Hady Ba's weblog

Teasing psycho-anthropologique bis

Posted in Uncategorized by hadyba on octobre 18, 2008
J’ai parlé à Dan Sperber et à Olivier Morin hier et ils sont formels: vous pouvez retenir votre souffle; l’explosion aura lieu la semaine prochaine!
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Afrique & Crise Financière

Posted in Uncategorized by hadyba on octobre 18, 2008
Via nonfiction, je découvre que The Economist a ce papier soutenant que la crise financière actuelle n’est pas nécessairement une mauvaise chose pour l’Afrique. Je disais exactement la même chose la semaine dernière à une de mes amies par mail. Ceci dit, nos dirigeants sont tellement crétins qu’on peut leur faire confiance pour ne pas saisir les opportunités d’affaire qui se présenteront.

Web2.0 & impudeur

Posted in Uncategorized by hadyba on octobre 16, 2008

Si vous êtes web2.0, vous devriez lire cette excellente analyse de Dominique Cardon sur ARHV.

Paul Krugman Prix Nobel

Posted in Economie by hadyba on octobre 14, 2008

On dirait que les huit années les plus déprimantes de la vie de Paul Krugman viennent de toucher à leur terme. Krugman a passé les huit dernières années à dénoncer sans succès cette faillite de la pensée qu’est l’Administration Bush. Ce que j’admire chez Krugman, c’est qu’il est l’un des rares intellectuels US à avoir osé dire sans détour que la politique de Bush était dangereuse autant pour le peuple américain que pour le reste du monde, à l’avoir répété contre vents et marées en dépit des attaques et des accusation de trahison que cela lui a valu. C’est en ce sens que je disais que les huit dernières années étaient probablement les plus déprimantes de sa vie. Il faisait la seule chose qu’un vrai patriote américain pouvait faire: dénoncer la perversité, l’inefficacité et la stupidité totale de l’administration Bush et cela lui valait une volée de bois verts. Pour ces raisons et bien d’autres, j’ai été agréablement surpris que Krugman ait eu le Nobel d’économie de cette année. Parce qu’en plus d’être férocement anti Bush, Krugman est d’abord et avant tout prof d’économie à Princeton et un excellent spécialiste de commerce international dont les travaux nous permettent de mieux comprendre la globalisation actuelle.

Vous savez quoi? Krugman est tellement cool qu’il a un blog!

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Tobin pour lyncher intelligemment

Posted in Economie by hadyba on octobre 10, 2008

 

Il y’a quelques années, j’avais lu une interview de James Tobin, interview dans laquelle il analysait les causes économiques de l’implosion de l’URSS. Même en gardant à l’esprit, comme le dit un de mes amis, que la prédiction est un art aisé… quand les évènements ont déjà eu lieu, son analyse était impressionnante. J’avais l’impression de comprendre pourquoi la chute du mur de Berlin était inéluctable si on prenait en compte la situation économique de ces pays. Bien évidemment, je serai incapable de rentrer de mémoire dans les subtilités de son analyse.

Mais en fait, c’est un autre aspect, relativement marginal de cette interview qui me revient en mémoire au vu de la crise actuelle des marchés financiers. A la fin de la longue interview qui portait principalement sur la situation de la Russie contemporaine, si mes souvenirs sont exacts, le journaliste avait posé des questions à Tobin sur sa fameuse taxe sur les transactions financières. Je suis sûr que tout le monde connait la taxe Tobin mais je vais quand même faire semblant de vous l’expliquer. Le constat dont partait Tobin était le suivant: les transactions sur les marchés de change représentent 1300 milliards de dollars par jour et parmi ces transactions, seule une part infime, 200 milliards de dollars par an, est liée à de vrais investissements productifs. Puisque j’écris ce post le matin après un seul café, illustrons-le par le marché du café. Supposons deux londoniens, mettons John et Bill qui sont tous deux des investisseurs et qui s’intéressent tous deux au café. Première manière de faire, John se rend en Ouganda, achète une énorme ferme et se met à produire du café. Ce faisant, il crée des emplois, produit de la richesse et gagne… très peu d’argent, voire pas du tout, selon le cours du café. Seconde manière de faire, Bill lit des périodiques sur le café, sur les différentes régions qui produisent du café, sur le climat dans ces régions, sur le risque de gel dans les pentes neigeuses du Kilimandjaro etc… après quoi, il peut en conclure que vers le 8 janvier, date de la récolte du café [date choisie au hasard, je n’ai aucune idée du cycle effectif du café], il devrait neiger et le cours du café devrait donc monter. Bill se rend donc à la bourse de Londres et achète du café au cours actuel livrable le 8 janvier. Il a donc déjà son café virtuel acheté au cours d’aujourd’hui mais receptionnable à un moment dont il pense qu’il vaudra plus cher. Bien évidemment Bill se fout du café réel, il veut juste le revendre avec un bénéfice le jour venu. En fait il n’a même pas besoin d’attendre aussi loin, il peut revendre son contrat la minute d’après qu’il l’aura signé! Ainsi donc, pendant que John déblaie la forêt Ougandaise, recrute ses ouvriers, cultive et regarde pousser son café en priant anxieusement qu’il ne gèle pas, Bill aura eu le temps de spéculer des millions de fois sur ce même café qui est en train de pousser, à la baisse et à la hausse alternativement, sans avoir jamais quitté Londres. L’on voit donc que Bill aura gagné de l’argent sur le café sans avoir jamais de sa vie vu un seul plan de café. A la base, Bill et John sont exactement dans la même situation: ils ont tous deux une certaine quantité d’argent qu’ils veulent investir. La différence, c’est qu’alors que John a effectivement transféré son argent d’un pays à l’autre et a créé de la richesse, Bill n’a déplacé son argent que virtuellement mais a pu le faire un nombre infini de fois. Le problème, c’est que ce sont les spéculations de Bill et de ses semblables qui permettent de fixer le cours du café, d’autres matières premières voire même des monnaies des États.

L’idée de Tobin était de faire de sorte que ces spéculations ne déséquilibrent pas trop les marchés financiers et que les transactions financières servent effectivement à investir dans l’économie réelle plutôt qu’à créer des bulles virtuelles qui implosent dans le monde réel. Pour ce faire, il propose un mécanisme très simple: il suffirait de taxer selon un taux a priori négligeable toutes les transactions financières. Cette taxe, d’après ses calculs serait absolument négligeable pour la personne qui investit à long terme puisqu’il n’aurait à la payer que deux fois; à l’aller et au retour. Si, en revanche, vous êtes un investisseur frénétique qui passe son temps à acheter et à vendre, ce montant minimal s’accumule très vite et peut faire assez mal. Du coup, l’intérêt objectif de ceux qui disposent de capitaux sera de les investir à long terme et de payer juste deux fois cette taxe minimale plutôt que de faire des aller retour incessants et de payer à chaque fois des taxes.

A la base, la préoccupation principale de Tobin était d’éviter que les États qui garantissent un taux de change fixe ne soient obligés par des spéculateurs de trop provisionner et donc ne perdent le contrôle effectif de leur politique monétaire. Mais ce qui est valable pour la monnaie l’est également pour les matières premières. Le mécanisme général que proposait Tobin consistait à favoriser les transactions à long terme et à pénaliser la spéculation à court terme.

Mais ce qui me revient à l’esprit dans cette interview, ce n’est pas le mécanisme de la taxe Tobin [que j’ai probablement mal caractérisé; que les économistes dans la salle n’hésitent pas à me corriger] mais l’état d’esprit de Tobin. James Tobin était totalement consterné par le fait que les seuls qui soutenaient effectivement sa taxe étaient les altermondialistes. Tobin se voyait comme un respectable économiste et un orthodoxe capitaliste. Certes Keynésien mais en aucun cas un socialiste par exemple. Il considérait que le mécanisme qu’il proposait était dans le plus pur intérêt du système capitaliste actuel et était donc choqué que les autorités chargées de la gouvernance du système économique mondial se préoccupent moins de la pérennité et de la viabilité de ce système que de l’intérêt d’une poignée de spéculateurs et d’établissements bancaires. En ce moment, tout le monde crie au loup et demande à ce que l’on perce les parachutes dorés. Un lynchage est toujours une activité agréable en temps de crise. Il n’empêche que si nous voulons être vraiment efficaces, c’est peut être le moment de nous demander si c’est par stupidité ou par cupidité de nos politiciens n’ont pas jugés bon d’implémenter des mécanismes aussi simples que la taxe Tobin et les ont tellement marginalisés que les seuls dans l’échiquier politique qui les défendent sont considérés comme des huluberlus d’extrême gauche n’ayant aucune chance de jamais occuper aucune responsabilité politique. Juste se poser cette question et voter en conséquence… ou lyncher qui de droit!

