Vrais et faux parasites
Une chose que les diverses droites feignent tout le temps d’oublier, c’est que les pauvres aussi paient des impôts. Ne serait-ce que la TVA. En vrai, ce que recherchent les gens de droite (du moins beaucoup d’entre eux), c’est à faire de sorte que seuls les pauvres en paient. Et pour y arriver, ils culpabilisent ces derniers en les accusant de parasitisme. Tout en occultant toutes les subventions qu’ils réussissent à arracher à la collectivité aidé en cela par les politiciens corrompus qui les servent!
Le dernier avatar en date de cette rhétorique est Romney que même un romancier communiste n’aurait osé choisir comme personnage principal d’une critique du capitalisme tellement il est caricatural:
The notion that Democrats hope to ride dependency to political power is one that has no shortage of adherents among conservatives. “We are reaching the tipping point where the majority of Americans are recipients of government programs,” columnist George Will said recently on Laura Ingraham’s radio show. "Heavens, one in seven of Americans is on food stamps today. The gamble — it’s really not a gamble, the tactic — of the Democratic Party is to run up the dependency ratio in this country until you get 50-60 percent of Americans dependent on the government in at least one or often in multiple ways, at which point they figure the party of government will always win."
But there are a few problems with the idea of the overburdened "53 percent." Many Americans don’t pay federal income taxes, in part, because of deductions like the child tax credit that have been championed by conservatives and progressives alike. Almost all of the "47 percent" do pay other federal taxes in the form of Social Security and Medicare payroll deductions and gas levies, as well as a variety of state and local sales and property taxes that aren’t dependent on income.
Franchement, se faire faire la leçon sur les vertus de l’impôt par un parasite millionnaire qui est probablement resté dix ans sans payer d’impôts!
PS: Je vois que Krugman a parlé de la vidéo et a mis en lien ce sommaire qui démonte l’idée que ceux qui ne paient pas d’impôts sur le revenus sont des parasites ne payant pas d’impôts du tout.
Ce fou est fou
Source image.
Bien sûr, Yaya Jammeh est fou. Je crois que personne n’en doutais vraiment. Le mec s’est auto-proclamé PhD après quelques cours accélérés donnés par un prof britannique, a fait régner la terreur dans son pays et prétendu soigner toutes sortes de maladies, dont accessoirement le Sida, à l’aide de plantes médicinales. Il est donc incontestable qu’il est fou.
Ce fou a donc décidé, pour fêter la fin du ramadan, de faire un cadeau à son peuple: tous les prisonniers condamnés à mort seront exécutés avant la fin du mois de septembre. Parmi ces prisonniers il y a certes des prisonniers politiques mais il y a surtout des prisonniers de droit commun parmi lesquels quelques citoyens sénégalais. Par exemple l’un de ces citoyens sénégalais est une citoyenne qui a commis ce qu’au Sénégal nous verrions comme un crime passionnel et condamnerions avec une certaine légèreté. Son mari ayant pris une seconde épouse, la dame l’a ébouillanté. Et mort s’en est malheureusement suivi. Apparemment les juges gambiens sont plus sévères que les nôtres et la dame a été condamnée à la peine de mort.
Alors que nous n’avions même pas fini d’être sidéré par l’annonce de ce fou de Yaya Jammeh donc, la promesse faite aux gambiens est tenue… en commençant malencontreusement par nos concitoyens. Un autre de nos concitoyens est apparemment également dans le couloir de la mort gambien. De retour cette nuit à Dakar après une visite de travail/vacances en Afrique du Sud, mon Président semble choqué par les exécutions gambiennes et a décidé que nous (en l’occurrence notre Premier Ministre) convoquerions l’Ambassadeur de Gambie au Sénégal et exigerions qu’il soit ponctuel à ce rendez-vous:
« C’est avec consternation que j’ai appris l’exécution de deux nos compatriotes en Gambie. Mais j’ai instruit le premier ministre sur cette affaire. J’ai décidé de convoquer l’ambassadeur de la Gambie au Sénégal, pour lui faire connaitre la position du Sénégal » indique d’emblée Macky Sall.
« si demain l’ambassadeur de la Gambie ne répond à la convocation à l’heure indiquée qu’il quitte le Sénégal »
Source. (Contrairement aux apparences, je n’ai rien inventé)
Les États Unis eux-mêmes semblent choqués, exigeant que la Gambie cesse immédiatement ces exécutions.
À cela, son Excellence Cheikh Professeur Dr. Yahya Abdul-Aziz Jemus Junkung Jammeh Naasiru Deen, Commandant en Chef des Forces Armées et Gardien de la Constitution Sacrée de Gambie répondit que la Gambie était un État Souverain appliquant son propre arsenal juridique dont fait partie intégrante la peine de mort.
