Hady Ba's weblog

Marie Claude Lorne

Posted in Uncategorized by hadyba on octobre 8, 2008
C’est Gloria Origgi qui en parle le mieux.

Je la connaissais de loin, elle co-animait l’un des tout premiers séminaires où j’ai pu faire la sorte de philosophie qui m’intéressait quand je suis arrivé en France. Ces dernières années, on s’est souvent croisé, parfois discuté.

Gloria écrit:

« Marie-Claude avait fait des études difficiles, une carrière difficile, en poursuivant parfois une excellence dont les standards sont établis ailleurs et négligés, ou parfois méprisés, en France. Trop française pour le jeu de massacre des carrières philosophiques internationales, trop intelligente pour se contenter de la scène intellectuelle provinciale et auto-référentielle de son pays. Comme beaucoup parmi nous, à jouer ce jeu, on devient étrangers, marginaux partout. »

C’est le deuxième français que je connais qui se suicide après une thèse; sans compter tous ceux qui en sortent totalement brisés en ayant l’impression d’avoir perdu leur temps. Il serait peut être temps que l’on réfléchisse à cet effroyable gâchis.

6 Réponses

Subscribe to comments with RSS.

  1. Tchitchi said, on octobre 8, 2008 at 11:08

    C’est frappant de voir le nombre de génies méconnus qui se suicident de désespoir… Il est clair que quand on a un certain degré d’intelligence, et l’ego qui va avec, la reconnaissance devient une nécessité.
    Ce qui me frappe , c’est que bien des génies n’ont droit qu’à une reconnaissance posthume et dès lors, les lire, les admirer, devient le chic du chic. On n’idéalise de nos jours que ce qui ont été de véritables marginaux des parias à leur époque. Je me suis souvent demandée pourquoi.Je me dis que c’est peut-être que les contemporains d’une personne de talent ont des oeillères qui les empêchent de voir le vrai génie. Ils sont aveuglés par les célébrités imposées et ce sont celles-là, qui, sans forcément avoir de talent, servent de modèle….

    Tchitchi.

  2. Anonyme said, on octobre 9, 2008 at 2:19

    Je suppose que la marginalisation des personnes originales et exigeantes envers elles-mêmes est un processus humain malheureusement normal. (Enfin « normal » dans le sens de habituel et presque naturel.) Ces personnes étant exigeantes non seulement envers elles-mêmes mais également envers le reste du monde nous renvoie l’image de notre médiocrité et même si elles se jugent encore sévèrement qu’elles ne nous jugent, elles nous mettent profondément mal à l’aise. DU coup, une réaction assez répandue est d’en faire des paria. Une fois qu’elles sont mortes, là, on peut les remodeler, parler des relations privilégiées que nous entretenions avec elles… etc. En plus, elles ne peuvent plus nous contredire.

  3. Tchitchi said, on octobre 9, 2008 at 10:26

    Je me souviens de mes premières leçons de philo en terminal et de notre prof qui nous faisait croire que pour être un vrai philosophe,il fallait se déttacher du commun des mortels et donc, se faire paria. J’admets que ça m’avait vraiment séduit comme manière de voir les choses.Dès lors, je me disais que je serai philosophe. J’ai vite déchanté en voyant que ceux qui se disaient philosophes étaient barbants avec leurs phrases vides. Et qu’ils n’étaient en rien marginaux, juste pédants(Pas tous, mais la plupart).

  4. Chantal E said, on octobre 10, 2008 at 2:35

    Je ne sais pas dire face à cette tragédie. Pardon Hady de ne pas débattre ni dire quoi que ce soit. En être arrivée là, l’irréparable est traversé. Les raisons qui poussent au suicide sont parfois plus complexes que nos lectures à posteriori. L’irréversibilité de l’acte posé me glace.
    Je m’éclipse.
    Malaïka

  5. Anonyme said, on octobre 22, 2008 at 11:57

    Hey just wanted to drop by to say hello. This is Fa Sy, I closed my other blog! .I have a new blog now on different issues.J’essayerai de passer par ici souvent …. Quant a ton article, c’est toujours tragique de voir quelqu’un finir comme ca…..

  6. Anonyme said, on octobre 28, 2008 at 11:56

    C’est sans doute ce qui fait fantasmer l’Homme de ne pouvoir saisir l’impalpable. Le fait de penser, d’imaginer, d’essayer de s’imprégner de ce que Autrui pouvait être, d’y voir un semblant de vie entre des lignes, des mots, des phrases ; se demander ce que untel a pu vouloir décrire, expliquer, réveler ou tout simplement exprimer, fait que cela attise fortement notre curiosité d’où « le mythe. » L’impalpable, l’invisible = Mythe ?
    Oui, il va de soi que la reconnaissance est importante. Qu’en faire une fois mort ?
    Cela me fait penser à une chose. La récompense… Récompenser une personne qui a des facilités c’est très bien. Mais une personne qui bosse comme une acharnée et qui arrive à de véritables progrès mais sans vraiment tabler haut, comment est-elle récompensée ? A t-elle une récompense si ce n’est une satisfaction personnelle ? (encore faut-il avoir confiance en soi…)
    C’est triste que de suicider après s’être tant donné.
    Le monde depuis tout temps porte des oeillères. On ne s’attarde pas sur ce que vaut une personne de nos jours, non… ce serait trop facile ; alors allons chercher plus compliqué, plus loin, par le passé. Voilà comment avance le monde : en arrière et c’est comme ça qu’il a fini par évoluer…
    Demain, ce sera notre tour… demain, peut-être dans deux cent ans… Mais la reconnaissance quoi que éternelle apparemment a besoin d’exister au présent.
    Nathalie.


Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :