Her Taylor is rich!
Maitre Wade avait promu une bande de gangsters incompétents et sans scrupule. De telles nominations lui permettaient d’installer dans les principaux lieux de pouvoir des pantins lui obéissant au doigt et à l’oeil et dont les excès masquaient le pillage systématique des ressources du pays par sa famille et lui. Les sénégalais n’ont cependant pas été longtemps dupes et il était clair bien avant la fin de son mandat que le peuple ne supporterait pas que les crimes des Wade demeurent impunis. Je ne sais pas à quel point Macky Sall est personnellement convaincu de la nécessité de poursuivre les Wade. Il est possible qu’il ne le fasse que parce qu’il sait que s’il ne le faisait pas, le peuple se retournerait contre lui. Quoiqu’il en soit, bien que le Présidet Sall ait affirmé que Mr Wade lui-même ne serait pas inquiété, Karim Wade est pour l’instant en prison et je ne désespère pas que les enquêtes en cours ne révèlent des faits tels que les juges n’auraient d’autre choix que de juger Mr Wade.
Si Macky Sall semble avoir compris la nécessité de faire traduire en justice au moins une partie de la bande gangsters de Wade, il ne semble pas avoir conscience du fait que si nous avons cette exigence, c’est parce qu’au delà des mots et des symboles, nous aspirons à un État véritablement vertueux où les nominations se feraient selon le mérite et non selon le bon vouloir d’un Président que se prendrait pour un prince.
Non content de nommer ses alliés politiques à des postes de Président de Conseil d’Administration d’entreprises publiques sans tenir compte de leur totale absence de qualifications, le Président Sall semble se croire obligé de trouver de lucratifs points de chute à tous les parents et alliés de son épouse. À chaque lendemain de Conseil des Ministres, la presse a désormais beau jeu de décortiquer les nominations pour pointer les liens de parentés entre les personnes nommées et soit le couple présidentiel, soit un des proches. Les choses deviennent caricaturales quand un mec qui se présente comme le tailleur Mme Sall se sent obligé de donner une interview pour justifier sa nomination par le Président de République au Conseil Économique Social et Environnemental et affirmer qu’il ne la doit pas au simple fait d’avoir cousu des tuniques pour notre Première Dame. L‘interview en elle-même est instructive. Prenez sa réponse à la question de savoir s’il croit mériter sa nomination:
Vous pensez donc que votre nomination au CESE méritée…?
(Il coupe) Nous sommes en politique. Si aujourd’hui je suis membre du CESE, c’est parce que je le mérite. J’ai un parcours politique avec une base solide à Biscuiterie.
Le problème justement, c’est que le CESE n’est pas censée être politique. C’est censé être un groupe de personnalités indépendantes et qualifiées qui peuvent aider à définir les orientations que prendra le pays. La liste des personnalités choisies par le Président de la République est non seulement ridiculement politique mais surtout composé de personnalités pour la plupart totalement dénuées de la moindre expertise valable pour la définition de la moindre orientation en matière politique publique. Il aurait été admissible que Macky Sall choisisse, parmi ses affidés, des personnes compétentes pour peupler ce CESE ou qu’il ne mette qu’une poignée d’incompétents. Mais là, on a juste l’impression que la compétence est le dernier des souci d’un président de la République uniquement préoccupé par le fait de récompenser des leaders politiques et des personnalités médiatiques qui autrement lui auraient pourri la vie. Revenons à notre tailleur, comment voit-il son apport à ce noble Conseil?
Qu’est-ce que vous comptez apporter au Conseil économique, social et environnemental ?
Le CESE est une institution. Nous y sommes pour représenter le peuple sénégalais. Notre rôle c’est d’écouter les populations et de poser les problèmes concernant la demande sociale. J’ai accepté de siéger au CESE et je compte jouer mon rôle de représentant du peuple.
Clairement ce mec confond ce Conseil avec l’Assemblée nationale. Notre peuple élit ses représentants; ils siègent Place Soweto et votent les lois, pas au CESE.
L’on pourrait se dire qu’un peu de népotisme n’est pas vraiment évitable dans une démocratie et que peupler le CESE de politiques incompétents n’est pas dramatique mais il faut rapprocher ça du fait que le Procureur de Dakar a été relevé de ses fonctions hier. Macky Sall a parfaitement le droit de relever un Procureur de la République et de lui accorder une promotion ailleurs. Le problème, c’est que c’est un secret de polichinelle que M. Diagne a été relevé pour avoir refusé d’accorder un non lieu au délinquant dont on voit les agissements dans le film ci-après.
Certes, le délinquant en question est député de la République du Sénégal et membre d’un parti allié du Président de la République. N’empêche qu’un tel mépris pour l’indépendance de la justice me parait inquiétant. La bonne nouvelle c’est que jusqu’à preuve du contraire, c’est le peuple sénégalais qui a élu Macky Sall et si l’envie nous en prend, nous pouvons le démettre et exiger de son successeur qu’il fasse rendre des comptes à tous ceux qui ont bénéficié de son népotisme. Et nous recommencerons autant qu’il le faudra pour que nos politiciens comprennent qu’ils sont élus non pas pour régner mais pour gérer les affaires du pays en notre nom.
Irresponsabilité présidentielle
Le problème avec Macky Sall, c’est qu’il semble tellement obnubilé par sa future réélection qu’il fait et dit n’importe pour peu qu’il pense que ça peut l’aider à atteindre ce but. Le summum de la démagogie irresponsable et criminelle a été atteint hier avec sa déclaration en Conseil des ministres concernant la dépénalisation de l’homosexualité.
D’abord un peu de contexte. Lors de la campagne présidentielle, Macky Sall avait tenu des propos, certes courageux, mais totalement ineptes vu le contexte : il avait dit qu’une fois élu il légaliserait l’homosexualité avant de rétropédaler devant le torrent homophobe déversé sur lui par ses adversaires. Depuis lors, il est soupçonné d’homophilie voire de franc maçonnerie* et il est compréhensible qu’il marche sur des œufs dès que le sujet de l’homosexualité est abordé. Après sa lamentable rencontre groupée avec Obama, la presse a sorti de je ne sais où qu’Obama avait demandé à ses vassaux dont Macky Sall de cesser d’emmerder les homos s’ils veulent bénéficier de l’aide US. Du coup des imams et démagogues de tout poils se sont mis à interpeller le Chef de l’État sur son prétendu plan de dépénalisation de l’homosexualité. Hier donc, le Chef de l’État a cru bon de faire la précision suivante :
Pour conclure sa communication, le Chef de l’Etat a tenu à réagir sur le débat public en cours portant sur la dépénalisation de l’homosexualité au Sénégal. A ce sujet, il a souligné avec fermeté que l’Etat n’a jamais envisagé une telle option, qu’il exclut totalement sous son magistère. Il a réitéré son ancrage dans nos valeurs culturelles de base qui ne peuvent s’accommoder d’une option de dépénalisation de l’homosexualité.
En quoi est-ce irresponsable voire criminel ? En fait, supposons que vous soyez homo et que vous lisiez ça, que feriez-vous ? Il est probable que vous vous disiez que la chasse aux gays est ouverte et que vous fassiez tout pour cacher votre orientation sexuelle. Quelle est la meilleure manière de le faire ? Courir les jupons et coucher avec le maximum de filles me paraît une stratégie gagnante. Coucher clandestinement avec des mecs mais draguer ouvertement et au besoin coucher sans discrétion avec le maximum de filles ? Maintenant croisez cette stratégie avec le fait que si le taux d’infection au VIH est très bas chez les hétérosexuels sénégalais (0 ,7%), il est extrêmement élevé chez les homosexuels sénégalais (21,8%). Il est même plus élevé chez nos homos mâles que chez nos prostitués (18,5%). (Source)
Vous voyez où je veux en venir ou bien vous voulez un dessin ? Quelle est la probabilité qu’un mec qui couche clandestinement avec un autre mec ait tout le temps des préservatifs avec lui et se protège correctement ? Quelle est la probabilité que ce mec change de comportement avec une fille alors qu’il prend toujours des risques dans la partie de sa vie sexuelle qui lui importe ? Quand on se met à stigmatiser et à harceler les homos, tout ce que l’on réussit, c’est à s’assurer les conditions pour une propagation du virus du SIDA dans la population générale. Nous sommes un pays où les gens se marient sans tests prénuptiaux et couchent sans préservatif. Si les médecins et les ONGs s’émeuvent de la traque aux homos, c’est peut être aussi par humanisme, mais c’est surtout parce que c’est un problème de santé publique. Le président de la République vient juste d’augmenter le risque que la partie de notre population la plus vulnérable et la moins bien informée se fasse contaminer par une maladie que nous n’avons pas les moyens financiers de traiter. On ne fait pas plus irresponsable.
