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Président Le Pen ?

Posted in France, Politique, Spéculation gratuite by hadyba on avril 2, 2017

Contrairement à ce que laisse penser ma tendance à énerver mes amis français en critiquant sans cesse leur pays, la France est l’un des pays que j’aime, respecte et admire le plus. La France est quand même rares pays qui se préoccupe sérieusement de soigner sa population, d’équilibrer le rythme de vie des masses pour qu’elles ne se tuent pas à la tâche et de promouvoir sans complexe une culture et des droits universels. On peut critiquer la France sur beaucoup de points mais à tout prendre, si l’on juge objectivement des choses, même si je suis le premier à chanter avec Renauld :

Être né sous l’signe de l’hexagone,

c’est vraiment pas une sinécure,

Je dois bien avouer que naître sous le signe de l’Hexagone est quand même une sacré chance, quel que soit l’indicateur choisi. La France est une des premières puissances militaires, économiques, sociales et politiques de cette terre. Étonnamment, à entendre pérorer les politiciens locaux, l’on a l’impression que la France est un champ de ruines dévasté par la peste et le choléra, envahi par des hordes barbares venues d’Arabie et de Nigritie, et gouverné par des lois dictées par une infâme classe de juriste bruxellois. Depuis plus d’une vingtaine d’années, les politiciens, experts et journalistes assurent le peuple que la situation ainsi décrite est un fait quasi inévitable mais que le reste d’indépendance et de civilisation dont le peuple jouit encore est menacé par un ennemi intérieur, un monstre borgne nommé Le Pen. Voter, quand on est français, revient uniquement à choisir qui nous sauvera de ce monstre. Protester, c’est faire le jeu du monstre. Critiquer le statut quo, c’est renforcer le monstre.

Le problème avec les monstres c’est que tôt ou tard, la personne que l’on essaie d’en protéger voudra essayer de les combattre lui-même voire sera tenté de croire qu’il n’est certes pas si monstrueux que l’affirment ses protecteurs. Il me semble que le peuple français en est exactement au point où la séduction du monstre est trop grande pour être conjurée par les incantations des mages. Malheureusement, je ne suis pas sûr que ce ne soit pas à juste raison en plus.

Si l’on regarde l’offre politique actuelle, mon problème n’est pas de savoir si Mme Le Pen pourrait gagner ; mon problème est que je ne vois pas comment elle pourrait ne pas gagner. Comme beaucoup, ce qu’elle représente me fait horreur. Il n’en demeure pas moins que non seulement je suis convaincu qu’elle va gagner mais en plus, je ne suis pas loin de penser que ce ne serait là rien d’autre que la note présentée à une classe politique démagogique, méprisante, corrompue et incapable de regarder plus loin que son intérêt définie de la manière la plus veule possible.

La classe politique française s’est longtemps complu dans la fange. Elle a fait croire au peuple que le monde extérieur était dangereux. Que tous les problèmes du pays ne venaient que de trois choses qui au fond n’en faisaient qu’une : la mondialisation, l’Europe, et les étrangers vivant en France. Cette peur de l’étranger est devenue un tel axiome de la vie politique française que même Mélenchon a infléchi sa position sur le sujet pour affirmer la nécessité de lutter contre les causes de l’immigration (qui est bien évidemment un mal donc), quant à Macron, il a re-rétropédalé sur ses déclarations sur la colonisation et est à présent en train de faire du charme à Christian Estrosi à défaut d’accepter le soutien du sulfureux Iznogoud Valls. La victoire idéologique est donc totale pour le Front National. Nul ne conteste sérieusement que l’Europe est mauvaise pour la France, que l’immigration est une plaie et que la mondialisation est appauvrissante. Or qui propose, sérieusement, avec logique et constance, de couper le nœud gordien ; de quitter l’Union Européenne et de renvoyer tous les basanés en Arabie et en Nigritie ? Le Front National et uniquement lui. C’est donc très logiquement que Marine Le Pen, sans même véritablement faire campagne caracole en tête de toutes les projections. Bien évidemment, tous les apprentis sorciers qui dominent la politique française se réjouissent secrètement de ce résultat, se battant uniquement pour arriver deuxième du premier tour. Ils pensent que conformément à la jurisprudence Chirac, le peuple français obéira à leurs injonctions et ira voter contre madame Le Pen quel que soit le candidat qualifié.

Je pense qu’ils se trompent lourdement. Les français votent me semblent-il sur des sujets tout autant que pour une personne lors d’une présidentielle et il me semble que quel que soit le candidat qualifié, Mme Le Pen est en mesure de le battre sur ces sujets. Prenons les candidats capables de se qualifier et les problèmes importants pour les français et plaçons les dans un tableau. Considérons les quatre sujets suivants :

