Hady Ba's weblog

Mossack Fonseca boy

Posted in Sénégal by hadyba on avril 11, 2016

Un truc drôle: Celui dont les journalistes prétendent qu’il est le « seul sénégalais ayant travaillé pour Mossack Fonseca«  dirige notre Agence de Construction des Bâtiments et Edifices publics depuis 2014.

Fin de la blague

Tagged with:

Aucune chance

Posted in Sénégal by hadyba on mars 23, 2016

Moi, le 17 février 2015:

Il me semble évident que le Président n’a désormais strictement aucune chance de se faire réélire. Il s’est assuré de ce fait en déclarant la guerre au peuple avec le discours d’hier soir. En plus, il a donné deux ans à son opposition pour s’organiser. J’espère juste qu’après son départ, nous jugerons les crimes économiques que sa nomenklatura est actuellement en train de commettre.

Le 21 mars, dans la presse:

Les sénégalais étaient aux urnes hier pour approuver ou désapprouver les 15 points de réformes constitutionnelles proposés par le président de la République Macky Sall. (…)

Sur toute l’étendue du territoire national, le nombre de votants a été de 1 959 873, et le camp du OUI a obtenu 1 225 708 des voix, soit un pourcentage de 62,54%/.
Le camp du NON de son côté a obtenu 733 725 des voix, soit un pourcentage de 37,44%.

Un jour, j’aurai la sagesse de ne jamais faire de prédiction politique… un jour…

 

Tagged with:

École de l’imagination

Posted in Sénégal by hadyba on mars 6, 2016

HECTOR

Mon cher Busiris, nous savons tous ici que le droit est la plus puissante des écoles de l’imagination. Jamais poète n’a interprété la nature aussi librement qu’un juriste la réalité.

Jean Giraudoux, La guerre de Troie n’aura pas lieu (Acte II Scène 5)

Maintenant, voyons un des maitres d’une de ces écoles de l’imagination à l’oeuvre:

« Aujourd’hui, la nomenclature des actes que rend le Conseil constitutionnel est univoque. Il rend des décisions quand on le consulte en matière consultative. Encore une fois, c’est un seul cas car il n’y a pas deux. Il rend une décision »

« En règle générale, le Conseil constitutionnel du Sénégal n’a pas d’attribution consultative. »

…..

« on peut faire la concession que le Conseil constitutionnel a donné un avis ….  il a donné un avis dans le cadre d’une décision »

Professeur Ismaila Madior FALL justifiant la forfaiture de son patron Macky SALL

I am not impressed

Où l’Université tient son rang

Posted in Sénégal by hadyba on février 25, 2016

Il n’y a pas longtemps, notre Premier Ministre s’insurgeait contre ce qu’il percevait comme la République des Professeurs. Il n’avait peut être pas tort de s’inquiéter. Quand l’Université tient son rang, ce n’est pas agréable pour les mystificateurs qui font de la politique. Ainsi, quarante-cinq professeurs de Droit et Science Politique ont pris la plume pour démonter la décision de nos cinq singes pardon Sages et faire éclater la forfaiture de notre Président. Personnellement, j’aime bien la péroraison:

En marge de cet argumentaire technique développé ci-dessus, l’avis du Conseil constitutionnel participe d’une dépréciation de l’enseignement de la science juridique dont l’institution universitaire, à travers les Facultés de droit, se trouve investie. Symbolisant le lieu où la pensée juridique dans ses formes les plus complexes est exprimée, l’Université indirectement voire directement est comptable des façons dont le Droit est dit dans l’espace social. L’avis du Conseil constitutionnel quoique en rupture totale avec les enseignements universitaires est, tout de même, perçu par certains sénégalais comme une incapacité de la science juridique, et par conséquent des juristes universitaires, à formuler un propos clair, éloigné de toute spéculation lorsqu’ils sont saisis de questions éminemment sociétales.
Loin de promouvoir un corporatisme primaire dénué de tout sens éthique, les auteurs de ce manifeste soucieux de restaurer la dignité ainsi que la noblesse de la science juridique, se désolidarisent de cette présentation du Droit comme une discipline où la ruse, la rhétorique creuse, la spéculation… officient en maîtresses. Cette vision du Droit que le Conseil constitutionnel promeut dans l’imaginaire collectif naturellement ne peut rencontrer l’assentiment des universitaires rédacteurs de ces lignes. Plus que des législateurs (jurislateurs) ou des diseurs du droit (magistrats), c’est la conscience du Droit tout bonnement que la communauté universitaire entend incarner, et ce, sans prétention aucune.
In fine, pour paraphraser Ronald Dworkin, les lignes qui parcourent ce manifeste sont une invite à tous les acteurs de la science juridique à prendre le Droit au sérieux.

Le texte entier est publié ici.

