Hady Ba's weblog

Wade est fini

Posted in Sénégal by hadyba on janvier 31, 2012

Mais en attendant, il est en train de tuer mes compatriotes au moment où j’écris. Non seulement les flics ont tiré sans sommation ni provocation sur des manifestants pacifiques, mais en plus ils poussent l’abjection jusqu’à tirer sur les ambulances transportant les blessés.

Vous pouvez suivre les évènements à Dakar sur ce site sunu2012.net ou grace à ce fil twitter: #sunu2012.

Tagged with:

Où l’on lit la Constitution Sénégalaise

Posted in Sénégal by hadyba on janvier 31, 2012

Le consensus parmi mes amis à Dakar est que, concernant la recevabilité de la candidature de Wade, mon avis est celui d’un crétin qui parle sans savoir. Il n’y a pas l’ombre d’un doute que Wade n’a aucun droit de se présenter. Ces amis étant parfois juristes, je me suis décidé à lire notre Constitution et je dois avouer qu’ils ont raison, pour autant que je comprenne quelque chose au jargon juridique. Voici le texte de la constitution qui a été votée en 2001 si vous voulez vous faire votre propre opinion: Constitution2001Senegal (pdf).

Les articles pertinents sont d’abord l’article 26 :

Article 26

La durée du mandat du Président de la République est de cinq ans et renouvelable une fois.

Cette disposition ne peut être révisée que par une loi référendaire ou par l’adoption d’une nouvelle constitution.

Pour autant que je sache, aucune « loi référendaire » ou « nouvelle constitution » n’a été votée.

La fenêtre dans laquelle essaie de s’engouffrer le clan Wade, vient du fait que la Constitution de 2001 a été votée après que Wade a été élu pour un premier septennat. Il n’y a pas eu de rétroaction sur la durée du mandat, ce qui semble vouloir dire que le mandat n’a pas été pris en compte dans l’application de la nouvelle Constitution. C’est le raisonnement que je tenais pour soutenir qu’il y avait un doute quant à la légalité de la candidature de Wade.  De toute évidence, ce doute n’était dû qu’à mon ignorance de la lettre de la Constitution. En effet, si nous jetons un coup d’œil au Titre XII concernant les dispositions transitoires, nous lisons :

Article 104

Le Président de la République en fonction poursuit son mandat jusqu’à son terme.

Toutes les autres dispositions de la présente Constitution lui sont applicables.

Si la Constitution dit sans fioriture que toutes les dispositions autres que la durée du mandat s’appliquent au Président de la République en fonction, il n’y a plus aucune échappatoire permettant au Conseil Constitutionnel d’argumenter que le premier mandat de Wade n’est pas pris en compte par la Constitution de 2001. Il l’a pourtant fait.

Normalement, je suis un légaliste mais on doit tenir compte de deux choses :

  1. en dernier ressort c’est le Conseil Constitutionnel qui proclame les résultats de l’élection présidentielle (article 34) et ses décisions sont sans appel (article 96)
  2. ce Conseil Constitutionnel a déjà pris une décision manifestement illégale en faveur de la candidature de Wade.

La seule conclusion que l’on peut tirer de ces deux faits, c’est que quoiqu’il arrive, ce Conseil poursuivra dans ses actes illégaux et proclamera Wade comme Président après que nous aurons voté. L’opposition et le peuple sénégalais ne peuvent en aucun cas se permettre d’aller aux élections avec Wade comme candidat et un Conseil Constitutionnel, félon et manifestement corrompu, comme arbitre. Notre seule chance de rétablir la démocratie au Sénégal est de chasser maintenant Wade du pouvoir, quoiqu’il nous en coûte. L’opposition doit accepter que nous sommes dans une de ces rares situations où l’insurrection et la lutte armée sont légitimes. Les forces de l’ordre et l’armée doivent décider si elles se mettent du coté du peuple ou si elles apportent leur soutien à quelqu’un qui n’a plus aucune légitimité. Toute tentative de conciliation relève de l’aveuglement volontaire.

PS: Par ailleurs,  les cinq mecs corrompus qui nous servent de Conseil Constitutionnel devront impérativement être jugé quand tout ceci sera terminé. Leur décision est la chose la plus scandaleuse qui soit arrivée dans l’histoire politique de notre pays. Même l’accusation de coup d’État porté contre Mamadou Dia en 1962 reposait sur des bases plus solides!

Tagged with: