Hady Ba's weblog

Détention du patrimoine

Posted in Economie, France by hadyba on janvier 17, 2011

D’après Nicolas Doze sur BFMtv:

 

Le Président de la République a toujours déclaré qu’il lui paraissait plus logique de taxer les revenus du patrimoine plutôt que de taxer la détention du patrimoine.

 

Je ne sais pas dans quel contexte NS aurait dit ça mais ça me paraît assez révélateur de sa politique économique qui n’est pas tant économique qu’attachée à des intérêts de classe. Je m’explique. La vision orthodoxe du sarkozysme est que la France est une société morte que le Grand NS se charge de re-dynamiser en la mettant au travail et en favorisant l’esprit d’entreprise. Logiquement, si on a ce but là, on fait de sorte que ceux qui ont de l’argent l’investissent parce que, voyez vous, une société meurt quand des rentiers détiennent tout le capital de la société et n’en font rien d’autre qu’en consommer égoïstement une petite partie. Si en revanche les gens qui ont de l’argent l’investissent, ils créent de la richesse, dynamisent l’économie et créent des emplois. Éventuellement, cet investissement leur rapporte encore plus d’argent. Mais il y a toujours un risque de se planter quand on investit.

 

Logiquement donc, si vous voulez dynamiser la société, vous minez le réflexe sécuritaire consistant à thésauriser en taxant la détention du capital plutôt que ses revenus et vous pouvez même faire des baisses d’impôt sur les investissements. Pourtant, c’est exactement la logique inverse qu’adopte le très dynamique et dynamisant Président de la République française. Une bonne explication de ce choix serait que NS mène une politique contraire à ce qu’il proclame et dont l’effet objectif est de protéger une haute bourgeoisie rentière, incapable de créer quoi que ce soit et dont la seule ambition est de préserver son style de vie et sa domination sur la société.

 

Euh… une autre explication, bien sûr, serait que je suis nul en économie et qu’il y a quelque chose que je ne comprend pas.

 

Update de 23h: Cédric Eysette me rassure en commentaire. Non seulement je ne suis pas nul en économie mais en plus de vrais économistes (Les Éconoclastes) ont démontré mon intuition bien plus clairement que je ne saurais le faire: http://econoclaste.org.free.fr/dotclear/index.php/?2010/11/17/1758-travailler-moins-pour-gagner-plus

 

Péril vert

Posted in Blogroll, Economie, Politique, Science by hadyba on janvier 17, 2011

J’avais raté ce post de Dirty Denys. Je copie juste le début. Précipitez-vous chez-lui pour lire le reste:

La presse grand public se trouvera sans doute bien trop préoccupée de mauvaises nouvelles pour s’intéresser, même furtivement, au récent communiqué dans lequel une obscure société espagnole faisait part du démarrage de sa première usine, à Alicante, sur une cimenterie du mexicain Cemex. La presse économique ne partageant pas les mêmes préoccupations, La Tribune de mardi consacra pourtant à cette information une pleine page ; en effet, il s’agit de la première application d’un procédé qui sort ainsi du statut expérimental qui a été le sien durant quelques années, et qui vise à produire une gamme complète d’hydrocarbures en cultivant du phytoplancton. Par rapport aux biocarburants tirés du maïs ou de la betterave, et dont l’effet principal, et l’intérêt essentiel, s’exerce au profit de la trésorerie des exploitants agricoles, et au détriment des motocyclettes dont les moteurs encaissent difficilement l’E85, ces algues unicellulaires présentent une remarquable quantité d’avantages.

PS: Ce type écrit tellement bien qu’on a tendance à se laisser prendre par le style plutôt que par le contenu !

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Paie tes dettes!

Posted in Afrique, Economie, Sénégal by hadyba on janvier 14, 2011

Un jour, un de mes cousins qui faisait des études d’Économie à Paris I m’a dit: « Aujourd’hui, notre prof nous a expliqué en détail pourquoi nous autres Africains n’avons aucune chance de nous sortir du sous développement en l’état actuel du système. Il n’était ni méchant, ni désolé, juste précis et objectif. Et les Africains dans la salle avaient envie de pleurer. »

On a beau le savoir, c’est toujours impressionnant de le relire :

Le discours dominant affirmait que si les mesures «proposées» par le FMI et la Banque mondiale étaient appliquées à la lettre, les économies du Sud allaient se redresser et voir leur niveau de dette diminuer. Le Sénégal, pourtant un très bon élève de la logique néolibérale, n’a pas connu ce chemin, loin de là. Non seulement la dette extérieure publique n’a pas diminué mais elle a été multipliée par trois entre 1980 et 2009 passant de 1,11 à 2,96 milliards de dollars[3].

