Hady Ba's weblog

Justice pour Karim Wade

Posted in Sénégal by hadyba on octobre 31, 2012

Justice comme dans « le glaive de la justice », bien sûr 🙂

Cette série de posts de ce blog devrait vous convaincre que la seule place où devrait légitimement se trouver Karim Wade en ce moment est en prison.

Il est donc compréhensible que cet article me rende particulièrement joyeux:

Le procureur spécial chargé de la Cour, Alioune Ndao, vient de lancer un mandat d’arrêt international à son encontre, a révélé le quotidien L’Observateur.

Karim Wade, «ministre du ciel et de la terre», comme l’avait surnommé la presse sénégalaise, devra répondre de l’origine de sa fortune.

En juillet dernier, le fils de l’ex-président du Sénégal avait déjà été convoqué à la Section de recherche de la gendarmerie nationale, où il a été interrogé par les enquêteurs sous la houlette du capitaine Ibrahima Mbow. Deux auditions qui ont duré plus de deux heures chacune.

Le quotidien L’Observateur explique que des vérifications faites par les gendarmes à la suite de sa première audition auraient permis de découvrir 767 millions de francs CFA (environ 1,6 million d’euro), versés dans les deux différents comptes de l’ancien ministre.

Interpellé sur ces versements, Karim Wade avait déclaré au cours de sa seconde audition, que l’argent lui a été offert par son père, Abdoulaye Wade (au pouvoir de 2000 à 2012).

Ceci dit, la perspective de voir Karim en prison est quand même un peu effrayant parce qu’il n’y a pas si longtemps, j’écrivais ici même :

Je m’engage solennellement, si jamais le fric volé par la famille Wade est rapatrié et si un membre de la famille Wade va en prison, à ne plus jamais écrire quoi que ce soit de négatif envers le Président Macky Sall et à faire activement campagne pour sa réélection.

Je suppose que si Karim va en prison et si l’argent que sa famille et lui nous ont volé est récupéré, je n’aurais plus d’autre choix que de prendre ma carte de l’APR et de me faire l’hagiographe officiel de ce Génie du Sahel, de ce visionnaire dodu, de ce grand géologue doublé d’un fin néanmoins gros politique qu’est son excellence le Président Macky Niaangal Sall kor Ndèye Marème Faye, Bur Siin ak Senegal.

 

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Wade brûle Dakar

Posted in Sénégal by hadyba on juin 23, 2011

Bilan de la journée (1 AM heure de Paris): 2 morts. Le Président de la Raddho tabassé et à l’hôpital. La maison de ce délinquant de Farba Senghor incendiée. Le peuple qui est conscient de son pouvoir. Naffi dioggué!

Il y a en ce moment même une émeute monstre à Dakar. Les manifestants prennent l’assemblée nationale d’assaut. C’était prévisible et je crains fort qu’il y ait des morts s’ils marchent sur le palais présidentiel qui est à coté. Les raisons de la colère:

Il y a quelques temps notre délinquant de président a proposé une réforme constitutionnelle qui avait deux objectifs:

  • Mettre en place un ticket Président/Vice Président pour les prochaines élections (2012)
  • Mettre en place un système de winner takes all où le ticket arrivé en tête l’emporte.

Sachant que sa bande de gangsters et lui ont totalement discrédité nos institutions Républicaines, pillé nos finances publiques et  que de plus ce vieux voleur sénile veut assurer ses arrières en plaçant son incompétent de fils comme successeur, aucun sénégalais n’envisage que cette réforme constitutionnelle passe. Or c’est aujourd’hui que les carpettes ignobles de notre auguste assemblée la votent.

Des amis, qui sont pourtant haut fonctionnaires tenus au devoir de réserve, m’avaient confié que pour la première fois depuis leurs années étudiantes ils allaient manifester ce jeudi. Une chose que les crétins qui nous dirigent ne semblent pas avoir compris, c’est que si nous n’avons pas eu une révolution comme en Tunisie ou en Égypte malgré l’incompétence économique et la malhonnêteté de ces andouilles que nous avons malencontreusement élu, c’est parce que chacun d’entre nous est persuadé qu’en 2012, il nous sera donné l’occasion de les virer par les urnes et de les traduire en justice. S’ils s’amusent à fermer cette porte de sortie légale, il est évident que le peuple les délogera par la force quoi qu’il lui en coûte. J’espère qu’ils en prendront conscience suite à la mobilisation de cette après midi parce qu’autrement ce sera sanglant, ce que personnellement je ne souhaite pas.

Vous pouvez suivre ce fil sur twitter pour vous tenir au courant.

PS: Quand je traite notre Président de la République de « vieux voleur sénile », ce n’est en aucun cas une insulte: c’est une description exacte de ce qu’il est, vous pouvez lire ces posts pour vous en convaincre. Sans compter que je suis tellement en colère que je ne suis pas capable de travestir ma pensée en utilisant des qualificatifs neutres pour parler d’individus méprisables qui non contents d’avoir pillé mon pays essaient de modifier la constitution encore une fois pour se maintenir au pouvoir sans l’aval du peuple. Bon j’arrête.

Sur la corruption de Karim Wade

Posted in Sénégal by hadyba on février 6, 2010

Quand j’étais à Dakar ce janvier, deux amis, fonctionnaires de notre Glorieuse Administration et un autre ami qui est dans le business m’ont confié comme une chose avérée que Karim Wade (le fils de notre bien aimé Président et Ministre du Pillage du Pays) exigeait de tout investisseur qui voulait s’installer au Sénégal une certaine somme pour avoir les autorisations officielles. Ces gens étaient trop au cœur des affaires du pays pour que j’aie le moindre doute sur ce qu’ils disaient.

Ce papier du Business Insider sur le conflit entre les gens de Tigo et Karim suffirait à donner de la crédibilité à leurs accusations si j’avais le moindre doute.

In a meeting in the summer of 2008 with Millicom CEO Mark Beuls, the son of Senegalese President Abdoulaye Wade was clear: fork over $200 million — or kiss your license to operate a cellular business in Senegal good-bye.

That’s what Karim Wade, the groomed heir to the 83-year-old Abdoulaye Wade, indicated in the June 2008 meeting with Millicom, a Nasdaq-listed, majority American-owned global telecom company, according to a court filing.

Le reste du papier est ici.

Photo volée ici.

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La résistible ascension de Karim Wade

Posted in Politique, Sénégal by hadyba on mars 28, 2009

SENEGAL-OIC-SUMMIT-ISLAM-WADE-KARIM

A chaque fois que je pense à notre président, Abdoulaye Wade, ce qui me frappe,c’est à quel point il ne respecte pas le peuple sénégalais. Nous avons élu ce type en 2000 avec un mandat très clair: nous voulions nous débarrasser de la corruption du régime socialiste qui nous gouvernait et nous voulions un changement vers plus de transparence, plus d’état de droit et plus de démocratie. Et Wade non seulement n’a pas tenu es promesses, mais en plus il a élevé la corruption en art de gouverner1, a systématiquement démoli tous les contre-pouvoirs et perverti toutes les références institutionnelles, sociales et morales qui donnaient un sens et un cadre à la nation sénégalaise. Par exemple, notre pays a toujours réussi à maintenir une sorte d’équilibre dans lequel l’État se situait au dessus des Églises et confréries islamiques tout en les reconnaissant; Wade a fait officiellement allégeance à l’une des confréries musulmanes, proposé d’introduire une référence à Dieu dans la Constitution et méprisé les catholiques. Notre justice était censée être indépendante: Wade s’est permis de commenter un arrêt de la Cour Suprême en arguant qu’en tant que juriste et prof de fac, il savait mieux qu’eux le Droit. Nos chefs religieux avaient une légère tendance à la corruption, Wade a déversé sur eux des quantités astronomiques de fric pour qu’ils le soutiennent quoi qu’il fasse. Les appartenances régionales et ethniques n’avaient aucune pertinence dans le champs politique sénégalais? Wade les a légitimées en acceptant de prendre en considération ceux qui faisaient remarquer que la région de Kolda n’était pas représenté dans son premier gouvernement et en corrigeant cette ‘erreur’. Nous étions une démocratie avec des échéances électorales régulières et une constitution cohérente? Wade a tellement modifié la Constitution que personne ne sait plus ce qu’il y a dedans, l’a tellement foulé aux pieds que mes amis juristes pleurent presque quand ils en parlent et pour faire bonne mesure, Wade s’est permis de reporter des élections selon sa fantaisie et de dissoudre des conseils ruraux que le peuple avait élu!

Vous l’aurez compris, depuis son arrivée au pouvoir, Abdoulaye Wade a entrepris de systématiquement démolir la nation sénégalaise telle qu’elle existait jusqu’ici et de nous plonger dans un chaos institutionnel et moral. Pourquoi tant de perversité? Pour le fric bien sûr. La seule raison d’une destruction aussi méthodique de notre pays, c’était de créer les conditions d’un pillage en règle des maigres ressources du Sénégal. Maître Wade et sa bande de gangsters se sont comportés en prédateurs mettant légalement le pays en coupe réglée et privatisant absolument tout à leur profit, du domaine foncier de l’État aux entreprises publiques. Par exemple, ayant discrédité l’administration sénégalaise, soi-disant corrompue, Maître Wade a créé des Agences Nationales qui étaient supposées mettre en œuvre sa vision de l’avenir radieux qui devait être le nôtre. Qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse me direz-vous? En l’occurrence, le flacon administratif mettait un frein au niveau de corruption possible grâce à ses mécanismes de contrôle internes et externes (la Banque Mondiale, le FMI, l’UE…). Une agence nationale en revanche a un budget opaque, des agents contractuels aux salaires potentiellement illimités et ne répond qu’au corrupteur en chef, Wade himself. Si encore Wade et ses sbires étaient compétents, on se dirait que leur corruption était le prix à payer pour l’amélioration de la vie de nos concitoyens. Mais en fait, depuis l’arrivée de Wade au pouvoir, le Sénégal a connu pas moins de deux épisodes de famines dans le monde paysan, des coupures incessantes d’électricité et d’eau courante et la quasi faillite de la plupart des entreprises publiques.

Tant qu’à transformer notre pays en Banana Republic, Wade a décidé de ne pas faire les choses à moitié et a nommé son fils, Karim Wade, à la tête d’une Agence Nationale censée ré-urbaniser de fonds en comble la ville de Dakar en prélude au sommet de OCI que le Sénégal devait organiser en 2007. Le fils s’est révélé tellement incompétent que malgré un budget de 800 000 000 d’euros2, il a été infoutu de réaliser dans les temps de simples travaux de génie civil3. Le sommet, reporté d’une année, s’est tenu en 2008, l’État du Sénégal se réduisant à honteusement affréter à prix d’or des bateaux hôtels et à louer les domiciles de particuliers pour ses hôtes de marque!

Capitalisant sur cette preuve inouïe d’incompétence4, et étalant tout son mépris pour le peuple sénégalais, Maître Wade a décidé que son fils serait, après lui, le messie de notre pays, celui qui nous mènerait vers la lumière et nous civiliserait enfin. Le plan était d’une simplicité biblique: on donne autant d’argent que nécessaire à Junior, il fait campagne aux législatives locales, est élu maire de Dakar, nommé Sénateur, l’actuel président du Sénat à la venue d’un tel génie dans son auguste assemblée démissionnerait et prierait ce joyau de notre patrie, ce bâtisseur digne des pharaons de le remplacer, le pharaon noir serait élu par acclamation par des Sénateurs délirants de bonheur et reconnaissants de l’honneur ainsi fait au pays. Le reste coule de source: à un moment ou à un autre Maître Wade démissionnerait ou mourrait de sa belle mort5 en ayant conscience d’avoir laissé le pays entre les mains d’un autre guide éclairé.

