Hady Ba's weblog

The Reluctant Fundamentalist

Posted in Uncategorized by hadyba on septembre 9, 2008

Dans Le dernier des Savage, Jay McInerney fait dire à Patrick Keane quelque chose du genre: « Moi je ne peux pas me permettre d’être excentrique ou irresponsable. » Cette phrase me revient en mémoire en lisant le livre de Mohsin Hamid, The Reluctant Fundamentalist que j’ai trouvé excellent mais dont je pense que la seule limite est que l’auteur ne tient pas compte de cette maxime de Patrick Keane selon laquelle l’excentricité n’est pas un luxe à la portée de tout le monde. Ceci dit ce roman est l’un des meilleurs que j’aie lu depuis longtemps. Je l’ai acheté mercredi en fin d’après-midi et viens juste de le terminer (vendredi 23h45) alors que j’ai passé mes journées à lire d’autres choses et à écrire. OK, le livre ne fait que 184 pages mais bon, ça vous donne quand même une idée de la qualité du bouquin!

L’histoire est la suivante. Dans une rue de Lahore, un américain se fait aborder par un type qui lui fait:

« Excuse me, sir, may I be of assistance? Ah, I see I have alarmed you. Do not be frightened by my beard. I’m a lover of America. »

« Excusez moi Monsieur, puis-je vous être d’une aide quelconque? Ah, je vois que je vous ai alarmé. Ne soyez pas effrayé par ma barbe. Je suis un amoureux de l’Amérique. »

S’ensuit un long monologue qui dure toute jusqu’après diner et durant lequel le pakistanais se raconte. On écoute l’histoire de Changez, étudiant pakistanais de la promo 2001 de Princeton. Après Princeton, il rejoint l’un des cabinets d’audit financiers les plus sélectifs et survit à tous leur tests se plaçant régulièrement à la tête de la petite élite qui avait été draftée des meilleures universités du pays en même temps que lui. Au moment même où il rejoint ce cabinet, il entame une idylle avec une de ses camarades de promo. Tout semble donc aller pour le mieux dans le meilleur des mondes selon le principe de notre cher maitre à tous Pangloss.

C’était sans compter sur deux minuscules grains de sable qui viendront faire dérailler la machine. D’abord il y a les attaques du 11 septembre. A ce moment, notre héros se surprend à éprouver unne pointe de schadenfreude. Alors qu’il se croyait totalement intégré au système américain qui, après tout, lui a filé une bourse pour rentrer dans l’une de ses facs les plus prestigieuses et l’accueille à bras ouverts dans de ces temples qu’elle dédie au Dieu dollar, il découvre que sa première réaction à ses attaques de la ville où il se sentait tellement chez lui a été de sourire de joie. Ensuite il se trouve que la dame de ses pensées est toujours amoureuse de son amour d’enfance qui est décédé d’un cancer et qu’elle est toujours au bord de la dépression.

Après les attaques, Changez est de plus en plus énervé par la réaction américaine dans laquelle il voit un mélange de militarisme déplacé, d’arrogance occidentale et de barbarie crasse. De manière symétrique, sa petite amie sombre de plus en plus dans la dépression au point de se faire volontairement interner dans une clinique. De plus en plus énervé par la situation géopolitique globale, Changez perd la faculté de concentration qui faisait sa force et sabote son travail au point de se faire virer. Il va rendre visite une dernière fois à sa copine mais découvre que cette dernière s’est sans doute suicidé quoique son corps n’ait pas été retrouvé.

Changez rentre au Pakistan. Je suis sûr que, comme moi, vous allez envisager’ plusieurs options sur ce qu’il fera une fois rentré au Pakistan. Je vous laisse faire mais je peux d’ores et déjà parier que vous ne trouverez pas. Une chose qui est absolument bien faite dans ce livre, c’est la manière dont l’auteur réussit à nous tenir en haleine pendant ce long monologue. De plus, il revient souvent assez subtilement à la situation actuelle i.e. au cadre de la conversation entre Changez et son hôte américain. Je suis également persuadé que vous ne pouvez pas deviner comment tout cela va se terminer.

Vous l’aurez deviné, j’ai adoré ce livre. Il n’empêche que j’ai trouvé totalement incroyable le suicide professionnel de Changez. Vue la personnalité d’ultra compétiteur dont l’auteur l’a doté et vu le cadre dans lequel il évoluait [une entreprise qui teste régulièrement ses recrues et où il ne restait au top qu’au prix d’une concentration totale]; il tout simplement impossible qu’il ait craqué à ce moment là de sa vie: il avait encore quelque chose à prouver. De plus, il était évident que sa famille restée au Pakistan avait besoin de l’argent que pouvait lui payer sa boite de New York et en aurait encore plus besoin en cas de conflit avec l’Inde. Bon maintenant, il est temps que je me couche parce que là, je deviens incohérent!

NB: C’est vraiment trop terrible: le LHC commence aujourd’hui à travailler à la réalisation des prophéties de l’Apocalypse et je suis tellement occupé que je n’arrive même pas à être excité!

NB2: A part ces deux NB, ce post a été écrit dans la nuit de vendredi à samedi derniers et n’a pas vraiment été relu. Désolé pour les fautes éventuelles mais le livre est vraiment excellent.

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