Durant cette même période, le Sénégal a pourtant remboursé des sommes considérables: le montant transféré par le Sénégal au titre du remboursement de la dette au cours de la période 1980-2008 s’élève à 5,03 milliards de dollars[4]. Concrètement, cela veut dire que le Sénégal, après avoir remboursé cinq fois le montant qu’il devait en 1980, est aujourd’hui trois fois plus endetté. Le système dette a donc joué un rôle clé dans le maintien du transfert des énormes richesses africaines vers les riches créanciers du centre capitaliste. Et ce business très profitable pour certains, sauf changement révolutionnaire, est programmé pour durer longtemps.

Le reste est ici.

 

 

Redondance

Posted in Economie, France, Poésie, Vie quotidienne by hadyba on décembre 25, 2010

En littérature, la redondance est plutôt une mauvaise chose. La répétition a peut-être des vertus pédagogiques, elle n’en est pas moins ennuyeuse. A la rigueur, en poésie, la répétition d’un même mot ou d’une même expression peut-elle créer une impression plus durable en inscrivant de manière obsédante une image dans notre esprit. Par exemple:

 

Masques ! Ô Masques !

Masque noir masque rouge, vous masques blanc – et noir –

Masques aux quatre points d’où souffle l’Esprit

Senghor, Prière aux masques

 

Mais en fait, ces répétitions poétiques ne sont jamais vraiment redondantes dans la mesure où on peut arguer que le retour du mot a une fonction qui n’est pas nécessairement la même à (ou pas déjà accomplie par) chaque occurrence. C’est par ce retour que le rythme est marqué ce qui fait qu’on doit plutôt considérer l’ensemble des itérations comme un système unique destiné à produire un effet bien déterminé. La vraie redondance littéraire a lieu dans la prose et elle est loin d’être aussi élégante que chez Senghor. Elle tend plutôt à s’identifier, dans ce domaine, au pléonasme. Elle est plus souvent l’apanage des petits littérateurs et des discoureurs à la petite semaine que la matière des prix Nobel. Il est rare que : « des vertes et des pas mures », « sûr et certain » ou « je le dis et le répète » se retrouvent chez de grands écrivains.

 

Il est un domaine en revanche, dans lequel la redondance n’est pas loin d’être considérée comme une qualité: l’ingénierie. Si vous concevez des navettes spatiales ou des centrales nucléaires, vous savez que la défaillance d’un système de sécurité est catastrophique. Ce que vous faites alors, c’est que vous les multipliez et faites de sorte que quand un système ne marche pas, un autre prenne le relais. Du coup, quand il y a un incident au coeur du réacteur, c’est en même temps grave et bénin. C’est grave parce qu’il faut réparer vite et que ce n’était pas prévu. Ce n’est cependant généralement pas dramatique parce que les systèmes de sécurité sont redondants et que le temps de réparer, il y a certainement d’autres systèmes qui prennent le relais. Il me semble que c’est exactement la même chose qui se passe dans les systèmes biologiques que nous sommes: nous avons plusieurs sous-systèmes qui ont évolué de la même manière et qui accomplissent des fonctions semblables. Plus un système est complexe, plus il est tolérant à la redondance voire en a besoin.

 

Une conséquence de la redondance, c’est qu’en temps normal, quand on décortique le système, on a l’impression que certaines composantes ne servent à rien.

-Vous avez telle sécurité dira l’expert, pourquoi diable avez vous besoin des systèmes y, z et w qui ont exactement la même fonction? N’est-ce pas là du gâchis? Nous avons besoin d’être efficace et de surveiller les coûts alors vos scrupules d’ingénieur, vous vous les gardez!

-Mais Monsieur…

-Non, il n’y a pas de mais qui tienne, je suis un expert, ce n’est pas un petit ingénieur, fonctionnaire de surcroît qui me dira comment réorganiser tout ça!

 

Vous comprenez maintenant pourquoi je vous parle de redondance? Cet automne, les RER au départ de mon lieu d’habitation étaient tout le temps en retard. Ils nous ont donné comme excuse qu’il y avait des feuilles sur la voie. J’étais juste abasourdi: l’automne survient chaque année et il y a immanquablement des feuilles sur la voie en automne. Pourquoi cela devrait-il poser des problèmes cette année? Le 8 décembre, une dizaine de centimètres de neige a presque totalement paralysé l’île de France, y compris les métros. Ce weekend de Noël, Roissy s’est retrouvé à court d’un liquide permettant de dégivrer les avions et ADP a géré de manière absolument catastrophique l’arrivée de la neige. Il me semble qu’on peut voir dans chacun de ces cas la conséquence de décisions prises ces dernières années et consistant à éviter la redondance au nom de la rationalité économique. Les entreprises et les grands ensembles urbains sont des systèmes complexes par excellence. Si on les gère en ayant comme seul impératif de minimiser les coûts, on se prive de la possibilité d’avoir des personnels qualifiés qui n’ont vraiment de travail que de manière cyclique mais qui à ce moment là s’avèrent précieux. Les évènements inhabituels se transforment en catastrophes juste parce que des crétins sans vision ne comprennent même pas la nature complexe des organisations dont ils ont la charge. Le pire, c’est que même sur le plan économique, il est probable que l’inexistence de ces personnels finit par coûter plus cher que le fait de les avoir et de les voir s’ennuyer au boulot une partie de l’année. Mais ça, essayez donc de le faire entrer dans la tête d’un soi disant libéral.

Photo volée ici.

 

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oh Joe!

Posted in Economie, USA by hadyba on décembre 22, 2010

Joe Klein de Time Magazine:

By the way, I’d add another area where Congress punted: energy legislation that might have pushed this country toward a job-creating green economy. I put this on the Obama Administration, which chose health care over energy as its main project–which reversed the priorities that Barack Obama stated during the 2008 campaign. The health care overhaul is important, if flawed, but if the President had a chance for one big thing, he probably should have chosen energy.

Si je comprends bien, Joe Klein pense qu’il est plus urgent et important de mettre en place une réforme qui éventuellement créera des emplois que d’avoir effectivement fait passer une réforme qui, non seulement empêche que les petites entreprises existantes ne croulent sous le prix des contrats d’assurance maladie, mais en plus s’assure que les citoyens de son pays pourront se soigner sans se ruiner et ne mourront pas de maladies traitables juste parce qu’ils ne sont pas assez riches. C’est vrai que le choix est facile quand tu fais partie de l’élite et que de toute manière aucun de tes proches ne risque de souffrir des défauts du système de protection sociale. Exactement le genre d’attitude que Krugman résumait si joliment quand il écrivait:

Again, most people don’t think about it that crassly; but elites are very good at seeming classy, even to themselves, while being objectively crass.

indeed.

Modeste Proposition

Posted in Economie, Littérature, Politique by hadyba on novembre 28, 2010

Là, je constate humblement que les grands esprits se rencontrent… A défaut de faire preuve du même courage.

Au vu de « l’aide » proposée à l’Irlande, je pensais à la Modeste proposition de Swift dans laquelle il argumentait pour une résorption de la crise irlandaise de son époque qui passerait par un développement du commerce des nourissons irlandais à des fins gastronomiques.

Pour ma part, ayant tourné mes pensées depuis bien des années sur cet important sujet, et mûrement pesé les propositions de nos faiseurs de projets, je les ai toujours vus tomber dans des erreurs grossières de calcul. Il est vrai qu’un enfant dont la mère vient d’accoucher peut vivre de son lait pendant une année solaire, avec peu d’autre nourriture, la valeur de deux shillings au plus que la mère peut certainement se procurer, ou l’équivalent en rogatons, dans son légitime métier de mendiante ; et c’est précisément lorsque les enfants sont âgés d’un an que je propose de prendre à leur égard des mesures telles qu’au lieu d’être une charge pour leurs parents ou pour la paroisse, ou de manquer d’aliments et de vêtements le reste de leur vie, ils contribuent, au contraire, à nourrir et en partie à vêtir des milliers de personnes.

 

Le texte est extrêmement bien fait, ironique, argumentatif et tout à fait dans le style de ce que les idiots du FMI proposent à travers le monde en échange de leur aide budgétaire. Puis j’ai eu un moment de lâcheté et je n’ai pas osé bloguer cette proposition.

Je viens juste de voir que Dieu lui même Krugman avait utilisé ce texte on pas dans son blog mais dans son édito pour le New York Times! Le texte intégral de Swift est disponible ici. Mais je vous conseille d’acheter ses satires. C’est féroce, absurde, argumenté, de mauvaise foi et tellement tellement exact.