  1. L’humanisme : Les français tiennent à préserver la réputation de la France comme pays des droits de l’homme et universelle donneuse de leçons. C’est ce qui explique me semble-t-il le succès d’organisations comme les Enfants de Don Quichotte ou le fait que la déportation des enfants d’immigrés n’a jamais été populaire même au plus fort de Sarko-Guéant. L’élection de Le Pen sera une blessure narcissique infligée à cette image de la France.
  2. Le danger étranger : La rhétorique politique de ces vingt dernières années a créé en France une peur du monde extérieur. Cette peur amalgame dans un même élan l’islamisme violent, les hordes sauvages africaines, le plombier polonais, la mondialisation, etc. Il me semble que ce sera un facteur important du choix des électeurs.
  3. La sécurité intérieure : La même rhétorique a créé une peur du danger déjà implanté. Cette peur mélange la crainte du déclassement, celle de l’islamisme violent, celle de la petite délinquance et des incivilités qui pourrissent la vie quotidienne.
  4. La sécurité sociale : beaucoup d’étrangers ont du mal à le réaliser mais un français normal a culturellement du mal à admettre que l’on puisse ne pas soigner un malade parce qu’il n’a pas d’argent. (Et rien que pour ça, je pense que nous pouvons accepter que ce pays est le plus civilisé au monde !) Dans la sécurité sociale, je mets également les lois démantelant les acquis sociaux et ou le droit du travail.

J’avais la certitude que si l’on prenait en compte ces quatre préoccupations, il n’était pas sûr que les potentiels qualifiés au 2nd tour convainquent mieux les français que Mme Le Pen. Pour le vérifier, j’ai construit la matrice ci-dessous en attribuant 4 points à un vote contre Le Pen sur le sujet et 1 point à un vote Le Pen. Par exemple, si je crois que concernant la sécurité intérieure, les français feront plus confiance à Le Pen qu’à X, je donne 1 point, si je pense qu’ils feront confiance à X je donne 4, si je pense que X fera mieux que Le Pen sans en être certain, je donne 3 etc. Etant donné qu’il y a quatre paramètres, si j’étais certain que X vaincrait Le Pen, on se retrouverait avec 16 points et si je pensais l’inverse, on aurait 4. Plus le score est bas donc, plus j’estime faible les chances de X et plus le score est proche de 16, plus je les estime fortes. Cette matrice n’a bien évidemment aucune valeur scientifique. Mais bon… les sondages non plus

Fillon vs. Le Pen Hamon vs Le Pen Macron vs Le Pen Mélenchon vs Le Pen
Humanisme 3 4 4 4
Danger étranger 2 1 1 2
Sécurité intérieure 2 1 1 1
Sécurité sociale 1 3 1 4
Total 8 9 7 11

 

En gros, il me semble que si n’importe qui fait mieux que Le Pen concernant l’humanisme. Quoique les filouteries de Fillon soient une tâche sur le drapeau français. Seul Mélenchon et, dans une moindre mesure Hamon, rassureraient les français concernant la préservation du modèle social français. Macron et Fillon le démantèleront certainement. Sur la sécurité, Fillon pourrait rassurer mais pas totalement vu qu’il est quand même un peu raisonnable, ne voulant ni murer les frontières face aux hordes sauvages ni sortir de l’Europe. Personne ne peut de toute manière quoi que ce soit contre le terrorisme même si Le Pen pourrait satisfaire le sadisme de son électorat en réinstaurant la torture et la peine de mort. Le pari de Macron était de créer un mouvement à la Obama qui changerait totalement la donne en apportant un discours radicalement nouveau. Contrairement à Obama, il n’a ni projet fédérateur ni discours neuf. De plus, les français sont moins idéalistes, plus blasés et ironiques que les américains. Macron a donc plus l’air de vendre une lessive qu’autre chose. Quand on regarde la distribution des points dans le tableau, le plus haut total fait 11 et il est attribué à Mélenchon. Macron me semble devoir faire le pire face à Le Pen. L’explication me parait simple : entre une raciste qui laisse le droit du travail et la sécurité sociale en l’état et un banquier inexpérimenté en politique qui va détruire les deux, que choisira le peuple ? Pourtant c’est Macron qui va probablement être au second tour face à Le Pen. De ce fait, je ne vois vraiment pas comment Marine Le Pen pourrait ne pas sortir vainqueur du second tour. Je le vois d’autant moins que la blessure narcissique française en cas de victoire Le Pen sera mitigée par deux choses : d’une part Marine Le Pen est une femme et son élection sera une première pour la France et d’autre part le précédent Trump relativise la honte. Face à Trump, Marine Le Pen est un parangon d’élégance et de culture.

Bon ceci dit, n’oublions pas que j’avais, en son temps, courageusement prédit la victoire de Ségolène Royal sur Sarkozy.

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Organiser la fuite…

Posted in immigration, Sénégal, Spéculation gratuite by hadyba on décembre 1, 2014

J’ai passé dix ans en France. Puis j’ai décidé de rentrer. Malgré ma décision personnelle de rentrer, je n’ai pas de problème particulier avec la prétendue fuite des cerveaux. Je pense que les êtres humains ne sont pas du bétail que leur propriétaire a le droit d’enfermer dans un enclos et d’utiliser comme il le veut. Si les ressortissants des pays pauvres comme le mien estiment qu’ils veulent vivre dans un pays développé et confortable, je ne vois pas de quel droit on devrait les obliger à rester pour partager le sort de leurs compatriotes… à condition bien évidemment que le pays de leurs rêves veuille bien d’eux.

