Hady Ba's weblog

Zangalewa

Posted in Oh my God! by hadyba on juin 27, 2010

Je n’arrive pas à croire qu’ils ont choisi un élément du répertoire scout africain pour comme chanson officielle de cette coupe du monde en Afrique….Réinterprété par Shakira en plus!

Quand je pense qu’ils avaient à leur disposition tout le répertoire de Myriam Makeba!

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Le car-rapide culturel

Posted in Blogroll, Sénégal by hadyba on juin 20, 2010

Pour fêter leur première année d’existence, l’équipe d’AgenDakar a fait un super film qui met en scène les lieux et les animateurs de la vie culturelle dakaroise.  Ca ne dira rien à un non-sénégalais mais c’est assez émouvant pour nous parce qu’on y voit, entre autres, des personnalités décédées. Dommage que je n’arrive pas à intégrer directement le film dans ce post. Il vous faudra aller sur Facebook pour le voir.

PS: En vrai, un car-rapide ça ressemble à ça et ne doit pas avoir fenêtres pour être digne de ce nom.

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Notre boucher

Posted in France, Oh my God! by hadyba on juin 20, 2010

J’aime bien cette citation du gestionnaire de fortune de LB:

« C’est le mari de MmeWoerth que vous employez, qui est l’une de mes collaboratrices, qui n’est pas très grande… Mais lui est très sympathique et c’est notre ministre du budget (…), en plus c’est lui qui s’occupe de vos impôts, donc je trouve que ce n’était pas idiot. C’est le ministre du budget. Il est très sympathique, c’est un ami. »

Je suis particulièrement impressionné par le notre ministre du budget. Apparemment, dans certains milieux on a son ministre tout comme on a son boucher .  Ça peut paraitre choquant, certains parleront même de corruption, mais que voulez-vous, il faut bien que l’on veille sur cette fortune inépuisable qui nous donne l’impression d’être protégé de tout.

PS: Un maître d’hôtel qui enregistre des conversations! N’y a-t-il donc plus rien de sacré sur cette terre?

Photo volée ici.

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Mes tribulations préfectorales

Posted in France, immigration by hadyba on juin 17, 2010

Pour une fois, je m’y étais pris à temps: fin novembre déjà, je m’étais rendu à la préfecture, avais fait la queue pendant une heure, retiré un dossier de demande de renouvellement de titre de séjour, rempli le dossier, joint les papiers nécessaires et posté le tout. Sachant que mon titre de séjour expirait le 31 décembre et que je suis le roi des procrastinateurs, c’était là un petit miracle dont je suis légitimement fier. Mi décembre, j’ai téléphoné au consulat de France au Sénégal pour leur annoncer que j’étais obligé de venir à Dakar pour une conférence et qu’étant donné que mon titre de séjour aura expiré entre temps, j’aurai besoin d’un visa pour revenir en France. Mon correspondant m’assura que cela ne poserait aucun problème. Moyennant quoi, je vins à Dakar, fis ma conférence et… faillis me retrouver bloqué à tout jamais à Dakar; le consulat refusant de me délivrer un visa de retour et accusant la préfecture de ma commune de résidence de ne pas répondre à ses mails. Finalement, le gestionnaire de mon labo ayant engueulé simultanément les gens de ma préfecture et du consulat de France au Sénégal, il me fut délivré un visa; non sans que j’aie raté mon vol et complété de l’argent pour décaler mon retour d’une semaine.

De retour en France, je me payais tranquillement le luxe de tomber malade pour voir à quoi ça ressemble lorsque le CNRS me fit savoir, en mars, qu’il cesserait de me payer si je ne lui présentais pas des papiers en règle. J’appelais donc mes chers amis de la préfecture qui me firent savoir qu’un délai de trois mois leur paraissait totalement raisonnable et que ce n’était pas la peine de les déranger pour si peu. Devant la perspective atroce de devenir un malade sans ressources, j’en parlais à ma boss qui prit les choses en main puisque je n’étais pas en état de le faire. Elle se rendit à la préfecture, essayât de savoir où en était mon dossier et se vit répondre que…. je n’y avais pas de dossier. Elle reconstituât mon dossier, vint me faire signer certains papiers à l’hôpital, partît déposer le tout à la préfecture, se fit demander quelques jours plus tard ma signature sur un papier que j’avais déjà signé, revint à l’hôpital pour me le faire signer et ramenât le papier à la préfecture. Elle réussit, je ne sais comment à récupérer en moins d’un mois un récépissé de dépôt de demande de titre de séjour grâce auquel elle obtint de haute lutte que le CNRS me fit un nouveau contrat. Mais bien évidemment, le contrat ne dure que jusqu’en juillet puisque mon récépissé expire en juillet.

Normalement, la réception du précieux récépissé signe le début de la fin du calvaire annuel: cela veut dire qu’un de ces prochains mois, vous recevrez une convocation à venir retirer votre titre de séjour. J’étais dans cet état de délicieuse attente lorsque, il y a deux ou trois semaines, je reçus une convocation à venir… signer un papier à la préfecture. Étant sorti de ma maison de convalescence ce mardi, j’y suis allé aujourd’hui, ai fait la queue pendant quarante cinq minutes alors que je tiens à peine debout, ai signé leur fichu formulaire que j’avais déjà signé trois fois et suis rentré chez moi m’écrouler sur mon lit, victime d’une baisse de tension. Et vous savez qu’est-ce qui est le plus beau dans l’histoire? Je risque de recevoir en juillet un titre de séjour 2010 courant de janvier à décembre et serai dans l’obligation légale de recommencer toutes ces démarches trois mois avant l’expiration de ce titre de séjour i.e. en octobre. En attendant, j’aurais eu deux mois (aout/septembre) de tranquillité absolue et cinq mois pendant lesquels il me sera autorisé de sortir de France avant que ne recommence le cauchemar. Y a pas à dire, l’accueil des étrangers est super bien organisé en France!

Parions

Posted in France by hadyba on juin 16, 2010

Onfray a enfin trouvé un ennemi consensuel.  Vous pariez combien qu’un crétin musulman le menacera de mort ce qui nous obligera à tous à lui édifier une statue en tant que héros de la liberté d’expression?

Bien sûr, je n’insinue pas que c’est ce qu’il cherche… juste que ce serait trop la honte si ça n’arrivait pas.

PS: Le papier de rue89 est assez mal foutu aussi.

Update du 17/6: Phersu démontre la stupidité de la défense de la religion par Fouad Bahri (l’auteur de l’article sur rue89.com)

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Délires post-opératoires

Posted in France, Vie quotidienne by hadyba on juin 11, 2010

Ça fait un certain temps déjà que je ne blogue pas mais cette fois-ci j’ai une vraie excuse; j’étais souffrant. Vraiment souffrant avec hospitalisation, chirurgie, rééducation et tout le reste. D’ailleurs, j’écris ce post de la maison de convalescence où j’ai été expédié après que le gros du travail a été fait à l’hôpital. Tout est cependant bien qui finit bien et normalement, je suis tiré d’affaire et devrais périr d’autre chose que des maux qui m’ont incité à prendre quelques mois de vacance.

Je trouve sincèrement que c’est une expérience assez intéressante que d’être malade au point de devoir suspendre le tumulte de la vie pour ne rien faire d’autre que se faire soigner. Se rendre compte que le monde extérieur continue de parfaitement bien tourner quand on s’en est retiré et que toutes les programmations que nous avions faites et qui nous paraissaient si importantes peuvent être stoppées sans dommage a quelque chose de salutaire. Non seulement la maîtrise que nous croyons avoir du cours de notre propre vie est illusoire mais en plus une suspension temporaire assez longue de nos différents projets voire leur effacement pur et simple n’a pas grande importance.

Autre expérience passionnante que j’ai vécue: la découverte des hallucinations induites par les anesthésiants qui m’ont été administrés pendant mon opération. Il se trouve que je ne bois pas d’alcool, ne me drogue pas et ne fume pas de hasch. De ce fait mon expérience la plus proche de la perte du contrôle mental est cette sorte d’état délirant que produisent quelquefois les crises de paludisme. Là, pendant un ou deux jours, j’ai vécu dans un état second où mon cerveau produisait une multitude d’hallucinations toutes plus réalistes les unes que les autres. Ça a commencé très simplement par un épisode hallucinatoire où j’étais un personnage du dernier roman que j’avais lu. Je me suis donc retrouvé peintre dans le Lagos de Ben Okri essayant de me sortir de la misère et de me dépatouiller dans des relations sociales pour lesquelles je ne suis absolument pas doué. Ensuite, il y a eu toute cette série d’histoires exploitant un email que m’avait envoyé mon frère et dont je n’ai pu certifier le caractère fantasmatique que deux semaines après mon réveil en interrogeant avec des ruses de sioux un ami qui était venu me voir. Après, il y a eu une série d’histoires totalement délirants mais qui sur le moment me paraissaient absolument réelles. Le plus étonnant est qu’au moment où ça s’est mis à devenir franchement délirant, je me suis mis à avoir un semblant de contrôle non pas sur le contenu de mes délires mais sur le fait de revenir dans la réalité. C’était assez simple: je n’arrivais pas à savoir si ce que je vivais était réel ou fictif mais j’avais la conviction bien ancrée que tout ce que je vivrais en ayant les yeux ouverts était réel et que le reste était délirant. Ainsi, à un moment donné j’étais sur une moto, poursuivi par je ne sais qui et sur le point de percuter une rambarde ce qui me ferait connaître une mort atroce. Au comble de la panique, je me suis dit: « Essaie d’ouvrir les yeux: si tu y arrives, ça signifiera que tu ne crains rien! » Le pire, c’est qu’à ce moment là, j’ai ouvert les yeux et ai rarement été aussi heureux de voir un mur immaculé!