Ils vivent plus longtemps

Posted in Economie, France, Politique by hadyba on novembre 11, 2010

Krugman sur les Républicains:

Oh, and they’re talking about raising the retirement age, because people live longer — except that the people who really depend on Social Security, those in the bottom half of the distribution, aren’t living much longer. So you’re going to tell janitors to work until they’re 70 because lawyers are living longer than ever.

Une autre chose qui me parait insuffisamment soulignée dans le débat actuel sur les retraites est que vouloir faire reculer l’ouverture des droits à la retraites sans rien faire pour obliger les entreprises à ne pas virer leurs séniors, c’est plonger toute une partie de la population dans une fin de vie encore plus misérable.

 

Accessoirement, les syndicalistes français me paraissent soit lâches, soit totalement dépourvus de sens de la stratégie. De même qu’il faut savoir finir une grève, il faut également savoir paralyser un pays quand il le faut!

 

Le réaliste, la naïve & les scientifiques

Posted in Economie, Politique, Recherche by hadyba on octobre 4, 2010

Autheuil se montre quelque peu paternaliste avec Agnès Maillard. Cette dernière ayant proclamé qu’elle ne participerait pas à la mascarade des syndicalistes français qui organisent de timides journées d’action plutôt qu’une bonne vieille grève générale, Autheuil voit dans cette attitude une illustration des impasses de la radicalité et de la naïveté du Monolecte. Le très réaliste Autheuil, quant à lui, constate:

Elle n’a pas tort, car c’est le peuple qui se fait toujours avoir, et le pire, c’est que c’est structurel ! Depuis la révolution néolithique, l’homme est passé de l’état de nature à l’état de culture1, avec création d’une véritable société, avec une division des tâches et surtout, hiérarchisation de la société. L’inégalité est consubstantielle à la société, et il y aura toujours une élite qui dominera un « peuple » et sera mieux lotie en tout. Cet état de fait crée une véritable tension, à la fois destructrice car génératrice de violence, mais aussi créatrice car moteurs de changements et d’évolutions

Cette défense des hiérarchies et des inégalités sociales est largement répandue. Le fonctionnement inégalitaire des sociétés ne serait rien d’autre que la forme d’organisation la plus efficace des groupes humains. Hobbes n’aurait pas renié cette théorie, Hayek non plus. Ceux qui adoptent une posture égalitariste sont soit des naïfs, soit des hypocrites essayant de remplacer une élite dont ils sont exclus par une autre à laquelle ils appartiendraient.

La mise au point d’Autheuil a l’air d’être raisonnable, réaliste voire courageuse dans sa sincère simplicité. En fait elle est juste fausse. Scientifiquement fausse.

Il est faux de dire que toutes les sociétés viables ont été inégalitaires depuis le néolithique. Il me semble qu’historiquement, il serait plus exact de dire que les sociétés humaines ont souvent commencé comme des groupes relativement égalitaires, ce qui a fait leur succès, puis qu’à leur apogée elles ont commencé à décliner quand les inégalités se sont creusées et que les divisions socio-économiques se sont stratifiées en castes héréditaires et antagonistes. On peut par exemple prendre la Rome antique comme cas d’étude de cette manière de voir en opposant le système relativement équilibré d’avant la dictature de Sylla au déclin rapide qui a suivi l’établissement du système beaucoup plus inégalitaire qu’était l’empire.

Mais au-delà de mes vagues impressions et convictions concernant l’Empire Romain, c’est là science elle même qui nous dit que les hiérarchisations et inégalités sont inutiles et même dangereuses pour le corps social tout entier. En février 2009 les chercheurs Richard Wilkinson et Kate Pickett on créé The Equality Trust afin de donner plus de visibilité aux résultats de 30 ans de recherches sur les inégalités sociales. Ces résultats sont que dans les pays riches (comme la France donc), une répartition plus égalitaire des revenus entrainerait l’amélioration de tout un tas d’indicateurs sociaux. Si vous voulez lutter contre les homicides, diminuer l’obésité, vider les prisons etc…, il vous suffit de redistribuer les richesses de manière plus équitable et vous y arriverez. Leurs recherches montrent que la réduction des inégalités est beaucoup plus efficace, par exemple, que la croissance économique.

Le graphique suivant (cliquez pour agrandir) montre assez bien, me semble-t-il, la corrélation entre problèmes sociaux et inégalité de revenus.