Ce qui désole le plus les gens, c’est que les pays qui accueillent les migrants ont la fâcheuse tendance à ne vouloir recevoir que nos migrants les plus compétents. Les pays sous-développés n’ont par définition pas beaucoup de ressources. Nous en consacrons une part importante pour former des gens et une fois que nous pensons retirer les fruits de ces investissements, ces personnes dont nous avons financé la formation s’envolent vers des cieux plus cléments. Ainsi ai-je entendu l’autre jour qu’alors qu’il n’y a qu’une vingtaine de psychiatres dans tout le Sénégal, il y aurait une quarantaine de psychiatres sénégalais en France. Je suppose que c’est vrai de beaucoup de spécialités médicales. Ma première réaction en entendant ce chiffre a été de penser : « Mais il faut empêcher ça ! » Puis je me suis souvenu que ce serait là aller contre les droits de ces médecins. En fait la vraie question est : « Pourquoi n’en forme-t-on pas plus ? » Nous avons une bonne fac de médecine qui sélectionne à mort les entrants et forme très peu de médecins. Et parmi ces médecins, beaucoup s’expatrient . Qu’est-ce qui empêche vraiment notre pays d’investir dans la formation des médecins de sorte que même après que beaucoup d’entre eux se seront expatriés, il en restera quand même suffisamment pour soigner nos compatriotes ?

Plus généralement, une question que je me pose est la suivante : pourquoi, en tant que pays sous-développé n’investissons nous pas massivement dans l’éducation en nous disant que si nos jeunes sont bien formés, soit ils trouveront/créeront de l’emploi chez nous, soit ils auront des capacités qu’ils pourront monnayer à l’étranger ?

Je suis conscient que l’on peut m’opposer l’argument évident selon lequel l’éducation coûte cher à l’État et que nous n’avons donc pas à investir dans l’éducation de nos jeunes pour que les autres pays en profitent. J’avais tendance à raisonner de cette manière là. Mais d’une part, je trouve que c’est faux que l’éducation coute cher. Au Sénégal tout comme dans la plupart des pays du monde, les profs sont notoirement mal payés. Notre gouvernement brandit toujours le chiffre impressionnant de 35% affirmant que l’éducation nationale engloutit 35% de notre budget national. Ce qu’il se garde de dire, c’est que nous ne dépensons que 6% de notre produit intérieur brut pour éduquer l’ensemble de notre population. Ces 6% sont équivalents à la part de son PIB que la France consacre à l’éducation. Sauf que la France a un PIB considérablement plus important que le nôtre et des structures éducatives bien plus anciennes. Notre système éducatif est encore en construction, le leur est mûr. Or nous sommes un pays pauvre et sans ressources naturelles qui ne pourra se développer que si nos ressources humaines sont de qualité, ce chiffre de 6% me paraît donc plutôt ridicule dans notre cas. Il me semble quant à moi que l’on doit certes se préoccuper de l’efficacité de l’argent dépensé dans le secteur éducatif mais que l’on doit se donner pour objectif que TOUTES les personnes qui naissent dans ce pays bénéficient d’une éducation de qualité et jusqu’à un niveau avancé. Cela, non par idéalisme, mais par souci d’efficacité : s’il n’est pas sûr que la formation suffise à développer un pays, il me semble en revanche évident qu’une masse de citoyens sans formation ne peut pas faire grand bien à l’économie d’un pays. Par exemple notre agriculture occupe 70% de notre population pour des rendements très faibles qu’une meilleure formation des agriculteurs pourrait certainement améliorer.

Mais que faire de gens bien formés si notre économie est exsangue ? C’est là que j’ai eu une idée folle : je me demande si nos États ne devraient pas favoriser l’émigration plutôt que de vouloir à tout prix lutter contre la fuite des cerveaux. Certes on a formé ces gens là et si on les laisse partir, c’est au développement d’autres pays qu’ils contribueront. Mais… d’une part, ce n’est pas sûr que le pays formateur soit perdant. En effet, les émigrés envoient de l’argent à leur famille restée au pays. Et si l’on en croit les chiffres de la banque mondiale, cet argent représente le triple de l’Aide Publique au Développement. Cet argent profite directement aux populations qui sont quand même les mieux placées pour savoir dans quoi elles veulent investir. Par ailleurs, cette « fuite » pourrait n’être pas définitive. J’ai passé 10 ans en France et ai appris des choses que je n’aurais pas apprises si j’étais resté au Sénégal. Maintenant je suis de retour sans que personne ne m’y ait incité. Il me semble que mon cas n’a rien d’exceptionnel. Quand les gens partent et acquièrent des compétences, il arrive fréquemment un moment où ils ont envie, pour moult raisons, de rentrer chez eux. Souvent, ils reviennent avec non seulement de nouveaux savoir faire mais également de l’argent à investir ainsi que des idées de business qu’ils n’auraient pas eues s’ils n’avaient pas séjourné à l’étranger. De ce fait leur voyage est à terme bénéfique au pays. D’autre part, il y a des formations qui n’ont pas de débouchés dans un pays sous-développé mais dont je me dis que ce serait dommage qu’elles n’existassent pas rien que pour cette raison. Par exemple, rien que pour des disciplines aussi cruciales que la médecine, ce ne sont pas toujours les talents qui manquent mais l’infrastructure. Nous avons des hôpitaux dans lesquels manquent des anesthésiants voire du fil chirurgical alors que nos professeurs de médecine sont parfaitement qualifiés pour pratiquer de la chirurgie cardiovasculaire. Ne doivent-ils pas l’enseigner ? Je pense que si mais quid des diplômés dans cette spécialité si n’existe qu’un seul hôpital où elle se pratique dans tout le pays ? Je préfère qu’ils s’expatrient, continuent à apprendre et reviennent s’ils le veulent au moment où leur pays sera prêt à les accueillir plutôt que de leur refuser une formation pour laquelle ils ont du talent.

