une poignée d’incompétents. Mais là, on a juste l’impression que la compétence est le dernier des souci d’un président de la République uniquement préoccupé par le fait de récompenser des leaders politiques et des personnalités médiatiques qui autrement lui auraient pourri la vie. Revenons à notre tailleur, comment voit-il son apport à ce noble Conseil?
Qu’est-ce que vous comptez apporter au Conseil économique, social et environnemental ?
Le CESE est une institution. Nous y sommes pour représenter le peuple sénégalais. Notre rôle c’est d’écouter les populations et de poser les problèmes concernant la demande sociale. J’ai accepté de siéger au CESE et je compte jouer mon rôle de représentant du peuple.
Clairement ce mec confond ce Conseil avec l’Assemblée nationale. Notre peuple élit ses représentants; ils siègent Place Soweto et votent les lois, pas au CESE.
L’on pourrait se dire qu’un peu de népotisme n’est pas vraiment évitable dans une démocratie et que peupler le CESE de politiques incompétents n’est pas dramatique mais il faut rapprocher ça du fait que le Procureur de Dakar a été relevé de ses fonctions hier. Macky Sall a parfaitement le droit de relever un Procureur de la République et de lui accorder une promotion ailleurs. Le problème, c’est que c’est un secret de polichinelle que M. Diagne a été relevé pour avoir refusé d’accorder un non lieu au délinquant dont on voit les agissements dans le film ci-après.
Certes, le délinquant en question est député de la République du Sénégal et membre d’un parti allié du Président de la République. N’empêche qu’un tel mépris pour l’indépendance de la justice me parait inquiétant. La bonne nouvelle c’est que jusqu’à preuve du contraire, c’est le peuple sénégalais qui a élu Macky Sall et si l’envie nous en prend, nous pouvons le démettre et exiger de son successeur qu’il fasse rendre des comptes à tous ceux qui ont bénéficié de son népotisme. Et nous recommencerons autant qu’il le faudra pour que nos politiciens comprennent qu’ils sont élus non pas pour régner mais pour gérer les affaires du pays en notre nom.
L’APR me guette
Moi le 9 septembre 2012:
Je m’engage solennellement, si jamais le fric volé par la famille Wade est rapatrié et si un membre de la famille Wade va en prison, à ne plus jamais écrire quoi que ce soit de négatif envers le Président Macky Sall et à faire activement campagne pour sa réélection.
Aujourd’hui sur twitter via @annagueye :
#Obs #Sénégal #SunuAudit RT @Babacar1Ndiaye L’ancien fils du Président #Wade et Ministre Karim Wade aurait été arrêté à son domicile après la mise en demeure de 30 jours. Karim Wade avait 30 jours pour justifier une fortune de 694 milliards de FCFA.Cueilli chez lui, Il se trouverait à la section de recherche de la gendarmerie de Dakar selon la radio sénégalaise RFM
Il faut certes qu’ils rapatrient l’argent mais je crains que la militance à l’APR et l’obséquiosité envers le Président Macky Sall ne me guettent.
PS: En attendant que je ne la ferme sur tous les agissements de notre Président, suis-je le seul à être choqué par le non respect de la parité dans la composition du CESE?
Irresponsabilité présidentielle
Le problème avec Macky Sall, c’est qu’il semble tellement obnubilé par sa future réélection qu’il fait et dit n’importe pour peu qu’il pense que ça peut l’aider à atteindre ce but. Le summum de la démagogie irresponsable et criminelle a été atteint hier avec sa déclaration en Conseil des ministres concernant la dépénalisation de l’homosexualité.
D’abord un peu de contexte. Lors de la campagne présidentielle, Macky Sall avait tenu des propos, certes courageux, mais totalement ineptes vu le contexte : il avait dit qu’une fois élu il légaliserait l’homosexualité avant de rétropédaler devant le torrent homophobe déversé sur lui par ses adversaires. Depuis lors, il est soupçonné d’homophilie voire de franc maçonnerie* et il est compréhensible qu’il marche sur des œufs dès que le sujet de l’homosexualité est abordé. Après sa lamentable rencontre groupée avec Obama, la presse a sorti de je ne sais où qu’Obama avait demandé à ses vassaux dont Macky Sall de cesser d’emmerder les homos s’ils veulent bénéficier de l’aide US. Du coup des imams et démagogues de tout poils se sont mis à interpeller le Chef de l’État sur son prétendu plan de dépénalisation de l’homosexualité. Hier donc, le Chef de l’État a cru bon de faire la précision suivante :
Pour conclure sa communication, le Chef de l’Etat a tenu à réagir sur le débat public en cours portant sur la dépénalisation de l’homosexualité au Sénégal. A ce sujet, il a souligné avec fermeté que l’Etat n’a jamais envisagé une telle option, qu’il exclut totalement sous son magistère. Il a réitéré son ancrage dans nos valeurs culturelles de base qui ne peuvent s’accommoder d’une option de dépénalisation de l’homosexualité.