Au risque de paraitre apporter mon soutien à un fou sanguinaire et à cette barbarie qu’est la peine de mort, je dois avouer que je suis totalement d’accord avec lui. J’ajouterai par ailleurs que les États Unis d’Amérique qui ont exécuté en 2011 quarante trois (43) êtres humains se plaçant ainsi cinquième derrière des pays aussi respectables que la Chine, l’Iran, l’Arabie Saoudite et l’Irak sont singulièrement mal placés pour faire la leçon à qui que ce soit sur cette question. Quant à mon Président, j’aimerais respectueusement lui signaler que si le sort de nos compatriotes condamnés en Gambie lui importait vraiment, il n’aurait pas attendu que deux d’entre eux soient exécutés pour venir gesticuler à la télé au risque de mettre encore plus en danger la vie du troisième. Il avait largement le temps de demander leur grace à son homologue et ami, son Excellence Cheikh Professeur Dr. Yahya Abdul-Aziz Jemus Junkung Jammeh Naasiru Deen, Commandant en Chef des Forces Armées et Gardien de la Constitution Sacrée de Gambie lors de sa visite idyllique d’avril dernier. Il avait encore le temps d’appeler son homologue et ami son Excellence Cheikh Professeur Dr. Yahya Abdul-Aziz Jemus Junkung Jammeh Naasiru Deen, Commandant en Chef des Forces Armées et Gardien de la Constitution Sacrée de Gambie après que ce dernier avait annoncé son intention de faire un cadeau aussi macabre à ses propres concitoyens. Même après l’exécution des deux premiers prisonniers, il avait toujours le temps d’essayer de sauver le troisième. Il ne l’a pas fait. Au lieu de ça il vient pérorer à l’aéroport parce que les organisations des droits de l’homme et les USA sont choqués par la folie d’un homme que tout le monde déjà savait fou. Personnellement, je réserve mon indignation à l’attitude leaders démocratiquement élus comme le mien ou Obama. Je suis beaucoup plus choqué par le fait que mon Président n’ait rien fait en amont pour sauver mes pauvres concitoyens que par l’acte de folie d’un fou sanguinaire comme Jammeh.
Et sérieusement, quelqu’un peut m’expliquer comment la Commission Africaine des Droits de l’Homme s’est débrouillée pour avoir son siège à Banjul? Non, je ne plaisante même pas, le siège de la CADH est bien situé à Banjul capitale d’une Gambie dirigée par son Excellence Cheikh Professeur Dr. Yahya Abdul-Aziz Jemus Junkung Jammeh Naasiru Deen, Commandant en Chef des Forces Armées et Gardien de la Constitution Sacrée de Gambie.
Our very own Smerdyakov
R. P. Wolff sur les contradictions randiennes de Ryan:
Paul Ryan is a Roman Catholic whose family made a good deal of money over half a century off of government contracts for building the interstate highway system. To this day it feeds at the federal trough, getting defense-related dollars. In every way conceivable, Ryan the man is totally in violation of the Objectivist ethical theories pushed by Rand. It has become a central tenet of the consensus gentium in recent decades that American conservatives are deep thinkers who, in their think tanks, come up with new ideas to replace the tired habits of liberal pols. Paul Ryan, we are told, is the intellectual leader of the Republican Party. I think we should pause just a bit before embracing our very own Smerdyakov.
Lorem at Yale
L’un des livres mythiques pour les gens qui deviendront la Lost Generation americaine est Stover at Yale. Ce livre raconte comment un américain pauvre parvient à s’insèrer dans cette fac d’élite et dans son système de sociétés secrètes.
Je ne sais pas si la vie de Paul Lorem aura la même influence sur les gosses de sa génération mais ce qui est clair, c’est qu’elle suffit à rhabiller Dink Stover. Non seulement, contrairement à Stover, Lorem n’est pas un personnage de fiction, mais en plus, à 21 ans, il a survécu à des aventures bien plus trépidantes. Ce garçon est né dans un village du Sud Soudan tellement déshérité que ses parents, pour lui donner une chance de s’en sortir, l’ont laissé dans un camp de réfugié. Sous la surveillance d’enfants à peine plus âgés. Le plus beau est que ces gamins l’ont protégé en l’obligeant à aller à l’école où eux n’allaient pas. Long story short, grâce à son incroyable talent et à la bienveillance des personnes avec lesquelles il a eu à interagir, Paul Lorem est actuellement étudiant à Yale. C’est Nicholas Kristof qui raconte tout ça dans le Times d’hier et c’est une bouffée d’air frais. Je suis persuadé qu’un éditeur proposera à Lorem d’écrire son autobiographie avant qu’il ait fini ses études mais en attendant, vous devriez vraiment lire l’article de NK. Perso, j’aime bien la candeur avec laquelle Lorem avoue que Yale, eh bien, c’est un peu dur sur le plan académique
. Je veux dire, c’est juste la 11e meilleure fac du monde!