Talibés redux

Posted in Sénégal by hadyba on février 24, 2016

« Que puis-je pour toi, si Dieu a ôté de ton cœur la tendresse ! »

J’ai déjà parlé ici des talibés. Quand ces enfants ne meurent pas dans des accidents, ils sont régulièrement tués par les soi-disants maîtres coraniques qui prétendent leur enseigner la religion en les en dégoûtant par la torture.

Il y a quelque temps, il a été révélé qu’un de ces soi-disant maîtres faisait fabriquer des chaînes en fer pour attacher les récalcitrants ayant des vélléités de fugue. Quand ce sadique s’est fait arrêter, ses collègues ont non manifesté devant la police, assumé la pratique et il a été libéré.

Regardez bien cette photo publiée par l’Enquête plus:

TalibésEnchainés

Comment ne pas désigner notre exploitation de ces enfants par son nom après avoir vu cette photo? C’est de l’esclavage, ce n’est pas autre chose.

J’avoue que je ne comprends pas comment, en tant que société, nous avons pu perdre suffisamment perdre notre âme pour nous laisser imposer par un ramassis d’escrocs l’idée qu’exploiter des enfants, les faire mendier jour et nuit et les torturer est conforme à notre religion majoritaire.

Puisque nous qui cautionnons ces tortures nous prétendons musulmans, réfléchissons à ce Hadith et essayons de le rendre compatible avec notre indifférence au sort de ces enfants.

Un jour, un bédouin vint trouver le Prophète sallallahu alayhi wa sallam et lui dit : « Vous embrassez vos enfants ? » Le Prophète sallallahu alayhi wa sallam répondit : « Que puis-je pour toi, si Dieu a ôté de ton cœur la tendresse ! »

Personnellement, je n’ai pas assez d’agilité intellectuelle pour combiner ce hadith avec notre traitement actuel des talibés.

Tagged with: ,

Le Président contre le peuple

Posted in Politique, Sénégal by hadyba on février 17, 2016

Il y a un mois, j’écrivais ici même :

Puisqu’avec moi, il faut que tout devienne politique, ça m’a fait penser à notre vie politique actuelle. Macky Sall cherche désespérément le moyen de se délier de sa promesse de réduire son mandat. Une des choses qui avaient été les plus désastreuses pour Wade, bien plus que sa corruption, est son fameux : « Maa waxoon, waxeet » (« C’est moi qui l’avais dit, je me dédis donc! » à propos de sa promesse antérieure de ne jamais briguer un troisième mandat) Cette formule avait fait l’effet d’une bombe et fait éclater à la face de tous que Wade était vieillard cynique et sans honneur qu’il serait déshonorant de garder comme dirigeant. En voyant le Professeur Ismaila Madior Fall essayer de trouver une porte de sortie au Président Sall, ma première réaction était: « Mais les politiciens ne peuvent-ils donc jamais apprendre des erreurs de leurs prédécesseurs? » Peut-être ma bourde répond-t-elle à cette question: Macky Sall serait aussi peu intelligent que moi. Dans mon cas, ce n’est pas bien grave, je n’ai pas encore de responsabilités, je suis en train d’apprendre et ai de très bon mentors. Dans le cas d’un homme dont les décisions engagent la Nation en revanche…

L’expédient trouvé par Macky Sall a consisté à demander l’avis du Conseil Constitutionnel sur la rétroactivité éventuelle d’une modification constitutionnelle, à se voir répondre que nos Cinq Singes pardon Sages n’aiment pas les lois rétroactives et à en conclure que l’avis du Conseil le liant, il n’a vraiment d’autre choix que de continuer à jouir du pouvoir pour deux années de plus contrairement à son désir le plus profond. Il n’est même pas besoin d’argumenter contre un acte aussi méprisable.

  1. Une promesse réaffirmée à plusieurs reprises sur toutes les plateformes doit être respectée, quel qu’en soit le prix.
  2. Un AVIS du Conseil Constitutionnel est un AVIS pour une bonne raison : c’est un AVIS, EN AUCUN CAS UNE DÉCISION. (J’ai même honte d’écrire une telle platitude.) Le Président a pris soin, durant tout son discours, de nommer DÉCISION ce qui n’est qu’un AVIS des Cinq Singes pardon
  3. Si personne –les juristes moins que tout autre– n’aime les lois rétroactives qui sont sources d’insécurité, il y a cependant des circonstances dans lesquelles de telles lois sont parfaitement acceptables. En l’occurrence, le peuple entier modulo quelques carriéristes et corrompus à la solde de ce pouvoir, veut de cette modification constitutionnelle et de son applicabilité immédiate.
  4. Je veux bien croire que le Président est entouré de pieds nickelés mais je ne puis croire qu’aucun d’eux n’est au courant du Précédent Poutine. Le Président pourrait faire passer la modification constitutionnelle, démissionner, laisser le pouvoir au Président de l’Assemblée, se faire nommer Premier Ministre, organiser des élections auxquelles il se représenterait, etc.