En quoi est-ce irresponsable voire criminel ? En fait, supposons que vous soyez homo et que vous lisiez ça, que feriez-vous ? Il est probable que vous vous disiez que la chasse aux gays est ouverte et que vous fassiez tout pour cacher votre orientation sexuelle. Quelle est la meilleure manière de le faire ? Courir les jupons et coucher avec le maximum de filles me paraît une stratégie gagnante. Coucher clandestinement avec des mecs mais draguer ouvertement et au besoin coucher sans discrétion avec le maximum de filles ? Maintenant croisez cette stratégie avec le fait que si le taux d’infection au VIH est très bas chez les hétérosexuels sénégalais (0 ,7%), il est extrêmement élevé chez les homosexuels sénégalais (21,8%). Il est même plus élevé chez nos homos mâles que chez nos prostitués (18,5%). (Source)
Vous voyez où je veux en venir ou bien vous voulez un dessin ? Quelle est la probabilité qu’un mec qui couche clandestinement avec un autre mec ait tout le temps des préservatifs avec lui et se protège correctement ? Quelle est la probabilité que ce mec change de comportement avec une fille alors qu’il prend toujours des risques dans la partie de sa vie sexuelle qui lui importe ? Quand on se met à stigmatiser et à harceler les homos, tout ce que l’on réussit, c’est à s’assurer les conditions pour une propagation du virus du SIDA dans la population générale. Nous sommes un pays où les gens se marient sans tests prénuptiaux et couchent sans préservatif. Si les médecins et les ONGs s’émeuvent de la traque aux homos, c’est peut être aussi par humanisme, mais c’est surtout parce que c’est un problème de santé publique. Le président de la République vient juste d’augmenter le risque que la partie de notre population la plus vulnérable et la moins bien informée se fasse contaminer par une maladie que nous n’avons pas les moyens financiers de traiter. On ne fait pas plus irresponsable.
Et by the way, faut arrêter avec cette histoire selon laquelle nos « valeurs culturelles de base qui ne peuvent s’accommoder d’une option de dépénalisation de l’homosexualité ». D’abord cette notion de « valeur culturelle de base » n’a aucun sens dans un pays multi-ethnique et multiculturel comme le Sénégal et d’autre part, quiconque est né au Sénégal avant les années 80 a assisté à des sabaru gordjiguènes et autres cérémonies familiales dans lesquelles les homos jouent un rôle social traditionnellement bien délimité. Si quelque chose est contraire aux traditions sénégambiennes, c’est bien notre homophobie actuelle qui est une conséquence directe de lois héritées de la colonisation et de la globalisation qui fait que nous posons le débat sur l’homosexualité selon des termes définis par la culture occidentale dominante.
……..
* « Franc maçon » étant la disqualification suprême au Sénégal, pays très religieux mais tolérant par certains cotés. Les gens semblent penser que si vous êtes athée, vous êtes à plaindre alors que si vous êtes franc maçon, vous appartenez à une anti-religion satanique complotant jour et nuit pour combattre Dieu. Vous êtes donc un laboureur du Mal absolu. Notons que nous avons toujours eu tendance à soupçonner nos dirigeants d’être franc maçons surtout quand nous sommes dans l’opposition
Macky an 1
Ça fait un an que Macky Sall est Président de la République du Sénégal.
Un journal local a cruellement titré "L’année perdue!". Même si cette année de règne de Macky Sall est incomparable avec l’entreprise de destruction systématique de tout ce que ce pays avait de valable qu’a été le règne de Maitre Wade, on ne peut s’empêcher d’être déçu par cette première année de Macky Sall. Son premier discours était parfait. Il avait rappelé ce qui nous tenait à coeur à savoir que nous voulions demeurer une République démocratique mettant la justice économique et sociale au coeur du fonctionnement de l’État. Il avait averti ses partisans qu’il ne les protègerait pas et que, selon sa belle formule, "la patrie venait avant le parti." Malheureusement, tout ceci est en grande partie resté un discours. Les nominations aux postes de la Haute Administration publique considérés comme "juteux" ont continué à se faire, non pas au mérite, mais pour récompenser les affidés de M. Sall. Ce faisant, notre nouveau Président, ancre définitivement dans l’esprit des sénégalais que pour vraiment réussir, rien ne sert de travailler et de mener une carrière exemplaire au service de l’État; le seul moyen, c’est de militer dans un parti politique.