Pour toutes ces raisons, je me demande si et jusqu’à quel point la fuite des cerveaux est vraiment une perte pour les pays qui voient partir leur main d’œuvre la plus qualifiée. Un État responsable quantifierait ce genre de chose et au besoin organiserait la fuite des cerveaux plutôt que de lever les yeux au ciel et de se lamenter.

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Fontenelle et la crise de l’euro

Posted in Economie, Spéculation gratuite by hadyba on octobre 27, 2011

Toute l’agitation des chefs de gouvernement européens sur la crise de européenne actuelle me fait penser à ce texte de Fontenelle:

« En 1593, le bruit courut que les dents étant tombées à un enfant de Silésie, âgé de sept ans, il lui en était venu une d’or, à la place d’une de ses grosses dents. Horstius, professeur en médecine dans l’université de Helmstad, écrivit en 1595 l’histoire de cette dent, et prétendit qu’elle était en partie naturelle, en partie miraculeuse, et qu’elle avait été envoyée de Dieu à cet enfant pour consoler les chrétiens affligés par les Turcs. Figurez-vous quelle consolation, et quel rapport de cette dent aux chrétiens ni aux Turcs. En la même année, afin que cette dent d’or ne manquât par d’historiens, Rullandus en écrit encore l’histoire. Deux ans après, Ingolstetetus, autre savant, écrit contre le sentiment que Rullandus avait de la dent d’or, et Rullandus fait aussitôt une belle et docte réplique. Un autre grand homme nommé Libavius ramasse tout ce qui avait été dit de la dent, et y ajoute son sentiment particulier. Il ne manquait autre chose à tant de beaux ouvrages, sinon qu’il fût vrai que la dent était d’or. Quand un orfèvre l’eut examinée, il se trouva que c’était une feuille d’or appliquée avec beaucoup d’adresse ; mais on commença par faire des livres, et puis on consulta l’orfèvre. »

« Rien n’est plus normal que d’en faire autant sur toutes sortes de matières. Je ne suis pas si convaincu de notre ignorance par les choses qui sont, et dont la raison nous est inconnue, que par celles qui ne sont point, et dont nous trouvons la raison. Cela veut dire que non seulement nous n’avons pas les principes qui mènent au vrai, mais que nous en avons d’autres qui s’accommodent très bien avec le faux. »

— Fontenelle, Histoire des oracles, IV. (Source)

Je ne suis pas en train de dire qu’il n’y a pas de crise en Europe. Ce dont je suis sûr en revanche, c’est que ça ne sert à rien d’organiser des réunions de la dernière chance tous les trois mois en essayant de prévenir une apocalypse. Ce que Fontenelle nous conseillerait, ce serait de réunir des économistes et leur demander d’étudier ce qui se passe et de proposer des solutions. Tant que ce travail préalable d’observation et d’analyse n’est pas fait, les réunions de la dernière chance peuvent au mieux, maintenir le statut quo, au pire dégrader la situation.

En l’occurrence, il me semble que notre dent d’or est l’idée qu’une baisse de notation par Moody’s entrainera nécessairement un renchérissement du crédit. Ça ne semble clairement pas arriver depuis que la note US a été dégradée par S&P.

Un loser sans coeur

Posted in Spéculation gratuite by hadyba on août 1, 2011

Je trouve cet article du Telegraph instructif. On peut difficilement faire plus loser que ce Breivick. Le mec a 32 ans, il vient de massacrer une centaine de jeunes et ses préoccupations principales sont la forme de son nez, le fait de porter un Lacoste rouge ou le fait qu’à 12ans il était un danseur de rues réputé. Et bien sûr il essaie de faire porter la responsabilité de ses actes à de vagues amis d’enfance qui, eux, ont une vie. Pitoyable!

Breivik says his closest friend was a boy called Arsalan, but the pair fell out when they were 16. He accuses Arsalan and other Pakistani youths of being violent and claims to have been beaten up eight times, once suffering a broken nose; it is the moment Breivik claims he railed against multiculturalism. “At the time, I couldn’t understand why he [Arsalan] loathed Norway and my culture so much,” wrote Breivik. “I was completely ignorant at the time and apolitical, but his total lack of respect for my culture… actually sparked my interest and passion for it.”

It is a claim disputed by Arsalan’s family. His father, a wealthy doctor, was too upset to talk last week about the claims. The family are terrified of being dragged into the mire. But a family friend said: “Arsalan hasn’t known him [Breivik] for 25 years. They were only at primary school together. Arsalan can’t be blamed for what Anders Breivik has done. It is ridiculous to blame Arsalan for making him angry about multiculturalism. Arsalan and his family have integrated here.”

Si un lâche pareil est le seul héros que l’extrême droite européenne a à offrir, je ne m’inquiète pas. Ils ne méritent même pas notre haine: il nous suffira juste de continuer à vivre, aimer, éprouver de la douleur essayer de faire des choses, échouer, réussir, tomber amoureux et avoir de amis pour que leurs coeurs rabougris continuent à saigner. Ces mecs vivent déjà en enfer. Et ça n’a rien à voir avec les jeux videos ou internet ou quoi que ce soit d’autre. Dans l’article, on voit qu’il a joué aux jeux de guerre sur internet pour simuler des attaques qu’il avait déjà projeté; il ne les a pas projet parce qu’il jouait aux jeux vidéo comme certains l’ont stupidement dit.

A la fin de l’article, un de ses amis se confie:

“What keeps me awake at night is not that he’s a monster,” says Mr Svaar, “it is that he is a regular, Norwegian boy.”

 Mais bien sûr, il se trompe, les « regular, Norwegian boys », ce sont les ados que Breivick a choisi de massacrer et qui avaient dans leur coeur assez de bonté et d’enthousiasme pour essayer de construire un monde meilleur. Ce qui le tuait, c’était de voir le reste du monde évoluer et donner du sens à sa vie et d’être incapable de trouver en lui les mêmes élans constructifs. JK Rowling a tout compris qui faisait dire à Dumbledore:

« Do not pity the dead, Harry. Pity the living, and, above all, those who live without love. »

Mais je ne suis pas assez bon pour avoir de la pitié pour un loser pareil…

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Wade rééligible?

Posted in Sénégal, Spéculation gratuite by hadyba on juillet 23, 2011

Inséré dans cet article du Monde, il y a cette interview de Wade dans laquelle il dit qu’il ne se représentera pas pour un troisième mandat parce qu’il ne le peut pas ayant déjà constitutionnellement bloqué le nombre possible de mandats à deux. La question de savoir si Maitre Wade a le droit ou non de se représenter pour un troisième mandat comme il en a désormais l’intention est l’un des points de discorde entre l’opposition et les membres de son gang. J’ai tendance à penser que c’est un faux problème. La question importante est celle de savoir

  1. si le peuple s’inscrira sur les listes électorales et ira voter
  2. si le processus électoral dans son ensemble sera transparent

Si ces deux conditions sont remplies, il m’importe assez peu que Wade se présente ou non parce que soit il perdra, soit il sera réélu mais dans les deux cas, ç’aura été la décision souveraine du peuple. La seconde éventualité me dévasterait littéralement mais bon, c’est la règle du jeu démocratique et s’il s’avère que le peuple veut de lui, tant pis.

Sur le point précis de savoir s’il a le droit de se représenter, je dois avouer que contrairement à tous mes amis, je ne crois pas ne suis pas certain que ce serait illégal. Mon raisonnement est le suivant. Wade a été élu en 2000 sous l’ancienne constitution qui prévoyait un septennat renouvelable une fois. Puis il a changé la constitution pour instaurer un quinquennat renouvelable une fois. Il a été élu en 2007 sous cette seconde constitution pour un quinquennat. La question me semble-t-il est de savoir si l’on accepte ce principe juridique selon lequel les lois ne sont pas rétroactives, auquel cas on dirait que l’interdiction du troisième mandat contenu dans la constitution actuelle ne s’applique pas à ce qui existait antérieurement. Ou bien si l’on accepte que la constante de la constitution sénégalaise est que le nombre de mandats présidentiels est limité à deux. Cette position me parait difficile à tenir dans la mesure où nos deux premiers présidents ont régné chacun vingt ans soit quatre mandats. Ceci dit, les juristes sont notoirement connus pour interpréter la loi selon le sens du vent. Et je n’en attends pas moins des distingués membres de notre Conseil Constitutionnel. De plus, je suis en train de tenir un raisonnement juridique amateur sans avoir en main toutes les informations pertinentes. Par exemple, il me semble imaginable que rien que le fait de savoir si le référendum constitutionnel de 2000 avait pou objectif de modifier ou de remplacer la constitution influerait sur la rétroactivité ou non de la limitation du nombre de mandats à deux. Quoiqu’il en soit, même si le CC décidait que Wade pouvait se représenter, la vidéo montre clairement que Wade avait lui même affirmé qu’il ne briguerait jamais un troisième mandat. Ceci dit, le cynisme dont il a fait preuve l’autre jour en jetant, désinvolte : « Maa waxoon waxeet »* montre qu’être perçu comme un menteur l’indiffère assez s’il peut continuer à piller le pays.

La video:

………………

* « Je l’avais dit, je me dédis » mais le « waxeet » en wolof a la charge de menteur invétéré à la parole duquel on ne peut pas se fier, sachant qu’au Sénégal, traiter quelqu’un de menteur est l’une des pires insultes qu’on peut lui faire. Dans l’ethos sénégalais, un adulte honorable ne ment pas, point barre.

Un Signal de la Police Sénégalaise?

Posted in Sénégal, Science, Spéculation gratuite by hadyba on juillet 12, 2011

C’est drôle comme la théorie des jeux a tendance à pointer le bout de son nez dès que les choses deviennent un peu complexes.

