Hady Ba's weblog

Un monde plus sûr, vraiment?

Posted in USA by hadyba on novembre 14, 2010

Un argument que l’on entend souvent est que le monde est plus sûr sans Saddam Hussein. C’est vrai que le dictateur irakien a, selon certaines estimations, tué 800000 à 1000000 de ses compatriotes durant ses 24 ans de règne sans partage. Malgré tout, la plupart de ces assassinats ont eu lieu lors d’épisodes ponctuels de répression pendant qu’il avait la bienveillante protection des occidentaux. Les derniers massacres par Saddam Hussein ont eu lieu après la première guerre du Golfe. Une estimation très haute veut que ces massacres aient fait 230000 morts (estimation basse: 80000 morts).

Après 1991, il n’y avait globalement plus de massacres en Irak. Les seuls qui pouvaient être tués l’étaient de manière individuelle parce qu’ils avaient eu la folie de résister au dictateur ou par malchance (genre ta route croise celle du fils du dictateur ou tu protestes parce qu’on a violé ta fille quoi).  Pour un irakien ordinaire, il était relativement facile de vivre, de se marier (même hors de sa confession), d’éduquer ses enfants et de les emmener à l’école. De plus, il me semble désormais relativement non controversé que Saddam n’avait aucun désir de s’impliquer dans le terrorisme international. Pendant la même période 91-2003, on peut soutenir que le seul massacre organisé de population qui avait cours en Irak était le fait des Nations Unies par le biais du Programme Pétrole contre Nourriture. En effet, un article publié dans The Lancet et commandité par l’UNESCO montre que l’on peut estimer que ce programme est responsable d’un demi million de morts d’enfants supplémentaires entre 91 et 98.

Le décompte objectif des morts civiles depuis l’invasion par W et Blair en est à 107707 (cent sept mille sept cent sept morts en sept ans) et rien qu’hier, il y en a eu quatre de plus.  Pour atteindre de si brillant résultats, Bush et Blair ont déshonoré leurs pays respectifs en autorisant la torture et en manipulant les faits pour que leur aventure paraisse acceptable.

Depuis que Saddam Hussein a quitté le pouvoir, aucun démocrate, nulle part dans le monde, ne peut plus argumenter que la démocratie est supérieure à la dictature parce que dans une démocratie on respecte la dignité humaine. Quelles que soient les circonstances. Au nom de la démocratie, non seulement on a bafoué la dignité humaine, mais en plus on a déclenché une guerre civile de sept ans et condamné irrémédiablement les chrétiens d’Irak à l’exil réussissant ce qu’aucun conquérant anti-chrétien n’avait jusque là accompli. Et en plus, les démocrates donneurs de leçon sont tellement corrompus et imbus d’eux mêmes que l’idée même que l’on devrait juger les criminels de guerre qui ont à ce point déshonoré l’Amérique parait blasphématoire.

Au vu de tous ces faits, j’aimerais juste qu’on m’explique: en quoi le monde est-il plus sûr sans Saddam Hussein?  Parce que vraiment, je ne le vois pas….

 

PS: Avec mon inoxydable optimisme, j’avais vraiment cru qu’il n’y avait aucune chance que Bush, Condy, Rumsfeld et Cheney échappent à un procès après leur mandat. Dieu, que je peux être naïf!

Objectivité journalistique

Posted in USA by hadyba on décembre 26, 2009

Intéressant:

As I documented back in May, a Nexis search of media outlets finds that « Roxana Saberi » — the American journalist detained for three months by Iran and then quickly given a trial and appeal — was mentioned 2,201 times during the first two months of her ordeal alone; by contrast « Sami al-Haj » was mentioned a grand total of 101 times during the first six years of his lawless detention at Guantanamo.  The short imprisonment of an American journalist by a hated nation merits a full-on media blitz from the American press; the imprisonment of a foreign journalist by the U.S. Government merits almost nothing.  Indeed, Stelter’s own paper ran countless stories on Saberi, but other than this very brief 2002 mention of an Al-Jazeera statement regarding al-Hajj, it did not publish a single news article mentioning his imprisonment until he was released.

So just consider the record here.  The New York Times will frequently label what other governments do as « torture » but steadfastly refuses to use that term for what the American government did.  It promiscuously accuses foreign countries of « human rights atrocities » but self-righteously objects when that term is applied to our own government even after it abducts, disappears, lawlessly imprisons, and tortures people even to the point of death.  It accords extreme deference and respect to the claims of government officials even when those claims are patently false.  In other words, The New York Times‘ journalistic practices create — either by design or effect — the false impression that torture and human rights abuses are things that other governments do, but not our own.  Who is it exactly, then, who is departing from « journalistic objectivity »?

Via LeiterLe papier du Time sur Sami Al Hajj.

Torture

Posted in Blogroll by hadyba on mai 14, 2009

Absolument rien à ajouter à ceci.

La défaite qu’il cherche

Posted in Politique by hadyba on avril 25, 2009

D’abord ce post de Krugman sur la torture et l’attitude de l’establishment US à partir de 2002.

Je suis en train d’observer les manœuvres de l’Administration Obama qui d’une part déclassifie les documents concernant les agissements anticonstitutionnels de l’Administration Bush et d’autre part affirme hypocritement qu’elle ne poursuivra personne.

Contrairement à la plupart des gauchistes1, je considère que sur ce coup, Obama est très habile et diablement manipulateur. Je suis sûr que tout ce qu’il attend, c’est qu’une organisation ou un ancien prisonnier se dise: « Hey mais attendez, Obama n’est pas le système judiciaire! » Alors, cette organisation ou individu portera plainte et la justice sera obligée de faire son travail sans que ce soit l’Administration actuelle qui l’aura mise en branle. Il y aura même des analystes un peu crétins qui diront que le fait que des gens comme Rumsfeld se retrouvent traduits en justice est une défaite personnelle pour Obama qui avait essayé de les protéger. A cela, Obama rétorquerait hypocritement: « Comprenez-moi bien, ce qui m’intéresse, ce n’est pas la vengeance mais les valeurs US et si le justice me dit que je ne peux pas aimer et protéger mes ennemis, so be it! »2

Il me semble qu’Obama avait utilisé une stratégie semblable lors de l’adoption du budget anticrise. Après avoir ostensiblement fait semblant de chercher une solution bipartisane impossible, il était venu à la télé pour dire aux Républicains que s’il était prêt à beaucoup sacrifier à la réconciliation nationale, il préférait encore échouer dans ce désir de paix que de sacrifier le peuple américain! C’était censé être une défaite mais tellement cool qu’elle a servi à encore plus discréditer les Républicains.

De même dans le dossier de la torture les contorsions des républicains qui essaient de défendre leur trahison passée de tout ce qui est censé fonder l’Amérique finiront par encore plus choquer le peuple américain que le fait qu’ils aient autorisé la torture. Au final, je ne vois pas comment les USA pourraient ne pas juger des personnes aussi perverses que Rummy, Cheney et John Yoo qui ont en toute conscience autorisé la torture. Le peuple aura besoin de boucs émissaires pour se laver de ses péchés et en divulguant les photos de torture et les mémos de ces juristes dévoyés, l’Administration Obama s’assure du troupeau dont viendront ces boucs.

1Je suppose qu’on peut considérer que je fais partie des gauchistes même si je ne suis pas très orthodoxe!

2Normalement, il n’ajoutera pas: « contrairement aux apparences je ne suis pas vraiment Jésus! »

Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

Rejoignez 557 autres abonnés