Toujours concernant l’omniprésence du politique, probablement par souci d’assurer son pouvoir, Macky Sall s’est entouré d’une large coalition. Justement, cette coalition est trop large. Il n’y a quasiment plus d’opposition crédible et en plus cela nous donne l’impression, plus ou moins justifiée, que la classe politique a trouvé un gentlemen’s agreement pour se partager les ressources de l’État sans qu’aucun d’eux ne soit frustré. Cette impression est renforcée par le fait que le Parti de Macky Sall n’a même pas la dignité de rejeter le ralliement de responsables politiques venus du Parti de Maitre Wade. À quoi ça sert que nous ayons viré Wade si sa bande de gangsters peut tranquillement faire allégeance au nouveau sheriff et continuer ses méfaits? De plus comment pouvons-nous parler de démocratie s’il n’y a aucune voix crédible pour porter les désaccords qui surgissent? Cette situation est d’autant plus dangereuse pour le pays que les seules forces actuelles à s’opposer frontalement au Président Wade sont soit le PDS de Wade, soit le parti de Idrissa Seck, qui conformément à la duplicité de son chef, est à la fois à l’intérieur et à l’extérieur de la coalition au pouvoir. La hantise de tous les sénégalais est d’avoir à élire un Président comme Seck dont nous sommes intimement persuadés qu’il est au moins aussi maléfique Wade mais plus jeune. Nous n’aurions cependant pas d’autre choix s’il était le seul opposant à un Macky Sall qui aurait continué à s’auto-saboter comme il le fait actuellement.
Les enquêtes sur les biens mal acquis progressent certes, et à défaut de mettre Abdoulaye Wade en prison, nous devrions y envoyer son fils. Même ces enquêtes laissent cependant un goût amer au peuple. Non seulement elles sont lentes (comme il est normal qu’elles le soient) mais les déclarations intempestives des ministres et des cadres du parti au pouvoir montrent que ces gens là n’ont aucun sens de l’indépendance de la justice. S’ils continuent à intervenir à tout bout de champs, ils risquent de tellement discréditer notre système judiciaire que toute décision qui serait rendue serait perçue comme illégitime et pourrait être cassée par la Cour de Justice de la CEDEAO qui nous a déjà infligée un camouflet cinglant.
Encore une fois il n’y a aucun doute que Macky Sall vaut infiniment mieux que Wade. Il serait cependant temps qu’il se mette à la hauteur du peuple qui l’a élu, cesse de s’entourer d’amateurs et de cajoler les politiciens pour faire ce pour quoi il a été élu i.e. faire respecter la loi dans tous les domaines et promouvoir la justice sociale. J’avoue que j’ai très peu d’espoir qu’il y arrive mais j’espère me tromper.
Karim Wade (presque) en prison
Quand Karim Wade avait été nommé ministre de la Coopération Internationale du Transport aérien, de l’Aménagement du territoire et des Infrastructures en 2009, j’avais automatiquement parlé de Ministère du Pillage du Pays pour désigner un ministère hypertrophié qui gérait exactement la moitié du budget national (400 milliards de FCA/ 615 millions d’euros). Avant cela, Karim Wade gérait une agence nationale, créée de toute pièce pour lui et qui avait également contrôlé à peu près le même budget annuel de 2004 à 2009.
La question n’était donc pas, pour moi, de savoir s’il avait activement pillé le budget national mais si nos nouvelles autorités avaient la volonté de traquer le fruit de ses rapines. Apparemment, le Procureur de notre Cour de Répression de l’Enrichissement illicite a au moins réussi à faire remonter un milliard d’euros mal acquis vers Karim Wade. Comme dans toute bonne série B qui se respecte, le mode opératoire du criminel a même été repéré. Les criminels étant essentiellement paresseux, c’est la même signature qui se retrouve dans la plupart des affaires financières auxquelles il est mêlé. En gros il approchait une respectable société (Dubai Ports, Menzies Aviations…), lui proposait de créer au Sénégal une franchise que la société mère ne contrôlerait pas. En échange de son nom, la société mère recevait une participation minime dans une affaire lucrative. Grace à ce montage, les sénégalais croyaient avoir affaire à la filiale d’une boite internationalement reconnue alors qu’en fait la franchise appartenait à Karim Wade via des montages financiers off shore et divers prête noms.
