Hady Ba's weblog

Absence

Posted in Uncategorized by hadyba on juillet 31, 2008
Je pense que je vais m’absenter du net au moins jusqu’au 20 aout. Besoin de me dégager un peu du flux d’informations pour réfléchir et écrire d’autres choses.
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Rap & violence

Posted in Uncategorized by hadyba on juillet 30, 2008

Beaucoup de gens de ma connaissance affichent un certain mépris pour le rap et le mouvement hip hop en général. Selon eux, d’abord ce n’est pas de la musique, ensuite, c’est pratiqué par un ramassis de délinquants ultra violents. J’ai toujours trouvé ce mépris d’autant plus stupide qu’à mon avis, il a sa source dans un souci de distinction au sens bourdieusien du terme. De mon point de vue, si beaucoup se permettent de clamer haut et fort leur détestation du rap, c’est parce qu’afficher une préférence pour le rock ou la pop vous classe parmi les bobos alors que la passion pour le rap vous rapproche dangereusement de la racaille au sens qu’un intellectuel français contemporain, contempteur de la Princesse de Clèves a donné à ce terme. Personnellement, il se trouve que j’ai à peu près la même attitude envers le rap, la pop et le rock[1]: ce n’est pas vraiment la musique que j’écouterais spontanément mais je trouve qu’il y a énormément de bonnes choses dedans. En plus, je pense que ces mouvements permettent ou ont permis à certains moments à certaines parties du corps social qui n’avaient pas la parole de s’adresser au reste de la population. Et ma mère m’a appris que quand quelqu’un essaie d’entrer en conversation avec vous, il vaut mieux d’abord écouter ce qu’il a à dire avant d’en juger la pertinence.

Il n’empêche que même moi, je ne pouvais nier le lien évident qu’il y a entre le rap et la violence…. Jusqu’à hier soir. Hier soir sur Arte, il y avait cette émission sur la contre-culture et à un moment, le mouvement hip hop a été présenté comme prenant le relais dans la longue histoire de la contre-culture qui débute avec la beat generation dont j’ai d’ailleurs compris grace à cette émission ce qu’elle devait au bebop de Bird, Monk et autres.

Dans cette émission donc, il y avait une interview de ce cher vieux Afrika Bambaataa. Afrika Bambaataa raconte la naissance du hip hop à peu près dans ces termes:

« il y avait ce Jamaïcain[2] qui se promenait dans les rues avec son matos et il jouait la musique à fond. Les gens sortaient, s’attroupaient et se mettaient à danser. C’était la fête, on en avait tous marre de la violence dans le Bronx. Quand j’ai vu ça, j’ai su que c’est ce que je voulais faire. J’ai acheté mon matos et me suis mis à organiser des Bloc Parties »

En écoutant Afrika Bambaataa, je me suis souvenu du Bronx des années 70 tel que décrit par Tom Wolfe dans son Bûcher des vanités[3]. Un territoire abandonné où personne n’ose s’aventurer et où sévissent la pauvreté, les trafics de drogue et la violence réelle ou fantasmé et dont les habitants ont très peu de chance de s’en sortir, quoiqu’ils fassent. C’est de ce Bronx là qu’a émergé le mouvement Hip Hop et il me semble qu’en regardant attentivement ce qui s’est effectivement passé, on peut voir que le rap et le graff ont permis de canaliser l’énergie de personnes totalement désespérées et auxquelles ne s’offrait jusque là qu’une carrière de gangster, vers une activité artistique. Que ces gens qui n’ont préalablement connus que la violence aient une attitude, hum disons, moins policée que les rockers se comprend parfaitement mais penser que le rap est un mouvement essentiellement violent est une méprise idiote qui renverse les causes et les conséquences. De toute évidence le hip hop est un mouvement salvateur qui a permis à des personnes à qui était déniée toute parole et à qui la seule voie offerte était celle de la violence d’échapper à ce destin et de se recréer. So respect man et respect Arte!

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[1] C’est la House ou la Techno qui me dépassent complètement. Totalement incompréhensible pour moi de voir quelqu’un apprécier mais de gustibus

[2] Il donne le nom du jamaïcain en question dans le film mais j’ai oublié. Je cite de mémoire

[3] Soit dit en passant, je crois que les français dans la salle feraient bien de lire le Bûcher des vanités s’ils ne l’ont déjà fait parce qu’il y aurait des rapprochements à faire avec la situation des banlieues française

Démocratie

Posted in Uncategorized by hadyba on juillet 29, 2008

avancée et au président cohérent!