Je ne suis pas certain que j’aimerais revivre ces épisodes hallucinatoires ni ne sais quel était leur rôle (distraire le cerveau de la douleur?) mais je suis heureux d’avoir vécu ça au moins une fois dans ma vie. Ce qui est dommage en revanche, c’est que je n’ai qu’un vague souvenir de ces épisodes. Ainsi, j’ai le souvenir d’avoir écrit, juste après mon séjour dans le monde de Ben Okri, tout un roman extrêmement détaillé avec des descriptions de personnages et surtout de paysages meilleurs que tout ce que j’aurais été fichu de faire dans la réalité. Je le sais parce qu’immédiatement après, j’ai ouvert les yeux et me suis fait la double réflexion suivante: a) Ce serait tellement bien si j’avais autant de talent dans le monde réel b) Je comprends maintenant pourquoi certains génies artistiques se perdent dans les paradis artificiels! Le problème c’est que je n’arrive même pas à me rappeler le sujet du roman et les personnages encore moins. Oui je sais, c’est une honte!

Un de mes meilleurs amis m’a très sérieusement demandé si le fait d’avoir été si proche de la mort m’a fait changer de perspective sur les questions essentielles que seraient celles de la vie et de la mort. Well, j’aurais adoré avoir une profonde révélation métaphysique, pouvoir dire quelque chose d’important. Après tout, j’ai passé ces dernières années à faire de la philosophie. Mais en fait non. Quand on m’a anesthésié, je n’ai pas eu de near death experience sur la table d’opération: je me suis sagement endormi en faisant confiance à mes médecins. Au réveil, j’ai certes eu des hallucinations mais ils sont tellement triviaux que leur portée métaphysique me paraît pour le moins limité. Honnêtement, aucune nouvelle force mystique ne m’a choisi pour se manifester. C’est dommage mais guère surprenant je dois dire.

Une des inquiétudes de mes parents et amis qui se trouvent au Sénégal était que je ne me retrouve trop solitaire à l’hôpital. Après tout, je vis à l’étranger loin d’eux. Pour le coup, j’avoue que j’ai été agréablement surpris et ému par la sollicitude de mes amis et collègues ici à Paris. Alors que je me disais que tout le monde était de toute manière trop occupé pour perdre du temps à venir me rendre visite à l’hôpital, non seulement j’ai eu droit à des visites, des coups de fils et des emails répétés et inattendus, mais en plus, ils se sont tous pliés en quatre pour me rendre cette hospitalisation la moins pesante possible. Par ailleurs, j’ai été quelque peu embarrassé de recevoir une avalanche de cadeaux. C’est toujours agréable de voir à quel point les gens qui gravitent autour de nous sont infiniment meilleurs que nous ne le serons jamais. Ça devrait être une incitation à devenir meilleur.

Dernière chose qui mérite d’être souligné: la qualité des hôpitaux français et le professionnalisme de leur personnel. Je ne parle pas seulement ici des interventions lourdes dont la condition sine qua non est un professionnalisme sans faille. Je pense surtout aux actes quotidiens et a priori anodins comme les piqures et les perfusions. Quand on est hospitalisé, on subit beaucoup de ces actes et ils peuvent être une vraie source de stress pour le patient non pas par une éventuelle douleur mais par le simple fait de tous les fantasmes qui peuvent être associés au fait d’avoir un objet extérieur qui entre dans notre corps sans que nous en ayons la maîtrise. Il est donc particulièrement heureux qu’il y ait une sorte de rituel aseptisant qui fait que l’on est tellement pris par l’aspect formaté et professionnel de ces actes que cela neutralise la plupart de peurs que nous pourrions avoir. En plus il y a une vraie recherche, de la part ds personnels hospitaliers, de l’évitement de la douleur; à un point tel que parfois on m’avertissait que tel ou tel examen serait douloureux et qu’il se révélait au final simplement désagréable! Pour moi qui viens du Sénégal, une chose était particulièrement sensible: l’opération que j’ai subie aurait certainement été impossible au Sénégal. En janvier, j’étais à Dakar. Si la phase aiguë de ma maladie était survenue à ce moment là, il est plus que probable que je serais décédé à l’heure qu’il est parce qu’il est à peu près certain que le diagnostic aurait été impossible vue la vétusté de nos hôpitaux. Quand bien même le diagnostic aurait été fait, il est probable qu’il n’y aurait pas eu sur place d’équipe médicale capable de réaliser cette opération. Il y a quelque chose de sidérant et de profondément révoltant à penser que l’endroit où l’on naît et où l’on vit détermine à ce point l’heure de sa mort. On l’oublie la plupart du temps mais de temps à autres, on ne peut s’empêcher de le voir parce que ça s’impose à nous!