Hady Ba's weblog

Le Président contre le peuple

Posted in Politique, Sénégal by hadyba on février 17, 2016

Il y a un mois, j’écrivais ici même :

Puisqu’avec moi, il faut que tout devienne politique, ça m’a fait penser à notre vie politique actuelle. Macky Sall cherche désespérément le moyen de se délier de sa promesse de réduire son mandat. Une des choses qui avaient été les plus désastreuses pour Wade, bien plus que sa corruption, est son fameux : « Maa waxoon, waxeet » (« C’est moi qui l’avais dit, je me dédis donc! » à propos de sa promesse antérieure de ne jamais briguer un troisième mandat) Cette formule avait fait l’effet d’une bombe et fait éclater à la face de tous que Wade était vieillard cynique et sans honneur qu’il serait déshonorant de garder comme dirigeant. En voyant le Professeur Ismaila Madior Fall essayer de trouver une porte de sortie au Président Sall, ma première réaction était: « Mais les politiciens ne peuvent-ils donc jamais apprendre des erreurs de leurs prédécesseurs? » Peut-être ma bourde répond-t-elle à cette question: Macky Sall serait aussi peu intelligent que moi. Dans mon cas, ce n’est pas bien grave, je n’ai pas encore de responsabilités, je suis en train d’apprendre et ai de très bon mentors. Dans le cas d’un homme dont les décisions engagent la Nation en revanche…

L’expédient trouvé par Macky Sall a consisté à demander l’avis du Conseil Constitutionnel sur la rétroactivité éventuelle d’une modification constitutionnelle, à se voir répondre que nos Cinq Singes pardon Sages n’aiment pas les lois rétroactives et à en conclure que l’avis du Conseil le liant, il n’a vraiment d’autre choix que de continuer à jouir du pouvoir pour deux années de plus contrairement à son désir le plus profond. Il n’est même pas besoin d’argumenter contre un acte aussi méprisable.

  1. Une promesse réaffirmée à plusieurs reprises sur toutes les plateformes doit être respectée, quel qu’en soit le prix.
  2. Un AVIS du Conseil Constitutionnel est un AVIS pour une bonne raison : c’est un AVIS, EN AUCUN CAS UNE DÉCISION. (J’ai même honte d’écrire une telle platitude.) Le Président a pris soin, durant tout son discours, de nommer DÉCISION ce qui n’est qu’un AVIS des Cinq Singes pardon
  3. Si personne –les juristes moins que tout autre– n’aime les lois rétroactives qui sont sources d’insécurité, il y a cependant des circonstances dans lesquelles de telles lois sont parfaitement acceptables. En l’occurrence, le peuple entier modulo quelques carriéristes et corrompus à la solde de ce pouvoir, veut de cette modification constitutionnelle et de son applicabilité immédiate.
  4. Je veux bien croire que le Président est entouré de pieds nickelés mais je ne puis croire qu’aucun d’eux n’est au courant du Précédent Poutine. Le Président pourrait faire passer la modification constitutionnelle, démissionner, laisser le pouvoir au Président de l’Assemblée, se faire nommer Premier Ministre, organiser des élections auxquelles il se représenterait, etc.

Le Président et ses affidés essaient de nous faire croire que c’est librement que Macky Sall avait décidé de réduire son mandat de sept à cinq ans et que donc son incapacité à tenir cette promesse ne saurait lui être reprochée parce que c’était une promesse libre faite sans contrainte et qu’il a essayé de tenir par tous les moyens mais que son sens scrupuleux de la séparation des pouvoirs l’empêche de tenir sauf à violer la loi fondamentale. Rappelons déjà qu’on parle de l’honorable gentleman qui, ministre de l’intérieur, avait tabassé un président de bureau de vote pour voter sans carte d’identité, qui, Président de la République, continue à présider un Conseil Supérieur de la Magistrature se tenant au Palais, s’est prononcé sur la culpabilité de Karim Wade avant le verdict, se permet de ralentir ou d’accélérer les enquêtes pour corruption au gré de ses alliances politiques et récupère de présumés délinquants dans son entreprise de massification de son parti politique. Cet honorable gentleman donc, sous prétexte de respect scrupuleux de la loi, veut violer une promesse électorale. Par ailleurs cette promesse n’a pas été consentie sans contrepartie. Le consensus qui prévalait en 2012 était qu’il fallait que le prochain président s’engageât à faire un quinquennat plutôt qu’un septennat. Ce consensus était porté par des organisations de la société civile comme le M23. C’est devant ces organisations que le futur Président de la République s’était engagé, entre les deux tours, à réduire son mandat et à appliquer le programme des Assises Nationales. Cette promesse a donc été faite dans un contexte ou le Président avait besoin du soutien de ces organisations pour gagner la Présidentielle et n’est en aucun cas une grâce que le Président de la République voulait nous accorder en vertu de son bon vouloir et de son sens démocratique.

Comme toujours avec Macky Sall, ce qui m’énerve c’est que c’est un Wade au petit pied qui fait perdre du temps au pays. Il a maintenu le suspense pendant quatre ans, a essayé les expédients les plus médiocres, n’a strictement rien fait sur le plan politique et finit par se ridiculiser. Ce qui va se passer maintenant, c’est que nous aurons pendant deux ans un Président délégitimé qui se fera contester partout où il passera. Le pays deviendra ingouvernable à l’instar de ce qui se passe déjà à l’Assemblée Nationale où les tripatouillages d’une majorité téléguidée du Palais ont tellement abaissé l’Institution que, pour la première fois de notre histoire, nous assistons à des pugilats entre députés. Personne ne peut, au bout de quatre ans de mandat, citer plus de trois réalisations incontestablement positives de ce Président. Les deux années qui arrivent seront pires : le pays perdra son temps en querelles stériles de politiciens. L’Administration, qui se sent déjà insultée par Macky Sall qui l’a à plusieurs reprises décrétée incompétente, n’aura aucune loyauté envers un Président qui vient violer de manière aussi obscène son serment. Les populations sortiront dans la rue pour un oui ou un non (coupures d’électricité ; absence de profs de philo ou de maths dans les écoles)

Il me semble évident que le Président n’a désormais strictement aucune chance de se faire réélire. Il s’est assuré de ce fait en déclarant la guerre au peuple avec le discours d’hier soir. En plus, il a donné deux ans à son opposition pour s’organiser. J’espère juste qu’après son départ, nous jugerons les crimes économiques que sa nomenklatura est actuellement en train de commettre.

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Her Taylor is rich!

Posted in Sénégal by hadyba on avril 24, 2013

Maitre Wade avait promu une bande de gangsters incompétents et sans scrupule. De telles nominations lui permettaient d’installer dans les principaux lieux de pouvoir des pantins lui obéissant au doigt et à l’oeil et dont les excès masquaient le pillage systématique des ressources du pays par sa famille et lui. Les sénégalais n’ont cependant pas été longtemps dupes et il était clair bien avant la fin de son mandat que  le peuple ne supporterait pas que les crimes des Wade demeurent impunis. Je ne sais pas à quel point Macky Sall est personnellement convaincu de la nécessité de poursuivre les Wade. Il est possible qu’il ne le fasse que parce qu’il sait que s’il ne le faisait pas, le peuple se retournerait contre lui. Quoiqu’il en soit, bien que le Présidet Sall ait affirmé que Mr Wade lui-même ne serait pas inquiété, Karim Wade est pour l’instant en prison et je ne désespère pas que les enquêtes en cours ne révèlent des faits tels que les juges n’auraient d’autre choix que de juger Mr Wade.

Si Macky Sall semble avoir compris la nécessité de faire traduire en justice au moins une partie de la bande gangsters de Wade, il ne semble pas avoir conscience du fait que si nous avons cette exigence, c’est parce qu’au delà des mots et des symboles, nous aspirons à un État véritablement vertueux où les nominations se feraient selon le mérite et non selon le bon vouloir d’un Président que se prendrait pour un prince.

Non content de nommer ses alliés politiques à des postes de Président de Conseil d’Administration d’entreprises publiques sans tenir compte de leur totale absence de qualifications, le Président Sall semble se croire obligé de trouver de lucratifs points de chute à tous les parents et alliés de son épouse. À chaque lendemain de Conseil des Ministres, la presse a désormais beau jeu de décortiquer les nominations pour pointer les liens de parentés entre les personnes nommées et soit le couple présidentiel, soit un des proches. Les choses deviennent caricaturales quand un mec qui se présente comme le tailleur Mme Sall se sent obligé de donner une interview pour justifier sa nomination par le Président de République au Conseil Économique Social et Environnemental et affirmer qu’il ne la doit pas au simple fait d’avoir cousu des tuniques pour notre Première Dame. L‘interview en elle-même est instructive. Prenez sa réponse à la question de savoir s’il croit mériter sa nomination:

Vous pensez donc que votre nomination au CESE méritée…?

(Il coupe) Nous sommes en politique. Si aujourd’hui je suis membre du CESE, c’est parce que je le mérite. J’ai un parcours politique avec une base solide à Biscuiterie.

Le problème justement, c’est que le CESE n’est pas censée être politique. C’est censé être un groupe de personnalités indépendantes et qualifiées qui peuvent aider à définir les orientations que prendra le pays. La liste des personnalités choisies par le Président de la République est non seulement ridiculement politique mais surtout composé de personnalités pour la plupart totalement dénuées de la moindre expertise valable pour la définition de la moindre orientation en matière politique publique. Il aurait été admissible que Macky Sall choisisse, parmi ses affidés, des personnes compétentes pour peupler ce CESE ou qu’il ne mette qu’une poignée d’incompétents. Mais là, on a juste l’impression que la compétence est le dernier des souci d’un président de la République uniquement préoccupé par le fait de récompenser des leaders politiques et des personnalités médiatiques qui autrement lui auraient pourri la vie. Revenons à notre tailleur, comment voit-il son apport à ce noble Conseil?

Qu’est-ce que vous comptez apporter au Conseil économique, social et environnemental ?

Le CESE est une institution. Nous y sommes pour représenter le peuple sénégalais. Notre rôle c’est d’écouter les populations et de poser les problèmes concernant la demande sociale. J’ai accepté de siéger au CESE et je compte jouer mon rôle de représentant du peuple.

Clairement ce mec confond ce Conseil avec l’Assemblée nationale. Notre peuple élit ses représentants; ils siègent Place Soweto et votent les lois, pas au CESE.

L’on pourrait se dire qu’un peu de népotisme n’est pas vraiment évitable dans une démocratie et que peupler le CESE de politiques incompétents n’est pas dramatique mais il faut rapprocher ça du fait que le Procureur de Dakar a été relevé de ses fonctions hier. Macky Sall a parfaitement le droit de relever un Procureur de la République et de lui accorder une promotion ailleurs. Le problème, c’est que c’est un secret de polichinelle que M. Diagne a été relevé pour avoir refusé d’accorder un non lieu au délinquant dont on voit les agissements dans le film ci-après.

Certes, le délinquant en question est député de la République du Sénégal et membre d’un parti allié du Président de la République. N’empêche qu’un tel mépris pour l’indépendance de la justice me parait inquiétant. La bonne nouvelle c’est que jusqu’à preuve du contraire, c’est le peuple sénégalais qui a élu Macky Sall et si l’envie nous en prend, nous pouvons le démettre et exiger de son successeur qu’il fasse rendre des comptes à tous ceux qui ont bénéficié de son népotisme. Et nous recommencerons autant qu’il le faudra pour que nos politiciens comprennent qu’ils sont élus non pas pour régner mais pour gérer les affaires du pays en notre nom.

 

 

Prison Time

Posted in Sénégal by hadyba on avril 21, 2012

Notre seule préoccupation en ce moment, en tant que citoyens, c’est que ce genre de rapports soient transmis à la justice et que cette dernière applique les lois de la République. Si le Président de la République les reçoit, il n’a aucun droit ni aucune raison de les garder pour lui. Sauf à être lui-même corrompu.

Le magazine dakarois du jeudi, La Gazette, dans sa parution d’hier, révèle que le rapport d’audit du Festival mondial des Arts nègres (Fesman), démarré par le régime sortant, est sur la table du président Macky Sall.

Extraits:

Le magazine révèle que que l’argent public avait été dépensé avec une  » une désinvolture et légèreté  » coupables. Le journal relève, en particulier, la section dépenses en location de voitures : 3 milliards pour une durée de 20 jours portant sur… 15 voitures, soit  » un paiement journalier de l’ordre de… 200 millions par véhicule loué  » (sic !). Au chapitre des micmacs financiers de haut vol décelés, le virement de 15 milliards dans le compte de Loum Diagne (l’ami de Wade dont on disait qu’il allait l’héberger après sa défénestration du palais de la République) issus d’un prêt de la Banque islamique de développement (Bid) au Trésor public (re-sic !).

Pour info, 1 euro est égal à 655, 95 F CFA ce qui fait que ces brigands ont prétendument loué chaque voiture à 304 898,03 euros par jour. À ce prix, j’aurais sans doute pu acheter des voitures à Paris, les apporter à Dakar, les leur louer  puis les offrir aux nécessiteux tout en réalisant une plus-value.

En plus, non seulement la famille Wade était corrompue jusqu’à la moelle, mais en plus ils ne prenaient même pas la peine de dissimuler quoi que ce soit. Ils volaient ouvertement notre argent sans même un semblant de justification comptable:

Pis, la participation d’un Etat-ami du Sénégal d’un montant de 2 milliards auraient disparu entre les mains du chef de l’Etat sortant, Me Abdoulaye Wade. Le reliquat de cette participation, 250 millions, aurait été reçu par… sa fille Sindjély, sans que l’on sache comment ils ont été utilisés. La participation à hauteur d’un (1) milliard d’un autre Etat-ami aurait atterri entre les mains de Sindjély sans que les autorités du Fesman n’en voient la couleur. La fille du président sortant aurait accepté de rembourser le milliard en question, même si son père de président sortant aurait dit aux vérificateurs de l’Ige que cet argent avait été donné à Sindjély  » en sa qualité de fille du chef de l’Etat  » .

La place de ces gens là est en prison et nulle part ailleurs et c’est à nous de nous assurer qu’il en soit ainsi si la justice et l’exécutif ne font pas leur travail.

Source

Président Macky Sall

Posted in Politique, Sénégal by hadyba on mars 26, 2012

La tendance est irréversible maintenant. Macky Sall devrait gagner avec un score qui tournera autour de 65%. Wade aurait l’humiliant score de 35%. Wade vient d’ailleurs d’appeler Macky Sall pour le féliciter.

Je n’ai pas grand chose à dire sur Macky Sall. Pour l’instant, les points négatifs et les points positifs le concernant s’équilibrent dans mon esprit. Quoi que l’on pense de lui, je crois que c’est une bonne chose que nous ayons un président qui est né après la colonisation et qui a fait ses études universitaires au Sénégal. Pour le reste, j’attendrai de voir ce qu’il fera avant de le juger.