Lumières & fascisme

Posted in Uncategorized by hadyba on juillet 26, 2008

Franchement, si à l’élysée se trouve un type qui manifeste un mépris évident pour la Princesse de Clèves et si ce type est conseillé par un autre qui un an après qu’il ait écrit cet infâme discours de Dakar revient pour persister dans ses bêtises, je me demande ce qu’il faut penser de l’état intellectuel de cette France qui est censée être un pays de culture.

Il y a une chose qui me fascine toujours. J’ai lu les oeuvres complètes de Molière avant d’avoir 20 ans. Avant d’arriver à la fac, j’avais également lu tellement de Rousseau, Voltaire, Montesquieu ou Bayle que j’ai été effaré de voir qu’il y avait des gens qui écrivaient des thèses sur ces auteurs dont je croyais sincèrement que tout le monde les avait lu avant d’arriver à la fac et que la recherche devait être réservée à des choses moins évidentes. Ce qui me fascine donc, c’est quand je vois un type, parce qu’il est né en France considérer que l’héritage des Lumières est le sien et non le mien et entreprendre de m’expliquer ce qu’est la démocratie, la tolérance ou le sens de l’histoire en régurgitant une anthropologie du Old School mal digérée. Parce que je fréquente un milieu plutôt intellectuel, ça m’arrive assez souvent. Quand je suis de bonne humeur, j’écoute poliment le gentleman sans rien lui dire. Quand je suis de mauvaise humeur, j’attends qu’il se plante et pour lui expliquer très en détail pourquoi le Contrat Social de Rousseau est un truc dangereux pour la démocratie et Rousseau un fasciste de la pire espèce.

Libé m’apprends que le lumineux M. Guaino a écrit dans le Monde daté de dimanche:

«Revenons un instant sur le passage qui a déchaîné tant de passions et qui dit que « l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire ». Nulle part il n’est dit que les Africains n’ont pas d’histoire. Tout le monde en a une. Mais le rapport à l’histoire n’est pas le même d’une époque à une autre, d’une civilisation à l’autre», affirme le conseiller de Nicolas Sarkozy.

«Dans les sociétés paysannes, le temps cyclique l’emporte sur le temps linéaire, qui est celui de l’histoire. Dans les sociétés modernes, c’est l’inverse», ajoute-t-il.

«L’homme moderne est angoissé par une histoire dont il est l’acteur et dont il ne connaît pas la suite. Cette conception du temps qui se déploie dans la durée et dans une direction, c’est Rome et le judaïsme qui l’ont expérimentée les premiers. Puis il a fallu des millénaires pour que l’Occident invente l’idéologie du progrès»

Si vous êtes vraiment charitable, vous vous dites que oui, les paysans sont soumis aux saisons. So what? Je vais vous donner un exemple avant de continuer:

l‘homme français de ce début de siècle vit dans un perpétuel recommencement. Jamais il ne s’élance vers le futur et ne pense avec angoisse à la longue période. Ainsi sa vie est-elle rythmée par les soldes d’hiver et d’été, les manifestation d’hiver et du printemps et les vacances d’été. S’il sortait de ce perpétuel recommencement, il se rendrait compte que tant qu’il vivrait dans un système pseudo-démocratique mais réellement ploutocratique, il aurait toujours des raisons objectives de manifester. Il se rendrait également compte que s’il militait réellement pour une meilleure répartition du produit de son travail, il n’aurait pas besoin de soldes pour pouvoir se permettre d’acheter des habits. Et il verrait enfin que s’il avait organisé son habitat de manière optimale, il n’aurait pas besoin de migrer de manière saisonnière. Mais cela, l’homme français ne peut le comprendre parce qu’il n’a pas assez de recul pour se dégager de la perpétuelle répétition du même et voir que cette vie n’est pas une fatalité mais le résultat de l’absence de pensée linéaire du temps. Mais tout cela, il faut être africain pour le voir. C’est la sagesse ancestrale de mon continent qui me permet de dégager les patterns dans lesquels mes amis français sont enfermés.

Voilà, je vous ai construit une stupidité à la Guaino. On peut voir des cycles partout, il suffit juste de choisir la bonne échelle. Si ses conditions socio-économiques font que le paysan africain est soumis à la course des saisons, que peut on en tirer? Cela signifie-t-il que le paysan africain, tout comme le citadin français n’est pas angoissé par son avenir et celui de ses enfants? M. Guaino pourrait-il nous expliquer pourquoi? Pense-t-il que le paysan africain n’a d’autre objectif que de voir ses enfants avoir la même vie que lui? Et surtout quelle est la pertinence de comparer le paysan africain avec l’intellectuel français? Je n’ai pas énormément d’estime pour M. Guano mais si je devais le comparer intellectuellement avec quelqu’un c’est avec nos politiciens corrompus que je le comparerais, pas avec un paysan illettré [1]. Si je dois comparer Edgar Morin, je le comparerais soit avec un prof de fac, soit avec un des fins lettrés qui peuplent des endroits comme Tivaouane ou Saint Louis et qui non seulement étudient le Coran mais également lisent, interprètent et commentent Platon, Aristote, Ibn Rushd, Ghazali et les néoplatoniciens entre deux saisons!

Une autre chose qui est passionnante dans la citation de Guaino est sa valorisation de ce qu’il nomme l’idéologie du progrès. S’il avait été vraiment cultivé, M. Guaino aurait connu un truc qui se nomme le Futurisme. Il aurait également su que l’on peut faire un lien, en tout cas, un certain Walter Benjamin le fait entre l’idéologie du progrès et le fascisme. Mais on ne peut faire de tels liens que quand on est réellement cultivé, pas quand on a lu deux livres d’anthropologie, un poème de Senghor et un peu de Braudel et de Mounier et que l’on croit que cela fait de vous un intellectuel…..

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[1] Ne serait-ce que parce que ce serait insultant pour le paysan d’être comparé à un schmock pareil

Nationalité infernale

Posted in Uncategorized by hadyba on juillet 25, 2008

Je signalais dernièrement qu’en tant que sénégalais, je n’avais pas de leçons à donner aux français concernant l’acquisition de la nationalité [1]. Apparemment, un de nos honorables députés s’est rendu compte qu’il y avait effectivement un problème et préconise l’adoption du droit du sol.

Par simple honnêteté, je me sens dans l’obligation de vous rapporter le commentaire suivant qu’un internaute a laissé sous cet article repris par seneweb:

« wade a redu la vie dure au sénégal
être né au sénégal = naissance dans l’enfer »

Au moins, vous ne pourrez pas dire qu’un sénégalais objectif ne vous aura pas averti. Mais je crois que ce type a une légère tendance à l’exagération; le garde rouge qui veille sur la quiétude de notre palais présidentiel que je vous ai mis en photo a-t-il vraiment l’air de se tenir aux portes de l’antre du diable?

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[1] Remarquez bien que nous ne sommes pas égoïstes; sur la parité à l’assemblée nationale, nous serons heureux d’instruire nos amis français.

Moussa Kaka

Posted in Uncategorized by hadyba on juillet 25, 2008

Quel drôle de nom n’est-ce pas? Quand j’étais à Dakar, j’écoutais RFI et aussi loin que je me souvienne, Moussa Kaka était leur correspondant au Niger. Toujours un sourire quand il concluait: « Moussa Kaka, à Niamey pour Radio France International »

Ça fait dix mois qu’il est en prison pour avoir fait un reportage sur RFI. Il est toujours en prison alors qu’entre temps des journalistes français qui avaient fait la même chose ont été libérés après que leurs rédactions se soient mobilisées pour eux. Je me demande s’il faut maudire RFI de ne pas se mobiliser pour Moussa autant qu’il l’a fait pour Chesnot & Malbrunot ou juste se dire cyniquement que l’on ne saurait s’attendre à ce qu’un journaliste africain même travaillant pour un média français ait droit à la même reconnaissance et au même soutien qu’un journaliste français. Ce qui me parait évident, c’est que vue l’influence française au Niger, si le sort de Moussa Kaka avait préoccupé qui que ce soit ici, il n’aurait pas passé dix mois en prison. Avez-vous jamais vu un journaliste appartenant à un média français plus de 6 mois dans une quelconque prison africaine?


Je veux dire, même ces crétins de l’arche de Zoé sont sortis de prisons et RFI est infoutu de sortir Moussa Kaka de prison!

Update: Je poste cet article aujourd’hui et après j’apprends que Moussa Kaka a été libéré avant hier! Non lieu selon le juge. Je ne peux même pas dire que c’est grace à moi qu’il est libre. Heureusement que le ridicule me laisse indifférent.

Armageddon

Posted in Blogroll, Politique, Religion, USA by hadyba on juillet 23, 2008
Cette vision d’apocalypse me parait paradoxalement plutôt rassurante! Personne ne sera assez stupide pour tenter le coup à mon avis
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Mode

Posted in Uncategorized by hadyba on juillet 23, 2008
Non mais c’est une mode ou quoi? Je sais que c’est pas cool pour le père mais je pense d’abord à la fille. C’est le second cas de ce genre cet été et à chaque fois on lit un truc comme:

« Très abattu, le père a dû être hospitalisé en fin de journée à Chalon-sur-Saône avec son épouse, a précisé un responsable des pompiers. »

Il est abattu voire traumatisé. Qu’est-ce qu’on en a à foutre? On devrait le féliciter de ne pas avoir laissé éclater sa joie, c’est ça?

Une fillette meurt oubliée dans une voiture par son père

Lions

Posted in Uncategorized by hadyba on juillet 21, 2008

Sacha Bourgeois-Gironde, la neuroéconomie & Stern

Posted in Uncategorized by hadyba on juillet 21, 2008

Ça fait un certain temps déjà que j’ai envie de vous parler du livre de Sacha Bourgeois-Gironde sur la neuroéconomie. Précisons tout de suite que SBG est chercheur dans même labo que moi et que même s’il n’y a aucune chance qu’il fasse partie de mon jury de thèse, nous avons une certaine proximité qui pourrait vous faire douter de mon objectivité si vous êtes ultra soupçonneux. Ceci dit, je trouve que ce livre est non seulement passionnant et bien écrit mais qu’en plus il est quasiment indispensable dans la mesure où c’est, pour autant que je sache, le premier livre à destination du public francophone qui traite de la neuroéconomie.

Comme son nom l’indique, la neuroéconomie est un mixte entre les neurosciences et l’économie. Le constat qui sert de point de départ à cette discipline est que cette hilarante hypothèse des économistes classiques selon laquelle des êtres parfaitement rationnels interagissent dans les marchés est fausse. Pour faire de la bonne économie, il faut peut-être, se sont dit certains, se souvenir que les agents économiques sont des êtres doués d’un cerveau dont ils se servent dans leurs transactions et s’intéresser au fonctionnement effectif de ce cher cerveau au lieu de l’idéaliser. Bien sûr, quand on ouvre la boite de Pandore, on se rend compte que non seulement les agents économiques ont un cerveau mais en plus, ils ont des émotions et que ces émotions les empêchent de se comporter comme des robots.

SBG construit son livre autour d’une vingtaine d’expériences représentatives grâce auxquels il montre comment la neuroéconomie permet de revisiter notre vision du comportement des agents économiques, des choix que nous faisons et des normes sociales.

J’ai repensé au livre de SBG en lisant l’une des Letters from America que je vous ai mis en lien samedi. Dans la lettre daté d’octobre 2007, le professeur Angus Deaton s’intéresse à la spécificité de la réception du rapport Stern aux USA comparé au reste du monde. Je suppose que tout le monde le sait, mais rappelons tout de même que le rapport Stern est un rapport que Tony Blair avait commandé à un banquier pour essayer de voir objectivement ce qu’il en était du réchauffement climatique. L’idée de Blair étant sans doute que puisque tous ces scientifiques un peu farfelus disaient que la terre se réchauffait et qu’il fallait impérativement faire quelque chose, il était prudent d’envoyer un type sérieux et ayant les pieds sur terre vérifier ces allégations au cas où les universitaires diraient pour une fois quelque chose de sensé. La conclusion du très sérieux Sir Nicholas Stern était que d’une part les scientifiques ont raison; la terre est réellement en danger et d’autre part que la situation est grave mais pas désespérée et que si l’on s’y prend maintenant, on peut renverser la vapeur. Bien évidemment, ça coutera très cher mais Stern montre que c’est un investissement qu’il faudra de toute manière faire et qui coutera d’autant plus cher que l’on aura attendu longtemps. Moyennant quoi cet horrible ploutocrate de Stern devint le héros de toute une partie de la gauche radicale/écologiste….