Aussi, la société Ahs (African handling service) implantée à Dakar n’appartient pas à Menzie aviation (une société londonienne). En fait, note l’enquête sur l’enrichissement illicite, l’aéroport Léopold Sédar Senghor est desservi par une société dénommée Ahs Limited dont les comptes sont ouverts aux îles vierges. Elle est la propriété à 99% d’une société de droit luxembourgeois, Menzie Middle East and Africa, qui appartiendrait à Karim Wade. «C’est cette même société qui gère l’assistance au sol dans d’autres pays comme au Ghana, en Jordanie, à Malabo (Guinée équatoriale)…. Nous n’avons jamais dit que l’aéroport de Malabo appartenait à Karim Wade. A Malabo, c’est la société Adge qui gère l’assistance au sol. Et cette société est détenue en majorité par Ahs/limited, une propriété de Karim Wade», note l’Obs qui ajoute que l’enquête a pu déterminer que Ahs/Limited (de Karim Wade) a acquis les franchises de Menzie aviation de Londres contre le versement de 7% de toutes ses retombées financières. Il y a également une clause qui oblige Ahs/Limited à s’approvisionner à Menzie aviation.
«L’enquête nous a permis de savoir que l’essentiel des entreprises appartenant à Karim Wade sont implantées sur la base d’homonymie. Par exemple, Dpw Dakar n’appartient pas à l’Emir de Dubaï et Ahs n’est pas une propriété de Menzie aviation, une société londonienne», nous expliquent des sources proches de l’enquête. Elles sont de droit luxembourgeois, panaméen ou britannique et ses comptes bancaires sont à Monaco pour la plupart. Ce qu’on a également pu déceler c’est que ce sont toutes des sociétés off shore avec des administrateurs non-actionnaires. Même la compagnie Sénégal Airlines est détenue en majorité par une société de droit panaméen agissant pour le compte de Karim Wade»
En tant que ministre et fils de son père, il était facile à Karim Wade d’attribuer des marchés à ses propres sociétés siphonnant ainsi une bonne partie du budget national.
On pourrait penser qu’il n’y a là qu’un classique conflit d’intérêt comme on en voit partout dans le monde mais en fait, c’est bien plus grave que ça. Notre ministre actuel des infrastructures et des transports expliquait hier dans un journal de la place comment de 2009 à 2012 par exemple 2,9milliards de FCFA avaient été facturé aux Aéroports du Sénégal sans aucune contrepartie, ce qui remettait directement en cause la viabilité de nos aéroports. Karim ne faisait pas du business, il rackettait l’État du Sénégal à travers ses sociétés écrans.
Comme dans toute série B également, il y a le traitre qui se met à table dès que les flics insistent un peu. En l’occurrence, un ami d’internat de Karim Wade qu’il avait fait venir au Sénégal pour lui servir de prête nom:
« A l’examen des pièces comptables à la base de la création de ces sociétés, les enquêteurs ont découvert que toutes les sommes avaient été versées en liquide par le chauffeur de Karim Wade, Victor Tendeng. Il apparaît aussi, que toutes ces sociétés avaient le même propriétaire en la personne de Patrick Joseph Ady Williams ». Ce dernier, souligne le confrère, « a été directeur général de Sénégal Handling Services, jusqu’à une période récente ». Au sujet de Patrick Joseph Ady Williams, il est le camarade d’internat de Karim Wade au collège Saint-Martin à Pontoise en France entre 1984 et 1988.
Williams affirme que « c’est Karim Wade qui l’a fait venir au Sénégal pour lui demander de porter certaines affaires qu’il comptait mettre en place », révèle le Quotidien.
« Je suis fils de chef d’Etat et j’occupe certaines fonctions officielles, cela fera désordre que mon nom apparaisse dans certaines transactions commerciales surtout que je compte mener des activités politiques », aurait déclaré Wade fils à Williams aux enquêteurs.
« Après que Karim Wade avait fait venir la notaire à son bureau pour nous présenter l’un à l’autre, je passais au cabinet de la notaire pour signer les documents chaque fois que Me Patricia Lake Diop me le demandait de la faire », s’est défendu Williams qui, confronté à Karim Wade, a maintenu ne rien savoir de ces sociétés créées en son nom.