Et le peuple direz-vous? Ayant été réélu en 2007 contre toute attente et toute logique, notre président est intimement convaincu que le peuple sénégalais est un ramassis d’idiots corrompus toujours prêts à applaudir quiconque a les manettes du pouvoir et est en mesure capable de lui jeter les miettes de ce gâteau qu’est le budget de l’État. A vrai dire ce mépris pour le peuple est partagé par une bonne partie de notre élite qui ne voit pas que le peuple en réélisant Wade s’était montré non pas stupide ou irrationnel ou corrompu mais éminemment rationnel en choisissant le statu quo dans une joute qui opposait Wade à des opposants tous aussi peu fiables que lui. De ce ait, beaucoup de membres de cette élite, même quand ils n’étaient pas d’accord avec la dérive monarchique du régime de Wade, n’osaient pas l’exprimer pensant que de toute manière l’accession de Karim Wade à la présidence était inéluctable.

Le dimanche 22 Mars, lors des législatives élections locales qui auraient du être la première marche de la résistible ascension du prince héritier Karim Wade vers la présidence de la République du Sénégal, le peuple sénégalais a choisi de clairement se faire entendre: nous sommes une démocratie, nous voulons le rester et nous pensons qu’un prince héritier, incompétent de surcroît, n’a pas sa place dans notre République. La liste menée par Karim Wade a donc été battue à plate couture à Dakar, l’incompétent prince héritier perdant même dans le quartier chic qui est le sien et où lui, son père et sa mère ont voté. Pour faire bonne mesure, presque partout dans le pays, dans le grandes agglomérations tout comme dans les minuscules villages, les gens ont voté contre le parti du Président. Clairement, le peuple en appelle à la classe politique, nous voulons qu’on cesse de nous prendre pour des idiots, nous voulons des politiciens compétents, nous voulons un programme clair et surtout, surtout, nous sommes une démocratie et entendons le rester. En 2000 déjà le peuple avait envoyé le même message et n’avait pas été entendu, espérons que cette fois, la classe politique sénégalaise s’élèvera à la hauteur du peuple et agira honorablement. En attendant, j’avoue que je suis tellement fier de tous ces gens qui ont hué mon Président lors de sa tournée à l’intérieur du pays, qui ont pris la peine de voter et qui subissent dans leur chair les conséquences de la corruption de la bande de gangsters qui nous dirigent. Ce serait tellement bien si nos magistrats prenaient exemple sur le peuple et faisaient ce qu’ils ont à faire!

1Non en fait pas en art parce qu’il a ouvertement, vulgairement et sans état d’âme promu le culte de l’argent et des passe droits, ce n’est pas de l’art, juste de l’étalage brut de son mépris de tout ce qui pourrait ressembler à l’État de droit et à la transparence!

2J’ai converti en euros pour éviter la multiplicité des zéro que ça donne en cfa!

3La lamentable histoire du tunnel de la Corniche dont les polytechniciens sénégalais avaient avertis que le projet n’était pas viable et qui est ouvert un jour sur deux mériterait un post à elle toute seule!

4Juste pour mémoire: dans l’antiquité déjà, les hommes savaient plus ou moins bien construire des routes pavées et des maisons en dur!

5CE que je ne lui souhaite bien évidemment pas avant d’avoir gouté aux joies des prisons sénégalaises pour Haute Trahison

Macky, Sonko et l’hubris

Posted in Politique, Sénégal by hadyba on mars 9, 2021
Photo de Leo Correa

Les grecs avaient cette idée le signe le plus implacable qu’un humain court à sa perte, c’est qu’il tombe dans l’hubris. Cette dernière est la forme extrême d’arrogance, la démesure qui fait que l’on s’égale aux dieux et s’attribue les pouvoirs qui ne sont pas les nôtres, singulièrement ceux d’une divinité. Ce faisant, l’humain destiné à se perdre déclenche la furie de Némésis, déesse du châtiment qui vient rééquilibrer l’univers en réduisant violemment l’arrogant à de justes proportions.

Le 31 décembre 2020, le Président Macky Sall a laissé éclater son hubris à la face du peuple sénégalais. Satisfait de ses réalisations et plus encore du contrôle absolu qu’il avait sur le pays, ayant éliminé la plupart de ses opposants, géré correctement la pandémie et domestiqué les syndicats, il se laissa aller à confier aux journalistes que la justice, c’était lui. Ces histoires d’indépendance de la justice, c’est bien joli, mais c’est bien lui qui signe les nominations des magistrats, nous dit-il et il s’attendait à ce que les magistrats lui obéissent dans les dossiers délicats.

Si cette manifestation ouverte de la présidence impériale de Macky Sall avait choqué tout le Sénégal, la vérité, c’est que l’on ne voyait pas vraiment comment y remédier. La magistrature sénégalaise ne semblait toujours pas disposée à prendre son indépendance. Les syndicats et société civile n’arrivaient absolument pas à faire entendre raison à Macky Sall. Sa famille et ses affidés continuaient à faire preuve de la même extrême arrogance, du même mépris pour les lois et la population que leur maitre.

Début février, l’opinion apprenait que la même justice qui avait, avant les élections présidentielles, éliminé celui qui était perçu comme le principal opposant au Président, ouvrait une enquête sur l’actuel principal opposant au président, M. Ousmane Sonko. Ce dernier, non seulement fréquentait un lieu pour le moins peu recommandable, mais en plus était accusé de viols multiples sur une des masseuses officiant dans cet établissement.  Si les gens étaient généralement choqués que notre principal opposant, qui jusqu’ici était perçu comme un musulman rigoriste et austère, fréquente ce type d’établissements ; peu prenaient au sérieux les accusations de viol. La réaction de Sonko fut directe et offensive : il avait certes fréquenté cet endroit mais était victime d’un complot ourdi au plus haut sommet de l’État par Macky Sall lui-même et il vendrait chèrement sa peau.

Après un psychodrame de trois semaines que je vous épargnerai, l’immunité de Sonko fut levée par un parlement aux ordres et le Préfet de Dakar lui-même, accompagné de la force publique, fit obstruction au déplacement de Sonko vers le palais de justice en essayant de lui imposer un itinéraire puis l’arrêta pour trouble à l’ordre public.

C’est alors que Némésis entra en scène et déchaina l’enfer sur le Sénégal tout entier. Le pays connut les manifestations les plus violentes et les plus généralisées depuis au moins deux décennies. En quelques jours, des groupes de jeunes et de moins jeunes prirent d’assaut le pays, pillèrent les magasins Auchan, les stations service Total mais également d’autres commerces tenus par des sénégalais. La jeunesse éduquée prit d’assaut les réseaux sociaux, informa le monde sous le hashtag #FreeSenegal et mobilisa les stars du web.

En quelques jours, nous avons eu presque autant de morts que tout le processus quasi insurrectionnel qui a mené en 2012 au remplacement de Abdoulaye Wade par Macky Sall. Si mes comptes sont exacts, nous en sommes actuellement à 10 morts là où tout le processus antérieur en a fait 12.

Les choses se sont dénouées entre le 5 et le 8 mars. Le 5, on a eu droit à un discours martial du ministre de l’intérieur, l’ancien procureur en charge de l’élimination des opposants au Président Macky Sall. Non content de traiter les manifestants de terroristes et de voir à l’œuvre des « forces occultes identifiées », il réussit la prouesse de faire un réquisitoire sans concession et rempli de menaces mais n’adressant absolument pas les questions légitimes que les citoyens étaient en droit de se poser :

  • Il était affirmé que son épouse avait coaché la plaignante, accréditant ainsi la thèse du complot d’État. Qu’en était-il ?
  • La plaignante avait été transportée par un proche du pouvoir en probable violation du couvre-feu après le présumé viol. Quelle était la justification de cette implication ?
  • Le jour où il s’exprimait, un jeune non-manifestant avait été tué par balle. Une enquête était-elle ouverte ?
  • Tout le monde avait vu à la télé des nervis (probablement des lutteurs au chômage) qui battaient des manifestants sans être inquiétés par les forces de l’ordre. Cet usage de supplétifs était-il acceptable dans une république ?

Toutes ces questions furent royalement ignorées par un ministre qui se croyait toujours procureur. Le peuple manifesta donc de plus belle, les morts s’accumulèrent, une gendarmerie fut brulée au fin fond du pays, les forces de l’ordre furent clairement débordées et l’on vit pour la première fois de l’histoire du pays des supplétifs armés de fusils accompagner les forces de l’ordre usant de grenades lacrymogènes. 

(Source twitter. Je ne mets pas le @ pour ne pas mettre en danger la personne)

Le lendemain un politicien ancien opposant publiquement acheté par Macky Sall fit une adresse au peuple dans laquelle il proposa ce que je ne puis qualifier que de pacte de corruption à Ousmane Sonko. Les manifestations continuèrent de plus belle. Dimanche au cœur de la nuit, l’on apprit que le procureur levait une partie des charges retenues contre Ousmane Sonko et libérait ses compagnons.

Le lundi, les manifestations continuèrent, Ousmane Sonko fut libéré et fit un discours (que je trouve excellent) et le Président de la République fit également un discours où il essaya de dire qu’il comprenait la frustration de la jeunesse qui avait menée à ces manifestations, allait rediriger le budget vers le règlement de leurs problèmes économiques et veiller à ce que la justice s’exerce équitablement.

Une chose est sure, les manifestations que nous avons vues dans ce pays ne sont pas seulement dues à une affection pour Ousmane Sonko et une adhésion à son programme de gouvernement. Elles traduisent une profonde misère de la population. À titre d’illustration, voici, selon certains les sandales que portait l’un des jeunes tués dans les manifestations.

Comme en 2012, les sénégalais ont montré que s’ils sont prêts à tolérer un certain niveau de prévarication et d’autoritarisme, il y a des limites à ne pas dépasser avec eux et qu’ils n’accepteront pas l’installation d’une dictature. L’une des questions en toile de fond de cette révolte en effet, au delà du sort de Sonko, est le projet transparent du chef de l’État de briguer illégalement un troisième mandat. Les manifestations de ces derniers jours envoient le signal que, contrairement à ce que certains craignaient, le peuple sénégalais s’opposera avec la dernière énergie à un tel projet. Macky Sall en tiendra-t-il compte ? J’avoue que je ne le crois pas mais espérons que je me trompe.

Depuis le début de cette crise, ma position de principe est que quelque méfiant que l’on soit de la justice, l’on ne peut pas simplement rejeter d’un revers de la main des accusations aussi graves que le viol. Quand la poussière sera retombée, il restera qu’une dame, certes coachée et instrumentalisée par des proches du pouvoir, accuse notre principal opposant de viol. Il demeure également que cet opposant a lui-même reconnu qu’ils se sont tous deux trouvés dans la même pièce. De telles allégations doivent être investiguées. J’ai moi même voté pour cet opposant lors des dernières élections présidentielles. Je pense cependant que si nous devons refonder cette République, cela passe par un traitement égal de tous les citoyens. Le citoyen Sonko a été accusé de viol par une citoyenne. De deux choses l’une. Soit il est coupable et alors sa place est en prison. Soit il est innocent et dans ce cas, l’enquête doit démanteler le complot qui a mené à tous ces morts. Aucune autre solution n’est acceptable. Malheureusement, hier déjà des députés proposaient une sorte d’accord mafieux dans lequel l’Assemblée nationale empêcherait la justice de poursuivre l’enquête sur ces allégations. Ce serait là une décision catastrophique parce que cela perpétuerait cette tradition patriarcale trop commune selon laquelle les femmes sont quantité négligeable dans le cours de l’histoire.

Il est indéniable que la justice sénégalaise, qui est légalement indépendante, refuse de prendre son indépendance. Quelle que soit la décision qu’elle prendra dans cette affaire, il sera dit qu’elle est complaisante. C’est là que le discours du Président de la République est particulièrement décevant. Il a certes affirmé qu’une enquête indépendante aurait lieu mais il n’a pas dit comment il comptait s’y prendre pour que ce soit le cas. Or, c’est lui-même qui nous avait appris le 31 décembre que la justice sénégalaise obéissait à ses ordres. Il me semble que la société civile sénégalaise doit prendre ses responsabilités pour que la sortie de crise se fasse sans sacrifier les droits humains. Pour cela, il faut qu’elle se saisisse de trois questions graves : celle des manifestants tués, celle des supplétifs armés qu’on a vus réprimer les manifestants, et celle du viol. Il faut une enquête indépendante sur ces questions là et que tous ceux qui sont impliqués soient punis afin que plus jamais cela ne se reproduise. Nous l’avons vu, chaque cycle électoral au Sénégal, semble charrier son lot de morts. En 2012, nous en avons eu 12. En 2021, alors que nous ne sommes même pas en année électorale, nous en sommes à 10. Il faut que cela cesse. Et pour que cela cesse, il faut que ceux qui dirigent ce pays sachent que les organisations de la société civile les poursuivront jusque dans les juridictions internationales si nécessaire. De même, pour éviter que ne prolifèrent les nervis armés, il faut que le ministre de l’intérieur actuel soit mis devant ses responsabilités. Comment se fait-il que ses forces de police n’aient pas protégé les manifestants de ces supplétifs ? Last but not least, nous élisons un président, pas un monarque pour en remplacer un autre. D’une personne aspirant au pouvoir, nous ne devons présumer qu’elle ne peut mal faire. Bien au contraire, nous devons l’obliger à adopter les standards légaux et moraux les plus stricts. Les allégations de viol contre Sonko doivent donc être d’autant plus prises au sérieux qu’il pourrait à l’avenir détenir un énorme pouvoir sur les citoyens de ce pays.

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Ousmane Sonko, malgré tout

Posted in Politique, Sénégal by hadyba on février 22, 2019

Macky Sall est un beau gachis. Il a été notre premier président né après les indépendances. Il vient d’un milieu démuni. Il a été en butte à l’arbitraire de Wade et a réussi à le détrôner. Il est relativement jeune. Il aurait pu –il aurait du– être le meilleur président que le Sénégal ait jamais connu. Celui qui redresserait notre pays, reconstruirait notre pacte social en assurant l’équité. Celui qui, parce qu’il est un produit de l’école publique, veillerait à ce que nul enfant de ce pays ne se promène en haillons sur nos routes à mendier quand les enfants des plus nantis sont en classe. Malheureusement, il n’en a rien été. Venu à un moment historique où il aurait pu mettre à la retraite tous les vieux politiciens qui, depuis 40 ans ont systématiquement dévoyé notre patrimoine, il a choisi de s’entourer des plus roués d’entre eux. Il a maintenu en vie le système que les sénégalais avaient clairement rejeté en l’élisant. Il a manqué à sa parole sur la réduction de son mandat. Il a bâclé les procès qu’exigeait le peuple et a dealé avec Karim Wade pour le laisser quitter le pays. Il a instrumentalisé la justice pour enfermer un autre opposant qui aurait pu lui faire de l’ombre. Il a élevé la corruption en mode de gouvernement, protégeant ostensiblement ceux des siens qui avaient été épinglés par les organes de contrôles étatiques. Il a normalisé les conflits d’intérêts en confiant à des membres de sa famille des postes dans lesquels ils contrôlent des ressources étatiques extrêmement importantes et pour lesquels ils sont loin d’être les plus compétents. Alors que durant sa campagne électorale il s’était affiché en protecteur de la laïcité, il a gouverné en s’aplatissant devant les religieux leur montrant ostensiblement qu’il était prêt à partager les ressources de l’État avec eux, à condition qu’ils le soutiennent. Il a par ailleurs systématiquement calomnié ses propres fonctionnaires qui servent loyalement le pays pour des salaires souvent très bas. Il a enfin renforcé la tutelle de la France sur le Sénégal, donnant aux entreprises françaises des contrats faramineux et les payant rubis sur l’ongle là où le privé national est exsangue parce que l’État ne lui paie l’argent qu’il lui doit qu’au compte goutte. D’un point de vue égoïste, Macky Sall m’a été bénéfique, nous les universitaires avons eu une augmentation de salaire sous son règne. Sur le plan de l’intérêt de l’Université sénégalaise, il est catastrophique. Nos étudiants ont vu leurs droits d’inscription multipliés par dix pour un service toujours aussi mauvais. Les créations de postes sont anecdotiques, les universités qui devaient être construites pour faire face à l’augmentation démographique ne l’ont pas été. On a créé une Université Virtuelle du Sénégal pour y parquer des milliers d’étudiants à qui on donne des diplômes sans vraiment les former.