Et by the way, faut arrêter avec cette histoire selon laquelle nos « valeurs culturelles de base qui ne peuvent s’accommoder d’une option de dépénalisation de l’homosexualité ». D’abord cette notion de « valeur culturelle de base » n’a aucun sens dans un pays multi-ethnique et multiculturel comme le Sénégal et d’autre part, quiconque est né au Sénégal avant les années 80 a assisté à des sabaru gordjiguènes et autres cérémonies familiales dans lesquelles les homos jouent un rôle social traditionnellement bien délimité. Si quelque chose est contraire aux traditions sénégambiennes, c’est bien notre homophobie actuelle qui est une conséquence directe de lois héritées de la colonisation et de la globalisation qui fait que nous posons le débat sur l’homosexualité selon des termes définis par la culture occidentale dominante.
……..
* « Franc maçon » étant la disqualification suprême au Sénégal, pays très religieux mais tolérant par certains cotés. Les gens semblent penser que si vous êtes athée, vous êtes à plaindre alors que si vous êtes franc maçon, vous appartenez à une anti-religion satanique complotant jour et nuit pour combattre Dieu. Vous êtes donc un laboureur du Mal absolu. Notons que nous avons toujours eu tendance à soupçonner nos dirigeants d’être franc maçons surtout quand nous sommes dans l’opposition
Macky an 1
Ça fait un an que Macky Sall est Président de la République du Sénégal.
Un journal local a cruellement titré "L’année perdue!". Même si cette année de règne de Macky Sall est incomparable avec l’entreprise de destruction systématique de tout ce que ce pays avait de valable qu’a été le règne de Maitre Wade, on ne peut s’empêcher d’être déçu par cette première année de Macky Sall. Son premier discours était parfait. Il avait rappelé ce qui nous tenait à coeur à savoir que nous voulions demeurer une République démocratique mettant la justice économique et sociale au coeur du fonctionnement de l’État. Il avait averti ses partisans qu’il ne les protègerait pas et que, selon sa belle formule, "la patrie venait avant le parti." Malheureusement, tout ceci est en grande partie resté un discours. Les nominations aux postes de la Haute Administration publique considérés comme "juteux" ont continué à se faire, non pas au mérite, mais pour récompenser les affidés de M. Sall. Ce faisant, notre nouveau Président, ancre définitivement dans l’esprit des sénégalais que pour vraiment réussir, rien ne sert de travailler et de mener une carrière exemplaire au service de l’État; le seul moyen, c’est de militer dans un parti politique.
Toujours concernant l’omniprésence du politique, probablement par souci d’assurer son pouvoir, Macky Sall s’est entouré d’une large coalition. Justement, cette coalition est trop large. Il n’y a quasiment plus d’opposition crédible et en plus cela nous donne l’impression, plus ou moins justifiée, que la classe politique a trouvé un gentlemen’s agreement pour se partager les ressources de l’État sans qu’aucun d’eux ne soit frustré. Cette impression est renforcée par le fait que le Parti de Macky Sall n’a même pas la dignité de rejeter le ralliement de responsables politiques venus du Parti de Maitre Wade. À quoi ça sert que nous ayons viré Wade si sa bande de gangsters peut tranquillement faire allégeance au nouveau sheriff et continuer ses méfaits? De plus comment pouvons-nous parler de démocratie s’il n’y a aucune voix crédible pour porter les désaccords qui surgissent? Cette situation est d’autant plus dangereuse pour le pays que les seules forces actuelles à s’opposer frontalement au Président Wade sont soit le PDS de Wade, soit le parti de Idrissa Seck, qui conformément à la duplicité de son chef, est à la fois à l’intérieur et à l’extérieur de la coalition au pouvoir. La hantise de tous les sénégalais est d’avoir à élire un Président comme Seck dont nous sommes intimement persuadés qu’il est au moins aussi maléfique Wade mais plus jeune. Nous n’aurions cependant pas d’autre choix s’il était le seul opposant à un Macky Sall qui aurait continué à s’auto-saboter comme il le fait actuellement.