Maintenant, Karim Wade a un mois pour expliquer au procureur l’origine de ce qui a été retracé vers lui. Sans explication satisfaisante, le dossier sera transmis à un juge pour poursuites. Quant à moi, je suis persuadé que ce qu’on a retracé vers lui n’est que la pointe de l’iceberg. J’espère que même après qu’il sera allé en prison, les enquêtes continueront et qu’on récupérera tout le fric qu’il nous a volé.
Après, on s’occupera de son père dont on a assez d’élément pour le juger pour haute trahison puisqu’il a lui-même avoué, pendant la dernière campagne électorale, qu’il avait financé les rebelles casamançais.
Talibés
Dans l’Aventure Ambiguë, Cheikh Hamidou Kane a de très belles pages sur les talibés. Traditionnellement au Sénégal, les parents confiaient leurs enfants à des érudits pour qu’ils leur apprennent d’abord à mémoriser le Coran puis, au fur et à mesure qu’ils grandissent, les sciences religieuses. Durant les premières années de cet apprentissage, ces enfants ne sont pas nourris par le marabout auquel ils sont confiés mais par la communauté toute entière. Chacun de ces enfants a une écuelle et, trois fois par jour, ces élèves qui sont appelés talibés (oui, c’est la même racine arabe que taliban J) font le tour des maisons de la ville ou du village et reçoivent des poignées de nourritures qu’ils recueillent dans ces écuelles et mangent. À propos de cette tradition de mendicité infantile, Cheikh Hamidou Kane affirme qu’elle avait des vertus profondément démocratiques et égalisatrices. Tout homme, qu’il soit d’extraction patricienne ou prolétaire, a –pendant un temps assez long– vécu de la charité publique, mangé le mélange proprement repoussant de tout ce qui s’est mangé dans la communauté et su exactement comment se nourrissaient ses concitoyens. Cette éducation était faite pour former des hommes stoïques se contentant de ce qu’ils ont, résistant à la faim et indifférents aux plaisirs de ce bas monde. Elle s’inscrivait dans une certaine vision du monde et dans un réseau social tel que toute la communauté se sentait responsable des enfants errants. Même s’il semblait que ces derniers vivaient dans des conditions absolument horribles, ces conditions étaient tempérées par le fait que ceux qu’ils croisaient quotidiennement avaient vécu la même chose et avaient dans la plupart des cas des enfants vivant la même chose dans un autre village.
L’Aventure Ambiguë date de 1961 et son caractère poignant est en grande part du au fait que Cheikh Hamidou Kane y décrivait une civilisation qui se savait confusément à son crépuscule. Au cœur du roman, il y a la question de l’école occidentale dont les villageois débattaient de la menace qu’elle faisait courir aux traditions et pratiques locales. 52 ans après la publication de cette méditation nostalgique, le système d’éducation traditionnel sénégalais a été perverti au delà de l’imaginable. On ne peut qualifier ce qui se passe actuellement au Sénégal autrement que d’esclavage infantile. Où que vous alliez au Sénégal, dans n’importe quelle ville, à n’importe quelle heure du jour et jusqu’à une heure très avancée de la nuit parfois, des enfants de moins de treize ans vous interpellent avec un pot de tomate vide et vous demandent la charité au nom de Dieu. Si traditionnellement les talibés ne mendiaient que ce qui était nécessaire à leur subsistance et passaient le plus clair de leur temps à étudier, nous savons tous que ce n’est plus le cas. Nous voyons tous trainer dans les rues des garçons incapables de réciter la moindre sourate du Coran et nous demandant, non pas de la nourriture mais de l’argent. Nous savons tous que ces garçons n’apprennent absolument rien mais sont exploités par des soi-disant marabouts qui exigent qu’aucun des gamins dont il a la charge ne rentre à la maison avant d’avoir réuni une somme fixée à l’avance. Nous nous doutons que certains de ces enfants sont soit vendus par leurs parents, soit enlevés par les marabouts. Nous ne faisons cependant rien. La société sénégalaise fait comme si la vision du monde qui justifiait la mendicité des talibés était toujours pertinente pour le mode de vie qui est à présent le nôtre. De temps à autres, nos politiciens décrètent la fin de la mendicité infantile. De temps à autres une ONG plus ou moins véreuse capte des financements pour sortir les talibés de la rue.