En toute conscience, je ne puis voter pour Macky Sall.

Je ne puis non plus voter ni pour Idrissa Seck, ni pour Madické Niang. L’un et l’autre sont sortis de la même matrice que Macky Sall. Ce sont des enfants de Maitre Abdoulaye Wade. Ils ont tété le lait de la corruption et de l’affairisme. Je serai bien embêté si l’un d’eux se retrouvait au second tour face à Macky Sall mais pour l’instant, le problème ne se pose pas.

Il nous reste alors deux candidats, Issa Sall et Ousmane Sonko.

J’avoue que ce que j’ai lu du programme de Issa Sall ne me convainc pas mais ce n’est pas là l’essentiel. Le parti de Issa Sall est directement issu d’un mouvement religieux. Je suis pour un État laïc et équidistant des confessions. Ce sera difficile voire impossible avec lui. Je ne vais donc pas voter pour lui.

Ne reste plus que Ousmane Sonko. Contrairement à beaucoup, je ne suis pas aveuglément séduit par Sonko. J’avais déjà trouvé ses premières attaques contre Macky Sall, Président de la République, déplacées venant d’un fonctionnaire soumis à un devoir de réserve. Il a été viré de l’Administration d’une manière que je juge illégale. Sonko aurait pu être notre Obama : un président jeune, intelligent et maitrisant les nouveaux médias. Je pense qu’il a le défaut des énarques sénégalais : de gens devenus aisés trop tôt dans un pays pauvres et qui ne valorise pas le débat contradictoire. Du coup, ils ont tendance à ne pas avoir une très grande ouverture d’esprit. Malgré tout, Sonko Président secouerait le système sclérosé qui tue ce pays. Avec lui, une nouvelle génération, qui n’a pas été formaté dans les partis politiques arriverait aux affaires. Ce seront majoritairement des fonctionnaires ayant le sens de l’État. C’est exactement ce qu’il nous faut. Depuis 2000, Wade et sa descendance ont détruit la seule chose qui tenait ce pays debout : la méritocratie républicaine construite par Senghor et qui faisait que les postes étaient occupé par des personnes ayant des qualifications fussent-elles minimales. Depuis Wade, il est devenu concevable de nommer n’importe qui à n’importe quel poste de responsabilité. Avec Sonko, ce ne sera probablement plus possible parce qu’il est porté par une génération qui aspire à la normalisation sur ce plan là. La classe politique sénégalaise ne s’y est pas trompée. Elle a généralement évité de soutenir Sonko, se rabattant sur Idrissa Seck quand elle ne pouvait composer avec Macky Sall. Sonko est donc l’alternative. Il fera ce que Macky Sall aurait du faire : éliminer cette vieille garde parasite qui a mis le pays à genoux et qui continue de le sucer. Nous sommes un pays où 42% de la population a moins de 15 ans mais où un Président de plus de 50 ans s’entoure de vieillards de plus de 65ans et se dispute avec son prédécesseur de plus de 80 ans. Il est temps que ça cesse. Ces reliques du passé doivent partir pour qu’une alternance générationnelle survienne. L’on peut critiquer Sonko sur beaucoup de points. Il est cependant clair qu’il a appartenu à l’une des administrations les plus corrompues de ce pays et qu’il n’a apparemment jamais franchi la ligne jaune. Macky Sall n’aurait pas, une seule seconde, hésité à le mettre en prison s’il avait eu vent de la moindre transaction douteuse. Il a un programme qui met les intérêts du Sénégal en premier. C’est malheureusement proprement révolutionnaire. Il aura contre lui beaucoup de lobbys ; des marabouts aux industriels en passant par la France et les fonctionnaires corrompus qui veulent que tout continue comme avant. Ce sera difficile. Il fera des erreurs. Il n’en demeure pas moins que le pays ne peut faire l’économie de cette phase difficile si nous voulons construire notre propre voie vers le développement. Tout est à reconstruire. Il nous faut une rupture nette et un leadership nouveau pour ce faire. L’une des choses qui me rassure paradoxalement, c’est que je suis loin d’être d’accord avec tout ce que propose Sonko. Il est probable que le lendemain de son élection, je commencerai à le critiquer. C’est sain et important dans une démocratie. Je crois d’ailleurs que s’il était élu, beaucoup de gens de sa génération le critiqueraient sur un point ou un autre. Cela assurerait l’émergence d’une nouvelle classe politique focalisée sur les programmes plutôt que sur les personnes et ce serait bon pour le pays. A contrario, j’ai bien peur que si nous réélisons Macky Sall, nous glissions doucement vers une dictature extrêmement corrompue. Tous ceux qui l’ont rejoint durant cette campagne recevront leur part de la manne pétrolière. Les autres seront impitoyablement réprimés par un président qui, dès son premier mandat, nous a montré qu’il n’a aucun respect pour la justice et les formes de l’État de droit. Nous sommes déjà la risée de l’Afrique avec nos opposants emprisonnés. Dimanche, nous avons le choix entre essayer de construire un avenir vivable pour notre pays ou continuer notre dégringolade vers la dictature. Je vais essayer de construire notre avenir en votant Sonko plutôt que de maintenir un statu quo délétère.

PS: Mon soutien n’a jamais été déterminant pour aucune élection mais j’aime bien ne pas me donner la possibilité de modifier rétrospectivement mes souvenir sur ce que je pensais à un moment donné.

 

Macky an 1

Posted in Sénégal by hadyba on mars 25, 2013

Ça fait un an que Macky Sall est Président de la République du Sénégal.

