Hady Ba's weblog

Coupable rétractation

Posted in France by hadyba on juillet 29, 2011

Je n’aime pas trop crier au racisme mais mon impression est qu’il y a dans la presse française cette sorte de racisme insidieux et presque innocent qu’il est difficile de dénoncer parce qu’il n’est ni malveillant, ni conscient. C’est juste quelque chose d’ambiant qui fait que par exemple quand des noirs pleurent, sont mutilés ou meurent, on a aucun mal à les montrer au JT alors que l’on ne montrerait jamais des  japonais, français ou américains par exemple s’ils sont dans une situation dégradante. La chose qui m’avait frappé un soir en regardant Envoyé Spécial. Un officier français ordonne qu’on tire à la roquette sur une voiture qui ne répondait pas à l’interdiction d’avancer vers le check point en Côte d’Ivoire. On leur demande d’arrêter à un ou deux km, les mecs ne stoppent pas. Après deux demandes, l’officier demande à un soldat de tirer. Voiture carbonisée. On n’a jamais su qui était dans la voiture et l’officier et le journaliste ont continué à discuter comme si de rien n’était. On peut argumenter que c’était un tir justifiable, mais ce qui était frappant, c’est que la question de la justification ou non de ce tir n’a même pas été évoquée, c’était juste comme s’il avait écrasé un cafard. Il y avait là une sorte de complicité objective entre le journaliste, la majorité des spectateurs  et le soldat qui les empêchait de voir ce  que de tels images pouvaient avoir de choquant. Je m’attendais à un scandale le lendemain mais rien. Pas un mot. Et la seule explication selon moi était que les seuls qui pouvaient être choqué par ces images étaient soit les noirs soit les non français qui les regardaient de manière totalement neutre.

C’est la même forme de racisme que je vois à l’oeuvre dans la rétraction du Nouvel Obs’ qui récuse un ignoble article de Messinger qui parlait de la plaignante de l’affaire DSK comme d’une bête de foire, inférant sa culpabilité du balancement de ses fesses quand elle marchait. Article ignoble donc, mais qui a été publié comme « expertise ». Après publication le journal se rétracte et cesse d’assumer cette analyse parce que:

Seulement pour fournir une analyse, encore faut-il en avoir les moyens. C’est là que le bât blesse.

Vous avez été nombreux sur Twitter, en commentaires et par mail, à nous signaler les écrits du psychologue auquel nous avons fait appel. Ainsi sur son blog peut-on lire, à propos de Tristane Banon : « DSK aurait tenté de lui arracher son soutien gorge ? Pour quoi faire ? Elle est aussi plate qu’une planche à pain ».

Étonnante « analyse » dont nous n’avions pas connaissance avant de faire appel à notre interlocuteur. Nous ne nous sommes pas assez renseignés sur lui, nous avons manqué de vigilance. Ce n’est pas parce qu’un « expert » passe à la télé ou à la radio qu’il gagne en légitimité.

Passons sur l’absence de sérieux d’un hebdomadaire qui donne la parole à un « expert » dont il n’a pas vérifié les références. Ce qui est intéressant, c’est de voir que ce type est constant: il parle des femmes comme d’animaux dont ont détaille l’anatomie pour en tirer des conclusions psychologiques. En revanche, ce qui est admissible quand on parle de la plaignante noire ne l’est plus quand on parle d’une femme blanche qui ressemble au personnel du Nouvel Obs’. Le racisme dans toute son innocente splendeur donc…

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Paveau lectrice de Tiercelin

Posted in Philosophie by hadyba on juillet 28, 2011

Marie-Anne Paveau a mis en ligne un commentaire du dernier livre de Claudine Tiercelin. Ce texte montre, si besoin en était que l’article malveillant et déontologiquement fautif de Lancelin est indéfendable à tout point de vue, quoique ce ne soient pas là des considérations de nature à mitiger le corporatisme qui semble être la norme dans ce qui passe pour du journalisme en France. Non seulement Tiercelin, ancienne présidente du jury de l’agrégation de philo, est bien évidemment « connue » mais en plus son travail est important au delà de sa propre discipline puisqu’elle trouve grâce aux yeux d’une linguiste qui n’est a priori pas une fan de l’approche analytique dont elle se réclame. Je vous conseille le post de Mme Paveau.

Au tout début du post, Mme Paveau a les considérations suivantes :

Je l’ai lu, non pas en philosophe, mais en linguiste qui travaille autant avec la langue qu’avec la réalité, et donc avec une forme de réalisme, qui est, en sciences du langage, plutôt un référentialisme ou un contextualisme. Dans l’analyse du discours que je pratique, qui appartient au domaine texte-discours-interaction observant des énoncés empiriques (c’est-à-dire produits dans des situations sociales et non fabriqués en laboratoire), on postule en effet que les énoncés parlent du monde et que les signes désignent la réalité (référentialisme), mais surtout que le sens des énoncés s’élabore dans les contextes de leur production, ce que j’appelle plutôt les environnements (contextualisme). L’analyse du discours que propose par exemple Michel Pêcheux et son groupe dans les années 1970 constitue une sémantique discursive dans laquelle les contextes sont constitutifs du sens des énoncés. Tout est dans cette notion très forte de constitution : le contexte n’est pas extérieur aux énoncés, ne leur sert pas de toile de fond ; l’environnement contribue profondément à leur élaboration discursive et sémantique, il les constitue.

(…) Je voudrais expliquer que la philosophie, en particulier dans sa composante analytique, a souvent une représentation de l’approche linguistique centrée sur la sémantique formelle, laissant de côté nombre de courants qui pourtant travaillent dans le sens du réalisme, avec les mêmes présupposés et les mêmes objectifs : il existe en effet une sémantique référentielle, une sémantique discursive, bref, une linguistique réaliste. C’est celle dans laquelle j’inscris ma théorie du discours, et elle fait aussi l’objet du carnet collectif REALISTA, Approches réalistes en linguistique, entièrement consacré aux liens constitutifs entre langue, texte-discours-interaction et réalité. C’est là que le lecteur trouvera d’ailleurs les passages du Ciment des choses qui développent les éléments formulés ici (indiqués par des lettres).

(C’est moi qui grasse)

Bien sûr, dans mon ignorance crasse de philosophe du langage, Michel Pêcheux m’était totalement étranger !

J’ai tendance à être d’accord avec la critique selon laquelle les philosophes du langage de tradition analytique s’intéressent essentiellement à la sémantique formelle et qu’ils devraient s’ouvrir à d’autres approches. Ceci dit, il me semble que la bonne description de la relation entre philo du langage et sémantique formelle est plutôt de dire que la SF est un spin-off de la philosophie du langage. Il est donc normal que ces deux disciplines soient proches. L’idée, venue de la philosophie du langage et qui sert de base à la SF, est que comprendre un énoncé, c’est savoir quelles en sont les conditions de vérité. Pas savoir si l’énoncé est vrai ou faux, ni même pouvoir traduire cet énoncé dans une autre langue ; il faut savoir quel serait l’état du monde qui rendrait cet énoncé vrai et quel autre état du monde le rendrait faux. Laissez-moi vous donner un exemple. Si vous savez que l’énoncé X est équivalent à « Ndiyam no leppina » qui signifie « Ndox dina toyalaaté » et est une tautologie, vous n’avez pas la moindre idée de ce qu’est la signification de cet énoncé X*. Vous savez manipuler cet énoncé, vous savez le traduire dans deux langues africaines, vous en connaissez la valeur de vérité. Et pourtant, vous ne le comprenez toujours pas. Pour que vous le compreniez, il faut que je vous explique que cet énoncé est vrai si et seulement si l’eau mouille. Ce faisant, et contrairement aux apparences, je ne me contente pas de traduire cet énoncé dans une langue que vous comprenez, en l’occurrence la langue française. Je mets en rapport cet énoncé avec un énoncé du langage objet de sorte à vous montrer quelles en sont les conditions de vérité. (cf. Davidson et Tarski) Le fait de redéfinir les significations en termes de conditions de vérité a été un progrès considérable pour la sémantique parce que cela a semblé permettre de rendre nos langues naturelles formalisables non seulement sur le plan syntaxique** mais également sur le plan plus subtil du sens. Dans les derniers travaux de Montague par exemple, il affirme d’une part qu’un traitement du langage qui ne s’intéresserait pas à la sémantique n’a aucune valeur et d’autre part que le domaine du sens lui-même relève du domaine formel et finira par être réduit à une théorie mathématisée.