Les enquêtes sur les biens mal acquis progressent certes, et à défaut de mettre Abdoulaye Wade en prison, nous devrions y envoyer son fils. Même ces enquêtes laissent cependant un goût amer au peuple. Non seulement elles sont lentes (comme il est normal qu’elles le soient) mais les déclarations intempestives des ministres et des cadres du parti au pouvoir montrent que ces gens là n’ont aucun sens de l’indépendance de la justice. S’ils continuent à intervenir à tout bout de champs, ils risquent de tellement discréditer notre système judiciaire que toute décision qui serait rendue serait perçue comme illégitime et pourrait être cassée par la Cour de Justice de la CEDEAO qui nous a déjà infligée un camouflet cinglant.
Encore une fois il n’y a aucun doute que Macky Sall vaut infiniment mieux que Wade. Il serait cependant temps qu’il se mette à la hauteur du peuple qui l’a élu, cesse de s’entourer d’amateurs et de cajoler les politiciens pour faire ce pour quoi il a été élu i.e. faire respecter la loi dans tous les domaines et promouvoir la justice sociale. J’avoue que j’ai très peu d’espoir qu’il y arrive mais j’espère me tromper.
Justice pour Karim Wade
Justice comme dans "le glaive de la justice", bien sûr
Cette série de posts de ce blog devrait vous convaincre que la seule place où devrait légitimement se trouver Karim Wade en ce moment est en prison.
Il est donc compréhensible que cet article me rende particulièrement joyeux:
Le procureur spécial chargé de la Cour, Alioune Ndao, vient de lancer un mandat d’arrêt international à son encontre, a révélé le quotidien L’Observateur.
Karim Wade, «ministre du ciel et de la terre», comme l’avait surnommé la presse sénégalaise, devra répondre de l’origine de sa fortune.
En juillet dernier, le fils de l’ex-président du Sénégal avait déjà été convoqué à la Section de recherche de la gendarmerie nationale, où il a été interrogé par les enquêteurs sous la houlette du capitaine Ibrahima Mbow. Deux auditions qui ont duré plus de deux heures chacune.
Le quotidien L’Observateur explique que des vérifications faites par les gendarmes à la suite de sa première audition auraient permis de découvrir 767 millions de francs CFA (environ 1,6 million d’euro), versés dans les deux différents comptes de l’ancien ministre.
Interpellé sur ces versements, Karim Wade avait déclaré au cours de sa seconde audition, que l’argent lui a été offert par son père, Abdoulaye Wade (au pouvoir de 2000 à 2012).
Ceci dit, la perspective de voir Karim en prison est quand même un peu effrayant parce qu’il n’y a pas si longtemps, j’écrivais ici même :
Je m’engage solennellement, si jamais le fric volé par la famille Wade est rapatrié et si un membre de la famille Wade va en prison, à ne plus jamais écrire quoi que ce soit de négatif envers le Président Macky Sall et à faire activement campagne pour sa réélection.
Je suppose que si Karim va en prison et si l’argent que sa famille et lui nous ont volé est récupéré, je n’aurais plus d’autre choix que de prendre ma carte de l’APR et de me faire l’hagiographe officiel de ce Génie du Sahel, de ce visionnaire dodu, de ce grand géologue doublé d’un fin néanmoins gros politique qu’est son excellence le Président Macky Niaangal Sall kor Ndèye Marème Faye, Bur Siin ak Senegal.
Engagement solennel
Apparemment l’État du Sénégal a porté plainte, à Paris, contre les rejetons corrompus de notre très corrompu ancien président, Maitre Abdoulaye Wade:
Le Sénégal va porter plainte devant les juridictions françaises contre Karim Wade et Sindiély Wade, dans le cadre de la traque de ses biens. Ces enfants de l’ancien Président Abdoulaye Wade ont été respectivement, entre autres, ministre d’Etat, ministre des infrastructures, de la Coopération internationale, de l’Energie et Déléguée générale adjointe au Festival mondial des arts nègres (Fesman) tenu à Dakar en décembre 2010. De fortes présomptions de détournement de biens publics sénégalais pèsent sur ces anciens conseillers spéciaux du Président Wade qui n’ont jamais répondu de la gestion des différents portefeuilles que leur père les avait confiés.
Par ailleurs je vois que l’IGE demande que Mme Sindiely Wade soit poursuivie pour sa gestion désastreuse du FESMAN. Pour rappel, la gestion du FESMAN par Sindiely Wade, c’est ça:
Pis, la participation d’un Etat-ami du Sénégal d’un montant de 2 milliards auraient disparu entre les mains du chef de l’Etat sortant, Me Abdoulaye Wade. Le reliquat de cette participation, 250 millions, aurait été reçu par… sa fille Sindjély, sans que l’on sache comment ils ont été utilisés. La participation à hauteur d’un (1) milliard d’un autre Etat-ami aurait atterri entre les mains de Sindjély sans que les autorités du Fesman n’en voient la couleur. La fille du président sortant aurait accepté de rembourser le milliard en question, même si son père de président sortant aurait dit aux vérificateurs de l’Ige que cet argent avait été donné à Sindjély ” en sa qualité de fille du chef de l’Etat ” .
Je m’engage solennellement, si jamais le fric volé par la famille Wade est rapatrié et si un membre de la famille Wade va en prison, à ne plus jamais écrire quoi que ce soit de négatif envers le Président Macky Sall et à faire activement campagne pour sa réélection.
Ce fou est fou
Source image.
Bien sûr, Yaya Jammeh est fou. Je crois que personne n’en doutais vraiment. Le mec s’est auto-proclamé PhD après quelques cours accélérés donnés par un prof britannique, a fait régner la terreur dans son pays et prétendu soigner toutes sortes de maladies, dont accessoirement le Sida, à l’aide de plantes médicinales. Il est donc incontestable qu’il est fou.
Ce fou a donc décidé, pour fêter la fin du ramadan, de faire un cadeau à son peuple: tous les prisonniers condamnés à mort seront exécutés avant la fin du mois de septembre. Parmi ces prisonniers il y a certes des prisonniers politiques mais il y a surtout des prisonniers de droit commun parmi lesquels quelques citoyens sénégalais. Par exemple l’un de ces citoyens sénégalais est une citoyenne qui a commis ce qu’au Sénégal nous verrions comme un crime passionnel et condamnerions avec une certaine légèreté. Son mari ayant pris une seconde épouse, la dame l’a ébouillanté. Et mort s’en est malheureusement suivi. Apparemment les juges gambiens sont plus sévères que les nôtres et la dame a été condamnée à la peine de mort.
Alors que nous n’avions même pas fini d’être sidéré par l’annonce de ce fou de Yaya Jammeh donc, la promesse faite aux gambiens est tenue… en commençant malencontreusement par nos concitoyens. Un autre de nos concitoyens est apparemment également dans le couloir de la mort gambien. De retour cette nuit à Dakar après une visite de travail/vacances en Afrique du Sud, mon Président semble choqué par les exécutions gambiennes et a décidé que nous (en l’occurrence notre Premier Ministre) convoquerions l’Ambassadeur de Gambie au Sénégal et exigerions qu’il soit ponctuel à ce rendez-vous:
« C’est avec consternation que j’ai appris l’exécution de deux nos compatriotes en Gambie. Mais j’ai instruit le premier ministre sur cette affaire. J’ai décidé de convoquer l’ambassadeur de la Gambie au Sénégal, pour lui faire connaitre la position du Sénégal » indique d’emblée Macky Sall.
« si demain l’ambassadeur de la Gambie ne répond à la convocation à l’heure indiquée qu’il quitte le Sénégal »
Source. (Contrairement aux apparences, je n’ai rien inventé)
Les États Unis eux-mêmes semblent choqués, exigeant que la Gambie cesse immédiatement ces exécutions.
À cela, son Excellence Cheikh Professeur Dr. Yahya Abdul-Aziz Jemus Junkung Jammeh Naasiru Deen, Commandant en Chef des Forces Armées et Gardien de la Constitution Sacrée de Gambie répondit que la Gambie était un État Souverain appliquant son propre arsenal juridique dont fait partie intégrante la peine de mort.
Au risque de paraitre apporter mon soutien à un fou sanguinaire et à cette barbarie qu’est la peine de mort, je dois avouer que je suis totalement d’accord avec lui. J’ajouterai par ailleurs que les États Unis d’Amérique qui ont exécuté en 2011 quarante trois (43) êtres humains se plaçant ainsi cinquième derrière des pays aussi respectables que la Chine, l’Iran, l’Arabie Saoudite et l’Irak sont singulièrement mal placés pour faire la leçon à qui que ce soit sur cette question. Quant à mon Président, j’aimerais respectueusement lui signaler que si le sort de nos compatriotes condamnés en Gambie lui importait vraiment, il n’aurait pas attendu que deux d’entre eux soient exécutés pour venir gesticuler à la télé au risque de mettre encore plus en danger la vie du troisième. Il avait largement le temps de demander leur grace à son homologue et ami, son Excellence Cheikh Professeur Dr. Yahya Abdul-Aziz Jemus Junkung Jammeh Naasiru Deen, Commandant en Chef des Forces Armées et Gardien de la Constitution Sacrée de Gambie lors de sa visite idyllique d’avril dernier. Il avait encore le temps d’appeler son homologue et ami son Excellence Cheikh Professeur Dr. Yahya Abdul-Aziz Jemus Junkung Jammeh Naasiru Deen, Commandant en Chef des Forces Armées et Gardien de la Constitution Sacrée de Gambie après que ce dernier avait annoncé son intention de faire un cadeau aussi macabre à ses propres concitoyens. Même après l’exécution des deux premiers prisonniers, il avait toujours le temps d’essayer de sauver le troisième. Il ne l’a pas fait. Au lieu de ça il vient pérorer à l’aéroport parce que les organisations des droits de l’homme et les USA sont choqués par la folie d’un homme que tout le monde déjà savait fou. Personnellement, je réserve mon indignation à l’attitude leaders démocratiquement élus comme le mien ou Obama. Je suis beaucoup plus choqué par le fait que mon Président n’ait rien fait en amont pour sauver mes pauvres concitoyens que par l’acte de folie d’un fou sanguinaire comme Jammeh.
Et sérieusement, quelqu’un peut m’expliquer comment la Commission Africaine des Droits de l’Homme s’est débrouillée pour avoir son siège à Banjul? Non, je ne plaisante même pas, le siège de la CADH est bien situé à Banjul capitale d’une Gambie dirigée par son Excellence Cheikh Professeur Dr. Yahya Abdul-Aziz Jemus Junkung Jammeh Naasiru Deen, Commandant en Chef des Forces Armées et Gardien de la Constitution Sacrée de Gambie.
Une question de sécurité
Cette interview de Harouna Dia qui est l’un des bailleurs de fonds de notre nouveau président est à la fois dérangeante et rassurante. Le fait que ce type considère la politique comme un investissement crée un malaise certain. À sa décharge, il affirme que le retour sur investissement ne sera pas uniquement pour lui mais pour tout le peuple. Plus généralement, la proximité du nouveau président avec certains milieux d’affaires pourrait poser problème. Même si cela n’a rien à voir avec le pillage organisé de toute l’économie du pays par Wade et sa bande de gangsters. Cette proximité pourrait même être un bénéfice pour le pays parce que ce qui a énervé ces hommes d’affaires et les a détaché de Wade, c’est l’impossibilité où ils étaient de monter un business sans en donner des parts à Karim Wade via ses hommes-liges. Rappel. Qui mieux que ces hommes est capable de dire à la justice où se trouvent les "investissements" du clan Wade?
Pour en revenir à l’interview, ce que je trouve intéressant, c’est la manière qu’a Dia de penser le soutien aux classes défavorisées comme un impératif de sécurité publique:
Mais, est-ce que cela ne va pas causer des problèmes ailleurs ?Un budget, c’est l’équilibre. Si on compile les charges de l’Etat, de la Présidence du Sénégal, il a été démontré qu’elle fait quatre fois le fonctionnement de la Présidence française. Nous allons comprimer cela et ça pourra compenser tout le reste. Nos experts sont en train de calculer. Il y a du gaspillage dans ce pays, ce qu’on reproche à ce gouvernement, c’est la gouvernance économique, il y a eu un vrai gâchis, des monuments de 90 milliards FCfa, les fêtes de 75 milliards… Ils ont jeté l’argent par les fenêtres. Cet argent, nous voulons le donner aux populations. Si nous ne faisons pas cela, il faut considérer que c’est un problème de sécurité qui se pose pour le pays. Les gens ne peuvent pas continuer à vivre dans cette situation de pauvreté, d’indigence alors que nous dormons tranquillement dans les hôtels de luxe, ils vont venir nous envahir. Il faut considérer la baisse des denrées de première nécessité comme une question de sécurité nationale. Parce qu’à un moment donné, les gens vont exploser, donc nous sommes obligés. C’est comme une route, comme l’Armée, ce sont des dépenses incompressibles que nous sommes obligés de gérer. Et on le fera avec nos partenaires techniques et financiers, et vous allez voir que nous allons y arriver.
