Hady Ba's weblog

Blasphème

Posted in Economie by hadyba on mars 23, 2011

Lord, have mercy on us!

Étant donné que Krugman est Dieu, toute critique de son oeuvre est ipso facto un blasphème. Ceci dit, ce blasphémateur est intéressant qui pointe ce qu’il voit comme les contradictions du Seigneur.

Bien sûr, le croyant que je suis pourrait aisément lui rétorquer que ce qu’il voit comme blasphèmes ne sont rien d’autres que paradoxes* illustrant la profondeur du message divin.

Du même blasphémateur, ce texte comparant Nicholas Nassim Taleb à Kanye West mérite d’être lu.

…..

*Plus sérieusement, l’une des critiques qu’il fait à Krugman et à Delong est qu’ils sont arrogants en affirmant qu’ils sont convaincus d’avoir raison et qu’ils ne lisent pas les sites conservateurs. Le problème, c’est que quand tu es confronté aux mêmes solutions qui sont connues pour être inefficaces, à un moment donné, tu cesses de les prendre en considération et tu avances. Et c’est là qu’on t’accuse de ne pas être ouvert à la critique parce que tu ne discutes pas avec l’idiot du village. Ce qui est inquiétant de nos temps, c’est que l’idiot du village porte un costume et conseille le Parlement de la première puissance mondiale.

 

17 Réponses

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  1. M.H. said, on mars 23, 2011 at 10:34

    « Le problème, c’est que quand tu es confronté aux mêmes solutions qui sont connues pour être inefficaces, à un moment donné, tu cesses de les prendre en considération et tu avances. »

    Comme la dépression japonaise des 90′ ?
    Si la relance keynésienne n’est pas un zombie économique, il devrait l’être.
    Les arguments d’Eric Falkenstein tiennent mieux que ceux de Krugman/Delong. C’est pas comme si tous les jours le Mises Daily nous apprend que leur vraie place est dans un cirque. C’est pas non plus comme si vous citez le blog de Falkenstein sans l’avoir lu. Ou je suppose que vous n’avez rien compris. Alors on ne vous en voudra pas.
    Quant à l’article du imc-groupe.com, il fait l’étalage d’une ignorance propre des « mainstream ». Ça ne vaut même pas la peine que je commente.

  2. hadyba said, on mars 23, 2011 at 1:12

    @M.H.: D’abord bienvenu sur ce blog.

    Je lis régulièrement le blog de Falkenstein, je ne suis pas d’accord avec lui, ça ne m’empêche pas de référer mes lecteurs vers cet article quand j’estime que ce qu’il écrit est intéressant. Ce n’est pas parce que je ne suis pas d’accord avec sa perspective sur le monde que je le trouve inintéressant. Je n’ai pas critiqué le coeur de son article mais sa juxtaposition de deux citation de Krugman pour montrer que Mr K. se contredit. Cette critique facile était accessoire à son propos. Il n’est pas nécessaire de m’accuser de ne pas l’avoir lu ou de n’y avoir rien compris juste parce que vous ne partagez pas mon avis.

    Sur la relance Keynésienne comme zombie économique: je crois que c’est largement exagéré. Même les anti-keynésiens peuvent reconnaitre que c’est une théorie respectable et qu’elle a été d’une certaine aide dans le passé.

    Je ne comprend pas votre allusion à la crise japonaise.

    L’article dont vous ne jugez pas qu’il vaut la peine d’être commenté est certes mainstream mais il vient de John Quiggin qui n’est pas vraiment un crétin ni même un ignorant comme vous dites. Il connait en tout cas assez de théorie économique pour publier dans les revues les plus sélectives au monde et est accessoirement prof de fac en économie. Pour info: http://en.wikipedia.org/wiki/John_Quiggin

    Le Mises Daily: vous parlez de ce machin (http://en.wikipedia.org/wiki/User:Catalan/Mises_Daily_and_reference_quality) dont un partisan est obligé d’écrire un texte argumenté pour soutenir que c’est un vrai journal?

  3. M.H. said, on mars 23, 2011 at 2:07

    hadyba,

    Je ne connais pas Falkenstein pour ma part, mais je connais très bien l’économie autrichienne, et je reconnais de suite si j’ai affaire à un autrichien ou non. Les arguments évoqués par Falkenstein semblent très autrichiens.
    Krugman et Delong me sont très familiers. Du non-sens économique en boîte : Mises.org publie chaque jour des articles qui tordent le rire à ces deux clowns.