Une théorie intéressante dans ce champs est la théorie du signal qui dit que très souvent, il y a une asymétrie dans la détention de l’information et il faut que les intervenants du marché trouvent le moyen de communiquer ce qu’ils savent à ceux avec qui ils doivent potentiellement interagir. Diego Gambetta a par exemple appliqué la théorie du signal à son étude de la mafia dans le sud de l’Italie. Tout le jeu, nous montre Gambetta consiste à envoyer un signal plus ou moins couteux de sorte que les intervenants des milieux interlopes puissent savoir avec certitude qu’ils peuvent avoir confiance en vous. Ainsi, le Yakusa qui se tatoue le corps entier ou qui se coupe le bout de l’auriculaire envoie-t-il un signal difficile à copier par un outsider et qui dit à ses collègues mais également aux innocents qu’il a payé le prix qu’il faut et que ni la douleur, ni l’affichage de son appartenance à un clan ne lui font peur.

Envoyer un signal n’est bien évidemment pas l’apanage des mafieux. C’est ce que font de manière routinière les hommes politiques, les chef d’entreprise et même les gens qui s’habillent pour sortir (pas de burka en boite de nuit, pas de minijupe microjupe à l’église!).

Il me semble que c’est à l’aide de la théorie du signal qu’il convient de lire cette interview de M. Harouna Sy, Commissaire Central de Dakar. En général, au Sénégal, les flics ne parlent pas. Sauf pour dire que le Président de la République est un génie, qu’ils ont réceptionné de nouvelles voitures ou qu’ils ont incinéré tant de tonnes de drogue. Tout le monde sait que le GMI est un corps n’ayant d’autre objectif dans la vie que de casser du manifestant. On les distingue du flic « normal » qui fait son boulot d’aide à la population et on ne lui en veut même pas. C’est un mal nécessaire dans un État bien organisé. Quiconque manifeste le fait à ses risques et périls. Les GMI le tabasseront et et enverront des gaz lacrymogène s’ils en reçoivent l’ordre. De manière symétrique, tout manifestant qui en a l’occasion peut et doit jeter des pierres sur le GMI qu’il a en face de lui. C’est ça le statu quo depuis toujours. Et il est arrivé que des manifestants meurent sous les coups des forces de l’ordre (au moins trois étudiants lors de diverses grèves dont un quand j’étais à l’UCAD) ou que des flics meurent sous les coups des manifestants (vers la fin du règne de Diouf si je ne m’abuse).

En théorie des jeux, les statu quo sont intéressants en ce sens qu’ils permettent une transparence de l’information. Mais qu’arrive-t-il quand l’une des parties a envie de changer le statu quo? Pour cela, il lui faut envoyer un signal pour informer les autres intervenants du marché que l’équilibre a changé et qu’un nouvel équilibre est souhaitable. Pour que ce signal ne paraisse pas trompeur, il faut qu’il soit couteux pour son émetteur. S’il se met en danger pour l’envoyer, cela veut dire qu’il tient vraiment à ce que le nouvel équilibre soit accepté par les autres. Il me semble que c’est exactement ce que fait le Commissaire Harouna Sy dans l’extrait d’interview que je vous mettrai à la suite. Il est en train d’envoyer aux manifestants le signal que la police aimerait désormais ne plus se cantonner à la féroce répression qui était jusque là son domaine de prédilection mais voudrait se contenter d’encadrer paisiblement les manifestations. L’on pourrait penser que ce signal n’en est pas un mais je suis sûr que si et qu’il est même couteux. Si le Président de la République n’avait était aussi affaibli, une telle interview aurait valu à son auteur une rétrogradation et une nomination dans la ville la plus pourrie du Sénégal. Et il n’est pas évident du tout que dans un soubresaut de fierté, les crétins qui nous dirigent n’essayeront pas de nuire au Commissaire Sy. Quoi qu’il en soit, s’il a osé donner cette interview, je pense que c’est parce qu’il transmet une « offre de paix » avec laquelle une majorité des officiers supérieurs de la Police Sénégalaise sont d’accord. Il sera intéressant de voir si d’autres institutions sénégalaises vont envoyer des signaux à la population. Il me semble que l’armée avait ouvert le bal par la voix du Général (à la retraite) Mansour Seck.

Maintenant la partie de l’interview que je lis en termes de théorie du signal:

Le Sénégal a été secoué par des émeutes les 23 et 27 juin 2011. Comment la police les a gérées ?

Je voudrais avant tout lancer un appel aux organisateurs des manifestations, pour qu’à l’avenir, lorsqu’ils déroulent une manifestation de surcroît autorisée, qu’ils sachent d’abord que la police est là pour assurer leur protection, assurer la bonne tenue de leur manifestation. Je n’ai pas compris le comportement des manifestants le 23 juin devant l’Assemblée nationale. Ils ont fait preuve d’une violence inouïe contre les forces de l’ordre qui n’étaient là que pour que tout se passe bien. Les forces de l’ordre sont des gens armés, mais également des citoyens comme tout le monde, qui ont des droits et des devoirs. Je connais de grosse démocratie où les gens allaient utiliser leurs armes dans pareils cas. Toutes les conditions étaient réunies pour le faire, les armes à feu, nous les avions, mais nous ne les avons pas utilisées.