Lorem loves Yale, but, academically, it has been a tough transition, partly because English is Lorem’s fifth language (he also speaks Didinga, Toposa, Arabic and Swahili). Jeffrey Brenzel, the Yale admissions director, puts it this way: “On the one hand, these adjustments are greater for him than for many, but, on the other hand, he has already overcome far greater challenges than other students have just to get here.”
Arrested at last, arrested at last
C’est ce que Cornel West doit être en train de psalmodier en ce moment même:
Author, commentator, civil rights activist and Princeton University professor Cornel West has been arrested while protesting on the steps of the Supreme Court about corporate influence in politics.
Je suppose qu’il désespérait que ça lui arrive jamais.
Quand il sortira de la sombre prison où l’a jetée la blanche oppression de l’Amérique raciste, nous pourrons l’écouter nous donner sa propre version, mille fois plus puissante, de ce discours de seconde zone que je mets ici à titre d’archive. Écoutez ce rhéteur que la sortie de prison de West rejettera dans les limbes de l’histoire. Demain, vous vous demanderez comment vous avez pu vous laisser prendre à de si grosses ficelles.
Just a word
Les Républicains sont merveilleux:
But then, I’m not a commenter on the redstate.com blog. If you go read whatthey have to say, you’ll find they’re a lot angrier at Cain than at Perry. Because first of all, you see, “ni**erhead” is just a word, a legitimate and perfectly respectable word. It’s an old British term for a black iron post used for mooring ships. It’s an antiquated term used by loggers to describe a large rock jutting out of a road. It’s a winch or a capstan. A boiler head on a steam locomotive. See? All completely innocent! And they’re mad at or at least disappointed in Cain for giving oxygen to the scurrilous accusation that Perry may be (in that horrifying, politically correct cliché) “racially insensitive.”
Antioch is back
Je ne sais pas pourquoi mais j’étais persuadé que Antioch College était une HBCU. Anyway, elle rouvre ses portes.
Oui, ce post doit être le plus snob qui ait été publié ici. Mais en fait j’ai une sorte d’obsession maladive pour les facs US, y compris les plus obscures.
Demain vous l’abolirez
Victor Hugo, il y a déjà plus de 150 ans:
Eh bien, songez-y, qu’est-ce que la peine de mort ? La peine de mort est le signe spécial et éternel de la barbarie. (Mouvement.) Partout où la peine de mort est prodiguée, la barbarie domine ; partout où la peine de mort est rare, la civilisation règne. (Sensation.)
Messieurs, ce sont là des faits incontestables. L’adoucissement de la pénalité est un grand et sérieux progrès. Le dix-huitième siècle, c’est là une partie de sa gloire, a aboli la torture ; le dix-neuvième siècle abolira la peine de mort. (Vive adhésion. Oui ! oui !)
Vous ne l’abolirez pas peut-être aujourd’hui ; mais, n’en doutez pas, demain vous l’abolirez, ou vos successeurs l’aboliront. (Nous l’abolirons ! Agitation.)
Vous écrivez en tête du préambule de votre constitution « En présence de Dieu », et vous commenceriez par lui dérober, à ce Dieu, ce droit qui n’appartient qu’à lui, le droit de vie et de mort. (Très-bien ! très-bien !)
Messieurs, il y a trois choses qui sont à Dieu et qui n’appartiennent pas à l’homme l’irrévocable, l’irréparable, l’indissoluble. Malheur à l’homme s’il les introduit dans ses lois !
Je suis souvent un admirateur de la société américaine mais parfois leur barbarie me désespère. Comme quand je sais, comme maintenant, qu’ils vont assassiner quelqu’un et que rien ni personne n’y pourra rien.
Par ailleurs, je pense que vu le racisme du système judiciaire US, ce pays est le dernier qui devrait se permettre cette barbarie qu’est la peine capitale. Innocence Project en est à 273 condamnés innocentés grace à de nouvelles analyses ADN et parmi eux, il y a 166 noirs. Parmi ces innocents, 17 ont été extraits du couloir de la mort.
Il y a certes eu quelques progrès depuis le temps où Bilie Holliday chantait Strange Fruits, mais pas tant que ça, je trouve.