Avec l’election de Macky Sall, la situation des plus défavorisés semble vraiment être une priorité. C’est en tout cas ce qu’ils affirment à longueur de discours. Et ils n’en parlent pas de manière abstraite, ils semblent avoir comme projet de faire de sorte que les besoins élémentaires comme l’éducation, la nourriture et les soins de santé soient couverts pour tous les citoyens sénégalais. J’espère vraiment que leurs actes seront conformes à leurs paroles.
Président Macky Sall
La tendance est irréversible maintenant. Macky Sall devrait gagner avec un score qui tournera autour de 65%. Wade aurait l’humiliant score de 35%. Wade vient d’ailleurs d’appeler Macky Sall pour le féliciter.
Je n’ai pas grand chose à dire sur Macky Sall. Pour l’instant, les points négatifs et les points positifs le concernant s’équilibrent dans mon esprit. Quoi que l’on pense de lui, je crois que c’est une bonne chose que nous ayons un président qui est né après la colonisation et qui a fait ses études universitaires au Sénégal. Pour le reste, j’attendrai de voir ce qu’il fera avant de le juger.
Bizarrement, je ne ressens rien d’autre que de la colère et de la frustration. Je suis en colère parce que nous avons eu 12 morts pendant la période pré-électorale. Ces morts inutiles ont eu lieu à cause d’un vieillard sénile. Au lieu de prendre dignement sa retraite au terme des deux mandats qui lui avaient été confiés par le peuple sénégalais, ce vieillard a préféré s’incrustrer dans une élection où il n’avait rien à faire. Ce faisant, il a obligé les citoyens sénégalais à sortir dans la rue et à défendre leur démocratie face à des flics incapables de désobéir à des ordres illégaux. Je suis en colère contre la hiérarchie policière qui a réprimé des manifestants pacifiques, y compris durant la campagne électorale. Je suis surtout en colère contre les cinq sages singes de notre Conseil Constitutionnel. J’ai un mépris infini pour ces cinq personnes, normalement garantes de notre démocratie, mais qui ont validé la candidature de Wade alors qu’elle était si manifestement illégale. Ces cinq singes sont des gens que le pays a toujours couvert d’or et d’honneur. Qui ont été sélectionné parce qu’ils étaient censé être savants et honorables et à qui nous ne demandions rien d’autre que de faire respecter notre Constitution. Malgré tout, ils se sont laissé corrompre par Wade et sa bande de gangsters. Ce faisant, ils ont directement causé les 12 morts dont j’ai parlé plus haut. Des sénégalais sont morts en faisant le travail qu’ils auraient du faire: protéger notre constitution et s’assurer que nous demeurions une démocratie.
Si je suis frustré, c’est que le fait qu’on ait autorisé Wade à se présenter a privé le pays de la campagne électorale qu’il méritait. Après l’alternance de 2000, les questions institutionnelles auraient du être réglées. Nous aurions dû avoir cette année une campagne qui porte sur les choix de société. Comment faisons-nous pour reconstruire l’école sénégalaise qui est clairement à la dérive? Comment organiser la solidarité nationale pour que les plus démunis soient non seulement scolarisés mais également suivis sur le plan médical? Ces questions là n’ont pas du tout été abordées parce que nous étions focalisés sur la nécessité de veiller à la transparence du processus électoral.
Le pire, c’est que les membres du Conseil Constitutionnel poursuivront leur mandat sans coup férir. Leurs décisions sont légalement sans appel. Le peuple sénégalais a montré, au cours de ce processus électoral, qu’il tenait à ce que sa volonté soit respectée. J’espère vraiment deux choses maintenant. D’abord que les politiciens se montreront à la hauteur de leurs électeurs. Ensuite et surtout que la justice fera son travail en toute indépendance. Les gangsters qui ont pillé ce pays pendant 12ans ne peuvent pas s’en tirer impunément. Ce n’est pas une question de revanche. Le fait est que tant que les politiciens ne seront pas conscients que leurs actes ont des conséquences -y compris pénales- ils continueront à piller ce pays. Seule la justice peut nous éviter de retomber dans la même spirale.