Un journal local a cruellement titré « L’année perdue! ». Même si cette année de règne de Macky Sall est incomparable avec l’entreprise de destruction systématique de tout ce que ce pays avait de valable qu’a été le règne de Maitre Wade, on ne peut s’empêcher d’être déçu par cette première année de Macky Sall. Son premier discours était parfait. Il avait rappelé ce qui nous tenait à coeur à savoir que nous voulions demeurer une République démocratique mettant la justice économique et sociale au coeur du fonctionnement de l’État. Il avait averti ses partisans qu’il ne les protègerait pas et que, selon sa belle formule, « la patrie venait avant le parti. » Malheureusement, tout ceci est en grande partie resté un discours. Les nominations aux postes de la Haute Administration publique considérés comme « juteux » ont continué à se faire, non pas au mérite, mais pour récompenser les affidés de M. Sall. Ce faisant, notre nouveau Président, ancre définitivement dans l’esprit des sénégalais que pour vraiment réussir, rien ne sert de travailler et de mener une carrière exemplaire au service de l’État; le seul moyen, c’est de militer dans un parti politique.

Toujours concernant l’omniprésence du politique, probablement par souci d’assurer son pouvoir, Macky Sall s’est entouré d’une large coalition. Justement, cette coalition est trop large. Il n’y a quasiment plus d’opposition crédible et en plus cela nous donne l’impression, plus ou moins justifiée, que la classe politique a trouvé un gentlemen’s agreement pour se partager les ressources de l’État sans qu’aucun d’eux ne soit frustré. Cette impression est renforcée par le fait que le Parti de Macky Sall n’a même pas la dignité de rejeter le ralliement de responsables politiques venus du Parti de Maitre Wade. À quoi ça sert que nous ayons viré Wade si sa bande de gangsters peut tranquillement faire allégeance au nouveau sheriff et continuer ses méfaits? De plus comment pouvons-nous parler de démocratie s’il n’y a aucune voix crédible pour porter les désaccords qui surgissent? Cette situation est d’autant plus dangereuse pour le pays que les seules forces actuelles à s’opposer frontalement au Président Wade sont soit le PDS de Wade, soit le parti de Idrissa Seck, qui conformément à la duplicité de son chef, est à la fois à l’intérieur et à l’extérieur de la coalition au pouvoir. La hantise de tous les sénégalais est d’avoir à élire un Président comme Seck dont nous sommes intimement persuadés qu’il est au moins aussi maléfique Wade mais plus jeune. Nous n’aurions cependant pas d’autre choix s’il était le seul opposant à un Macky Sall qui aurait continué à s’auto-saboter comme il le fait actuellement.

Les enquêtes sur les biens mal acquis progressent certes, et à défaut de mettre Abdoulaye Wade en prison, nous devrions y envoyer son fils. Même ces enquêtes laissent cependant un goût amer au peuple. Non seulement elles sont lentes (comme il est normal qu’elles le soient) mais les déclarations intempestives des ministres et des cadres du parti au pouvoir montrent que ces gens là n’ont aucun sens de l’indépendance de la justice. S’ils continuent à intervenir à tout bout de champs, ils risquent de tellement discréditer notre système judiciaire que toute décision qui serait rendue serait perçue comme illégitime et pourrait être cassée par la Cour de Justice de la CEDEAO qui nous a déjà infligée un camouflet cinglant.

Encore une fois il n’y a aucun doute que Macky Sall vaut infiniment mieux que Wade. Il serait cependant temps qu’il se mette à la hauteur du peuple qui l’a élu, cesse de s’entourer d’amateurs et de cajoler les politiciens pour faire ce pour quoi il a été élu i.e. faire respecter la loi dans tous les domaines et promouvoir la justice sociale. J’avoue que j’ai très peu d’espoir qu’il y arrive mais j’espère me tromper.

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Engagement solennel

Posted in Sénégal by hadyba on septembre 9, 2012

Apparemment l’État du Sénégal a porté plainte, à Paris, contre les rejetons corrompus de notre très corrompu ancien président, Maitre Abdoulaye Wade:

Le Sénégal va porter plainte devant les juridictions françaises contre Karim Wade et Sindiély Wade, dans le cadre de la traque de ses biens. Ces enfants de l’ancien Prési­dent Abdoulaye Wade ont été respectivement, entre autres, mi­nistre d’E­tat, ministre des infras­tructures, de la Coopé­ration internationale, de l’E­nergie et Déléguée générale adjointe au Festival mondial des arts nègres (Fesman) tenu à Dakar en décembre 2010. De fortes présomptions de dé­tournement de biens publics sénégalais pèsent sur ces anciens conseillers spéciaux du Prési­dent Wade qui n’ont jamais répondu de la gestion des différents portefeuilles que leur père les avait confiés.

Source

Par ailleurs je vois que l’IGE demande que Mme Sindiely Wade soit poursuivie pour sa gestion désastreuse du FESMAN. Pour rappel, la gestion du FESMAN par Sindiely Wade, c’est ça:

Pis, la participation d’un Etat-ami du Sénégal d’un montant de 2 milliards auraient disparu entre les mains du chef de l’Etat sortant, Me Abdoulaye Wade. Le reliquat de cette participation, 250 millions, aurait été reçu par… sa fille Sindjély, sans que l’on sache comment ils ont été utilisés. La participation à hauteur d’un (1) milliard d’un autre Etat-ami aurait atterri entre les mains de Sindjély sans que les autorités du Fesman n’en voient la couleur. La fille du président sortant aurait accepté de rembourser le milliard en question, même si son père de président sortant aurait dit aux vérificateurs de l’Ige que cet argent avait été donné à Sindjély ” en sa qualité de fille du chef de l’Etat ” .

Je m’engage solennellement, si jamais le fric volé par la famille Wade est rapatrié et si un membre de la famille Wade va en prison, à ne plus jamais écrire quoi que ce soit de négatif envers le Président Macky Sall et à faire activement campagne pour sa réélection.

