Hady Ba's weblog

Ce fou est fou

Posted in Afrique, Sénégal, USA by hadyba on août 29, 2012

Source image.

Bien sûr, Yaya Jammeh est fou. Je crois que personne n’en doutais vraiment. Le mec s’est auto-proclamé PhD après quelques cours accélérés donnés par un prof britannique, a fait régner la terreur dans son pays et prétendu soigner toutes sortes de maladies, dont accessoirement le Sida, à l’aide de plantes médicinales. Il est donc incontestable qu’il est fou.

Ce fou a donc décidé, pour fêter la fin du ramadan, de faire un cadeau à son peuple: tous les prisonniers condamnés à mort seront exécutés avant la fin du mois de septembre. Parmi ces prisonniers il y a certes des prisonniers politiques mais il y a surtout des prisonniers de droit commun parmi lesquels quelques citoyens sénégalais. Par exemple l’un de ces citoyens sénégalais est une citoyenne qui a commis ce qu’au Sénégal nous verrions comme un crime passionnel et condamnerions avec une certaine légèreté. Son mari ayant pris une seconde épouse, la dame l’a ébouillanté. Et mort s’en est malheureusement suivi. Apparemment les juges gambiens sont plus sévères que les nôtres et la dame a été condamnée à la peine de mort.

Alors que nous n’avions même pas fini d’être sidéré par l’annonce de ce fou de Yaya Jammeh donc, la promesse faite aux gambiens est tenue… en commençant malencontreusement par nos concitoyens. Un autre de nos concitoyens est apparemment également dans le couloir de la mort gambien. De retour cette nuit à Dakar après une visite de travail/vacances en Afrique du Sud, mon Président semble choqué par les exécutions gambiennes et a décidé que nous (en l’occurrence notre Premier Ministre) convoquerions l’Ambassadeur de Gambie au Sénégal et exigerions qu’il soit ponctuel à ce rendez-vous:

« C’est avec consternation que j’ai appris l’exécution de deux nos compatriotes en Gambie. Mais j’ai instruit le premier ministre sur cette affaire. J’ai décidé de convoquer l’ambassadeur de la Gambie au Sénégal, pour lui faire connaitre la position du Sénégal » indique d’emblée Macky Sall.

« si demain l’ambassadeur de la Gambie ne répond à la convocation à l’heure indiquée qu’il quitte le Sénégal »

Source. (Contrairement aux apparences, je n’ai rien inventé)

Les États Unis eux-mêmes semblent choqués, exigeant que la Gambie cesse immédiatement ces exécutions.

À cela, son Excellence Cheikh Professeur Dr. Yahya Abdul-Aziz Jemus Junkung Jammeh Naasiru Deen, Commandant en Chef des Forces Armées et Gardien de la Constitution Sacrée de Gambie répondit que la Gambie était un État Souverain appliquant son propre arsenal juridique dont fait partie intégrante la peine de mort.

Au risque de paraitre apporter mon soutien à un fou sanguinaire et à cette barbarie qu’est la peine de mort, je dois avouer que je suis totalement d’accord avec lui. J’ajouterai par ailleurs que les États Unis d’Amérique qui ont exécuté en 2011 quarante trois (43) êtres humains se plaçant ainsi cinquième derrière des pays aussi respectables que la Chine, l’Iran, l’Arabie Saoudite et l’Irak sont singulièrement mal placés pour faire la leçon à qui que ce soit sur cette question. Quant à mon Président, j’aimerais respectueusement lui signaler que si le sort de nos compatriotes condamnés en Gambie lui importait vraiment, il n’aurait pas attendu que deux d’entre eux soient exécutés pour venir gesticuler à la télé au risque de mettre encore plus en danger la vie du troisième. Il avait largement le temps de demander leur grace à son homologue et ami, son Excellence Cheikh Professeur Dr. Yahya Abdul-Aziz Jemus Junkung Jammeh Naasiru Deen, Commandant en Chef des Forces Armées et Gardien de la Constitution Sacrée de Gambie lors de sa visite idyllique d’avril dernier. Il avait encore le temps d’appeler son homologue et ami son Excellence Cheikh Professeur Dr. Yahya Abdul-Aziz Jemus Junkung Jammeh Naasiru Deen, Commandant en Chef des Forces Armées et Gardien de la Constitution Sacrée de Gambie après que ce dernier avait annoncé son intention de faire un cadeau aussi macabre à ses propres concitoyens. Même après l’exécution des deux premiers prisonniers, il avait toujours le temps d’essayer de sauver le troisième. Il ne l’a pas fait. Au lieu de ça il vient pérorer à l’aéroport parce que les organisations des droits de l’homme et les USA sont choqués par la folie d’un homme que tout le monde déjà savait fou. Personnellement, je réserve mon indignation à l’attitude leaders démocratiquement élus comme le mien ou Obama. Je suis beaucoup plus choqué par le fait que mon Président n’ait rien fait en amont pour sauver mes pauvres concitoyens que par l’acte de folie d’un fou sanguinaire comme Jammeh.

Et sérieusement, quelqu’un peut m’expliquer comment la Commission Africaine des Droits de l’Homme s’est débrouillée pour avoir son siège à Banjul? Non, je ne plaisante même pas, le siège de la CADH est bien situé à Banjul capitale d’une Gambie dirigée par son Excellence Cheikh Professeur Dr. Yahya Abdul-Aziz Jemus Junkung Jammeh Naasiru Deen, Commandant en Chef des Forces Armées et Gardien de la Constitution Sacrée de Gambie.

Point Godwin Poppérien

Posted in Philosophie by hadyba on août 24, 2012

Je suis en train de lire le Tome 2 du Postscript de Popper à la LDS (Quantum Theory and the Schism in Physics) et au tout début il a les phrases suivantes à propos des motivations de sa défense du réalisme :

 

I have argued in favour of realism in various places. My arguments are partly rational, partly ad hominem, and partly even ethical. It seems to me that the attack on realism, though intellectually interesting and important, is quite unacceptable, especially after two world wars and the real sufferings avoidable sufferings that was wantonly produced by them; and that any argument against realism which is based on modern atomic theory on quantum mechanics ought to be silenced by the memory of the reality of the events of Hiroshima and Nagasaki. (I say this full of admiration for modern atomic theory and quantum mechanics, and of the scientists who have worked and are now working in this field.)

 

Suis-je le seul à voir là un point Godwin philosophique ? Popper ne me semble pas loin de suggérer que défendre l’instrumentalisme est une manière de relativiser les horreurs nazies et les souffrances causées par les bombes atomiques d’Hiroshima et Nagasaki. Ces phrases me paraissent pour le moins bizarres. À sa décharge, voici comment Popper définissait le réalisme plus haut dans la même page :

 

 

The central issue here is realism. That is to say, the reality of the physical world we live in: the fact that this world exists independently of ourselves; that it existed before life existed, according to our best hypotheses; and that it will continue to exist, for all we know, long after we have all been swept away.

 

Il y a certes une manière de comprendre la mécanique quantique dans laquelle cette dernière impliquerait que le monde extérieur n’existe pas indépendamment de nous. Quoique je ne voie pas là, tout de suite, qui défendrait une telle interprétation. Il me semble cependant que la manière la plus usitée de comprendre la fin du réalisme entrainée par la MQ est de dire que la pensée selon laquelle nos théories sont de fidèles et objectives descriptions d’une réalité indépendante a vécu. Les tenants de l’interprétation de Copenhague par exemple ne remettent aucunement en cause l’existence indépendante du monde et sa persistance après que nous aurons fini de l’explorer. Ce ne sont pas le moins du monde des disciples de l’Évêque Berkeley. Tout ce qu’ils défendent, c’est une forme kantisme selon laquelle le monde nouménal nous serait inaccessible. Ce qui nous est accessible est le fruit de l’interaction de nos instruments de mesure avec le reste du monde. Une telle théorie ne remet nullement en cause l’existence et l’importance de nos souffrances. Ces dernières ne se situent pas sur le même plan que les entités dont traite la théorie quantique.

Me trompé-je quelque part ?

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Our very own Smerdyakov

Posted in Politique, USA by hadyba on août 21, 2012

R. P. Wolff sur les contradictions randiennes de Ryan:

Paul Ryan is a Roman Catholic whose family made a good deal of money over half a century off of government contracts for building the interstate highway system.  To this day it feeds at the federal trough, getting defense-related dollars.  In every way conceivable, Ryan the man is totally in violation of the Objectivist ethical theories pushed by Rand.  It has become a central tenet of the consensus gentium in recent decades that American conservatives are deep thinkers who, in their think tanks, come up with new ideas to replace the tired habits of liberal pols.  Paul Ryan, we are told, is the intellectual leader of the Republican Party.  I think we should pause just a bit before embracing our very own Smerdyakov.

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Harouna Sy shouldn’t go to Darfur

Posted in Afrique, Sénégal by hadyba on août 18, 2012

Please, the United Nations, do not send Commissaire Harouna Sy to Darfur, it would be a shame for you and an insult to the living memory of the young Senegalese demonstrators he has killed. We, people of Senegal, will see such a nomination as the demonstration that our lives are not worth anything for you and that you do not value and respect the sacrifices we made to protect our democracy.

For those who do not follow closely Senegalese politics, let me you remind you of two or three facts and tell you why the UN shouldn’t send Harouna Sy to Darfur.

Senegal has always been one of the most stable and democratic countries in Africa. In 2000 we elected opposition leader Abdoulaye Wade as President ending 40 years of political domination by the Socialist Party, then led by President Abdou Diouf. President Diouf gracefully conceded and left. We celebrated… just to end up with one of the most corrupt regime ever seen anywhere. This Business Insider’s article is pretty accurate about Wade and his gangster’s practices.

Wade got nonetheless reelected in 2007 for what should have been, according to the Senegalese Constitution, his last term. At the end of this term, Wade decided that, due to the fact that the Constitution had been revised between his first and second term, he had the right to seek a third term. This interpretation, even though challenged by almost every Senegalese legal scholar, was sanctified through a ruling by our Constitutional Court. It is probably just a coincidence that some times before this ruling, Wade had quintupled the salaries of the so called Five Wise Men composing this Court. Anyway, after the ruling Senegalese People, young and old woke up and got to the streets to defend Senegalese democracy. Riots erupted during which 12 people was killed. Commissaire Harouna Sy, then Head of Dakar Police, is directly involved in the killing of some of these people. He went far ahead his duties to protect Wade’s regime. He even asked for the Justice Department to fire Dakar’s District Attorney because this DA was reluctant to jail peaceful demonstrators. Commissaire Harouna Sy is currently at the center of an investigation by the Senegalese Justice to establish his involvement in the killing of Mamadou Diop, a graduate student. Some testimonies indicate that he asked for his subordinates to run over the demonstrators resulting in Diop’s death.

Due to his attitude when Senegalese people were struggling to preserve their freedom, Commissaire Harouna Sy is for all of us the most despicable police officer in this country and an embodiment of what police officers shouldn’t be in a democracy. He is unfit to expertise about the duties of police officers in a democratic country having been involved in a failed attempt to transform a functioning democracy into an authoritarian gerontocracy. That’s why we are deeply hurt by the United Nation’s decision to select this very man as head of a commission helping for the establishment of a Darfurian Police. Our hope is that our protests will be heard and the UN will give Senegalese justice time to investigate commissaire Harouna Sy’s crimes. This investigation would be delayed by a mission to Darfur. Sending Harouna Sy to Darfur would mean that the UN doesn’t respect our struggles for values we consider should be at the center of the UN’s mission. This nomination would also mean that the UN isn’t serious about its effort to help out Darfur set up a Police Force truly interested in protecting the rights of the citizens as opposed to the desiderata of the powerful.

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Ruine ou espoir?

Posted in Afrique, Sénégal by hadyba on août 15, 2012

Il se trouve que je suis actuellement en train de vadrouiller au Sénégal avec une française dont c’est la première visite. Et c’est très intéressant de voir le point de vue. Je remarque désormais des choses qui m’étaient trop familières pour que je les voie. Par exemple, quand vous marchez dans un quartier normal du Sénégal, quel qu’il soit, vous voyez des bâtiments à différents stades d’achèvement. C’est le cas par exemple des deux immeubles ci dessous:

A part dans les Sicap, il est très rare de se promener dans un quartier à l’architecture homogène et dont les maisons sont des copies conformes l’une de l’autre. Il y a souvent des maisons mitoyennes dont l’une peut faire cinq étages alors que sa voisine immédiate à gauche n’en fait qu’un et sa voisine de droite n’a pas d’étages du tout. Il y a également parfois ce que nous appelons des « terrains vagues » entre les maisons i.e. des terrains à usage d’habitation mais sur lesquels rien n’est encore édifié. Sur de tels terrains il peut y avoir, au choix, des mauvaises herbes, une famille pauvre qui s’installe en édifiant illégalement une hutte ou juste du sable ce qui en fait un terrain de foot improvisé pour les gamins du quartier.