Que l’administration Bush ait été hostile au rapport ne vous étonnera certainement pas; mais comment expliquer que des économistes a priori intelligents et objectifs aient rejeté les préconisations du rapports? En particulier, comment expliquer que la majorité des économistes US refusent l’application des solutions de Stern alors que leurs homologues des autres pays les acceptent? Pour le prof Deaton, ce refus souligne une différence qui existe entre les économistes professionnels US et les autres. Ce qui semble gêner les économistes américains, c’est l’hypothèse suivante: ‘l’évitement d’un mal futur, même d’un mal survenant dans un futur éloigné, justifie des sacrifices substantiels dans notre niveau de consommation actuel’. Pour les économistes US, il s’agit là non pas d’une hypothèse scientifique mais d’une position éthique. Le problème avec l’éthique et la morale, c’est qu’elles sont subjectives. Si quelqu’un estime qu’il ne doit rien à ses enfants et qu’il se fiche de polluer à un niveau tel que la terre disparaitra dans une centaine d’année, de quel droit l’en empêchons nous? Afin que ce ne soient pas des économistes et des politiciens qui prennent ce genre de décisions éthiques et les objectivent, les critiques américains de Stern estiment qu’il faudrait s’en remettre au marché qui montre comment les agents économiques se comportent dans la réalité. Or, ce que l’on voit, c’est une ‘préférence pour l’utilité présente sur l’utilité future que les gens semblent manifester dans leurs comportements quotidiens concernant l’épargne et l’investissement’. En clair, les choix éthiques que quelqu’un comme Stern fait au nom de la collectivité doivent, dans une démocratie être conformes au comportement du plus grand nombre tel que reflété par le marché or le marché nous dit que le plus grand nombre n’en a rien à cirer des futures générations ergo….

C’est là qu’intervient Sacha Bourgeois-Gironde. L’une des questions auxquelles s’intéresse SBG dans le livre est ce qui se passe dans notre cerveau pendant les situations où nos préférences à long terme entrent en conflit avec nos préférence à long terme. Par exemple, je suis dans une soirée très agréable mais on est dimanche soir et demain j’ai très tôt une importante réunion qui aura une incidence sur toute ma carrière. Comment se fait-il que la majorité des gens choisiront de rester dans la soirée au lieu d’aller se coucher? En se basant sur une expérience de l’équipe de McClure, SBG affirme que dans le cas où une gratification immédiate entre en conflit avec un bien futur plus important, ce qui se passe, c’est que le système émotionnel court-circuite le processus de raisonnement. Si l’on s’arrange pour donner aux sujets les moyens et le temps de réfléchir, ils choisissent le bien futur face à la satisfaction immédiate. Qu’est-ce que ça a à voir avec la réception du rapport Stern par l’establishment économique outre atlantique? Il me semble que si SBG a raison, cela permet de justifier le choix éthique de Stern et d’en faire une hypothèse acceptable y compris par les intégristes du marché. Si les agents économiques se
mblent montrer une préférence pour un bien présent sur un bien futur, cette préférence est une illusion créée par le fait que la majorité des transactions se font dans des conditions telles que le système de raisonnement est court-circuité par le système émotionnel du cerveau qui est notoirement plus rapide. Si tel est le cas, l’introduction de la neuroéconomie permet de comprendre pourquoi il est légitime de nous sacrifier au profit de nos arrières petits enfants. Ceci dit, je pense que seuls des économistes peuvent douter de la légitimité d’un tel sacrifice!

PS: J’espère vous avoir donné envie de lire le livre de Sacha Bourgeois-Gironde. Si tel est le cas et que vous le lisiez, essayez de voir comment ce qu’il dit sur l’ocytocine permet d’expliquer le phénomène Obama. Personnellement ça m’a paru très éclairant mais j’ai le chic pour faire des rapprochements tirés par les cheveux.