Président Macky?
J’avoue que je suis agréablement surpris qu’il n’y ait pas eu de triches massives durant le processus de vote. Globalement, les choses se sont bien passées. Les sénégalais, qui normalement font tout en retard, se sont rendus aux aurores dans les bureaux de vote et ont attendu sagement l’ouverture avant de voter dans le calme. Le dépouillage des résultats s’est fait sans violence. Les résultats ont été relayé par la presse et sur twitter. D’après les premières compilations, ils devraient ressembler à ça:
WADE : 26,46% – SALL : 25,11% – NIASS : 16,69% – SECK : 8,54% – TANOR : 13,16% !!!!
Source Anna Guèye
Maître Wade est certes en tête mais il n’a plus de réserve de voix. Son porte parole l’a certes proclamé vainqueur au premier tour avec 55% des voix; l’éclat de rire général qui a traversé le pays au moment où il parlait devrait cependant suffire à le faire taire. Il est donc probable que Macky Sall soit notre futur président. Dans un monde idéal, il est clair que je ne choisirais pas ce géologue ancien companion de route de et premier ministre de Wade. Ceci dit, Macky a ce mérite d’avoir vraiment tenu tête à Wade, ce qui lui valu d’être viré d’abord de la Primature et ensuite de la Présidence de l’Assemblée Nationale. Alors qu’il occupait ce dernier poste, il a eu l’outrecuidance d’exiger que le fils du Président, à qui il avait été confié la gestion d’un budget égal au budget d’investissement de l’État du Sénégal, rende des comptes au Parlement. La réaction de Wade avait été 1) de faire voter une loi faisant passer la durée du mandat du Président de l’Assemblée Nationale de 5ans à 1an, 2) de lui appliquer rétroactivement cette disposition. Franchement, je pourrai vivre avec un type pareil à la tête de mon pays. Ce serait mieux si les conditions suivantes étaient remplies:
- Il faut vraiment que les juges sénégalais arrêtent leurs lâchetés et prennent leur indépendance du politique. Je ne parle même pas de la corruption scandaleuse de notre Conseil Constitutionnelle. Je pense au fonctionnement qui a été celui du pays durant tout le mandat de Wade avec des scandales financiers étalés dans les journaux mais sur lesquels personne ne mène d’enquête. Nos soi-disant 5 sages ont déshonoré l’Institution Judiciaire, j’espère qu’elle se rattrapera dans les années qui viennent en remplissant ses prérogatives sans faillir.
- Il faut que nous forcions le nouveau pouvoir à faire véritablement l’inventaire de la période Wade. L’argent qui nous a été volé doit nous être rendu. Ceux qui sont responsables de violences doivent être jugés. Je ne crois pas que nous pouvons compter sur les politiciens pour que ce soit fait. Il faudra donc qu’un mouvement citoyen comme le M23 ou les YenAMarre en fasse sa priorité.
Une des mesures de l’impopularité du Président Wade est qu’il a voté sous les huées de son bureau. Ce type aurait pu partir en ayant systématiquement pillé le pays et s’en tirer. Nous n’aurions pu ni le juger, ni remettre en cause sa gestion mafieuse du pays. Ça aurait passé pour une chasse aux sorcières indigne d’une démocratie. Le fait qu’il se soit entêté à briguer un mandat illégal est finalement une bonne chose puisque faisant éclater à la face du monde sa vraie nature. Je crois que notre nouveau jeu dans les années qui viennent devrait être le : "Devine qui va aller en Prison cette semaine?"
Dernière chose, je suis tellement, tellement fier de tous mes concitoyens qui se sont battus becs et ongles pour préserver notre démocratie. Si nous nous en étions remis aux politiciens, ils auraient entériné la victoire programmée de Wade. C’est véritablement le peuple qui a rendu impossible la triche. Parfois, il arrive que le monde tourne comme il le devrait. On doit savoir s’arrêter et apprécier le moment.
Rien que pour le plaisir, je vous mets la vidéo de mon président se faisant huer… En attendant celle de son fils se faisant juger.




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