Mr Cheney at his worst
Je pense que le livre le plus passionnant de cette année risque d’être l’autobiographie de ce psychopathe criminel de Dick Cheney. Le NYT a un article dessus et ça semble juste être pire que ce que n’importe qui de censé aurait pu imaginer. En gros, si vous pensez que le régime de W. était criminel et anti-américain, réjouissez-vous parce que vous avez échappé de peu à un régime fasciste qui aurait installé des salles de torture dans les caves de la Maison Blanche! Cheney ne s’excuse de rien et est consterné que les tendres qui entouraient le Président l’aient empêché de mener à bien la lutte contre le terrorisme.
He wrote that George J. Tenet, the director of the Central Intelligence Agency, resigned in 2004 just “when the going got tough,” a decision he calls “unfair to the president.” He wrote that he believes that Secretary of State Colin L. Powell tried to undermine President Bush by privately expressing doubts about the Iraq war, and he confirms that he pushed to have Mr. Powell removed from the cabinet after the 2004 election. “It was as though he thought the proper way to express his views was by criticizing administration policy to people outside the government,” Mr. Cheney writes. His resignation “was for the best.”
He faults former Secretary of State Condoleezza Rice for naïveté in the efforts to forge a nuclear weapons agreement with North Korea, and Mr. Cheney reports that he fought with White House advisers over softening the president’s speeches on Iraq.
Mr. Cheney acknowledged that the administration underestimated the challenges in Iraq, but he said the real blame for the violence was with the terrorists.
He also defends the Bush administration’s decision to inflict what he called “tough interrogations” — like the suffocation technique known as waterboarding — on captured terrorism suspects, saying it extracted information that saved lives. He rejects portrayals of such techniques as “torture.”
Plus encore que l’affaire DSK, que des criminels comme Bush Jr, Rumsfeld ou Cheney ne soient pas sous les barreaux discrédite totalement la justice US et sa prétendue indépendance.
Et au cas où vous vous poseriez la question, c’est grace à Mr. Cheney et à personne d’autre que l’Amérique a tenu debout le 11 septembre 2011:
The book opens with an account of Mr. Cheney’s experiences during the terrorist attacks of Sept. 11, 2001, when he essentially commanded the government’s response from a bunker beneath the White House while Mr. Bush — who was away from Washington and hampered by communications breakdowns — played a peripheral role. But Mr. Cheney wrote that he did not want to make any formal statement to the nation that day.
“My past government experience,” he wrote, “had prepared me to manage the crisis during those first few hours on 9/11, but I knew that if I went out and spoke to the press, it would undermine the president, and that would be bad for him and for the country.
“We were at war. Our commander in chief needed to be seen as in charge, strong, and resolute — as George W. Bush was.”
Patriote et modeste, donc!
Vous vous demandez sans doute ce que ce modeste patriote faisait quand il était dans la force de l’age, au moment où ce lâche de Colin Powell se faisait blesser par les communistes Vietnamiens et y retournait? Voici comment se conduit un vrai héros:
When Cheney became eligible for the draft, during the Vietnam War, he applied for and received five draft deferments.[17][18] In 1989, The Washington Post writer George C. Wilson interviewed Cheney as the next Secretary of Defense; when asked about his deferments, Cheney reportedly said, "I had other priorities in the ’60s than military service."[19] Cheney testified during his confirmation hearings in 1989 that he received deferments to finish a college career that lasted six years rather than four, owing to sub par academic performance and the need to work to pay for his education. Initially, he was not called up because the Selective Service System was only taking older men. When he became eligible for the draft, he applied for four deferments in sequence. He applied for his fifth exemption on January 19, 1966, when his wife was about 10 weeks pregnant. He was granted 3-A status, the "hardship" exemption, which excluded men with children or dependent parents. In January 1967, Cheney turned 26 and was no longer eligible for the draft.[20]
Six fois! Six fois de suite, il a trouvé des pretextes pour ne pas servir son pays et risquer sa vie sous les drapeaux. Et sa seule justification est "qu’il avait d’autres priorités"! C’est toujours la même chose: les vrais héros ne se vantent pas de leurs exploits et réfléchissent avant d’envoyer les jeunes gens se faire tuer. Les lâches, une fois adultes, prennent un plaisir sadique à faire torturer ceux qui s’opposent à eux et à déclencher à tort et à travers des conflits dont ils ne paieront pas le prix et dont ils profiteront même économiquement, ainsi que l’infâme Cheney l’a fait par le biais de Halliburton.
Ce type est décidément dans une catégorie à part en ce qui concerne le fait d’être méprisable!




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