Lorem at Yale
L’un des livres mythiques pour les gens qui deviendront la Lost Generation americaine est Stover at Yale. Ce livre raconte comment un américain pauvre parvient à s’insèrer dans cette fac d’élite et dans son système de sociétés secrètes.
Je ne sais pas si la vie de Paul Lorem aura la même influence sur les gosses de sa génération mais ce qui est clair, c’est qu’elle suffit à rhabiller Dink Stover. Non seulement, contrairement à Stover, Lorem n’est pas un personnage de fiction, mais en plus, à 21 ans, il a survécu à des aventures bien plus trépidantes. Ce garçon est né dans un village du Sud Soudan tellement déshérité que ses parents, pour lui donner une chance de s’en sortir, l’ont laissé dans un camp de réfugié. Sous la surveillance d’enfants à peine plus âgés. Le plus beau est que ces gamins l’ont protégé en l’obligeant à aller à l’école où eux n’allaient pas. Long story short, grâce à son incroyable talent et à la bienveillance des personnes avec lesquelles il a eu à interagir, Paul Lorem est actuellement étudiant à Yale. C’est Nicholas Kristof qui raconte tout ça dans le Times d’hier et c’est une bouffée d’air frais. Je suis persuadé qu’un éditeur proposera à Lorem d’écrire son autobiographie avant qu’il ait fini ses études mais en attendant, vous devriez vraiment lire l’article de NK. Perso, j’aime bien la candeur avec laquelle Lorem avoue que Yale, eh bien, c’est un peu dur sur le plan académique
. Je veux dire, c’est juste la 11e meilleure fac du monde!
Lorem loves Yale, but, academically, it has been a tough transition, partly because English is Lorem’s fifth language (he also speaks Didinga, Toposa, Arabic and Swahili). Jeffrey Brenzel, the Yale admissions director, puts it this way: “On the one hand, these adjustments are greater for him than for many, but, on the other hand, he has already overcome far greater challenges than other students have just to get here.”
Arrested at last, arrested at last
C’est ce que Cornel West doit être en train de psalmodier en ce moment même:
Author, commentator, civil rights activist and Princeton University professor Cornel West has been arrested while protesting on the steps of the Supreme Court about corporate influence in politics.
Je suppose qu’il désespérait que ça lui arrive jamais.
Quand il sortira de la sombre prison où l’a jetée la blanche oppression de l’Amérique raciste, nous pourrons l’écouter nous donner sa propre version, mille fois plus puissante, de ce discours de seconde zone que je mets ici à titre d’archive. Écoutez ce rhéteur que la sortie de prison de West rejettera dans les limbes de l’histoire. Demain, vous vous demanderez comment vous avez pu vous laisser prendre à de si grosses ficelles.
Just a word
Les Républicains sont merveilleux:
But then, I’m not a commenter on the redstate.com blog. If you go read whatthey have to say, you’ll find they’re a lot angrier at Cain than at Perry. Because first of all, you see, “ni**erhead” is just a word, a legitimate and perfectly respectable word. It’s an old British term for a black iron post used for mooring ships. It’s an antiquated term used by loggers to describe a large rock jutting out of a road. It’s a winch or a capstan. A boiler head on a steam locomotive. See? All completely innocent! And they’re mad at or at least disappointed in Cain for giving oxygen to the scurrilous accusation that Perry may be (in that horrifying, politically correct cliché) “racially insensitive.”
Antioch is back
Je ne sais pas pourquoi mais j’étais persuadé que Antioch College était une HBCU. Anyway, elle rouvre ses portes.
Oui, ce post doit être le plus snob qui ait été publié ici. Mais en fait j’ai une sorte d’obsession maladive pour les facs US, y compris les plus obscures.
Demain vous l’abolirez
Victor Hugo, il y a déjà plus de 150 ans:
Eh bien, songez-y, qu’est-ce que la peine de mort ? La peine de mort est le signe spécial et éternel de la barbarie. (Mouvement.) Partout où la peine de mort est prodiguée, la barbarie domine ; partout où la peine de mort est rare, la civilisation règne. (Sensation.)
Messieurs, ce sont là des faits incontestables. L’adoucissement de la pénalité est un grand et sérieux progrès. Le dix-huitième siècle, c’est là une partie de sa gloire, a aboli la torture ; le dix-neuvième siècle abolira la peine de mort. (Vive adhésion. Oui ! oui !)
Vous ne l’abolirez pas peut-être aujourd’hui ; mais, n’en doutez pas, demain vous l’abolirez, ou vos successeurs l’aboliront. (Nous l’abolirons ! Agitation.)