PS: Et pour répondre à cette question, on peut peut-être lire ou relire Who elected the bankers? de Louis W. Pauly

Marie Claude Lorne

Posted in Uncategorized by hadyba on octobre 8, 2008
C’est Gloria Origgi qui en parle le mieux.

Je la connaissais de loin, elle co-animait l’un des tout premiers séminaires où j’ai pu faire la sorte de philosophie qui m’intéressait quand je suis arrivé en France. Ces dernières années, on s’est souvent croisé, parfois discuté.

Gloria écrit:

« Marie-Claude avait fait des études difficiles, une carrière difficile, en poursuivant parfois une excellence dont les standards sont établis ailleurs et négligés, ou parfois méprisés, en France. Trop française pour le jeu de massacre des carrières philosophiques internationales, trop intelligente pour se contenter de la scène intellectuelle provinciale et auto-référentielle de son pays. Comme beaucoup parmi nous, à jouer ce jeu, on devient étrangers, marginaux partout. »

C’est le deuxième français que je connais qui se suicide après une thèse; sans compter tous ceux qui en sortent totalement brisés en ayant l’impression d’avoir perdu leur temps. Il serait peut être temps que l’on réfléchisse à cet effroyable gâchis.

Warren Buffett veut des impôts

Posted in Uncategorized by hadyba on octobre 2, 2008

Lu sur Swampland:

And Buffett had his usual wry commentary on the tax system, noting that he is now paying a lower rate than he ever has, including back when he delivered newspapers, and that it is lower than the tax rate paid by the cleaning lady in his office. « The government looks at me, and says, ‘You’re like the condor and the spotted owl. We have to protect you,’  » Buffett said. And he noted that he is getting this bonanza without the use of any tax shelters, or even a tax planner. But then he quickly corrected himself: « I guess I do have a tax planner. His name is President Bush. »

Désolé pas le temps de traduire, je dois me déconnecter.

Enseigner

Posted in Uncategorized by hadyba on octobre 1, 2008

Des élèves qui viennent te voir parce qu’ils ont appris que tu faisais de la philosophie et qu’il y a un point de leur cours qu’ils ne comprennent pas.. Tu leur poses des questions pour essayer de savoir ce qui les intéresse dans la vie et ainsi raccrocher ce que tu dois leur expliquer à leurs préoccupations puis tu essaies de leur démontrer que les sujets philosophiques ne sont jamais d’abord abstraits mais surgissent de préoccupations bien concrètes qui peuvent également être les leurs. Leurs visages qui s’éclairent pile au moment où ils saisissent pourquoi le sujet que le prof leur avait donné à traiter n’est pas stupide.

… Et là je réalise trois choses: d’abord que c’est un pur bonheur que d’enseigner, ensuite que ça fait trois ans que je n’ai pas eu d’élèves de manière régulière et enfin qu’il n’y a aucun autre boulot que j’aimerais faire autant que celui de prof.

Et sans fausse modestie, je pense que je suis plutôt doué comme prof. En tout cas comme prof de philo de terminale. Pour l’instant, j’ai presque toujours réussi à faire de sorte que ceux à qui j’enseigne la philosophie arrivent à ce renversement de mode de pensée qui fait que les questions philosophiques ne paraissent plus saugrenues. Une fois que cela est fait, le reste est pure méthodologie. Il faut savoir faire une dissertation et un commentaire, savoir écrire un français correct et maitriser ses mots de liaison….

Ceci dit, on pourrait se demander si j’aurais toujours eu autant de plaisir à enseigner si j’avais passé les 10 dernières années devant des élèves plus ou moins intéressés!