Bizarrement, je ne ressens rien d’autre que de la colère et de la frustration. Je suis en colère parce que nous avons eu 12 morts pendant la période pré-électorale. Ces morts inutiles ont eu lieu à cause d’un vieillard sénile.  Au lieu de prendre dignement sa retraite au terme des deux mandats qui lui avaient été confiés par le peuple sénégalais, ce vieillard a préféré s’incrustrer dans une élection où il n’avait rien à faire. Ce faisant, il a obligé les citoyens sénégalais à sortir dans la rue et à défendre leur démocratie face à des flics incapables de désobéir à des ordres illégaux. Je suis en colère contre la hiérarchie policière qui a réprimé des manifestants pacifiques, y compris durant la campagne électorale. Je suis surtout en colère contre les cinq sages singes de notre Conseil Constitutionnel. J’ai un mépris infini pour ces cinq personnes, normalement garantes de notre démocratie, mais qui ont validé la candidature de Wade alors qu’elle était si manifestement illégale. Ces cinq singes sont des gens que le pays a toujours couvert d’or et d’honneur. Qui ont été sélectionné parce qu’ils étaient censé être savants et honorables et à qui nous ne demandions rien d’autre que de faire respecter notre Constitution. Malgré tout, ils se sont laissé corrompre par Wade et sa bande de gangsters. Ce faisant, ils ont directement causé les 12 morts dont j’ai parlé plus haut. Des sénégalais sont morts en faisant le travail qu’ils auraient du faire: protéger notre constitution et s’assurer que nous demeurions une démocratie.

Si je suis frustré, c’est que le fait qu’on ait autorisé Wade à se présenter a privé le pays de la campagne électorale qu’il méritait. Après l’alternance de 2000, les questions institutionnelles auraient du être réglées. Nous aurions dû avoir cette année une campagne qui porte sur les choix de société. Comment faisons-nous pour reconstruire l’école sénégalaise qui est clairement à la dérive? Comment organiser la solidarité nationale pour que les plus démunis soient non seulement scolarisés mais également suivis sur le plan médical? Ces questions là n’ont pas du tout été abordées parce que nous étions focalisés sur la nécessité de veiller à la transparence du processus électoral.

Le pire, c’est que les membres du Conseil Constitutionnel poursuivront leur mandat sans coup férir. Leurs décisions sont légalement sans appel. Le peuple sénégalais a montré, au cours de ce processus électoral, qu’il tenait à ce que sa volonté soit respectée. J’espère vraiment deux choses maintenant. D’abord que les politiciens se montreront à la hauteur de leurs électeurs. Ensuite et surtout que la justice fera son travail en toute indépendance. Les gangsters qui ont pillé ce pays pendant 12ans ne peuvent pas s’en tirer impunément. Ce n’est pas une question de revanche. Le fait est que tant que les politiciens ne seront pas conscients que leurs actes ont des conséquences -y compris pénales- ils continueront à piller ce pays. Seule la justice peut nous éviter de retomber dans la même spirale.

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Président Macky?

Posted in Sénégal by hadyba on février 27, 2012

Photo

J’avoue que je suis agréablement surpris qu’il n’y ait pas eu de triches massives durant le processus de vote. Globalement, les choses se sont bien passées. Les sénégalais, qui normalement font tout en retard, se sont rendus aux aurores dans les bureaux de vote et ont attendu sagement l’ouverture avant de voter dans le calme. Le dépouillage des résultats s’est fait sans violence. Les résultats ont été relayé par la presse et sur twitter. D’après les premières compilations, ils devraient ressembler à ça:

 WADE : 26,46% – SALL : 25,11% – NIASS : 16,69% – SECK : 8,54% – TANOR : 13,16% !!!!

Source Anna Guèye

Maître Wade est certes en tête mais il n’a plus de réserve de voix. Son porte parole l’a certes proclamé vainqueur au premier tour avec 55% des voix; l’éclat de rire général qui a traversé le pays au moment où il parlait devrait cependant suffire à le faire taire. Il est donc probable que Macky Sall soit notre futur président. Dans un monde idéal, il est clair que je ne choisirais pas ce géologue ancien companion de route de et premier ministre de Wade. Ceci dit, Macky a ce mérite d’avoir vraiment tenu tête à Wade, ce qui lui valu d’être viré d’abord de la Primature et ensuite de la Présidence de l’Assemblée Nationale. Alors qu’il occupait ce dernier poste, il a eu l’outrecuidance d’exiger que le fils du Président, à qui il avait été confié la gestion d’un budget égal au budget d’investissement de l’État du Sénégal, rende des comptes au Parlement. La réaction de Wade avait été 1) de faire voter une loi faisant passer la durée du mandat du Président de l’Assemblée Nationale de 5ans à 1an, 2) de lui appliquer rétroactivement cette disposition. Franchement, je pourrai vivre avec un type pareil à la tête de mon pays. Ce serait mieux si les conditions suivantes étaient remplies:

  1. Il faut vraiment que les juges sénégalais arrêtent leurs lâchetés et prennent leur indépendance du politique. Je ne parle même pas de la corruption scandaleuse de notre Conseil Constitutionnelle. Je pense au fonctionnement qui a été celui du pays durant tout le mandat de Wade avec des scandales financiers étalés dans les journaux mais sur lesquels personne ne mène d’enquête. Nos soi-disant 5 sages ont déshonoré l’Institution Judiciaire, j’espère qu’elle se rattrapera dans les années qui viennent en remplissant ses prérogatives sans faillir.
  2. Il faut que nous forcions le nouveau pouvoir à faire véritablement l’inventaire de la période Wade. L’argent qui nous a été volé doit nous être rendu. Ceux qui sont responsables de violences doivent être jugés. Je ne crois pas que nous pouvons compter sur les politiciens pour que ce soit fait. Il faudra donc qu’un mouvement citoyen comme le M23 ou les YenAMarre en fasse sa priorité.

Une des mesures de l’impopularité du Président Wade est qu’il a voté sous les huées de son bureau. Ce type aurait pu partir en ayant systématiquement pillé le pays et s’en tirer. Nous n’aurions pu ni le juger, ni remettre en cause sa gestion mafieuse du pays. Ça aurait passé pour une chasse aux sorcières indigne d’une démocratie. Le fait qu’il se soit entêté à briguer un mandat illégal est finalement une bonne chose puisque faisant éclater à la face du monde sa vraie nature. Je crois que notre nouveau jeu dans les années qui viennent devrait être le : « Devine qui va aller en Prison cette semaine? »

Dernière chose, je suis tellement, tellement fier de tous mes concitoyens qui se sont battus becs et ongles pour préserver notre démocratie. Si nous nous en étions remis aux politiciens, ils auraient entériné la victoire programmée de Wade. C’est véritablement le peuple qui a rendu impossible la triche. Parfois, il arrive que le monde tourne comme il le devrait. On doit savoir s’arrêter et apprécier le moment.

Rien que pour le plaisir, je vous mets la vidéo de mon président se faisant huer… En attendant celle de son fils se faisant juger.

Après ma victoire

Posted in Sénégal by hadyba on février 24, 2012

Maître Wade aurait répondu à Olusegun Obasanjo qui lui demandait de retirer sa candidature et d’organiser des élections libres et transparentes:

«On peut tout négocier, sauf le retrait de ma candidature et le reste, c’est après ma victoire»

Source

Maître Wade, dont on sait qu’il a déjà corrompu la plus haute instance judiciaire de ce pays n’envisage donc absolument pas de perdre ces élections. Ça promet des morts pour dimanche. Et ce d’autant plus que, non seulement la police sénégalaise a montré qu’elle n’hésiterait pas à tuer nos concitoyens, mais en plus, lors de son meeting d’hier dans la banlieue, le Président de la République a choisi de se faire escorter par des jeunes encagoulés et armés de machettes. Il m’a également été rapporté que les jeunes d’un des quartiers les plus pauvres de Dakar sont payés pour ne pas aller manifester. Il y a par ailleurs des photos de jeunes armés de machettes qui gardent les affiches électorales (oui vous avez bien lu les affiches) de Wade pour empêcher qu’on ne les déchire.

La preuve:

Je ne sais pas s’il reste encore un crétin sénégalais qui pense que les élections de ce dimanche seront libres et transparentes. Il me semble quant à moi évident que non seulement Wade va tricher, mais qu’en plus il va essayer de terroriser la population pour qu’elle ne proteste pas. Au point où nous en sommes, j’ai l’impression que seule l’armée sénégalaise pourrait nous sortir de l’ornière et empêcher des morts inutiles. Je crains malheureusement que la hiérarchie militaire soit tout aussi corrompue et tout aussi indifférent au sort du peuple que ne l’est la police.

PS: Ce qui est ironique dans cette médiation de M. Obasanjo, c’est que ce dernier avait eu, en 2007, la tentation de modifier la constitution nigériane pour effectuer un troisième mandat. Devinez qui s’était rendu -sans discrétion aucune- à Abuja pour l’inciter à se retirer dignement du pouvoir? Oui, Maître Wade himself! Je suppose que les pairs de Wade à l’UA et au CEDEAO n’ont pas choisi au hasard M. Obasanjo comme médiateur. Ils profitent de cette crise pour faire payer à Wade les sermons déplacés qu’il leur servait avec arrogance à chaque sommet. C’est de bonne guerre.

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Le point sur le Sénégal

Posted in Sénégal by hadyba on février 19, 2012

Mise à jour du lundi matin (20/02): Quand j’écrivais ce post, les émeutes recommençaient, elles se sont pousruivies tout le dimanche à Dakar et dans beaucoup de villes du pays (notamment Rufisque où habitent mes parents et où il semblerait que les bâtiments de la police et de la gendarmerie aient été saccagés). D’après ce que je lis et ce que m’ont dit ceux à qui j’ai parlé, la police était débordée, à court de munitions et de gazs lacrymogènes hier. Il y a eu au moins trois morts de plus. Wade va partir. La question est: la police continuera-t-elle longtemps à le soutenir? Il semblerait que les flics commencent à protester sous le couvert de l’anonymat. J’ai lu au moins un appel au meurtre de policiers. L’une de mes craintes est que si la répression continue, la foule s’en prenne aux familles de agents de police qui habitent bien évidemment dans les mêmes quartiers que les manifestants. Fin de la mise à jour.

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Nous sommes à une semaine des élections présidentielles sénégalaises. Je suppose qu’il serait bon que je fasse le point sur cette lamentable mascarade.

Commençons d’abord par un mea culpa, j’ai été naïf et limite idiot (en juillet dernier) d’interpréter de manière optimiste une interview du commissaire Harouna Sy. C’est lui qui est en train de mener la répression et de mentir sans vergogne pour la justifier. Par exemple, le monsieur évanoui entre les flics est un député à l’Assemblée Nationale Sénégalaise, maire de Saint Louis et candidat à la Présidence de la République. Ce vendredi, il a été arrêté par les flics en présence du commissaire Sy et devant des témoins qui ont relevé le numéro d’immatriculation de la voiture qui l’a emmené au commissariat du Port. Et pourtant, nous avons le commissaire Sy qui vient mentir à la presse en affirmant qu’il n’avait jamais arrêté M. Dièye parce qu’il connait la loi qui interdit de s’en prendre à un candidat à la Présidentielle. Le tout étant dit très sérieusement par un commissaire qui a réprimé des manifestations de l’opposition au point de se faire recadrer par la Commission Électorale Nationale Autonome. Mea Culpa donc, désormais, je sais qu’il n’y a rien à attendre de la police sénégalaise qui obéira aux ordres, aussi illégaux soient-ils. D’ailleurs vendredi, ils ont tiré des grenades lacrymogènes dans une mosquée du centre ville où des gens étaient en train de prier. (Notons avec ce fin observateur « l’oeucuménisme lacrymal » de Wade  qui avait déjà fait balancer des lacrymogènes dans la cathédrale de Dakar.)

Fin de l’épisode de contrition.

Les forces en présence depuis la forfaiture du Conseil Constitutionnel sont les suivantes.

  • D’une part, nous avons le mouvement citoyen YenÀMarre qui est coordonné par quelques jeunes rappeurs et journalistes et dans lequel se reconnaissent la plupart des jeunes sénégalais mais également les citoyens non affiliés à un parti politique. Le crédo de ce mouvement depuis sa création en janvier 2011 est que la limitation du nombre de mandats présidentiels est un acquis citoyen et que Maitre Wade n’a aucun droit de briguer un troisième mandat. Quoi que l’on puisse penser de la lettre de la Constitution*, cette position est assurément conforme à son esprit. Depuis la validation de la candidature de Wade, ce mouvement organise des manifestations en lien plus ou moins étroit avec l’opposition. Ces manifestations, bien que pacifiques, ont été impitoyablement réprimées par la police sénégalaise. Le ministre de l’intérieur et le préfet de Dakar ont systématiquement essayé de les interdire, au mépris de la loi sénégalaise qui garantit le droit de manifester pacifiquement. La répression a déjà fait 9 morts et de multiples blessés. La police a arrêté sans aucune base légale trois des leaders du mouvement, les a torturés et a été obligée par la justice de les relâcher puisqu’ils n’ont fait qu’exercer leurs droits de citoyens. La justice sénégalaise n’a cependant pas poussé l’indépendance jusqu’à poursuivre les flics pour enlèvement et torture comme elle en a le devoir.
  • D’autre part, il y a l’opposition politique i.e. les sept candidats sérieux de cette liste. J’ai été très dur envers eux mais la vérité est qu’ils sont comme nous tous. Ils pensaient qu’il y avait un minimum de décence, d’éthique républicaine et de respect de la loi en deçà duquel ce pays ne descendrait jamais. Du coup, ils ont préparé les élections en se disant que s’ils proposaient un vrai programme au peuple et s’ils gagnaient de manière évidente les élections, Wade serait obligé de partir. La corruption évidente de la plus haute instance juridique de ce pays montre qu’il serait naïf d’espérer que ces élections soient transparentes. Quoiqu’il arrive, le CC proclamera Wade vainqueur au premier tour et un chiffre (53%) commence même à circuler. Par ailleurs, ce cas et celui-ci semblent montrer qu’une fraude massive est déjà préparation. Et cela, sans parler de la fraude traditionnelle consistant à fournir de faux papiers à des ressortissants des autres pays d’Afrique à condition qu’ils votent pour le pouvoir. L’opposition est donc coincée entre différentes options. 1) Participer à cette mascarade électorale et légitimer ce faisant une éventuelle victoire de Wade. 2) Boycotter ces élections et lui servir le pouvoir sur un plateau avec les candidats fantoches comme Doudou Ndoye, Amsatou Sow Sidibé, Diouma Dieng Diakhaté ou Kasssimou Dia qui suffiront à légitimer le processus. Aucun de ces choix n’est heureux et l’on comprend le désarroi de nos leaders. Pour l’instant, un reproche qui leur est fait est de ne pas avoir de stratégie claire entre l’insurrection et la campagne électorale. Personnellement, je pense qu’ils devraient faire les deux et que celui d’entre eux qui arrivera en tête devrait s’autoproclamer président à la Ouattara et monter un gouvernement d’union nationale. Il sera toujours temps d’organiser de nouvelles élections quand on se sera débarrassé du monstre.
  • Il y a enfin Wade et sa bande de gangsters. À 86 ans (son age officiel), Wade est mourant. Bien sûr, tout le monde sait que s’il se représente, c’est pour céder le pouvoir à son fils incompétent et corrompu auquel il a déjà confié un ministère absolument extravagant et contrôlant une grande part du budget du pays. Wade fait tranquillement campagne dans toute l’étendue du pays sous les huées et les jets de pierres des citoyens. Il rencontre les autorités religieuses et coutumières.  Conformément à sa stratégie de corruption, il les inonde d’argent. Je croyais que l’armée et la police sénégalaise étaient assez républicaines pour que le clan Wade ne puisse marcher sur les cadavres des sénégalais afin de se maintenir au pouvoir. J’avoue que je n’en suis plus sûr du tout. La police est clairement acquise à Wade puisqu’elle réprime et n’hésite ni à tuer les manifestants, ni à violer la loi en arrêtant des dirigeants de l’opposition en campagne. Quant à l’armée, certains de mes amis disent que Wade a promu au grades les plus élevés un groupe d’officiers moins qualifiés mais totalement acquis à sa cause. Ces gens sont censés contrôler des troupes qui, par ailleurs, se font tuer en Casamance parce qu’elles sont insuffisamment pourvues en matériel. Si les forces de l’ordre sont acquises à Wade, cela veut dire que le déloger ne se fera pas sans un bain de sang bien plus important que je ne le craignais.