Harouna Sy shouldn’t go to Darfur

Posted in Afrique, Sénégal by hadyba on août 18, 2012

Please, the United Nations, do not send Commissaire Harouna Sy to Darfur, it would be a shame for you and an insult to the living memory of the young Senegalese demonstrators he has killed. We, people of Senegal, will see such a nomination as the demonstration that our lives are not worth anything for you and that you do not value and respect the sacrifices we made to protect our democracy.

For those who do not follow closely Senegalese politics, let me you remind you of two or three facts and tell you why the UN shouldn’t send Harouna Sy to Darfur.

Senegal has always been one of the most stable and democratic countries in Africa. In 2000 we elected opposition leader Abdoulaye Wade as President ending 40 years of political domination by the Socialist Party, then led by President Abdou Diouf. President Diouf gracefully conceded and left. We celebrated… just to end up with one of the most corrupt regime ever seen anywhere. This Business Insider’s article is pretty accurate about Wade and his gangster’s practices.

Wade got nonetheless reelected in 2007 for what should have been, according to the Senegalese Constitution, his last term. At the end of this term, Wade decided that, due to the fact that the Constitution had been revised between his first and second term, he had the right to seek a third term. This interpretation, even though challenged by almost every Senegalese legal scholar, was sanctified through a ruling by our Constitutional Court. It is probably just a coincidence that some times before this ruling, Wade had quintupled the salaries of the so called Five Wise Men composing this Court. Anyway, after the ruling Senegalese People, young and old woke up and got to the streets to defend Senegalese democracy. Riots erupted during which 12 people was killed. Commissaire Harouna Sy, then Head of Dakar Police, is directly involved in the killing of some of these people. He went far ahead his duties to protect Wade’s regime. He even asked for the Justice Department to fire Dakar’s District Attorney because this DA was reluctant to jail peaceful demonstrators. Commissaire Harouna Sy is currently at the center of an investigation by the Senegalese Justice to establish his involvement in the killing of Mamadou Diop, a graduate student. Some testimonies indicate that he asked for his subordinates to run over the demonstrators resulting in Diop’s death.

Due to his attitude when Senegalese people were struggling to preserve their freedom, Commissaire Harouna Sy is for all of us the most despicable police officer in this country and an embodiment of what police officers shouldn’t be in a democracy. He is unfit to expertise about the duties of police officers in a democratic country having been involved in a failed attempt to transform a functioning democracy into an authoritarian gerontocracy. That’s why we are deeply hurt by the United Nation’s decision to select this very man as head of a commission helping for the establishment of a Darfurian Police. Our hope is that our protests will be heard and the UN will give Senegalese justice time to investigate commissaire Harouna Sy’s crimes. This investigation would be delayed by a mission to Darfur. Sending Harouna Sy to Darfur would mean that the UN doesn’t respect our struggles for values we consider should be at the center of the UN’s mission. This nomination would also mean that the UN isn’t serious about its effort to help out Darfur set up a Police Force truly interested in protecting the rights of the citizens as opposed to the desiderata of the powerful.

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Prison Time

Posted in Sénégal by hadyba on avril 21, 2012

Notre seule préoccupation en ce moment, en tant que citoyens, c’est que ce genre de rapports soient transmis à la justice et que cette dernière applique les lois de la République. Si le Président de la République les reçoit, il n’a aucun droit ni aucune raison de les garder pour lui. Sauf à être lui-même corrompu.

Le magazine dakarois du jeudi, La Gazette, dans sa parution d’hier, révèle que le rapport d’audit du Festival mondial des Arts nègres (Fesman), démarré par le régime sortant, est sur la table du président Macky Sall.

Extraits:

Le magazine révèle que que l’argent public avait été dépensé avec une  » une désinvolture et légèreté  » coupables. Le journal relève, en particulier, la section dépenses en location de voitures : 3 milliards pour une durée de 20 jours portant sur… 15 voitures, soit  » un paiement journalier de l’ordre de… 200 millions par véhicule loué  » (sic !). Au chapitre des micmacs financiers de haut vol décelés, le virement de 15 milliards dans le compte de Loum Diagne (l’ami de Wade dont on disait qu’il allait l’héberger après sa défénestration du palais de la République) issus d’un prêt de la Banque islamique de développement (Bid) au Trésor public (re-sic !).

Pour info, 1 euro est égal à 655, 95 F CFA ce qui fait que ces brigands ont prétendument loué chaque voiture à 304 898,03 euros par jour. À ce prix, j’aurais sans doute pu acheter des voitures à Paris, les apporter à Dakar, les leur louer  puis les offrir aux nécessiteux tout en réalisant une plus-value.

En plus, non seulement la famille Wade était corrompue jusqu’à la moelle, mais en plus ils ne prenaient même pas la peine de dissimuler quoi que ce soit. Ils volaient ouvertement notre argent sans même un semblant de justification comptable:

Pis, la participation d’un Etat-ami du Sénégal d’un montant de 2 milliards auraient disparu entre les mains du chef de l’Etat sortant, Me Abdoulaye Wade. Le reliquat de cette participation, 250 millions, aurait été reçu par… sa fille Sindjély, sans que l’on sache comment ils ont été utilisés. La participation à hauteur d’un (1) milliard d’un autre Etat-ami aurait atterri entre les mains de Sindjély sans que les autorités du Fesman n’en voient la couleur. La fille du président sortant aurait accepté de rembourser le milliard en question, même si son père de président sortant aurait dit aux vérificateurs de l’Ige que cet argent avait été donné à Sindjély  » en sa qualité de fille du chef de l’Etat  » .

La place de ces gens là est en prison et nulle part ailleurs et c’est à nous de nous assurer qu’il en soit ainsi si la justice et l’exécutif ne font pas leur travail.

Source