    Le mises daily, en fait, c’est celui-ci : http://mises.org/articles.aspx
    Ils ont d’ailleurs pas mal écrit sur la récession japonaise (et toutes celles qu’on connait, même la prétendue « bulle » des tulipes) la décrivant comme étant le reflet d’une inadéquation dans la demande et l’offre de biens.
    La recette keynésienne vient quand l’économie tombe dans une trappe à liquidité (taux d’intérêt + ou – zéro) justifiant des mesures de politiques budgétaires et de Quantitative Easing. Il existe toujours des processus de destruction créatrice même en période de récession. Du fait que la bulle a fait émergé des emplois qui n’auraient pas duré à long terme, il faut laisser le marché réajuster l’offre de biens à la nouvelle demande de biens (celle qui prévaut après l’éclatement de bulle).
    Le hic, c’est que comme le montrent les rapports japonais, des entreprises qui auraient dû disparaitre sont maintenus artificiellement par perfusion financière (les subventions) alors que des industries émergentes/innovantes n’ont pas pu voir le jour, pour la même raison. L’économie est paralysée. Les activités subventionnées ne rapportent pas d’argent (et n’investissent pas car elles craignent de disparaitre une fois les subventions abandonnées). Aussi les dettes croissantes de l’État désincitent les entreprises à investir/embaucher du fait des anticipations de taxes/impôts (effet ricardien).
    Elle est là la vérité. Mais que dit Krugman ? On a pas assez injecté. Encore heureux.

    La relance keynésienne n’a jamais marché. Au contraire, le QE alimente les bulles (immobilière, or, matières premières, commodités…). Le contraire aurait été étonnant en période de désendettement.
    On se plaint de la cherté de la vie mais on n’entre jamais dans le cœur du débat vu que les causes ne sont jamais correctement identifiées.
    Ce que les keynésiens ne souhaitent jamais parler – la récession de 1921, qui n’a vu émerger aucune intervention n’a duré que l’espace de 16 mois. Les autres ont connu des interventions : principalement la rigidités des salaires (les conférences de Hoover en 1929 par exemple).

  4. hadyba said, on mars 23, 2011 at 2:48

    Je connais également le Mises daily, ce que je soulignais (ironiquement), c’était que ça ne pouvait en aucun cas être considéré comme une source d’informations économiques objectives et neutres: c’est une livraison orientée et explicitement affiliée à l’École Autrichienne. Vous ne pouvez pas vous enfermer dans votre bulle ultra-libérale et décider que les Keynésiens sont de doux rêveurs. Ce sont des chercheurs tout à fait respectables même si vous n’êtes pas d’accord avec eux. De même qu’un Keynésien qui affirmerait que rien de bon n’est jamais sorti de l’École de Chicago se discréditerait, de même écrire que Delong et Krugman, c’est « Du non-sens économique en boîte » n’est pas très sérieux!

    Si vous voulez discréditer les théories keynésiennes, il vous faudra expliquer comment il se fait que la Suède ait fait mieux que le Japon dans les années 90 et se soit sortie d’une crise similaire en appliquant une solution keynésienne radicale et que le Japon qui avait tergiversé l’a payé par une décennie perdue. Jetez un coup d’oeil à
    ce papier (pdf) par exemple.

  5. Elias said, on mars 23, 2011 at 3:44

    wow vous aussi vous avez votre commentateur « autrichien » comme les blogueurs économistes … quelle reconnaissance😉

  6. hadyba said, on mars 23, 2011 at 5:10

    Il est vrai que je ne puis nier une pointe de fierté. C’est comme si je passais dans la catégorie blogueur sérieux.

    PS: Vous ne pouvez pas trouver quelqu’un qui me traiterait de bobo? Ça me ferait tellement plaisir!

  7. M.H. said, on mars 23, 2011 at 5:43

    hadyba,

    « c’était que ça ne pouvait en aucun cas être considéré comme une source d’informations économiques objectives et neutres »

    Aucun économiste n’est neutre de toute façon. Je préfère juger le contenu de livre plutôt que sa couverture.

    « Vous ne pouvez pas vous enfermer dans votre bulle ultra-libérale et décider que les Keynésiens sont de doux rêveurs. »

    Si, parce que les relances keynésiennes ne marchent pas. Elles ne créent pas d’emplois. Elles gaspillent l’accumulation du capital nécessaire à la relance économique. N’oubliez pas que la période de récession équivaut à un rétrécissement de la structure de production, une situation qui prévaut lorsque la bulle a fait gaspiller toutes les économies privées. Il faut du temps pour les reconstituer. Il faut aussi du temps pour les banques de liquider les actifs toxiques. La rigidité des salaires retarde la reprise. Même chose pour les subventions.

    « de même écrire que Delong et Krugman, c’est ‘Du non-sens économique en boîte’  »

    Quand ils parlent des causes et des remèdes de la crise, oui. Pour le reste, Krugman est sérieux, surtout quand il traite de commerce international. Il devrait d’ailleurs s’y remettre. Les marchés financiers, ce n’est pas vraiment son truc, je crois.

    Sur la Suède, je viens de lire votre document. J’ai dû le relire deux fois tellement de nombreux faits sont passés sous silence. Les auteurs me paraissent être intellectuellement malhonnêtes.
    Des réformes ont été prises durant les années 90′. Les taux d’imposition ont baissé, que ce soit pour les particuliers que les entreprises. Sans parler des vagues de privatisation et les réductions de dépenses publiques.

    http://www.timbro.se/bokhandel/pdf/9175665891.pdf
    It is appropriate to begin by analyzing the economy, because the severe economic crisis that broke out at the beginning of the 1990’s served as the catalyst for the whole reform process. There are a number of important successes in this area, even though the situation is still vulnerable in many ways. Over the past years, Sweden’s public finances and economic growth have been among the most acceptable ones in a rather stagnant Europe.30 Part of this success is attributed to a strict fiscal reorganisation program that reduced public spending from 70 per cent of GDP in 1993 to 54 per cent in 2001. As already mentioned, this was achieved by cutting back on social benefits and jobs and by increasing the effectiveness of public services through restructurings, biddings, privatisations and an overall increase in competition. All this, together with the economic recovery that began in 1994, helped generate a fiscal surplus in 1998 and lower the public debt and total tax burden.

    Ensuite, ils nous vantent que le gouvernement suédois est intervenu pour ‘absorber’ les actifs toxiques, recouvrant la confiance des déposants. Et bien. Qu’est-ce qui prouve qu’un régime de « Free banking » ne fait pas de même ? Un petit cours d’histoire. La faillite d’Ayr en 1772 durant la période de banque libre écossaise (1716-1844) a entraîné avec elle la disparition de 13 banques provinciales (de très petite taille). Ce fut la plus grande – si ce n’est la seule, pas si terrible d’ailleurs – crise qui avait secoué l’Ecosse. Les pertes bien qu’énorme (la banque d’Ayr représentait 1/5ème de l’émission monétaire) furent entièrement absorbées par les 241 actionnaires d’Ayr. Les déposants ont été immédiatement remboursés jusqu’au dernier centime, voir Free Banking in Britain, Lawrence h. White.
    Il n’y a pas besoin de FDIC ou quoi que ce soit.

    Sur la récession japonaise, je réitère:

    http://www.eiu.com/index.asp?layout=VWArticleVW3&article_id=280061613&region_id=&country_id=1580000158&channel_id=180004018&category_id=410004041&refm=vwCat&page_title=Article
    Although generous public works programmes have allowed many unviable construction companies to remain in business , the medium-term outlook for many of these firms, particularly the smaller ones, is uncertain.

  8. M.H. said, on mars 23, 2011 at 5:49

    J’oublais : sur la Suède.
    Les privatisations, ça vaut pour la santé et l’éducation. Partout, on a encouragé et ouvert la concurrence. Mais surtout, le nombre de fonctionnaire a diminué. A l’époque, ce fut Carl Bildt qui s’était chargé de toutes ces réformes.

  9. aymeric said, on mars 24, 2011 at 8:33

    Euh… Bonjour, pardonnez-moi, je ne vais pas parler de Krugman mais, si c’est possible, de l’autre tagué, à savoir Monsieur Taleb.
    Bien qu’Eric Falkenstein l’ait bien descendu, quelques d’émissions où l’auteur du Cygne noir (pas le film, hein) intervenaient me l’ont fait paraitre suffisamment intéressant pour que le dit intérêt survive au bucher monté par le Falkenblogueur.
    J’ai d’ailleurs très récemment fait l’acquisition du Cygne noir sus-nommé et j’aurais aimé, avant d’en commencer la lecture, connaitre l’avis du tenancier des lieux sur ce livre et son auteur.
    (Enfin, sans vouloir réclamer.)
    Voilà voilà.
    La bonne journée, sinon.

    aymeric

  10. hadyba said, on mars 24, 2011 at 9:52

    Bonjour Aymeric,

    En fait, la comparaison entre Taleb et West est indiscutablement drôle mais je crois qu’elle est fondamentalement injuste pour la raison suivante. Pour pouvoir tenir à Wall Street face à la pensée dominante, il faut évidemment avoir un ego -comment dire- en très bonne santé. Le coté « smarter than thou » de NNT n’est donc pas étonnant. Il est par ailleurs exact qu’il n’invente pas tout ce qu’il écrit et qu’il intègre des choses qui sont connues en physique statistiques, en philo des sciences et en biologie pour expliquer aux MBA de Wharton et Chicago qu’un bon modèle n’est pas la réalité. Ça peut sembler trivial pour un chercheur mais je pense que c’est important parce que les décideurs ne sont justement pas des chercheurs. Les critiques qui lui sont faites par les universitaires, me semble-t-il ratent leur point parce qu’elles s’adressent au livre qu’il aurait pu/du écrire s’il les avait en tête. De plus, le livre est bien écrit, alors, que demander de plus?

    Full disclosure: Taleb est chercheur associé dans notre labo et nous sommes censés partager un bureau quand il est à Paris. Sauf que la seule fois où il est venu, je me suis pointé à 15h juste à temps pour le rater. Normalement, j’évite de faire des posts sur les gens que je connais, ce qui est stupide parce qu’ils font vraiment des choses intéressantes. Conflit d’intérêt et tout ça….

  11. LD said, on mars 24, 2011 at 11:56

    Sur Taleb et les universitaires : je ne serais pas aussi modéré que l’hôte de ces lieux.

    Mon point de vue est donc celui d’un académique, qui plus est quelqu’un qui a travaillé sur la modélisation d’actifs financiers inspirée notamment de certains travaux de Mandelbrot. Je suis donc tout à fait réceptif a priori à ce que Taleb peut dire à ce sujet, même si je ne suis pas son collègue de bureau. Malheureusement la partie de Black Swan où il descend en flèche toutes les mathématiques financières à l’exception de Mandelbrot est malheureusement remarquablement mauvaise (à mon humble avis). Essentiellement, comme le dit Falkenstein, il y fait l’apologie d’idées présentées comme radicales et révolutionnaires… mais qui font consensus depuis au moins 35 ans, et qui par exemple ont valu un prix Nobel à Merton. Je ne pense d’ailleurs pas qu’elles soient ignorées par les personnes extérieures au champ académique, du moins par les professionnels de la finance.

    Maintenant, peut-être que comme le dit Hady Ba, The Black Swan a un intérêt en tant que tract politique… il est cependant dommage que Taleb ignore (j’imagine à dessein ?) l’état de l’art du domaine scientifique qu’il prétend vulgariser, ce qui l’empêche certainement de poser des débats plus intelligents et pertinents.

  12. hadyba said, on mars 26, 2011 at 1:56

    @LD: Bienvenu et désolé de la réponse tardive: fin de semaine un peu chargée.

    Clairement, il serait ridicule que je me dise aussi compétent que vous sur la valeur de ce qu’écrit NNT sur Mandelbrot. J’aurais plutôt deux questions:
    1) La partie où il descend les maths fi est-elle vraiment « remarquablement mauvaise » ou simplement très exagérée comme le fait tout conteur oriental? Je trouve son insistance à nous faire vivre dans un perpétuel extremistan limite contradictoire parce que si tout était extrême, rien ne le serait plus. Ne pas reconnaitre que dans beaucoup de domaines, nous vivons au Mediocristan empêcherait d’agir parce que nous passerions notre temps à éviter de faire des inductions.
    2) Les idées qu’il défend font-elles réellement consensus au delà du cercle des gens (comme vous) qui créent les outils basés dessus? Par exemple, NNT pense que les travaux de Merton et toute la Modern Portfolio Theory ne valent pas pas tripette parce qu’ils s’appuient essentiellement sur un conception gaussienne des probas. Je peux pas évaluer avec compétence la pertinence de sa critique mais si l’on voit le désastre occasionné par les aventures financières de Merton, il est difficile de ne pas être d’accord avec lui.

    PS: Ces deux questions ne sont pas du tout rhétoriques et je n’ai pas d’avis définitif, ça m’aiderait vraiment d’avoir votre éclairage.

  13. LD said, on mars 27, 2011 at 3:28

    1)Taleb exagère peut-être un peu quand il affirme que toute l’Histoire de l’Humanité depuis les Origines se résume à une poignée de Cygnes Noirs ! mais au moins dans le cas des actifs financiers, je pense que tout le monde tombe va tomber d’accord avec lui pour dire que quel que soit l’actif et la période considérés, on constate bien des évènements extrêmes qu’un modèle mathématique réaliste se doit de prendre en compte. Là franchement je pense qu’il y a consensus, d’autant plus qu’une part énorme de la finance contemporaine consiste justement à essayer d’évaluer finement le niveau du risque couru par les différents acteurs du marché et à comprendre comment réduire ce risque ou le transférer d’un acteur à l’autre par des mécanismes d’assurance.

    2) En fait je ne pensais pas à la théorie du portefeuille de Merton, mais à un article de 1976, « Option pricing when underlying stock returns are discontinuous », où Merton étend les travaux de Black et Scholes au cas où l’actif sous-jacent peut avoir des variations extrêmes, et où il cite d’ailleurs Mandelbrot explicitement. Ainsi il me semble que dès la fin des années 70, il était relativement clair au moins dans le milieu académique que la modélisation à la Black-Scholes dans un cadre gaussien n’est qu’une première étape — attrayante du fait de sa relative simplicté mathématique, et qu’il est nécessaire de complexifier le modèle par la suite et de se placer dans un cadre « Extremistan » plus réaliste. Depuis, c’est vraiment resté une idée tout à fait mainstream.

    Et par ailleurs, il y aurait bien sûr d’autres critiques à faire de l’approche Black-Scholes-Merton, et elles ont été faites depuis les années 70 ! mais bon, à moins que je me trompe, Taleb ne les mentionne pas dans Black Swan et il préfère se concentrer sur l’opposition modèle gaussien/modèle à valeurs extrêmes, que je trouve donc peu pertinente et même contre-productive pour décrire ou décrier les maths financières modernes (je dois avouer que je n’ai pas lu Fooled by Randomness, peut-être qu’il y dit des choses plus intéressantes). A la décharge de Taleb, il ne fait dans une certaine mesure que reprendre certaines attitudes de Mandelbrot lui-même, qui aimait parfois se poser un peu en visionnaire incompris et ignoré par la doxa académique, alors même que la plupart de ses idées étaient déjà largement reprises par la communauté scientifique.

  14. hadyba said, on mars 27, 2011 at 4:48

    Merci pour les réponses.
    J’ai vérifié Taleb ne cite pas le papier de Merton dont vous parlez. Bien sûr à le lire, il y a d’un coté Mandelbrot/Taleb et de l’autre le reste du monde statistique composé de porteurs de cravates légèrement autistes.

    J’ai l’impression que la démarche empiriste sceptique dont il se réclame récuserait les mécanismes d’assurance dont vous parlez parce qu’elle considèrerait qu’elles consistent à essayer de contrôler quelque chose qui est totalement incontrôlable. A l’entendre, toute la descendance intellectuelle de Samuelson est de toute manière maudite parce que productrices de modèles destinées à brider la créativité du marché. En fait, NNT est d’abord et avant tout un anarchiste hayekien qui ne croit pas à la valeur des modèles. C’est l’interprétation qui m’est venu en relisant le livre.

    PS: Je n’ai pas lu Fooled by randomness non plus

  15. LD said, on mars 27, 2011 at 6:44

    Vous avez sans doute raison, et un peu de scepticisme et de remise en cause des modèles couramment utilisés ne fait jamais de mal ! Mais vu la manière élégante et sereine dont il a présenté sa position dans Black Swan, je ne pense pas qu’il puisse y avoir de débat très très fécond entre lui et les chercheurs ou praticiens qu’il critique…

    En tout cas merci pour le lien vers le site de Falkenstein, que je ne connaissais pas, et plus généralement pour votre blog qui est un très grand plaisir à lire (et que j’ai découvert quant à lui via Phersu).

  16. hadyba said, on mars 28, 2011 at 7:52

    Oui je pense que NNT n’a plus aucune chance de recevoir le Prix Nobel par exemple! J’ai découvert hier ce vieil article de Gladwell qui explique comment NNT utilise ses théories pour faire de l’argent.

    Merci pour le compliment sur le blog. C’est toujours un peu intimidant de découvrir les gens qui le lisent.

  17. […] j’écris ce post, c’est que suite à la discussion qui s’est développée sous ce billet, j’ai réalisé que Nassim Nicholas Taleb se réclamait à la fois de Hayek et de Mandelbrot. […]


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