Je n’ai aucun doute sur le fait que Wade finira par partir. Certaines personnes à Dakar s’imaginent que Wade va s’autoproclamer président, que les gens vont manifester un peu puis que le situation se calmera. Ce personnes font évidemment partie de cette élite bien payée qui de toute manière s’en sortira quel que soit le régime. Il me semble qu’il y a deux sortes de gens qui ne laisseront pas ce coup de force se faire. La première catégorie est celle des citoyens, quel que soit leur milieu social qui sont fiers de leur histoire et de ce que le Sénégal est censé représenter. Dans notre mythologie, nous sommes les héritiers de ceux qui ont représenté les Quatre Communes à la constituante et nous avons toujours participé, même durant la colonisation, à l’écriture de notre destin. Et nous laisserions un va nu pieds comme Wade, un mec qui est entouré de la lie de notre société, nous imposer un retour au rang de sujets! Plutôt crever! Le second groupe est constitué de toutes ces personnes économiquement désespérées qui ont porté Wade au pouvoir justement parce qu’ils en avaient marre de la pauvreté. Ces gens l’ont soutenu pendant très longtemps parce qu’ils pensaient qu’il était de leur coté. Ils ont maintenant un sentiment de totale trahison et même s’ils ne font pas confiance aux autres politiciens, ils n’admettront pas la persistance d’un régime à ce point inégalitaire et dans lequel le seul espoir qui leur sera laissé sera de s’expatrier. Ces deux groupes sont certainement prêts à faire des sacrifices pour maintenir notre démocratie. D’ailleurs, au moment même où j’écris, une manifestation à cours en plein centre de Dakar et les flics sont en train de la réprimer. Tant que Wade sera au pouvoir, ce pays ne sera pas stable. Et cela me rend paradoxalement optimiste.

La question en effet est la suivante: le monde extérieur pourra-t-il se permettre de laisser le Sénégal plonger dans la guerre civile? L’une des conséquences de la glorieuse campagne sarkozienne en Libye est que nos amis d’AQMI se sont réarmés à peu de frais. Il y a des risques qu’ils destabilisent toute l’Afrique de l’ouest en s’alliant avec les touaregs au Mali, Boko Haram au Nigéria… Cela menace directement l’approvisionnement français en uranium nigérien par exemple. Est-il envisageable que le port de Dakar ne soit pas contrôlé par un gouvernement ami des occidentaux? Je ne le crois pas. C’est pourtant ce qui risque de se passer si nous sombrons dans la guerre civile. Si les jeunes sénégalais (qui sont à 90% musulmans) n’ont plus foi dans la démocratie, je ne vois pas pourquoi ils ne se réfugieront pas dans le salafisme et n’essaieront pas de changer leur sort par les armes. C’est pour éviter une telle destabilisation, plus que pour nos beaux yeux que la France et les USA nous viendront en aide si nous sommes déterminés à chasser Wade. En tout cas je l’espère.