Cette semaine, un des taudis où un soi-disant maître d’école coranique entassait ses esclaves a pris feu et neuf des dix garçons qui dormaient dans une des chambres sont morts dans d’atroces souffrances. Nos politiciens, Président de la République en tête se sont déplacés. Notre ministre de l’intérieur, qui est pourtant un ancien officier de gendarmerie, s’est montré aux caméras submergé par l’émotion et incapable de s’exprimer. Notre Président a décrété que nous sortirions les enfants de la rue et régulerions le lucratif secteur de l’esclavage infantile les écoles coraniques. Mais déjà, de prétendus enseignants commencent à se faire entendre dans notre presse. Ils pensent que la décision de notre Président est hâtive et l’absence de consultation préalable fautive. C’est vrai qu’on ne parle que d’enfants qui meurent. Quel besoin y a-t-il de se hâter de sauver des vies d’enfants ? Que valent de telles vies face à leurs intérêts économiques ?
Le Sénégal étant le Sénégal, il y a fort à parier que la fermeté de notre Président durera ce que durent nos velléités réformatrices… le temps d’une rose.
Justice pour Karim Wade
Justice comme dans "le glaive de la justice", bien sûr
Cette série de posts de ce blog devrait vous convaincre que la seule place où devrait légitimement se trouver Karim Wade en ce moment est en prison.
Il est donc compréhensible que cet article me rende particulièrement joyeux:
Le procureur spécial chargé de la Cour, Alioune Ndao, vient de lancer un mandat d’arrêt international à son encontre, a révélé le quotidien L’Observateur.
Karim Wade, «ministre du ciel et de la terre», comme l’avait surnommé la presse sénégalaise, devra répondre de l’origine de sa fortune.
En juillet dernier, le fils de l’ex-président du Sénégal avait déjà été convoqué à la Section de recherche de la gendarmerie nationale, où il a été interrogé par les enquêteurs sous la houlette du capitaine Ibrahima Mbow. Deux auditions qui ont duré plus de deux heures chacune.
Le quotidien L’Observateur explique que des vérifications faites par les gendarmes à la suite de sa première audition auraient permis de découvrir 767 millions de francs CFA (environ 1,6 million d’euro), versés dans les deux différents comptes de l’ancien ministre.
Interpellé sur ces versements, Karim Wade avait déclaré au cours de sa seconde audition, que l’argent lui a été offert par son père, Abdoulaye Wade (au pouvoir de 2000 à 2012).
Ceci dit, la perspective de voir Karim en prison est quand même un peu effrayant parce qu’il n’y a pas si longtemps, j’écrivais ici même :
Je m’engage solennellement, si jamais le fric volé par la famille Wade est rapatrié et si un membre de la famille Wade va en prison, à ne plus jamais écrire quoi que ce soit de négatif envers le Président Macky Sall et à faire activement campagne pour sa réélection.
Je suppose que si Karim va en prison et si l’argent que sa famille et lui nous ont volé est récupéré, je n’aurais plus d’autre choix que de prendre ma carte de l’APR et de me faire l’hagiographe officiel de ce Génie du Sahel, de ce visionnaire dodu, de ce grand géologue doublé d’un fin néanmoins gros politique qu’est son excellence le Président Macky Niaangal Sall kor Ndèye Marème Faye, Bur Siin ak Senegal.
Engagement solennel
Apparemment l’État du Sénégal a porté plainte, à Paris, contre les rejetons corrompus de notre très corrompu ancien président, Maitre Abdoulaye Wade:
Le Sénégal va porter plainte devant les juridictions françaises contre Karim Wade et Sindiély Wade, dans le cadre de la traque de ses biens. Ces enfants de l’ancien Président Abdoulaye Wade ont été respectivement, entre autres, ministre d’Etat, ministre des infrastructures, de la Coopération internationale, de l’Energie et Déléguée générale adjointe au Festival mondial des arts nègres (Fesman) tenu à Dakar en décembre 2010. De fortes présomptions de détournement de biens publics sénégalais pèsent sur ces anciens conseillers spéciaux du Président Wade qui n’ont jamais répondu de la gestion des différents portefeuilles que leur père les avait confiés.
Par ailleurs je vois que l’IGE demande que Mme Sindiely Wade soit poursuivie pour sa gestion désastreuse du FESMAN. Pour rappel, la gestion du FESMAN par Sindiely Wade, c’est ça:
Pis, la participation d’un Etat-ami du Sénégal d’un montant de 2 milliards auraient disparu entre les mains du chef de l’Etat sortant, Me Abdoulaye Wade. Le reliquat de cette participation, 250 millions, aurait été reçu par… sa fille Sindjély, sans que l’on sache comment ils ont été utilisés. La participation à hauteur d’un (1) milliard d’un autre Etat-ami aurait atterri entre les mains de Sindjély sans que les autorités du Fesman n’en voient la couleur. La fille du président sortant aurait accepté de rembourser le milliard en question, même si son père de président sortant aurait dit aux vérificateurs de l’Ige que cet argent avait été donné à Sindjély ” en sa qualité de fille du chef de l’Etat ” .