Les politiciens de droite, qui se veulent souvent réalistes, essaient de nous faire croire qu’ils adoptent leurs positions parce que ce sont les seules raisonnables. Mais en fait quand on prend la peine de se pencher sur ce qu’ils disent, on se rend compte qu’ils se contentent d’affirmer doctement des choses fausses, socialement néfastes et dont la seule justification est préservation d’un statu quo qui leur est économiquement favorable.

PS: Si ça vous intéresse, vous pouvez télécharger les résultats de Pickett & Wilkinson à partir de leur site.

Update du 06/10/10: Karim, me rappelle que Nicolas Baumard avait parlé en détail du livre de Pickett & Wilkinson dans l’excellent blog Cognition & Culture. Ça vaut le détour.

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1Je sais que c’est un détail mais ça n’a pas grand sens de dire que « l’homme est passé de l’état de nature à l’état de culture » parce que d’une part « l’état de nature » n’est rien d’autre qu’une commode fiction philosophique et que d’autre part, si même les animaux non-humains exhibent des pratiques culturelles, il est probable que nos ancêtres du paléolithique avaient également développé des cultures.

Posner redevient idiot

Posted in Economie by hadyba on juillet 26, 2010

Quand, il y a plus d’un an, Posner avait vu la lumière et subitement décidé qu’après tout les théories néolibérales étaient peut-être stupides, le cinglant commentaire de Krugman avait été:

why, exactly, should we listen to people who by their own admission completely missed the story? I mean, anyone who actually listened to what Newt Gingrich and Dick Armey were saying in 1994, let alone what passed for thought in the Bush administration, should have realized long ago that if there ever was an intellectual basis for modern conservatism, it was long gone

Et si l’on y réfléchit une seule minute, c’est incontestable. Richard Posner a beau être juge à la cours d’appel fédérale et prof à l’université de Chicago, il n’en est pas moins vrai qu’il a passé les dernières décennies à défendre et à donner de la respectabilité à des idées non seulement totalement idiotes mais également dangereuses pour la société et cruelles pour les plus défavorisés de ses concitoyens. Qu’il reconnaisse du bout des lèvres que les idées dangereuses qu’il défendait étaient peut-être pernicieuses après que ces idées ont presque menées le monde à la ruine n’en fait pas un héros. Krugman a d’autant plus raison que la crise n’est même pas encore terminé que Posner retourne sans sourciller à ses délires néolibéraux. Ainsi, dans son dernier post, il argumente très sérieusement contre l’allongement par l’administration Obama de la durée des indemnités chômage. Il a deux arguments:

Far from being effective as stimulus, the extension of unemployment benefits will have two negative effects on employment. First, it will increase the opportunity cost of the recipient’s rejoining the labor force.

[…]

Second, extending unemployment benefits has a negative long-term effect on employment. The longer a person is unemployed, the less likely he is ever to return to the labor force, at least in a job comparable to the one he held before becoming unemployed. Apart from erosion of skills and of the habit of working, persons unemployed for a long time are unattractive hires because employers are suspicious of these persons’ attachment to or aptitude for work.

Toujours la même rengaine: les chômeurs préfèrent profiter du système social que de travailler ce qui fait que quand ils finissent par se décider à chercher du travail parce que leur durée d’indemnisation est écoulée, les patrons ne veulent plus les réembaucher parce qu’ils ont perdus leurs savoir faire et sont de toute manière paresseux. Tapons sur les pauvres, non pas parce que ça nous plait mais parce que c’est dans leur intérêt quoi! Ce qui est étonnant, c’est que c’est toujours sur les pauvres qu’on propose de taper et qu’on ne pense jamais à faire payer les riches.

PS: Oh mais bien sûr, Gary Becker pense la même chose, mais c’est Becker non? Just for fun, admirez la qualité de ses arguments:

However, the actual large extension poses a major risk of creating an unemployment culture where men and women remain “ unemployed” for years. Once the period of unemployment becomes long enough, people begin to get the habits from being unemployed for a long time: they sleep late, develop various leisure interests, and at the same time their work skills depreciate from not using them for an extended period. Studies have shown that skill depreciation is a serious effect of being unemployed for a long time.

C’est bien connu, les chômeurs se réveillent à 12h et attendent qu’il fasse nuit pour aller boire leurs indemnités.

Sur Krugman

Posted in Blogroll, Economie by hadyba on septembre 17, 2009

Dr Krugman & Mister Paul!

Parce même si Krugman c’est Dieu, on a le droit de blasphémer, non? Je ne suis pas d’accord avec l’auteur mais l’article est très intéressant.

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