*Je connais une seule personne de bonne foi qui pense que la lettre de la constitution autorise Wade à se représenter mais cette personne a ajouté: « in fine je trouve que la candidature de wade n’est ni morale ni éthique ».

Mieux vaut tard

Posted in Religion, Sénégal by hadyba on février 3, 2012

que jamais.

des familles religieuses ont demandé à Wade de quitter le pouvoir

Source

Mais la vérité, c’est que ces dix dernières années, les familles religieuses musulmanes ont trahi le peuple sénégalais en acceptant de se faire corrompre par Wade. Elles sont co-responsables avec lui de la situation actuelle de notre pays. Seule l’Église Catholique Sénégalaise a joué son rôle au cours de cet infâme règne de Maitre Wade.

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Wade est fini

Posted in Sénégal by hadyba on janvier 31, 2012

Mais en attendant, il est en train de tuer mes compatriotes au moment où j’écris. Non seulement les flics ont tiré sans sommation ni provocation sur des manifestants pacifiques, mais en plus ils poussent l’abjection jusqu’à tirer sur les ambulances transportant les blessés.

Vous pouvez suivre les évènements à Dakar sur ce site sunu2012.net ou grace à ce fil twitter: #sunu2012.

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Où l’on lit la Constitution Sénégalaise

Posted in Sénégal by hadyba on janvier 31, 2012

Le consensus parmi mes amis à Dakar est que, concernant la recevabilité de la candidature de Wade, mon avis est celui d’un crétin qui parle sans savoir. Il n’y a pas l’ombre d’un doute que Wade n’a aucun droit de se présenter. Ces amis étant parfois juristes, je me suis décidé à lire notre Constitution et je dois avouer qu’ils ont raison, pour autant que je comprenne quelque chose au jargon juridique. Voici le texte de la constitution qui a été votée en 2001 si vous voulez vous faire votre propre opinion: Constitution2001Senegal (pdf).

Les articles pertinents sont d’abord l’article 26 :

Article 26

La durée du mandat du Président de la République est de cinq ans et renouvelable une fois.

Cette disposition ne peut être révisée que par une loi référendaire ou par l’adoption d’une nouvelle constitution.

Pour autant que je sache, aucune « loi référendaire » ou « nouvelle constitution » n’a été votée.

La fenêtre dans laquelle essaie de s’engouffrer le clan Wade, vient du fait que la Constitution de 2001 a été votée après que Wade a été élu pour un premier septennat. Il n’y a pas eu de rétroaction sur la durée du mandat, ce qui semble vouloir dire que le mandat n’a pas été pris en compte dans l’application de la nouvelle Constitution. C’est le raisonnement que je tenais pour soutenir qu’il y avait un doute quant à la légalité de la candidature de Wade.  De toute évidence, ce doute n’était dû qu’à mon ignorance de la lettre de la Constitution. En effet, si nous jetons un coup d’œil au Titre XII concernant les dispositions transitoires, nous lisons :

Article 104

Le Président de la République en fonction poursuit son mandat jusqu’à son terme.

Toutes les autres dispositions de la présente Constitution lui sont applicables.

Si la Constitution dit sans fioriture que toutes les dispositions autres que la durée du mandat s’appliquent au Président de la République en fonction, il n’y a plus aucune échappatoire permettant au Conseil Constitutionnel d’argumenter que le premier mandat de Wade n’est pas pris en compte par la Constitution de 2001. Il l’a pourtant fait.

Normalement, je suis un légaliste mais on doit tenir compte de deux choses :

  1. en dernier ressort c’est le Conseil Constitutionnel qui proclame les résultats de l’élection présidentielle (article 34) et ses décisions sont sans appel (article 96)
  2. ce Conseil Constitutionnel a déjà pris une décision manifestement illégale en faveur de la candidature de Wade.

La seule conclusion que l’on peut tirer de ces deux faits, c’est que quoiqu’il arrive, ce Conseil poursuivra dans ses actes illégaux et proclamera Wade comme Président après que nous aurons voté. L’opposition et le peuple sénégalais ne peuvent en aucun cas se permettre d’aller aux élections avec Wade comme candidat et un Conseil Constitutionnel, félon et manifestement corrompu, comme arbitre. Notre seule chance de rétablir la démocratie au Sénégal est de chasser maintenant Wade du pouvoir, quoiqu’il nous en coûte. L’opposition doit accepter que nous sommes dans une de ces rares situations où l’insurrection et la lutte armée sont légitimes. Les forces de l’ordre et l’armée doivent décider si elles se mettent du coté du peuple ou si elles apportent leur soutien à quelqu’un qui n’a plus aucune légitimité. Toute tentative de conciliation relève de l’aveuglement volontaire.

PS: Par ailleurs,  les cinq mecs corrompus qui nous servent de Conseil Constitutionnel devront impérativement être jugé quand tout ceci sera terminé. Leur décision est la chose la plus scandaleuse qui soit arrivée dans l’histoire politique de notre pays. Même l’accusation de coup d’État porté contre Mamadou Dia en 1962 reposait sur des bases plus solides!

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