On a vu que les policiers étaient dépassés…

Nous avons bien préparé nos hommes dans l’optique d’une gestion intelligente de la manifestation. Ils ont été rassemblés la veille à partir de 4 heures du matin pour une séance de briefing très profond. Ils ont suivi à la lettre les consignes. Au finish, ils ont été héroïques, pour contenir l’ire des manifestants. Il y avait des milliers de personnes contre une centaine de policiers. Nous nous sommes sacrifiés, voilà le mot, et nous avons sauvé beaucoup de choses, au point qu’à un moment donné, nous étions au point de rupture, mais nous avons tenu bon. C’est le lieu pour moi de féliciter et rendre un vibrant hommage aussi bien à mes chefs qu’aux commandants qui étaient avec moi, avec une mention spéciale à l’endroit des éléments, les gardiens de la paix qui ont fait preuve d’une bravoure extraordinaire. Je sais qu’ils en ont payé de leur personne, parce qu’on n’a eu plusieurs blessés, 23 au total, malgré nos protections, dont le commandant du Gmi et moi-même.

L’orgueil d’ObL

Posted in Religion, Spéculation gratuite by hadyba on mai 8, 2011

La première de ces vidéos de Ben Laden mises en ligne par le Pentagone me parait révélatrice. Un homme qui soit-disant défend une religion iconoclaste mais ne peut s’empêcher de contempler sa propre image en se caressant la barbe.

Au fond, toute cette rhétorique de la guerre sainte n’est que le prétexte pour l’expression d’une mégalomanie délirante et d’un orgueil en contradiction directe avec la foi que l’on prétend défendre. L’islam insiste sur la modestie, sur la soumission à Dieu. Ce que nous voyons dans cette vidéo, c’est un homme qui est tellement autocentré qu’il se masturbe symboliquement (voir le mouvement rythmique de la main qui caresse la barbe) devant sa propre image et à la pensée que le monde entier le regarde.

Le vieillard que l’on voit dans ce film était conscient d’être devenu une idole, littéralement. Pourtant, il ne lui a pas un seul moment traversé l’esprit que le péché le plus grave, en islam, est l’association. Bien au contraire, il semblait jouir sans réserve de l’adulation de sa clique et de la peur qu’il s’imaginait inspirer au reste du monde. En vrai, il ne nous faisait même pas vraiment peur: c’était juste une petite nuisance qui à causé la mort de quelques millions d’innocents (majoritairement musulmans) et qui nous empêchait de prendre l’avion de manière décontractée.

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Hotel du Golf

Posted in Oh my God!, Spéculation gratuite, Vie quotidienne by hadyba on avril 22, 2011

Vous souvenez-vous, chers lecteurs qu’Alassane Ouattara était jusque très récemment terré à l’hôtel du Golf.

Vous souvenez-vous, chers lecteurs, qu’au lendemain de la démission de Moubarak, je me suis modestement refusé à endosser toute responsabilité dans cet heureux dénouement malgré l’insistance des foules sagaces et inquisitrices?

Eh bien, je ne puis non plus, chers lecteurs,  dire dans quelles circonstances cette photo a été prise. Je sais que malheureusement mes sagaces lecteurs en tireront des conclusions quant à mon rôle éventuel dans la restitution des insignes du pouvoir ivoirien à son légitime dépositaire. Mes lèvres demeureront cependant scellés, comme il se doit.

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Le temps des outsiders

Posted in Spéculation gratuite by hadyba on février 11, 2011

Je suis en train d’écouter les commentaires des pundits et des journalistes sur l’Égypte. Une curieuse impression que j’ai est qu’ils sont en train de rater quelque chose d’important et qu’ils n’arrivent pas encore à vraiment conceptualiser. Ils s’inquiètent du fait que les Frères musulmans sont la seule force d’opposition organisée. Ils aiment bien les manifestants qui sont de la classe moyenne, cosmopolites, démocrates etc… Le problème qu’ils voient, c’est que ce peuple là n’est pas organisé et n’a ni structure représentative, ni figure unificatrice. Même El Baradei n’est pas sûr d’avoir la légitimité pour parler au nom de ce mouvement spontané. La conclusion qu’en tirent beaucoup « d’experts » c’est que cette demande de démocratie, faute d’être structurée, n’aboutira qu’à un chaos sans lendemain. Un peu comme la Commune de Paris en 1871.

Je ne sais absolument rien de l’Égypte. Ceci dit, il me semble que ce que ratent les journalistes et experts, c’est que nous vivons à une époque qui est extrêmement favorable aux outsiders. Prenez le cas d’Obama, il a réussi à s’emparer de la Présidence US en contournant l’establishment du parti démocratique et en faisant directement appel à des gens qui ne se conceptualisent pas nécessairement comme ses inconditionnels ad vitam aeternam. Par rapport à Hilary Clinton et même à John Edwards, c’est lui qui était l’outsider. C’est pourtant lui qui a su mobiliser les énergies et créer un large mouvement autour de sa candidature. Ceux qui ont voté pour lui n’en sont pas pour autant devenus des membres de son parti ni ne lui ont fait personnellement allégeance. Une élection encore plus importante sur le plan géopolitique a vu se reproduire le même scenario, je parle bien évidemment de l’accession de Fromantin à la mairie de Neuilly. Un type excédé par l’attitude des politiciens légitimes décide à un moment donné qu’il allait prendre le contrôle du fief du Président et y arrive les doigts dans le nez!