Vous écrivez en tête du préambule de votre constitution « En présence de Dieu », et vous commenceriez par lui dérober, à ce Dieu, ce droit qui n’appartient qu’à lui, le droit de vie et de mort. (Très-bien ! très-bien !)
Messieurs, il y a trois choses qui sont à Dieu et qui n’appartiennent pas à l’homme l’irrévocable, l’irréparable, l’indissoluble. Malheur à l’homme s’il les introduit dans ses lois !
Je suis souvent un admirateur de la société américaine mais parfois leur barbarie me désespère. Comme quand je sais, comme maintenant, qu’ils vont assassiner quelqu’un et que rien ni personne n’y pourra rien.
Par ailleurs, je pense que vu le racisme du système judiciaire US, ce pays est le dernier qui devrait se permettre cette barbarie qu’est la peine capitale. Innocence Project en est à 273 condamnés innocentés grace à de nouvelles analyses ADN et parmi eux, il y a 166 noirs. Parmi ces innocents, 17 ont été extraits du couloir de la mort.
Il y a certes eu quelques progrès depuis le temps où Bilie Holliday chantait Strange Fruits, mais pas tant que ça, je trouve.
Mr Cheney at his worst
Je pense que le livre le plus passionnant de cette année risque d’être l’autobiographie de ce psychopathe criminel de Dick Cheney. Le NYT a un article dessus et ça semble juste être pire que ce que n’importe qui de censé aurait pu imaginer. En gros, si vous pensez que le régime de W. était criminel et anti-américain, réjouissez-vous parce que vous avez échappé de peu à un régime fasciste qui aurait installé des salles de torture dans les caves de la Maison Blanche! Cheney ne s’excuse de rien et est consterné que les tendres qui entouraient le Président l’aient empêché de mener à bien la lutte contre le terrorisme.
He wrote that George J. Tenet, the director of the Central Intelligence Agency, resigned in 2004 just “when the going got tough,” a decision he calls “unfair to the president.” He wrote that he believes that Secretary of State Colin L. Powell tried to undermine President Bush by privately expressing doubts about the Iraq war, and he confirms that he pushed to have Mr. Powell removed from the cabinet after the 2004 election. “It was as though he thought the proper way to express his views was by criticizing administration policy to people outside the government,” Mr. Cheney writes. His resignation “was for the best.”
He faults former Secretary of State Condoleezza Rice for naïveté in the efforts to forge a nuclear weapons agreement with North Korea, and Mr. Cheney reports that he fought with White House advisers over softening the president’s speeches on Iraq.
Mr. Cheney acknowledged that the administration underestimated the challenges in Iraq, but he said the real blame for the violence was with the terrorists.
He also defends the Bush administration’s decision to inflict what he called “tough interrogations” — like the suffocation technique known as waterboarding — on captured terrorism suspects, saying it extracted information that saved lives. He rejects portrayals of such techniques as “torture.”
Plus encore que l’affaire DSK, que des criminels comme Bush Jr, Rumsfeld ou Cheney ne soient pas sous les barreaux discrédite totalement la justice US et sa prétendue indépendance.
Et au cas où vous vous poseriez la question, c’est grace à Mr. Cheney et à personne d’autre que l’Amérique a tenu debout le 11 septembre 2011:
The book opens with an account of Mr. Cheney’s experiences during the terrorist attacks of Sept. 11, 2001, when he essentially commanded the government’s response from a bunker beneath the White House while Mr. Bush — who was away from Washington and hampered by communications breakdowns — played a peripheral role. But Mr. Cheney wrote that he did not want to make any formal statement to the nation that day.
“My past government experience,” he wrote, “had prepared me to manage the crisis during those first few hours on 9/11, but I knew that if I went out and spoke to the press, it would undermine the president, and that would be bad for him and for the country.
“We were at war. Our commander in chief needed to be seen as in charge, strong, and resolute — as George W. Bush was.”
Patriote et modeste, donc!