Je m’engage solennellement, si jamais le fric volé par la famille Wade est rapatrié et si un membre de la famille Wade va en prison, à ne plus jamais écrire quoi que ce soit de négatif envers le Président Macky Sall et à faire activement campagne pour sa réélection.
Ce fou est fou
Source image.
Bien sûr, Yaya Jammeh est fou. Je crois que personne n’en doutais vraiment. Le mec s’est auto-proclamé PhD après quelques cours accélérés donnés par un prof britannique, a fait régner la terreur dans son pays et prétendu soigner toutes sortes de maladies, dont accessoirement le Sida, à l’aide de plantes médicinales. Il est donc incontestable qu’il est fou.
Ce fou a donc décidé, pour fêter la fin du ramadan, de faire un cadeau à son peuple: tous les prisonniers condamnés à mort seront exécutés avant la fin du mois de septembre. Parmi ces prisonniers il y a certes des prisonniers politiques mais il y a surtout des prisonniers de droit commun parmi lesquels quelques citoyens sénégalais. Par exemple l’un de ces citoyens sénégalais est une citoyenne qui a commis ce qu’au Sénégal nous verrions comme un crime passionnel et condamnerions avec une certaine légèreté. Son mari ayant pris une seconde épouse, la dame l’a ébouillanté. Et mort s’en est malheureusement suivi. Apparemment les juges gambiens sont plus sévères que les nôtres et la dame a été condamnée à la peine de mort.
Alors que nous n’avions même pas fini d’être sidéré par l’annonce de ce fou de Yaya Jammeh donc, la promesse faite aux gambiens est tenue… en commençant malencontreusement par nos concitoyens. Un autre de nos concitoyens est apparemment également dans le couloir de la mort gambien. De retour cette nuit à Dakar après une visite de travail/vacances en Afrique du Sud, mon Président semble choqué par les exécutions gambiennes et a décidé que nous (en l’occurrence notre Premier Ministre) convoquerions l’Ambassadeur de Gambie au Sénégal et exigerions qu’il soit ponctuel à ce rendez-vous:
« C’est avec consternation que j’ai appris l’exécution de deux nos compatriotes en Gambie. Mais j’ai instruit le premier ministre sur cette affaire. J’ai décidé de convoquer l’ambassadeur de la Gambie au Sénégal, pour lui faire connaitre la position du Sénégal » indique d’emblée Macky Sall.
« si demain l’ambassadeur de la Gambie ne répond à la convocation à l’heure indiquée qu’il quitte le Sénégal »
Source. (Contrairement aux apparences, je n’ai rien inventé)
Les États Unis eux-mêmes semblent choqués, exigeant que la Gambie cesse immédiatement ces exécutions.
À cela, son Excellence Cheikh Professeur Dr. Yahya Abdul-Aziz Jemus Junkung Jammeh Naasiru Deen, Commandant en Chef des Forces Armées et Gardien de la Constitution Sacrée de Gambie répondit que la Gambie était un État Souverain appliquant son propre arsenal juridique dont fait partie intégrante la peine de mort.
Au risque de paraitre apporter mon soutien à un fou sanguinaire et à cette barbarie qu’est la peine de mort, je dois avouer que je suis totalement d’accord avec lui. J’ajouterai par ailleurs que les États Unis d’Amérique qui ont exécuté en 2011 quarante trois (43) êtres humains se plaçant ainsi cinquième derrière des pays aussi respectables que la Chine, l’Iran, l’Arabie Saoudite et l’Irak sont singulièrement mal placés pour faire la leçon à qui que ce soit sur cette question. Quant à mon Président, j’aimerais respectueusement lui signaler que si le sort de nos compatriotes condamnés en Gambie lui importait vraiment, il n’aurait pas attendu que deux d’entre eux soient exécutés pour venir gesticuler à la télé au risque de mettre encore plus en danger la vie du troisième. Il avait largement le temps de demander leur grace à son homologue et ami, son Excellence Cheikh Professeur Dr. Yahya Abdul-Aziz Jemus Junkung Jammeh Naasiru Deen, Commandant en Chef des Forces Armées et Gardien de la Constitution Sacrée de Gambie lors de sa visite idyllique d’avril dernier. Il avait encore le temps d’appeler son homologue et ami son Excellence Cheikh Professeur Dr. Yahya Abdul-Aziz Jemus Junkung Jammeh Naasiru Deen, Commandant en Chef des Forces Armées et Gardien de la Constitution Sacrée de Gambie après que ce dernier avait annoncé son intention de faire un cadeau aussi macabre à ses propres concitoyens. Même après l’exécution des deux premiers prisonniers, il avait toujours le temps d’essayer de sauver le troisième. Il ne l’a pas fait. Au lieu de ça il vient pérorer à l’aéroport parce que les organisations des droits de l’homme et les USA sont choqués par la folie d’un homme que tout le monde déjà savait fou. Personnellement, je réserve mon indignation à l’attitude leaders démocratiquement élus comme le mien ou Obama. Je suis beaucoup plus choqué par le fait que mon Président n’ait rien fait en amont pour sauver mes pauvres concitoyens que par l’acte de folie d’un fou sanguinaire comme Jammeh.