Le Président et ses affidés essaient de nous faire croire que c’est librement que Macky Sall avait décidé de réduire son mandat de sept à cinq ans et que donc son incapacité à tenir cette promesse ne saurait lui être reprochée parce que c’était une promesse libre faite sans contrainte et qu’il a essayé de tenir par tous les moyens mais que son sens scrupuleux de la séparation des pouvoirs l’empêche de tenir sauf à violer la loi fondamentale. Rappelons déjà qu’on parle de l’honorable gentleman qui, ministre de l’intérieur, avait tabassé un président de bureau de vote pour voter sans carte d’identité, qui, Président de la République, continue à présider un Conseil Supérieur de la Magistrature se tenant au Palais, s’est prononcé sur la culpabilité de Karim Wade avant le verdict, se permet de ralentir ou d’accélérer les enquêtes pour corruption au gré de ses alliances politiques et récupère de présumés délinquants dans son entreprise de massification de son parti politique. Cet honorable gentleman donc, sous prétexte de respect scrupuleux de la loi, veut violer une promesse électorale. Par ailleurs cette promesse n’a pas été consentie sans contrepartie. Le consensus qui prévalait en 2012 était qu’il fallait que le prochain président s’engageât à faire un quinquennat plutôt qu’un septennat. Ce consensus était porté par des organisations de la société civile comme le M23. C’est devant ces organisations que le futur Président de la République s’était engagé, entre les deux tours, à réduire son mandat et à appliquer le programme des Assises Nationales. Cette promesse a donc été faite dans un contexte ou le Président avait besoin du soutien de ces organisations pour gagner la Présidentielle et n’est en aucun cas une grâce que le Président de la République voulait nous accorder en vertu de son bon vouloir et de son sens démocratique.

Comme toujours avec Macky Sall, ce qui m’énerve c’est que c’est un Wade au petit pied qui fait perdre du temps au pays. Il a maintenu le suspense pendant quatre ans, a essayé les expédients les plus médiocres, n’a strictement rien fait sur le plan politique et finit par se ridiculiser. Ce qui va se passer maintenant, c’est que nous aurons pendant deux ans un Président délégitimé qui se fera contester partout où il passera. Le pays deviendra ingouvernable à l’instar de ce qui se passe déjà à l’Assemblée Nationale où les tripatouillages d’une majorité téléguidée du Palais ont tellement abaissé l’Institution que, pour la première fois de notre histoire, nous assistons à des pugilats entre députés. Personne ne peut, au bout de quatre ans de mandat, citer plus de trois réalisations incontestablement positives de ce Président. Les deux années qui arrivent seront pires : le pays perdra son temps en querelles stériles de politiciens. L’Administration, qui se sent déjà insultée par Macky Sall qui l’a à plusieurs reprises décrétée incompétente, n’aura aucune loyauté envers un Président qui vient violer de manière aussi obscène son serment. Les populations sortiront dans la rue pour un oui ou un non (coupures d’électricité ; absence de profs de philo ou de maths dans les écoles)

Il me semble évident que le Président n’a désormais strictement aucune chance de se faire réélire. Il s’est assuré de ce fait en déclarant la guerre au peuple avec le discours d’hier soir. En plus, il a donné deux ans à son opposition pour s’organiser. J’espère juste qu’après son départ, nous jugerons les crimes économiques que sa nomenklatura est actuellement en train de commettre.

Expérimenter par soi-même

Posted in Sénégal, Vie quotidienne by hadyba on janvier 14, 2016

ErreurUrbaine

L’autre jour, en réunion, je me suis embarrassé tout seul. Quelqu’un a dit quelque chose et je me suis senti obligé de donner des précisions clarifiant ma situation. Avant même que je ne lève la main pour parler, mon chef de Département m’a demandé de me taire. Je lui ai fait un signe disant que j’étais vraiment désolé de lui désobéir mais que je ne pouvais pas ne pas parler. Il a insisté, j’ai insisté. Il s’est même levé pour me dire qu’il m’expliquerait plus tard mais j’ai quand même pris la parole. Sur le moment, je ne pouvais pas croire qu’il avait raison que ce que je croyais comprendre n’était pas ce qu’il fallait comprendre. En prenant la parole, je me suis embarrassé et ai embarrassé tout le monde parce que, bien évidemment, je me trompais totalement.

Ce qui est intéressant dans cette histoire, c’est qu’à aucun moment je n’avais de doute sur la bienveillance de mon chef de Département. Je savais qu’il avait à coeur de veiller sur mes intérêts. Il m’a, à plusieurs reprises, donné des conseils et indications qui m’ont empêché de faire des erreurs. Je sais également qu’il a infiniment plus d’expérience que moi dans ce type de réunions. Rationnellement, j’aurais du lui faire confiance et me taire. Malgré tout, sur le moment, j’étais persuadé d’avoir raison. Après la réunion, il m’a tout expliqué puis il a sagement ajouté: « Mais si tu n’avais pas parlé, tu n’aurais jamais vraiment cru que l’on ne faisait effectivement pas allusion à toi! » En gros, c’était là une erreur de ma part, erreur rationnellement évitable, mais en même temps presque inévitable vu que nous ne sommes pas des machines purement rationnelles. Il y a des expériences douloureuses dont on ne peut pas vraiment se dispenser. Ce faisant, on fait des erreurs qui peuvent paraître stupides mais qui nous permettent d’apprendre et de grandir. Tant que l’on n’a pas soi-même fait ces erreurs là, on ne peut pas réellement retenir la leçon.

D’une certaine manière, j’ai l’impression que tout processus d’éducation n’est, fondamentalement, que cela: donner aux élèves les moyens de commettre des erreurs dans un environnement contrôlé de sorte à apprendre de nouvelles choses et à ne pas commettre ces mêmes erreurs dans un milieu où leurs conséquences seraient pires voire mortelles. Les plus intelligents d’entre nous sont ceux qui ont la sagesse et la modestie d’apprendre des erreurs des autres. Ces êtres supérieurs n’ont pas besoin d’expérimenter par eux-mêmes. J’essaie de profiter de l’expérience des autres mais je n’en suis souvent pas capable parce que je suis arrogant et pense que mon analyse d’une situation donnée vaut celle de n’importe qui d’autre; oubliant parfois que certains ont plus d’expérience et de vécu que moi.

Puisqu’avec moi, il faut que tout devienne politique, ça m’a fait penser à notre vie politique actuelle. Macky Sall cherche désespérément le moyen de se délier de sa promesse de réduire son mandat. Une des choses qui avaient été les plus désastreuses pour Wade, bien plus que sa corruption, est son fameux : « Maa waxoon, waxeet » (« C’est moi qui l’avais dit, je me dédis donc! » à propos de sa promesse antérieure de ne jamais briguer un troisième mandat) Cette formule avait fait l’effet d’une bombe et fait éclater à la face de tous que Wade était vieillard cynique et sans honneur qu’il serait déshonorant de garder comme dirigeant. En voyant le Professeur Ismaila Madior Fall essayer de trouver une porte de sortie au Président Sall, ma première réaction était: « Mais les politiciens ne peuvent-ils donc jamais apprendre des erreurs de leurs prédécesseurs? » Peut-être ma bourde répond-t-elle à cette question: Macky Sall serait aussi peu intelligent que moi. Dans mon cas, ce n’est pas bien grave, je n’ai pas encore de responsabilités, je suis en train d’apprendre et ai de très bon mentors. Dans le cas d’un homme dont les décisions engagent la Nation en revanche…

PS: Je suis d’une impolitesse… Mes meilleurs voeux pour l’année 2016 à la poignée de fidèles qui lisent encore ce blog. Puisse-t-elle nous être agréable, puissent nos chemins respectifs éviter bombes et kalashs (vu le monde dans lequel nous vivons, ce n’est malheureusement plus un voeux extravagant!) et puissé-je bloguer un peu plus cette année. Vu que j’ai fermé tous mes comptes sur les réseaux sociaux pour six mois et que je suis un procrastinateur, je suppose que je vais devoir bloguer pour ne pas faire les choses obligatoires à temps:-)

Les dangereuses improvisations antiterroristes du Président Sall

Posted in Politique, Religion, Sénégal by hadyba on novembre 11, 2015

La bonne nouvelle est que nos autorités semblent enfin prendre au sérieux la menace terroriste. Il y a eu une vague d’arrestation d’imams. Le Président de la République semble avoir prononcé un discours plutôt important définissant la doctrine antiterroriste du pays. Ce qu’il y a sur le site de la Présidence ne casse certes pas trois pattes à un canard même s’il y a des idées intéressantes. Je suppose que c’est ce qui a été préparé.

Le Président de la République semble cependant avoir improvisé.

Sur Seneweb, on nous apprend qu’il aurait dit :

« A coté de ces politiques, il faut développer un discours philosophique et théologique. Cela nécessite une formation des imams dans le sens d’un islam tolérant. Et c’est le modèle d’islam que nous, nous avons adopté depuis que l’islam a été introduit en Afrique, en tout cas en Afrique de l’Ouest. C’est un islam tolérant. Nous ne saurions donc accepter chez nous qu’on vienne nous imposer une autre forme de religion. On a jusque là connu un islam modéré et tolérant. Donc, ça c’est une question de la société toute entière. Ce n’est pas seulement l’affaire de l’État, mais lorsque l’on voit des formes nouvelles, par exemple le port de voile intégral dans notre société, alors que ça  ne correspond ni à notre culture, ni à nos traditions, ni même à nos conceptions de l’islam, nous devons avoir le courage de combattre cette forme excessive d’imposer. De toute façon, c’est le même refus que je pose à d’autres modèles qu’on veut nous imposer. C’est-à-dire que nous ne pouvons pas accepter que des modèles qui nous viennent, je ne sais d’où, soient imposées en Afrique»

Le Soleil quant à lui fait dire au Président :

« nous devrons travailler sur les pays qui ont le même modèle islamique ». « Nous avons aussi besoin d’une collaboration pour mettre en place des académies et des écoles. Il est nécessaire d’avoir un volet  dans la formation des élites, pas seulement des imams dans cette bataille psychologique »

Le chef de l’Etat sénégalais a rappelé que la lutte contre le terrorisme doit être « l’affaire de toute la société » en faisant la distinction entre l’Islam africain et l’Islam d’ailleurs, fustigeant le « port du voile intégral qui n’est pas africain et ni conforme à notre culture ». « Nous devons avoir le courage de combattre et de ne pas accepter une autre forme de l’Islam que l’Islam tolérant que nous connaissons même s’il y a des gens prompts à financer. La société civile et la classe politique doivent être à l’avant-garde de ce combat. J’invite la classe politique à faire très attention sur la question de l’arrestation des imams à laquelle nous venons de procéder. Nous ne saurions également tolérer un certain type de discours de politique politicienne », a averti le président Sall.

Autant j’ai été paniqué toutes ces années de la légèreté avec laquelle notre classe politique traitait la question du terrorisme, autant les présidentielles improvisations de Macky Sall me paraissent malvenues et, pour tout dire, potentiellement dangereuses pour le pays.

Commençons par le tenace mythe de l’islam noir qui serait tolérant parce que syncrétique. Je ne vais pas me prononcer sur le fonds. Le président dit :

Et c’est le modèle d’islam que nous, nous avons adopté depuis que l’islam a été introduit en Afrique, en tout cas en Afrique de l’Ouest. C’est un islam tolérant. Nous ne saurions donc accepter chez nous qu’on vienne nous imposer une autre forme de religion.

Le problème, c’est que l’État du Sénégal n’adopte strictement aucune religion. Nous sommes une République laïque cela veut dire que nous traitons exactement toutes les religions de la même manière. Les citoyens sénégalais ont des choix philosophiques et religieux que l’État n’a pas à sanctionner. L’État les accompagne dans toute pratique religieuse qu’ils choisissent et qui est conforme à notre Constitution. S’immiscer dans les pratiques des citoyens pour voir s’il est tolérant ou pas n’appartient ni à Macky Sall ni à qui que ce soit d’autre. La seule chose que nous demandons à notre État, c’est de veiller au respect des lois et d’assurer la sécurité publique.

Comme toujours quand on régule ce genre de choses, c’est sur les femmes que l’on tape et Macky Sall n’échappe apparemment pas à la règle qui dit que :

l’on voit des formes nouvelles, par exemple le port de voile intégral dans notre société, alors que ça  ne correspond ni à notre culture, ni à nos traditions

D’abord faut arrêter avec nos cultures et traditions. Nous n’avons pas élu un défenseur de nos cultures et traditions mais un Président de la République. Ensuite, si des femmes estiment qu’elles doivent s’habiller de telle ou telle manière de quel droit le Président de la République se permet-il de décider de la conformité de leur habillement à nos cultures et traditions ? Une minijupe correspond-elle à nos cultures et traditions ? Nos traditions sont-elles chrétiennes, islamiques ou païennes ? Le port de la barbe s’y conforme-t-il ? Le voile intégral est typiquement le genre de faux problèmes que l’on agite quand on est impuissant à améliorer la situation. Pourquoi des femmes choisissent-elles de se voiler ? Pourquoi nous réfugions-nous dans des formes de religiosité radicales ? Peut-être parce que nous sommes horrifiés par la corruption de ce qui aurait du nous servir de norme religieuse ? Peut-être parce que notre situation économique est tellement désespérée que nous parions tout sur l’au-delà ? Je n’en sais rien et à vrai dire, qui suis-je pour juger des choix religieux des gens ?

Au passage, Macky Sall nous rappelle subtilement qu’il avait glorieusement résisté à la puissance américaine sur la question de l’homosexualité :

De toute façon, c’est le même refus que je pose à d’autres modèles qu’on veut nous imposer.

Il y aurait donc, dans son esprit une égalisation entre l’homosexualité et l’islam radical. J Là, je suis bien d’accord avec lui : homo, hétéro ou salafiste, je pense que l’État n’a pas a rentrer dans la vie des gens tant qu’ils ne commettent pas d’activité délictueuses. Maintenant si l’État s’amuse à criminaliser ce que les gens font paisiblement (par exemple porter le voile intégral ou pratiquer un islam rigoriste) pour ensuite venir arrêter les gens, je crois qu’il y a un problème.

Enfin, plus grave, si j’en crois le Soleil qui est quand même le journal officiel, Macky Sall termine en menaçant son opposition républicaine :

J’invite la classe politique à faire très attention sur la question de l’arrestation des imams à laquelle nous venons de procéder. Nous ne saurions également tolérer un certain type de discours de politique politicienne

Donc notre Président s’arroge le droit d’arrêter qui il veut au nom de la menace terroriste et il faudrait que personne ne moufte ? Comme souvent en matière de lutte contre le terrorisme, les politiciens veulent préserver nos libertés en nous les confisquant. Non merci. Un Président qui s’est montré singulièrement aveugle sur le Mali, qui a failli conforter des putschistes au Burkina et qui expulse de opposants gambiens nous demande les pleins pouvoirs au nom de la lutte contre le terrorisme ? Non, je ne crois pas que ce soit une bonne idée. Parmi les idées intéressantes du discours présidentiel, il y a l’idée que le terrorisme nait de l’inégalité et de la pauvreté. C’est justement pour résoudre ces problèmes là qu’on a élu Macky Sall. Pour l’instant, nous ne voyons aucune amélioration de notre situation économique. Les pauvres n’arrivent toujours pas à se soigner ni à assurer une éducation de qualité à leurs enfants. Une minorité de délinquants (et de) politiques s’enrichit toujours plus alors que les autres s’appauvrissent. Pour lutter contre le terrorisme, le Président doit laisser la police et la justice faire leur boulot et faire le sien qui est d’améliorer le sort de nos concitoyens. Il n’a pas besoin des pleins pouvoirs pour ça !

Pour Habré (et le Zimbabwe accessoirement)

Posted in Afrique, Sénégal by hadyba on juillet 20, 2015

HisseneHabre

C’est donc ce matin que le Sénégal juge Hissène Habré. J’ai rarement été d’accord avec l’ancien Président Wade mais si je trouvais ses tergiversations ignobles, j’ai toujours trouvé que son refus de juger Habré était la seule décision non seulement honorable mais également réaliste pour le Sénégal et l’Afrique. J’aurais juste préféré qu’il ait exprimé un refus clair et net de juger Habré au lieu de louvoyer avec la soi-disant communauté internationale.

Je n’ai strictement aucune sympathie pour Habré. C’est un affreux personnage, un tortionnaire, un assassin et un dictateur de la pire espèce. Je lui souhaite de mourir dans d’atroces souffrances et de griller en enfer. Je trouve malgré tout qu’il aurait du bénéficier de la protection de l’État du Sénégal contre vents et marées. Non pas, comme le disent certains parce qu’il s’est intégré à la communauté sénégalaise, a épousé une sénégalaise et a corrompu nos chefs religieux a des enfants sénégalais –ça, c’est les raisons pour lesquelles nous aurions dû le juger– mais tout simplement à cause de la continuité de l’État. À un moment en 1990, l’État du Sénégal s’est engagé à accueillir un ancien dictateur de sorte que ne se perpétue pas dans son pays une sanglante guerre civile[1]. Quoiqu’on pense du personnage, dès l’instant où l’État du Sénégal a décidé de l’accueillir et de lui accorder l’immunité, je crois que la seule attitude républicaine est de s’y tenir de manière trans-temporelle.

Par ailleurs, au delà de cet aspect républicain dont j’estime qu’il devrait suffire à clore le débat si nos dirigeants n’étaient pas des carpettes décidées à plaire à tout prix aux desiderata des occidentaux, j’estime que ce procès est dangereux pour l’Afrique. On peut le déplorer mais il y a encore des dictateurs en Afrique. Ce sont des vestiges de l’histoire mais leur pouvoir de nuisance est grand et il faudra au moins une vingtaine d’années pour que nous en soyons débarrassés. Une question qui se pose est de savoir comment nous allons nous en débarrasser. Sera-ce sanglant ou pacifique ? Ce qui pourrait inciter certains dictateurs à ne pas mourir au pouvoir, c’est la certitude qu’en cas de départ négocié, ils peuvent vivre une retraite paisible aux Almadies et que les cris de leurs victimes ne les y dérangeront jamais. S’ils savent qu’en cas de démission, ce n’est qu’une question de temps avant qu’on ne les juge, ces psychopathes préféreront, à l’instar de Bachar El-Assad bombarder leur propre peuple et mourir au pouvoir que de s’exiler et être rattrapé par la justice 25 ans plus tard. On parle ici de milliers voire de millions de morts potentiels. Je préfère un Mugabé ou un Sassou Nguessou qui se prélassent dans le luxe à Dakar à un Zimbabwe ou un Congo totalement ravagés par la guerre civile juste parce qu’ils ont peur de se faire juger quelques années après avoir volontairement cédé le pouvoir. Or, c’est exactement ce message que le procès Habré envoie à tous les dictateurs africains : accrochez-vous au pouvoir ou bien il n’y aura pas un endroit dans le vaste monde où vous pourrez tranquillement jouir de la fortune que vous avez volée. Je crains de savoir ce que ces psychopathes choisiront confrontés à une telle alternative et je ne crois pas que ce soit bénéfique à leurs victimes actuelles et futures.

Quid de la morale ? Habré, comme je l’ai dit plus haut est un horrible personnage et je suis de tout cœur avec ses victimes. Malgré tout, je crois que le plus immoral dans cette histoire, ce n’est pas que Habré ne soit pas jugé ; c’est que son jugement ne soit rien d’autre qu’une vengeance. Habré sera jugé. Gageons qu’à aucun moment ne seront évoqués ses liens avec la CIA et l’État français. Habré n’est pas n’importe quel chef de guerre inculte ; c’est d’abord un intellectuel diplômé de Sciences Po Paris et ayant pris le pouvoir, gouverné et torturé avec l’aide de puissances occidentales en guerre contre la Libye. Juger Habré en restant muet sur les bras qui l’armaient et l’aidaient à contrôler sa population, ce n’est pas de la justice, c’est du théâtre. Si Human Rights Watch veut aider les africains, je lui suggère de s’intéresser aux forces économiques qui pillent méthodiquement le continent et empêche que n’émergent de vraies démocraties. Ce sont ces forces là qui nous empêchent de mettre en place des systèmes de santé et d’éducation viables et c’est cette oppression économique là qui permet la naissance de monstres comme Habré. Juger Habré 25 ans plus tard nuira peut-être au Zimbabwe et ne fera rien pour le Niger dont Areva continuera à voler l’uranium tout en polluant la région d’extraction.

……………………………………..

[1] Je sais, ce n’est là que la raison officielle. La vraie raison est que le mec avait rendu de signalés services à la CIA et aux français et qu’on lui renvoyait l’ascenseur. Sur les liens entre Habré et la CIA cet article est de Foreign Policy est instructif: http://foreignpolicy.com/2014/01/24/our-man-in-africa/

Tagged with: , ,

Université Virtuelle Sénégalaise Redux

Posted in Sénégal by hadyba on mars 14, 2015

Le Coordonnateur de l’Université Virtuelle Sénégalaise nous a répondu (quoique sans nous faire l’honneur de nous nommer) dans le quotidien gouvernemental Le Soleil. Ça nous donne l’occasion de dire en quoi ses réponses ne sont pas satisfaisantes et pourquoi nous pensons que l’UVS est un effroyable gâchis de ressources financières et surtout humaines.

……………..

Pour un débat démocratique sur l’Université Virtuelle Sénégalaise

Il est heureux que le Professeur Mamadou Mansour Faye coordonnateur de l’Université Virtuelle du Sénégal ait accordé une interview au journal Le Soleil du samedi 7 mars 2015 pour éclairer l’opinion sur l’institution qu’il dirige, dissiper certaines inquiétudes et répondre aux critiques de l’UVS dont nous sommes ainsi que le montre notre contribution au journal le quotidien daté du 27 février 2015. Malheureusement, il nous semble que ses précisions renforcent encore plus notre analyse selon laquelle l’UVS est un dangereux miroir aux alouettes sacrifiant une partie des ressources humaines dont ce pays a besoin pour se développer et gaspillant sans résultat tangible une partie des ressources que ce pays consacre à l’enseignement supérieur.

Commençons par dégager un point technique qu’invoque le coordonnateur de l’UVS pour défendre son université. L’UVS ne serait pas un MOOC parce qu’il n’est pas massivement ouvert et a des tuteurs. Il a superficiellement raison sur ces deux points. Sauf que d’une part quand une université normale comme San Diego met en place un MOOC, elle s’assure que les étudiants ont accès à un service de tutorat et que même dans les MOOCs ouverts, il y a un service de tutorat soit par les pairs, soit par des assistants de recherche. Il suffit d’aller sur Coursera pour le voir. D’autre part, le caractère massivement ouvert n’a pas de pertinence pour juger de l’utilité pédagogique des la technologie utilisée pour un public de jeunes bacheliers. Le caractère ouvert des MOOCs étudiés a justement permis d’établir le type de publics auxquels devraient être réservé l’enseignement en ligne : des diplômés extrêmement motivés et des professionnels dotés d’une certaine maturité intellectuelle. Ce que les études montrent, c’est que les jeunes bacheliers n’ont pas encore acquis la discipline et les méthodologies de travail nécessaires pour travailler seuls dans une formation à distance.

Par ailleurs, si l’UVS n’est techniquement pas un MOOC, on pourrait soutenir qu’elle est en fait moins qu’un MOOC. L’avantage du MOOC en effet est d’utiliser les ressources de l’internet à haut débit pour mettre en ligne des films, des exercices interactifs, des fichiers lourds etc. Or l’UVS ne met pas en ligne toutes ces ressources multimédia ; se contentant de fonctionner comme un dépôt de cours écrits que les étudiants téléchargent et étudient par eux-mêmes.