Il me semble que notre époque avec son développement paradoxal de l’individualisme ET des réseaux sociaux est propice à une sorte d’anarchisme qui fait que les gens se réunissent de manière ponctuelle autour d’un projet qui peut être politique* et se dispersent très vite une fois le projet réalisé. Typiquement, les manifestants de la place Tahrir ont un projet très simple, ils veulent le départ de Moubarack et ils veulent que le pouvoir politique cesse de les emmerder et respecte à l’avenir leur volonté. La seule issue acceptable est le départ du potentat parce qu’autrement, le projet ne serait pas complété. Cette approche de la politique est la conséquence directe de nos modes de travail actuels qui font que dans la pub, l’informatique, le business ou même la recherche, nous avons des deadlines, travaillons d’arrache-pied pour réaliser quelque chose (campagne de pub/logiciel/Papier…) puis passons à un autre projet qui peut être totalement différent.

C’est cette manière de vivre et de faire la politique qui est incompréhensible aux yeux des journalistes et de beaucoup d’experts qui analysent encore le monde sous le prisme des idéologies essayant donc de prévoir comment la société sera organisé quand les forces subversives auront gagné. Ne voyant pas de plan, ils redoutent le chaos. Les outsiders quant à eux, n’ont pas peur du chaos et de l’imprévisibilité: ils veulent résoudre les problèmes à mesure qu’ils se posent; de manière pragmatique sans essayer de réduire le monde à leur vision préalable. Pour l’instant, le problème, c’est Moubarack. Après on s’occupera du reste. Je ne sais pas du tout comment tout cela va se terminer. Il me semble évident que Moubarack va partir et que d’autres pays arabes vont être touchés par le syndrome tunisien. Je pense que les dirigeants des pays développés risquent également de subir des variantes (évidemment probablement non violentes) de ce syndrome où des mouvements spontanés font dérailler les sages plans des experts. D’une certaine manière on peut même considérer que la résistance au TCE  en 2005 est un précurseur de ce que l’on voit actuellement. Tout ceci mériterait d’être pensé de manière plus systématique par un philosophe politique ou un politologue qui définirait un paradigme unificateur… mais si ça se trouve, c’est déja fait! En attendant, something is definitively blowin’ in the wind….

*En écrivant ça, me revient un article d’OWNI sur la manière dont ils ont bossé pour wikileaks. Je mettrai le lien quand j’aurai plus de temps.

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Idéologie & mortalité

Posted in Politique, Spéculation gratuite by hadyba on octobre 27, 2010

A une de mes amies qui soutenait qu’il n’y avait pas de différence fondamentale entre la gauche de gouvernement et la droite, j’avais répondu que si l’on voulait voir la différence, il fallait se donner la peine de compiler des indicateurs comme la variation de l’état de santé de la population, la progression de certaines maladies ou la mortalité infantile. Mon idée était que malgré sa pusillanimité et sa corruption, le PS avait au moins un niveau minimal de préoccupation sociale qui fait qu’un gouvernement de gauche favorise par exemple l’accès aux soins des plus pauvres. Ce n’était là qu’une supposition de ma part et je n’avais pas le temps ni le désir de la vérifier sérieusement en compilant les chiffres de l’INSEE ou de la sécurité sociale.

Cela dit, si j’ai raison, nous devrions avoir plus de choses semblables à ce qui est rapporté dans cet article du Figaro (signalé par le Monolecte) en ce moment que dans les années 97-2002 par exemple.  Le Fig, en effet nous apprend que:

La mortalité infantile ne baisse plus en France depuis 2005 et a même augmenté en 2009, selon une étude publiée aujourd’hui par l’Insee, qui n’a pas identifié « d’explication claire » à ce phénomène. Si « les taux de mortalité à chaque âge baissent presque tous, la mortalité infantile fait exception: elle ne baisse plus depuis 2005 et augmente en 2009 », explique l’Insee.

Apparemment les chercheurs de l’insee avouent leur perplexité quant aux causes de cette augmentation:

« On a cherché des explications du côté des mères: on a examiné leur âge, leur nationalité, leur catégorie sociale, leur lieu de résidence mais il n’y a pas d’explication claire », selon Xavier Niel, de l’Insee. « On peut peut-être supposer des choses (explicatives) du côté de l’offre de soins », a-t-il ajouté, indiquant que l’Insee allait lancer une étude sur ce sujet, aux côtés des autorités sanitaires.

Avant d’accuser Sarkozy et Bachelot de tuer les enfants en restreignant l’accès aux soins, j’ai fait un tour sur le site de l’insee. Je dois avouer que le tableau Décès et taux de mortalité visible sur cette page ne montre aucune augmentation de la mortalité infantile mais plutôt un maintien à 3,8 pour mille depuis 2005. En plus, si l’on s’intéresse au taux de mortalité prématurée on ne voit aucune augmentation depuis 2002. Il est vrai que les chiffres donnés partent de cette année ce qui laisse au jospiniste féru de théorie du complot la latitude de dire que c’est pour cacher une situation meilleure entre 97 et 2002 quand Jospin régnait sur la France!

Apparemment, un examen superficiel discrédite mon idée qu’un gouvernement de gauche aurait une meilleure politique de santé qu’un gouvernement de droite. Concernant l’augmentation supposée de la mortalité infantile, un lecteur du Fig suggère en commentaire une explication plus conforme à l’air du temps: l’origine ethnique serait la bonne variable explicative.

N’empêche que je pense toujours qu’il serait intéressant de compiler sérieusement les chiffres pour voir s’il y a une corrélation entre la couleur politique du gouvernement et l’état de santé de la population.

 

 

 

 

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