Ce que je viens de décrire m’est tellement habituel que je n’y pense pour ainsi dire jamais. Quand je suis à quelque part au Sénégal, ça ne me paraît ni remarquable, ni intéressant. Une autre chose que je ne remarque pas non plus est qu’il y a dans les quartiers déjà résidentiels des maisons à différents degrés d’achèvement. À coté d’une maison achevée et habitée, on voit parfois s’activer des maçons édifiant une villa. On voit souvent aussi des terrains sur lesquels s’élèvent des embryons de maison. Apparaît ainsi à 20 cm de hauteur ce que chacun au Sénégal sait être des fondations i.e. les premières briques faites de ciment, sable et gravier et qui tracent les futures pièces de la maison. S’élèvent également dans les quartiers résidentiels des constructions qui s’arrêtent brusquement plus ou moins haut. Vous pouvez ainsi avoir les fondations, quelques murs qui font entre 50cm et 3m puis plus rien ou alors une maisons qui semble totalement achevée mais sans peinture, ni fenêtre et encore moins circuit hydraulique et électrique.

Donc nous vadrouillons au Sénégal et un jour mon amie excédée (plutôt intriguée je suppose) me demande en désignant une de ces maisons inachevées : « Mais qui est-ce qui s’amuse à commencer à construire une maison avant de brusquement s’arrêter ? » Interloqué par une telle question, je lui expliquais ce qui me paraissait évident mais ne l’est probablement que pour un sénégalais. Supposons que vous soyez un sénégalais lambda. Vous gagnez un peu d’argent mais pas trop. Vous n’avez donc aucun espoir qu’une quelconque banque vous prête suffisamment d’argent pour construire d’un seul allant votre demeure. Vous n’y pensez même pas, votre travail étant trop incertain pour que vous envisagiez de vous engager à verser des mensualités fixes. Une telle situation ne vous empêche certainement pas d’être ambitieux et de vouloir un jour être propriétaire de votre propre maison et échapper à ces suceurs de sang que sont les logeurs*. Quel choix vous reste-t-il ? Ce qui est clair c’est qu’à moins de gagner au Loto, vous ne réunirez jamais les 20 millions de FCFA qu’il faut pour construire une maison. Ce que vous pouvez faire en revanche, c’est économiser suffisamment pour acheter un terrain quelque part… n’importe où. Au bout de quelques années, avec un peu de chance et au prix de beaucoup de sacrifices, vous acquerrez votre précieux terrain. Première étape franchie avec succès donc. Reste le plus dur. Construire. Vous cherchez un architecte et lui demandez combien ça vous couterait de vous faire faire un plan**. Et vous recommencez à économiser pour le plan. Une fois le plan tracé, vous prenez langue avec un entrepreneur qui vous dit combien coûtera chaque étape de la construction. Après un deux ou trois ans d’économies, vous avez réuni une somme suffisante pour les fondations. Vous contactez votre entrepreneur qui vous les construit. C’est l’une des choses les plus difficiles parce qu’il faut sortir en une seule fois beaucoup d’argent. Une fois cette étape franchie, le reste avance tout seul. Votre maçon devient votre meilleur ami pour les années qui viennent : à chaque fois que vous avez un peu d’argent, vous l’appelez et lui demandez de poursuivre l’édification de votre maison bien aimée. Après lui, ce sera l’électricien, le plombier, le carreleur etc… Selon votre situation socioéconomique, ça vous prendra plus ou moins longtemps pour devenir propriétaire et pouvoir à votre tour crier à tout bout de champs « Fii maa fiy dogal ! »

Donc, j’ai expliqué ce qui précède à mon amie. Quelque jours plus tard, nous promenant à Niodior, elle m’interpella en désignant le bâtiment suivant :

 

Elle me posa alors la question suivante : « Dis-moi, tu vois une ruine ou une construction ? Parce que moi tout ce que je vois, c’est une affreuse ruine ! » Cette question me semble-t-il résume tous les malentendus qui naissent de la différence de point de vue entre quelqu’un qui voit un pays africain en y ayant longtemps vécu et un étranger. Objectivement, le bâtiment désigné n’est ni une ruine ni un bâtiment en construction. Quand mon amie le regarde, elle a raison de voir quelque chose d’inhabitable et de moche. Connaissant tout ce que je sais sur la construction au Sénégal, quand je contemple ce bâtiment, je vois une success story en train de se conclure. Le ou la propriétaire de cette maison a clairement fait le plus dur : il/elle a non seulement édifié les fondations mais également tous les chainages et même le toit de sa maison. Tout ce qu’il lui reste, ce sont des finitions. Je peux parfaitement imaginer des années d’économie, de labeur et de négociation pour arriver à cet état d’achèvement et j’ai bon espoir qu’en moins d’une ou deux années il emménagera fièrement dans sa nouvelle maison avec sa famille. Peut-être est-il à l’orée de la retraite ou alors est-ce un jeune ambitieux qui a très tôt économisé quand ses amis faisaient des dépenses somptuaires. C’est le point de vue qui fait tout.