Vous vous demandez sans doute ce que ce modeste patriote faisait quand il était dans la force de l’age, au moment où ce lâche de Colin Powell se faisait blesser par les communistes Vietnamiens et y retournait? Voici comment se conduit un vrai héros:
When Cheney became eligible for the draft, during the Vietnam War, he applied for and received five draft deferments.[17][18] In 1989, The Washington Post writer George C. Wilson interviewed Cheney as the next Secretary of Defense; when asked about his deferments, Cheney reportedly said, “I had other priorities in the ’60s than military service.”[19] Cheney testified during his confirmation hearings in 1989 that he received deferments to finish a college career that lasted six years rather than four, owing to sub par academic performance and the need to work to pay for his education. Initially, he was not called up because the Selective Service System was only taking older men. When he became eligible for the draft, he applied for four deferments in sequence. He applied for his fifth exemption on January 19, 1966, when his wife was about 10 weeks pregnant. He was granted 3-A status, the “hardship” exemption, which excluded men with children or dependent parents. In January 1967, Cheney turned 26 and was no longer eligible for the draft.[20]
Six fois! Six fois de suite, il a trouvé des pretextes pour ne pas servir son pays et risquer sa vie sous les drapeaux. Et sa seule justification est “qu’il avait d’autres priorités”! C’est toujours la même chose: les vrais héros ne se vantent pas de leurs exploits et réfléchissent avant d’envoyer les jeunes gens se faire tuer. Les lâches, une fois adultes, prennent un plaisir sadique à faire torturer ceux qui s’opposent à eux et à déclencher à tort et à travers des conflits dont ils ne paieront pas le prix et dont ils profiteront même économiquement, ainsi que l’infâme Cheney l’a fait par le biais de Halliburton.
Ce type est décidément dans une catégorie à part en ce qui concerne le fait d’être méprisable!
Une comparaison
Un de mes amis fait des comparaisons intéressantes avec un épisode de l’histoire nigérienne:
D’accord : la décapitation de place de marché était une action un tantinet plus corsée que l’immersion en haute mer. On en était encore à l’époque à l’impérialisme d’occupation, qui avait besoin de produire des effets de terreur pour décourager les turbulents. Mais la logique est la même : un jihadiste charismatique (en dépit de sa cécité, car il était aveugle !), une minorité dégoûtée par le système et prête au martyre, des princes collaborateurs (Aouta, Bayéro) prêts à se joindre aux expéditions punitives du suzerain impérial, un prince mécontent prêt à protéger le jihadiste – voir Pakistan et Ben Laden.
Peut-être aura-t-on du mal, aux Etats-Unis, à accepter cette petite comparaison avec un épisode lointain de notre obscure histoire nigérienne. « Au moins », me diraient certains, « vous, vous étiez attaqués par les Français. Mais nous, on a été agressé sans aucune raison. C’était comme Pearl Harbor. »
Le reste….
PS: Je vous conseille très fortement ce blog.
Critical
Volontaire ou pas ?
His decision to assign the operation to the Navy SEALs, a Special Operations unit with extensive experience in raids on high-value targets, was critical. SEALs have a tradition of moving in and out fast, often killing everyone they encounter at a target site. Most members of the SEAL team in the bin Laden raid had been deployed to war zones a dozen or more times.
Source (c’est moi qui souligne.)
Oh, et ma phrase préférée:
Bin Laden was to be captured, one official said, if he “conspicuously surrendered.”
On dirait la loi sur les signes religieux ostensibles!
The Green Lanterns
Cet article sur Trump et les Républicains est excellent. Soit dit en passant, je savais que Trump était cinglé mais pas à ce point: il ne serre même pas la main aux citoyens ordinaires parce qu’ils sont porteurs de maladies!
Trump offers the ultimate symbol of this: he won’t even shake hands with any ordinary Americans out on the stump, because “you catch all sorts of things” from them. Yes: the Republican front-runner is a billionaire who literally won’t touch the poor or middle class.
Trump probably won’t become the Republican nominee, but not because most Republicans reject his premisses. No: it will be because he states these arguments too crudely for mass public consumption. He takes the whispered dogmas of the Reagan, Bush and Tea Party years and shrieks them through a megaphone. The nominee will share similar ideas, but express them more subtly. In case you think these ideas are marginal to the party, remember – it has united behind the budget plan of Wisconsin Representative Paul Ryan. It’s simple: it halves taxes on the richest 1 percent and ends all taxes on corporate income, dividends, and inheritance. It pays for it by slashing spending on food stamps, healthcare for the poor and the elderly, and basic services. It aims to return the US to the spending levels of the 1920s – and while Ryan frames it as a response to the deficit, it would actually increase it according to the independent Center for Budget and Policy Priorities. Ryan says “the reason I got involved in public service” was because he read the writings of Ayn Rand, which describe the poor as “parasites” who must “perish”, and are best summarized by the title of one of her books: ‘The Virtue of Selfishness.’



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