Mais le diable réside dans les détails. Montague avait une approche formelle de la pragmatique mais si on le lit, on se rend compte que ce qu’il nomme « pragmatique » n’est rien d’autre qu’une sémantique indexicale. Il y a dans le langage des termes comme « je » dont la référence ne peut être donnée in abstracto mais qui viennent avec une règle permettant contextuellement d’en déterminer la référence. A part ces termes, tout le reste avait une référence fixée une fois pour toute dans le lexique et le calcul des conditions de vérités d’une phrase pouvait se faire relativement bien. C’est là une forme bénigne de dépendance au contexte. Il me semble que si c’était la seule que reconnaissent les philosophes analytiques, la critique de Mme Paveau selon laquelle « liens constitutifs entre langue, texte-discours-interaction et réalité » nous échappent serait légitime. Il se trouve cependant que depuis Kaplan au moins, les philosophes du langage ont réalisé que le contexte informe tellement nos pratiques discursives qu’une analyse sémantique hors contexte a peu de chance de nous être d’une quelconque aide. Ce qu’ils essaient de faire, c’est de ne pas perdre les outils formels que la définition de la signification comme conditions de vérité permet de déployer tout en intégrant le contexte. Charles Travis a cet exemple très célèbre. Supposons que je peigne en vert une feuille jaunie. Admirant mon travail, je m’exclame : « Oh cool, cette feuille est désormais verte ! » Supposons que cette feuille, quand elle est verte ait des vertus médicinales. Vous rentrez dans la pièce, voyez la feuille verte et me dites : « Enfin, je vais pouvoir me faire une infusion. » Ce à quoi je réponds :  « Mais non, elle n’est pas verte, en fait elle est jaunie. » Selon le contexte, j’ai qualifié la même feuille de verte et de pas verte, ce qui devrait être impossible selon une analyse sémantique old school. Ce que de plus en plus de philosophes du langage essaient de faire, c’est de formaliser ces variations contextuelles tout en gardant une approche formelle parce qu’ils sont persuadés que sans un minimum de formalisation, nous risquons de nous perdre dans les méandres de nos intuitions. Il me semble qu’en faisant cela, ils ne sont pas si éloignés que ça de « cette notion très forte de constitution » chère à Mme Paveau même si leur approche formelle semble les en distancier.

…………….

*Sauf si vous parlez wolof ou poular

** Chomsky était déjà passé par là

Principe de cohérence

Posted in Sénégal by hadyba on juillet 28, 2011

Apparemment mon intuition qui sous tendait ce post existe en droit et se nomme le Principe de Cohérence. J’admire la capacité des juristes à formaliser des raisonnements de bon sens et à leur donner un nom qui force le respect.

la Constitution de 2001, qui exclut de son champ d’application le premier mandat de Wade – en raison de sa durée -, ne peut pas le comptabiliser. Ce serait contraire au principe de cohérence.

Sinon, les profs de droit sénégalais eux-mêmes semblent se diviser quant à la question de savoir si Wade est rééligible ou non. La grande majorité d’entre eux penserait que sa candidature est irrecevable.

Je trouve assez ignoble que le journaliste suggère que si les professeurs Boye et Sy pensent que la candidature de Wade est recevable, c’est parce qu’ils lui sont redevables.

Il y a Abdoul Kader Boye, qui est redevable au chef de l’Etat, Abdoulaye Wade, de l’avoir nommé ambassadeur à l’Unesco. Il y a enfin Madani Sy, un ancien garde des sceaux et médiateur de la République

Ce qu’il ne précise pas, c’est que ce sont là deux vieux gentlemen qui ont servi l’université et l’État sénégalais pendant 40ans et qui sont avant tout des universitaires. Madani Sy a eu son heure de gloire politique sous Senghor et Kader Boye a été débarqué de manière ignoble par Wade de son poste à l’unesco. L’un et l’autre ont beaucoup plus à perdre à donner un avis impopulaire qu’à gagner.  Dans une démocratie, on devrait accepter les avis divergents et argumenter contre sans attaques ad hominen.

Oui, je sais je rêve…

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Émancipation de la femme

Posted in France, Oh my God! by hadyba on juillet 26, 2011

Au détour d’un article de Rue89.com sur un bled ultra bourgeois:

ça date de l’émancipation de la femme, il y a une quinzaine d’années.

Ils sont vraiment hors du temps en fait. Ceci dit, ça donne curieusement de l’espoir de savoir que même les coins les plus reculés ont été atteint par la vague récente qui a fait que les femmes sont devenues nos égales.

PS: On le leur dit ou pas, que la France a perdu son empire colonial?

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Wade rééligible?

Posted in Sénégal, Spéculation gratuite by hadyba on juillet 23, 2011

Inséré dans cet article du Monde, il y a cette interview de Wade dans laquelle il dit qu’il ne se représentera pas pour un troisième mandat parce qu’il ne le peut pas ayant déjà constitutionnellement bloqué le nombre possible de mandats à deux. La question de savoir si Maitre Wade a le droit ou non de se représenter pour un troisième mandat comme il en a désormais l’intention est l’un des points de discorde entre l’opposition et les membres de son gang. J’ai tendance à penser que c’est un faux problème. La question importante est celle de savoir

  1. si le peuple s’inscrira sur les listes électorales et ira voter
  2. si le processus électoral dans son ensemble sera transparent

Si ces deux conditions sont remplies, il m’importe assez peu que Wade se présente ou non parce que soit il perdra, soit il sera réélu mais dans les deux cas, ç’aura été la décision souveraine du peuple. La seconde éventualité me dévasterait littéralement mais bon, c’est la règle du jeu démocratique et s’il s’avère que le peuple veut de lui, tant pis.

Sur le point précis de savoir s’il a le droit de se représenter, je dois avouer que contrairement à tous mes amis, je ne crois pas ne suis pas certain que ce serait illégal. Mon raisonnement est le suivant. Wade a été élu en 2000 sous l’ancienne constitution qui prévoyait un septennat renouvelable une fois. Puis il a changé la constitution pour instaurer un quinquennat renouvelable une fois. Il a été élu en 2007 sous cette seconde constitution pour un quinquennat. La question me semble-t-il est de savoir si l’on accepte ce principe juridique selon lequel les lois ne sont pas rétroactives, auquel cas on dirait que l’interdiction du troisième mandat contenu dans la constitution actuelle ne s’applique pas à ce qui existait antérieurement. Ou bien si l’on accepte que la constante de la constitution sénégalaise est que le nombre de mandats présidentiels est limité à deux. Cette position me parait difficile à tenir dans la mesure où nos deux premiers présidents ont régné chacun vingt ans soit quatre mandats. Ceci dit, les juristes sont notoirement connus pour interpréter la loi selon le sens du vent. Et je n’en attends pas moins des distingués membres de notre Conseil Constitutionnel. De plus, je suis en train de tenir un raisonnement juridique amateur sans avoir en main toutes les informations pertinentes. Par exemple, il me semble imaginable que rien que le fait de savoir si le référendum constitutionnel de 2000 avait pou objectif de modifier ou de remplacer la constitution influerait sur la rétroactivité ou non de la limitation du nombre de mandats à deux. Quoiqu’il en soit, même si le CC décidait que Wade pouvait se représenter, la vidéo montre clairement que Wade avait lui même affirmé qu’il ne briguerait jamais un troisième mandat. Ceci dit, le cynisme dont il a fait preuve l’autre jour en jetant, désinvolte : « Maa waxoon waxeet »* montre qu’être perçu comme un menteur l’indiffère assez s’il peut continuer à piller le pays.

La video:

………………

* « Je l’avais dit, je me dédis » mais le « waxeet » en wolof a la charge de menteur invétéré à la parole duquel on ne peut pas se fier, sachant qu’au Sénégal, traiter quelqu’un de menteur est l’une des pires insultes qu’on peut lui faire. Dans l’ethos sénégalais, un adulte honorable ne ment pas, point barre.

Sacrilège à l’UCAD

Posted in Sénégal by hadyba on juillet 22, 2011

Ceci est la pire insulte qui ait été faite à mon alma mater depuis le discours de Dakar! Je pense même que le discours de Dakar est moins sacrilège parce que cette infâme réunion a eu lieu dans l’un des lieux les plus sanctifié de ce temple qu’est l’UCAD: la salle Soweto du pavillon A. Comme tout initié le sait, cette salle sacrée est celle où les soirées dansantes les plus glauques du campus ont lieu tous les samedis soirs et donc l’endroit à partir duquel se nouent les relations qui aboutissent aux premières expériences charnelles des jeunes garçons et filles jusque là uniquement concentrés sur leurs études et surveillés de près par des parents sénégalais dont aucun parent occidental ne peut imaginer le régime de coercition qu’ils font subir à leur progéniture sur le plan moral. Mais qu’est le sacrilège en question? Ont-ils transformé cette salle en mosquée ou l’ont-ils fermée? Si seulement! Jugez vous mêmes de l’étendue de l’horreur qui s’est abattue sur ce lieu saint:

L’alliance nationale des étudiants concrétistes a organisé mercredi dernier un point de presse à la salle Soweto du pavillon A, sis au campus universitaire de Dakar. Il a été question pour eux de décliner une feuille de route visant à faire de Karim Wade le quatrième président du Sénégal.L’Alliance Nationale des Étudiants Concrétistes (Anec) est née récemment dans le but d’accompagner le ministre d’État Karim Wade dans son ambition de développer le Sénégal.

Ces gens-là ne respectent décidément rien, pas même les institutions les plus sacrées de notre pays. Pauvre UCAD! Pauvre Sénégal! Nous voila tombés bien bas.

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Nos nouveaux héros

Posted in Sénégal by hadyba on juillet 22, 2011

Sur les dernières provocations de Maître Wade, une réponse:

On ne donne aucun crédit à ce qu’il a dit. (…) Nous pensons et nous réitérons que (…) Wade est dans une bulle entourée par des médiocres (…)

Thiat du Mouvement YenaMarre.

La journée de demain sera chaude avec l’opposition qui manifeste le matin et les gangsters du parti au pouvoir l’après midi.

Question lancinante

Posted in France by hadyba on juillet 20, 2011

Suis-je le seul à trouver les dernières photos de cette demoiselle infiniment tristes? Elle traverse clairement une épreuve horrible. J’espère qu’elle est bien entourée et que nous n’allons pas être les témoins de son suicide.


hubris

Posted in Oh my God!, Politique by hadyba on juillet 18, 2011

Si je comprends bien, le chef de Scotland Yard démissionne parce qu’il a recruté l’un des types ayant organisé les écoutes pour qu’il le conseille sur la meilleure manière de défendre son enquête bâclée sur ces mêmes écoutes. Et il n’a même pas la dignité de partir en silence, il souligne (ce qui est vrai) qu’il n’a rien fait que ce médiocre David Cameron n’ait fait. Comme si nous attendions autant de dignité d’un politicien de droite que d’un chef de la police!

J’avoue que je n’arrive toujours pas à accepter pleinement que les gens de News Corps ont eu l’hybris de penser qu’ils pouvaient écouter les conversations privées de qui ils voulaient sans que cela ne leur retombe dessus. Quoiqu’il en soit si jamais l’empire de Rupert Murdoch s’effondre (et si ces cinglés de frères Koch ne le rachètent pas) ce sera sans doute la meilleure chose qui soit arrivé à la démocratie universelle depuis la chute du mur de Berlin. Et nous le devrions à Hugh Grant! Ce monde est fou.

Boire le calice

Posted in Oh my God!, Sénégal by hadyba on juillet 18, 2011

jusqu’à la lie.

Une chose que l’on a tardé à réaliser au Sénégal, c’est qu’en portant Maitre Wade au pouvoir, c’est vraiment la lie de notre société que nous avons fait accéder aux plus hautes fonctions. Et bien évidemment, ils se sont comporté ainsi que le leur permettait leur éducation c’est à dire de la plus abjecte des façons. L’une des premières mesures que Maître Wade avait prises à son accession au pouvoir avait été de nommer capitaines de gendarmerie certains membres de la milice privée (les calots bleus qui viennent d’être réactivés)* qui le protégeait quand il était dans l’opposition. Cela avait fait scandale à l’époque et je n’ai jamais su si la décision avait effectivement été implémentée ou non. Toujours est-il que même si ces gros bras n’ont pas intégré l’armée ou les autres Corps de l’État sénégalais qui recrutent sur concours, ils ont pullulé dans la vie politique ainsi qu’aux postes d’administrateurs d’entreprises publiques où le chef de l’État pouvait nommer qui il voulait. Ce sont ces nominations politiques qui expliquent que certaines grandes entreprises semi-publiques sénégalaises, comme les ICS, aient presque fait faillite sous Wade.

L’une des meilleures illustrations de la nature proprement mafieuse de notre pouvoir actuel est ce qui s’est passé après le 23 juin. Ce forban de Maitre El Hadji Diouf, voyant que le peuple était devant l’Assemblée Nationale et qu’ils allaient tous se faire lyncher s’ils votaient le coup d’État de Wade tint un discours très dur contre ce projet de loi. Le 13 juillet, le groupe libéral se réunissant, Maitre Diouf, qui n’avait pas été invité décida d’y aller quand même. A son arrivée, il se fera huer par ses collègues puis tabasser par un  de nos « honorables députés » en l’occurrence M. Famara Senghor qui se trouve être un ancien calot bleu. Qu’un député se fasse tabasser par un de ses collègues est choquant pour nous autres sénégalais normaux mais la vérité est que nous n’attendons pas de comportement honorable de ces gangsters que nous avons malencontreusement élus. Par ailleurs l’honorable M. Senghor a des références philosophico-géopolitiques pour expliquer son geste:

 En Italie, les députés se battent, tente-t-il de se justifier. Après tout, un député, c’est un responsable politique qui défend ses positions.

Source

 Là, vous vous dites que c’est juste un règlement de compte entre gangsters et que nous n’avons qu’à prendre une chaise, ouvrir le pop corn et compter les points en attendant 2012.

… Sauf que, non seulement M. Senghor est désormais le héros de son parti mais en plus il a été récompensé par le Président de le République Sénégalaise, Maître Abdoulaye Wade himself:

Le président de la République aurait offert un véhicule 4X4 au député Famara Senghor qui a violemment agressé son collègue El Hadji Diouf mardi dernier.

Source

Ces va nu pieds, Maitre Wade en tête, ne quitteront pas le pouvoir sans se battre et s’ils doivent faire exploser le pays, ça ne leur posera aucun problème. Avant l’élection de Maître Wade ils n’étaient rien; ayant goûté aux délices du pouvoir et de la richesse, ils n’accepteront jamais de retourner au néant que leur promet leur talent.

Nous avons rempli notre calice de lie et nous allons le boire en entier, je le crains.