Hady Ba's weblog

Critical

Posted in USA by hadyba on mai 7, 2011

Volontaire ou pas ?

His decision to assign the operation to the Navy SEALs, a Special Operations unit with extensive experience in raids on high-value targets, was critical. SEALs have a tradition of moving in and out fast, often killing everyone they encounter at a target site. Most members of the SEAL team in the bin Laden raid had been deployed to war zones a dozen or more times.

Source (c’est moi qui souligne.)

Oh, et ma phrase préférée:

Bin Laden was to be captured, one official said, if he “conspicuously surrendered.”

On dirait la loi sur les signes religieux ostensibles!

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Les hommes creux

Posted in USA by hadyba on janvier 9, 2011

Je me demande si la presse américaine endossera sa responsabilité dans la tentative d’assassinat de la représentante Giffords, attentat qui a causé la mort de neuf personnes dont un enfant de 9 ans. Plus encore que Sarah Palin, c’est la presse soi-disant sérieuse comme CNN ou le New York Times qui sont responsables de cet attentat. McCain dans sa démagogie sans fin a recruté une cinglée n’ayant d’autre atout que son inculture crasse, ses préjugés et sa beauté comme colistière. Au lieu de systématiquement dénoncer ce choix dangereux pour leur pays, la presse l’a présenté comme un choix hardi quoique surprenant. Après la défaite du ticket républicain, une presse responsable aurait renvoyé une personne aussi manifestement inintéressante aux poubelles les plus embarrassantes de l’histoire américaine. Au lieu de quoi, depuis deux ans, il lui est offert une place de choix dans des débats politiques sur lesquelles elle n’a absolument rien d’intéressant à dire. La moindre de ses tweets sont commentés à longueur de journée et ses excentricités sont prises en considération par de soi-disant experts. Résultat des courses, tous les cinglés d’Amérique, tous les mâles blancs déclassés fantasmant sur une période durant laquelle la blancheur de leur peau pouvait leur servir de passe-droit pour écraser les minorités, se sont senti légitimés à réclamer le "retour de leur Amérique" y compris avec des armes. On a vu des cinglés se pointer à des meetings d’Obama avec un fusil et la seule réaction de la presse était de dire qu’ils exerçaient leur droit de détenir des armes conformément au sacro-saint Deuxième Amendement.

Quand en mars dernier Sarah Palin met en ligne une carte avec des cibles sur les représentants qu’il veut faire éliminer pendant les élections de 2010 parce qu’ils ont voté la loi sur l’assurance maladie, le HuffPo écrit:

Sarah Palin is targeting — yes, with gun sights — House Democrats facing tough reelection fights who voted for health care reform.

Palin’s Facebook page now carries a map featuring 20 gun sights, one for each of the Democrats targeted this year by her political action committee SarahPAC.

mais je ne suis même pas sur que la presse soi disant sérieuse ait daigné relever la chose.  C’est l’une de ces vingt démocrates, Gabrielle Giffors qui a été victime de cet horrible attentat perpétré par l’un de ces mâles blancs s’imaginant vivre dans une dictature liberticide. Il y a fort à parier que la presse US ne fera même pas son autocritique et qu’elle continuera à légitimer des cinglés qui n’ont absolument rien à apporter au débat politique mais qui sont réellement dangereux pour la démocratie et le peuple américains. Et bien sûr personne n’osera pointer la responsabilité de la presse mainstream (NEw York Times, Time Mag ou Washington Post) qui n’a pas su ou voulu établir un cordon sanitaire autour d’idées et de thèses farfelues dont on n’a même pas à discuter que ce soit la prétention des intégristes chrétiens à enseigner leur créationnisme dans les salles de classe, la remise en cause de la nationalité du président en exercice, le droit des musulmans à construire une mosquée ou tout ce mouvement des Tea Parties qui regroupe des cinglés mais dont on fait semblant de croire qu’il représente une révolte populaire contre je ne sais quoi.

En écrivant ceci il me revient en mémoire certains vers d’un poème d’Eliot:

We are the hollow men
We are the stuffed men
Leaning together
Headpiece filled with straw. Alas!
Our dried voices, when
We whisper together
Are quiet and meaningless
As wind in dry grass
Or rats’ feet over broken glass
In our dry cellar

Shape without form, shade without colour,
Paralysed force, gesture without motion;

Those who have crossed
With direct eyes, to death’s other Kingdom
Remember us—if at all—not as lost
Violent souls, but only
As the hollow men
The stuffed men.

 

ce poème se termine par les trois quatre vers suivants:

This is the way the world ends
This is the way the world ends
This is the way the world ends
Not with a bang but a whimper.

Peut-être que le monde se termine sur un murmure quand ceux qui sont censés faire du bruit comme la presse deviennent des hommes creux, au mieux empaillés, incapables de voir et d’avertir des dangers qui sont au devant du chemin. Tout ceci est juste triste et n’est malheureusement pas l’apanage des américains.

 

Vigipirate

Posted in France, Politique, Vie quotidienne by hadyba on décembre 19, 2008

Il y a quelques années, j’ai travaillé pour un sous traitant de la scnf (qui accessoirement était un vrai escroc mais ce n’est pas ce qui nous préoccupe ici). Mon job consistait, tout simplement à prendre des trains. Le deal était le suivant: tous les mois, on m’envoyait des documents à remplir. Je choisissais cinq jours dans le mois et je devais prendre chaque jour un aller retour Paris Nord/ Aéroport Charles de Gaule et noter la ponctualité du train, l’état de propreté des wagons du train, les éventuelles dégradations, les tags etc… Je devais également rester sur le quai de la gare du Nord et noter la ponctualité d’un certain nombre de trains. Enfin, il y avait un jour dans le mois pendant lequel je devais prendre (autant que possible) tous les trains de la ligne B en direction de l’aéroport. Pour une semaine de travail, j’avais assez d’argent pour payer à peu près le tiers de mes dépenses mensuelles ce qui n’est finalement pas si mal que ça.

J’ai fait ce boulot pendant à peu près 6 mois (voire plus je ne sais plus). Et la seule conclusion que j’en ai tirée, à part la conviction que mon boss était un escroc, est que le plan vigipirate est totalement inefficace. Non, ce n’est pas inefficace: ça ne sert absolument à rien, aussi loin que la lutte anti-terroriste soit concernée et ce n’a probablement pas été créé pour ça parce que même moi je ne puis croire que les superflics français soient à ce point stupides.

Je vous ai dit que je devais noter les trains de la ligne B. Ma première réaction quand j’ai été recruté a été de demander à mon boss un badge ou une accréditation officielle. Quand il m’a dit que ce n’était pas nécessaire, j’ai vraiment failli démissionner. Je voyais ça gros comme le nez: un noir, musulman et étudiant qui surveille les trains qui vont à l’aéroport: c’était un coup à me retrouver accusé de préparation d’attentat terroristes. Même moi je me serai auto-arrêté! Mais je ne pouvais me permettre de refuser le job parce que j’étais fauché. Les premiers mois, j’y suis allé la peur au ventre en me disant à chaque fois que j’étais sur le point de me faire jeter en prison. Puis petit à petit j’ai pris de l’assurance: personne ne me remarquait! Je passais six jours pas mois sur le quai de la ligne B, je commençais à connaître de vue les conducteurs qui se relayaient à la gare du nord, certains voyageurs à horaire fixe et même les chasseurs alpins qui patrouillaient dans la gare (‘Tiens aujourd’hui le petit qui trottine au milieu n’est pas là’ me surprenais-je à remarquer) mais il n’y avait personne dans toute la gare pour remarquer mon manège, m’interpeller et vérifier ce que j’avais à dire! Je n’en reviens toujours pas.

Bien sûr, il y a toujours la possibilité que j’aie été repéré et qu’ils aient procédé à une enquête discrète sur moi, m’aient suivi à la John le Carré et aient conclu que je ne présentais aucun danger. Si c’était le cas, chapeau les services secrets français parce que je ne me suis rendu compte de rien. Ceci dit, ce n’est pas cool de ne pas m’avoir arrêté: j’aurais adoré vivre cette expérience. Ce dont je suis certain en revanche, c’est que les militaires de vigipirate ne m’ont absolument pas remarqué. Avant ce prendre ce job, j’avais l’impression que toute cette histoire de plan vigipirate n’était rien d’autre que de la poudre aux yeux destinée à rassurer le bon peuple français et à donner l’impression que le gouvernement fait quelque chose contre le terrorisme. Ce que j’espère, c’est que le vrai travail de renseignement qui doit être fait par ailleurs est réellement fait et que, par exemple, quand j’ai trainé quelques jours de suite à la Gare du Nord, la DST a diligenté une enquête sur moi. Et je vous jure que je ne dis pas ça juste parce que ce serait classe qu’un espion m’ait consacré son temps!

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La serendipité d’Ekman

Posted in Science, USA by hadyba on novembre 2, 2006

 

Il est un néologisme que les historiens des sciences emploient et que j’adore: c’est serendipity. Simplement traduit dans la littérature francophone par sérendipité, ce mot signifie à peu près : "art de trouver ce que l’on ne cherche pas". Ce néologisme a été forgé par le sociologue des sciences R. K. Merton (d’après la nouvelle de Horace Walpole Les trois princes de Serendip) pour caractériser l’état d’esprit dans lequel se trouveraient les scientifiques après les révolutions scientifiques de la fin du XIXe et du début du XXe siècles. Je suppose que l’une des raisons pour lesquelles j’aime bien ce néologisme c’est que ça me permet de justifier mon (in-)activité et le chaos qui règne parfois dans ma tête à propos de mes recherches. A chaque fois que quelqu’un me demande sur quoi je travaille, ce que j’espère trouver en faisant, disons de la sémantique formelle par exemple, je me redonne du courage en pensant très vite serendipity puis lui explique laborieusement tout en sachant qu’il y a de bonnes chances qu’il en arrive à la conclusion qu’il faut être totalement stupide pour perdre son temps sur des choses pareilles!

Vous voyez donc que j’ai une bonne raison d’aimer ce mot; mais ce qui m’y a fait repenser ces derniers temps, c’est lire le nom de Paul Ekman dans un papier sur la lutte contre le terrorisme. Ekman est un psychologue américain qui a travaillé sur quelque chose de presque philosophique : l’universalité de l’expression des sentiments chez les humains de culture différentes. On y pense presque jamais, mais c’est quand même étonnant qu’il suffise de voir le visage d’un noir, d’un blanc, d’un jaune, d’un homme ou d’une femme pour dire de manière presque infaillible que ce visage exprime de la joie, de la colère, de la déception ou de la haine, et ce, quel que soit notre culture, notre niveau d’éducation ou notre race. Cette connaissance intuitive avait déjà été abordée par Darwin puis étudiée par Duchenne de Boulogne & Eibl-Eibesfeldt, mais Ekman y apportera toute la puissance de la biologie. Ce qu’il fait, c’est qu’il cartographie toute la musculature du visage humain puis il cherche quelles contractions de quel(s) muscle(s) correspondent par exemple à ce que nous identifions de manière trans-culturelle à de la colère, de la joie ou de la déception. Ca donne des énoncés du genre : "coins des lèvres se relevant en direction oblique qui haussent le triangle sous orbital". Vous aurez bien évidemment reconnu là une description objective du sourire !

 

Je suis sûr que vous vous dites que c’est bien gentil mais ça n’a rien à voir avec la serendipité. Vous avez raison…, sauf que ce n’est pas dans un manuel de psycho ni dans un cours de philosophie que j’ai entendu parler d’Ekman pour la première fois; mais en préparant un examen d’informatique ! Le truc c’est qu’après avoir développé son système, Ekman, qui n’est pas américain pour rien, a vendu son expertise à des boites d’IA qui créaient des jeux vidéos et autres robots animés pour rendre leur expression faciale plus réaliste. Pas mal non, pour quelque chose qui se trouvait à la lisière de la philosophie?

Quid de la lutte contre le terrorisme? Là j’avoue que j’ai été scié. Voici comment s’est faite cette dérive (NB: le mot dérive est pris ici en son sens le plus neutre, je n’ai [presque] rien contre une telle application de la science.). Supposez que vous soyez en train d’interroger joyeusement un suspect. Vous : "Dis-moi donc où tu as posé cette bombe?"

Le suspect : "Mais de quoi vous parlez ? Je suis un simple étudiant qui apprend à piloter des avions de tourisme." En l’état actuel des choses, vous n’avez d’autre choix que de torturer ce pauvre suspect ce qui risque de vous l’aliéner définitivement sa famille et lui. S’il se trouve qu’il était réellement un membre de la famille royale saoudienne en vacance en Floride et ayant décidé sur un coup de tête d’apprendre à piloter, c’est …hum, disons regrettable. Aussi est-il tout à fait compréhensible que l’un des buts actuels de l’armée américaine soit de trouver le moyen de reconnaître un menteur de quelqu’un qui dit la vérité. Personne ne prend de plaisir à torturer des innocents n’est-ce pas? C’est là qu’intervient le FACS d’Ekman, en effet, identifier un menteur, ce n’est rien d’autre que repérer les mouvements de ses muscles faciaux qui le trahissent. N’écoutant que son devoir, Ekman a donc envoyé un de ses collaborateurs initier les interrogateurs et autres employés d’aéroport US à l’art délicat d’étudier les muscles faciaux.

Un dommage collatéral de cet entraînement me semble-t-il est particulièrement inquiétant pour les Français : supposez que vous alliez aux States et qu’en bon Français vous stockiez du vin et du camembert dans votre valise. Si le préposé aux douanes vous interroge sur le contenu de cette valise et que vous mentiez comme il se doit en pareil cas, vous risquez de vous retrouver à Guantanamo grace à Ekman et Franck. Mais vous conviendrez avec moi que ce n’est pas très cher payé pour avoir des avions plus sûrs!

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