Revenons un moment sur le tutorat qui est présenté comme la grande innovation de l’UVS. Le tutorat en ligne est à notre connaissance nominal ; les étudiants à qui nous avons parlé n’arrivaient pas à avoir des réponses aux questions posées en ligne. Quant au tutorat dans les Espace Numérique Ouvert ; il suffit de réfléchir un peu pour se rendre compte que c’est une usine à gaz. En effet, l’intérêt supposé de l’UVS est que l’étudiant peut étudier de chez lui, quel que soit l’endroit du pays où il se trouve. Même à supposer qu’il y ait un ENO fonctionnel dans chaque région du pays, imagine-t-on vraiment que dans chacun de ces ENO il y aura à suffisance des tuteurs capables de venir en aide à tout étudiant qui le désire dans chacune des disciplines enseignées à l’UVS ? Si l’on crée des universités physiques, c’est parce que les ressources humaines sont rares et qu’il convient de les mutualiser. Une physique université n’aurait besoin par exemple que d’un seul département de sociologie et tous ceux qui étudient cette discipline dans cette université ont accès aux professeurs et tuteurs. Dans le modèle de l’UVS, il faudrait un tuteur en sociologie à Saint Louis et un autre à Kolda si l’on veut faire bénéficier d’un encadrement à chaque étudiant, où qu’il se trouve dans ce pays. C’est une ridicule multiplication des ressources que présuppose ce modèle.

De plus, même dans des universités classiques, les études sur le tutorat sont très contrastés. Si l’Université de Bretagne Occidentale par exemple affirme avoir améliorer les taux de réussite en première année grace au tutorat, une étude de 2003 sur 1763 étudiants de trois universités françaises montre que toutes choses étant égale par ailleurs, l’impact du tutorat sur la réussite en première année est somme toute négligeable. Le tutorat n’est donc pas la panacée qui permettra miraculeusement de transformer de nouveaux bacheliers en étudiants capables de travailler à distance.

Le cœur du problème avec l’Université Virtuelle Sénégalaise est que le projet fait bon marché de la nécessité d’apprendre à apprendre. Le coordonnateur semble penser que quelques semaines d’apprentissage en Leadership, Développement personnel et initiation aux nouvelles technologies suffisent pour donner aux étudiants les outils pour apprendre de manière autonome. Ce que toutes les études montrent c’est qu’il y a un changement qualitatif, une conversion cognitive qui se fait entre le bac et les premières années d’université. Ce changement est difficile et nécessite la présence d’enseignants qui guident pas à pas l’étudiant dans ses apprentissages. Il nous est déjà difficile de réussir cet accompagnement dans nos universités physiques. Il est hautement improbable qu’un enseignement virtuel inadapté à un tel accompagnement puisse y arriver. L’ignorance de la pédagogie qui informe le projet de l’UVS transparait quand le coordonnateur de l’UVS affirme que la notion d’année blanche est « hors concept » à l’UVS. Cette notion est pertinente pour deux raisons : d’abord c’est un fait que des étudiants qui ont été orientés en 2013 n’ont toujours pas terminé leur premier semestre alors que nous sommes en 2015. Ils ont donc bien perdu une année de leur vie professionnelle. Mais le plus grave est que ces étudiants sont à cette période critique de la vie où le cerveau se forme. Le cerveau humain en effet ne termine pas sa maturation avant 26 ans Les habitudes de vie prises dans la période de maturation du cortex frontal vont perdurer. Si de jeunes bacheliers perdent leur temps dans une université virtuelle qui ne les fait pas acquérir les compétences dont ils ont besoin, c’est un gaspillage des ressources humaines dont le pays a besoin pour se développer. La plus importante de ces compétences, vu le monde changeant dans lequel nous vivons est la capacité à apprendre.  Or cette capacité à apprendre s’acquiert par un suivi personnalisé lors des premières années d’université. Le fait est que l’UVS peut avoir son utilité dans le dispositif éducatif sénégalais. Elle ne peut cependant prétendre former un public de nouveaux bacheliers. C’est le type de public pour lequel elle est le moins approprié.

Pour terminer ; le coordonnateur de l’UVS affirme que son université est le fruit d’une vision. Mais de qui est-ce la vision ? Certainement pas du Chef de l’État qui a été élu sur la base d’un projet ne l’incluant pas. L’État du Sénégal doit-il distraire ses ressources et sacrifier une partie de sa jeunesse au nom d’une vague vision faisant fi de l’expertise en éducation qui montre que la formation à distance n’est adaptée que pour un public très spécialisé ? Il est temps que le débat sur l’utilisation de nos ressources publiques et la formation de notre jeunesse soit posé de manière démocratique en s’aidant de toute l’expertise disponible.

Dr Mouhamadou El Hady BA

Formateur à la Fastef UCAD

hady.ba (Le signe pour arobase) ucad.edu.sn

Dr Oumar DIA

Maitre-Assistant FLSH UCAD

oumar.dia (Le signe pour arobase) ucad.edu.sn

Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

Rejoignez 1 806 autres abonnés