Plus généralement, il me semble que souvent quand les non africains voient l’Afrique, ils sont face à un bâtiment inachevé comme celui-ci. Là où ils ne voient que de la misère, je vois de l’espoir, de l’énergie, de la lutte et de la construction. Peut être suis-je trop optimiste ; la vision misérabiliste et compassionnelle de l’Afrique me parait cependant en occulter la réalité objective.

PS : Si j’ai le temps, je mettrai plus d’illustrations dans ce post.

…….

*On aura donc deviné que je ne suis pas propriétaire

**Je crois que c’est légalement obligatoire

A l’équipe de @carRapide

Posted in Blogroll by hadyba on août 14, 2012

Franchement, si vous voulez mettre sur votre site des articles de mon blog, il est plus élégant d’abord de me demander l’autorisation et ensuite d’en indiquer clairement la source.

Oui, je sais, certains disent que l’élégance est surannée mais vous n’êtes pas forcés de les croire.

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Sarko’s road to prison

Posted in France by hadyba on août 7, 2012

épisode XXX, toujours sur Médiapart:

Hélène Gaubert parle d’or. Les couples Sarkozy et Gaubert ont été inséparables. Nicolas Sarkozy a marié Thierry et Hélène de Yougoslavie, à Neuilly, en 1988. Et lorsque Gaubert prend les rênes d’un organisme collecteur du 1% logement, au centre des projets immobiliers des élus des Hauts-de-Seine, il prend soin d’inviter à ses frais son mentor de Neuilly un peu partout, dans des lieux de prestige.

À Venise, il réserve le Cipriani, un joyau de l’hôtellerie vénitienne, pour le couple Sarkozy. « Nous avons pris l’avion par la compagnie Air France, en classe business, s’est souvenu Hélène Gaubert devant les policiers. Sarkozy avait une suite, mais nous n’avions qu’une simple chambre. Je ne sais pas avec quel argent Thierry a payé tout cela. »

D’autres invitations suivront, à Deauville, où Gaubert possède une villa, ou à Palm Beach, en Floride, chez les parents d’Hélène.« Toutes ces invitations et voyages payés n’avaient qu’un seul but, à savoir de remercier ces gens pour tous les services qu’ils avaient rendus à Thierry », a indiqué Hélène Gaubert.

J’espère que la question que l’on se posera dans quelques années sera de savoir comment une telle bande de gangsters a réussi à se hisser pendant cinq au sommet de l’État français.

Ceci me parait plus grave, encore:

Dans une note du 29 octobre 2003 remise à Claude Guéant, Takieddine signale « l’inquiétude » de ses interlocuteurs saoudiens« sur la manière de traiter les sujets “sensibles” ». Ainsi qu’il le reconnaîtra par la suite, Takieddine désigne dans ses notes confidentielles le ministre de l’intérieur comme le « patron ». « Il y a eu beaucoup d’interrogations sur les relations du “patron” avec le numéro 1, et son système, écrit-il à Claude Guéant. Mes interlocuteurs ne souhaitent en aucune façon intervenir dans cette “bagarre” franco-française, et solliciteront des garanties personnelles de la part du “patron” lui-même pour que ce sujet “sensible” soit “garanti”. »

….

Dans sa note à Guéant, Takieddine précise : « Il sera utile lors de la prochaine visite de préparation ultime de confirmer la signature avec la Société, représentée par la Banque d’Affaires du P., du contrat en votre possession suivant le schéma approuvé. » Alors qu’il a reconnu la paternité de ces notes, le marchand d’armes n’a toutefois pas précisé quel établissement se cachait derrière l’expression « la banque d’affaires du P. ».

« Les notes que j’ai établies sur mon ordinateur sur les différents pays, la Syrie, l’Arabie saoudite, la Libye et le Liban, sont réelles et ont été remises par moi-même à M. Guéant, qui en avait besoin pour les remettre au ministre, qu’il appelait le patron », a simplement indiqué Takieddine juge Van Ruymbeke.

Ceci est pas mal également:

Deux faits précis peuvent d’ores et déjà lui être reprochés : la création avec son aval de la société-écran Heine, au Luxembourg, spécialement conçue pour abriter les commissions occultes du contrat Agosta des sous-marins vendus au Pakistan ; la validation, depuis Bercy, et contre l’avis de sa propre administration, du paiement de pots-de-vin au réseau Takieddine dans le cadre d’un marché de révision des frégates saoudiennes, baptisé Mouette.

J’attends avec impatience le jour où la justice française démantèlera la bande du parrain français d’origine hongroise qui se faisait appeler Le Patron.

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