Et sérieusement, quelqu’un peut m’expliquer comment la Commission Africaine des Droits de l’Homme s’est débrouillée pour avoir son siège à Banjul? Non, je ne plaisante même pas, le siège de la CADH est bien situé à Banjul capitale d’une Gambie dirigée par son Excellence Cheikh Professeur Dr. Yahya Abdul-Aziz Jemus Junkung Jammeh Naasiru Deen, Commandant en Chef des Forces Armées et Gardien de la Constitution Sacrée de Gambie.
Harouna Sy shouldn’t go to Darfur
Please, the United Nations, do not send Commissaire Harouna Sy to Darfur, it would be a shame for you and an insult to the living memory of the young Senegalese demonstrators he has killed. We, people of Senegal, will see such a nomination as the demonstration that our lives are not worth anything for you and that you do not value and respect the sacrifices we made to protect our democracy.
For those who do not follow closely Senegalese politics, let me you remind you of two or three facts and tell you why the UN shouldn’t send Harouna Sy to Darfur.
Senegal has always been one of the most stable and democratic countries in Africa. In 2000 we elected opposition leader Abdoulaye Wade as President ending 40 years of political domination by the Socialist Party, then led by President Abdou Diouf. President Diouf gracefully conceded and left. We celebrated… just to end up with one of the most corrupt regime ever seen anywhere. This Business Insider’s article is pretty accurate about Wade and his gangster’s practices.
Wade got nonetheless reelected in 2007 for what should have been, according to the Senegalese Constitution, his last term. At the end of this term, Wade decided that, due to the fact that the Constitution had been revised between his first and second term, he had the right to seek a third term. This interpretation, even though challenged by almost every Senegalese legal scholar, was sanctified through a ruling by our Constitutional Court. It is probably just a coincidence that some times before this ruling, Wade had quintupled the salaries of the so called Five Wise Men composing this Court. Anyway, after the ruling Senegalese People, young and old woke up and got to the streets to defend Senegalese democracy. Riots erupted during which 12 people was killed. Commissaire Harouna Sy, then Head of Dakar Police, is directly involved in the killing of some of these people. He went far ahead his duties to protect Wade’s regime. He even asked for the Justice Department to fire Dakar’s District Attorney because this DA was reluctant to jail peaceful demonstrators. Commissaire Harouna Sy is currently at the center of an investigation by the Senegalese Justice to establish his involvement in the killing of Mamadou Diop, a graduate student. Some testimonies indicate that he asked for his subordinates to run over the demonstrators resulting in Diop’s death.
Due to his attitude when Senegalese people were struggling to preserve their freedom, Commissaire Harouna Sy is for all of us the most despicable police officer in this country and an embodiment of what police officers shouldn’t be in a democracy. He is unfit to expertise about the duties of police officers in a democratic country having been involved in a failed attempt to transform a functioning democracy into an authoritarian gerontocracy. That’s why we are deeply hurt by the United Nation’s decision to select this very man as head of a commission helping for the establishment of a Darfurian Police. Our hope is that our protests will be heard and the UN will give Senegalese justice time to investigate commissaire Harouna Sy’s crimes. This investigation would be delayed by a mission to Darfur. Sending Harouna Sy to Darfur would mean that the UN doesn’t respect our struggles for values we consider should be at the center of the UN’s mission. This nomination would also mean that the UN isn’t serious about its effort to help out Darfur set up a Police Force truly interested in protecting the rights of the citizens as opposed to the desiderata of the powerful.




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